La maison se rapproche

Dernière étape chez les voisins frontaliers

Notre arrivée à Vérone était des plus spectaculaires, rappelez-vous, nous avions quitté l’Autriche à Innsbruck à bord d’une Mercedes-Benz de collection des années 70 et pour notre arrivée en ville façon italienne, notre conducteur Hendrick jouait du klaxon et des mains comme le veut la tradition dans le sud de l’Italie. Effet garanti !


Buongiorno !

Nous sommes accueillis à Vérone par un concerto de cigales, l’ambiance romaine qui règne autour de la grande arène et bien sûr par l’odeur des pizzas servies sur toutes les tables en terrasse. C’est Nikita, un biélorusse qui nous héberge durant notre passage dans la ville de Roméo et Juliette. Le changement est significatif avec l’Autriche. Les vélos sont remplacés par des scooters, le patrimoine historique change et la manière de vivre également. Nous avons profité de la ville pour nous balader entre les ruelles, histoire de se perdre et de découvrir quelques recoins charmants. Nous avons aperçu Juliette de loin, mais le nombre de touristes entassés​ dans cette petite cour, rendait le tableau moins poétique. Les hauteurs de Vérone offrent une vue superbe sur toute la vieille ville avec un petit plus pour les escaliers à emprunter pour s’y rendre. Nous ne pouvions pas quitter la cité sans avoir goutté à la meilleure pizza de Vérone. Il nous fallait en avoir le cœur net. Pour notre dernier soir, nous nous sommes rendus à la pizzeria Bella Napoli. Pâte fine et croustillante, croquante comme il faut et garniture de choix : bref, pas déçu du voyage.

Nous quittons la belle ville de Vérone en bus en direction de Turin. Là-bas, nous n’avons pas trouvé de couchsurfing et c’est donc en Airbnb que nous serons, pour trois jours. L’arrivée à Turin est étouffante, une chaleur de fou nous saisi à la sortie du bus. Les jours qui suivent, nous les passerons le plus clair de notre temps dans les parcs ombragés de la ville pour fuir le soleil. D’ailleurs certains proposaient des petits concerts le soir. Notre rythme de vie tournaient autour de pizza, parc, dodo. Nous décidons donc pour la suite de prendre le train pour rejoindre la ville d’Aoste afin d’éviter de passer une journée sous la fournaise.

Après un petit pique-nique dans Aoste à base de jambon et fromage du coin, on se remet en route pour rejoindre notre camping où nous prévoyions de passer trois nuits. Le pouce en l’air, c’est reparti et au bout d’une vingtaine de minutes, une voiture s’arrête, un italien nous emmène. On lui explique notre objectif et il nous propose de poser la tente dans son jardin, gratuitement plutôt que dans le camping. Bonne idée, tentons l’expérience. La suite nous prouva que l’on a bien fait.

François nous invite donc à dormir chez lui avec sa famille. C’est un ex-champion de ski et est aujourd’hui propriétaire d’un refuge en haute montagne, à 2400 mètres. Refuge où il nous invite également pour une nuit : c’est un endroit magnifique qu’il a entièrement construit avec l’aide de son équipe et de son père, sculpteur sur bois renommé. Au long du chemin pour accéder au refuge, on trouve plein de petites sculptures d’animaux et de personnages de la montagne. Au refuge, nous profitons de l’activité locale, la randonnée, et on grimpe en haut du monte Fallere, à 3061 mètres d’altitude, offrant une sublime vue sur tous les 4000 des Alpes. L’ambiance très familiale du refuge offre un cadre superbe avec l’équipe qui y travaille et les visiteurs suisses, français ou italiens. On passe un excellent moment et on met également la main à la pâte en bricolant et aidant un peu sur place.

Pour les curieux et amoureux de la montagne, on vous conseille grandement de faire un tour au refuge, vous y serez bien accueilli. Vous pouvez en savoir plus ici 👉🏻 Rifugio Mont Fallere 🏔

Après trois jours avec François, Nicole et leurs deux petites filles, nous repartons, émerveillés par la gentillesse et l’accueil chaleureux de nos amis italiens. De la maison d’en bas, nous apercevons le pont qui monte jusqu’au col du Grand Saint-Bernard, la frontière entre l’Italie et la Suisse. Nous marchons jusque là et après dix minutes, une voiture nous emmène jusqu’en terre helvétique sur un fond d’Elvis. À bientôt François !

Retour en pays francophone

Notre première étape en Suisse est le village de Villars-Burquin, que nous rejoignons après une journée bien chargée en stop. C’est Ottilie, une jeune étudiante, qui nous amènera jusqu’en haut du village. Elle nous donnera en souvenir un pot de Cenovis, genre de “Marmite” suisse, en plus sain. On a goûté au petit-déjeuner, on aime ou on n’aime pas, il y a rarement un entre-deux. La maison de nos hôtes est située sur les contreforts​ du Jura avec la vue sur le lac de Neuchâtel et les Alpes en arrière-plan. C’est Caroline, Sean et Sami qui nous accueillent pour trois jours dans leur communauté. Ils ont construit leurs maisons passives il y a quelques années en flan de montagne et maintenant c’est autour du jardin que se concentre l’équipe. Plantation d’arbres fruitiers et arbustes, aménagement de parterre de lavande, création de buttons pour les poireaux, butte en permaculture en prévision : de quoi s’occuper pour tout l’été. Cette rencontre a permis à Florian de retrouver Sean qu’il n’avait pas revu depuis 10 ans, et pour la dernière fois en France. Pour notre dernier jour, nous commençons la journée par une séance de méditation d’une demi heure. Ressourcés, nous mettons les mains dans la terre. Certains s’occupent des jeunes plants de légumes, d’autres installent des marches sur le potager en pente. Puis vient l’heure du repas, un wok de légumes façons thaï bien épicé pour reprendre des forces. Merci d’ailleurs à Patrick et Rohini, l’oncle et la tante de Florian pour la bonne adresse.

Petite pause bien méritée

Après avoir quitté nos amis suisses, nous sommes repartis le long de la route pour rejoindre une ville à la frontière française à 15 km de Genève. Contents de recevoir les conseils des locaux, on nous vend les mérites de la traversée du lac Léman entre Nyon et Yvoire. Ni une ni deux, nous changeons notre destination initiale Genève, pour rejoindre Nyon et acheter nos tickets de bateau. La traversée est en effet superbe : avec le soleil qui se reflète sur le lac et les montagnes en arrière plan, on voudrait qu’elle dure plus longtemps. Yvoire, de l’autre côté, est un village français et au bout de 25 minutes de traversée, nous y sommes ! Notre premier pas en France depuis six mois : l’occasion de fêter ça autour d’une bonne glace 🍦. Ensuite, c’est notre hôte Tom, qui est venu nous chercher pour nous raccompagner à leur appartement ou nous retrouvons Alice, Jack & Shaun avec qui nous passerons 4 jours à découvrir Genève et sa région.

Le temps est magnifique, on retrouve un vrai été et nous profitons de la piscine sur place pour nous détendre. Nous sommes également allés passer une journée à Annecy pour découvrir la ville qui est magnifique. Bordée par le lac et les montagnes, traversée par un canal et animée par la joie de vivre estivale, c’était super. On a même loué et conduit un bateau pour faire un tour du lac, baignades comprises :)

C’est la veille de partir que nous avons reçu un message d’une vieille connaissance de ce voyage : Ronja, notre amie du Danemark qui nous avait hébergés plusieurs jours. Après avoir terminée ses vacances au Portugal, elle remonte avec son ami Carlos et leur van VW direction le Danemark en passant par… Genève ! L’occasion de se retrouver, même pour un court instant. On se donne rendez-vous sur le port de Genève, prêt du fameux jet d’eau de plus de 140 mètres de haut. Nous avons ensuite passé la soirée à nous raconter nos aventures respectives en buvant quelques bières et en écoutant les vagues du lac venir caresser les rochers. Le lendemain, nous partageons un petit-déjeuner ensemble avec nos hôtes puis notre route se sépare à nouveau, avec on l’espère, de futures retrouvailles.

Home sweet home

Nous avons quitté Genève aux alentours de 14h en bus et en direction de Clermont-Ferrand avec un arrêt à Lyon : ville inconnue pour nous deux mais hélas, nous n’avons pu découvrir seulement le quartier de la gare en une heure et demi. Rien que revoir la gare et entendre la voix féminine de la SNCF qui annonçait le prochain train nous faisait nous sentir à la maison. Nous repartons vers 17h30 pour Clermont-Ferrand et arrivons un peu en retard dû fait des bouchons. À l’arrivée, notre couchsurfeuse Lucie nous attend en voiture et nous conduit chez elle. Elle habite une collocation avec trois autres personnes très sympas avec qui nous avons passé la soirée à discuter autour d’un bon risotto maison.

Le lendemain, nous traversons la ville en bus pour nous rendre en périphérie afin de trouver un bon endroit où stopper, en direction de la Creuse, notre prochaine destination. Nous n’étions tous les deux jamais allés dans le coin, mais le paysage environnant donne envie d’y revenir : pendant le trajet, nous avons pu admirer tous les anciens volcans éteints dont le célèbre Puy-de-Dôme.

A l’arrière du camtar et c’est Jimmy qui conduit

C’est avec 3 véhicules et leur conducteur que nous arriverons à notre destination, le village de Saint Avit-le-Pauvre, pour retrouver la colonie de vacances d’enfance de Florian. Nous avons même voyagé dans le coffre d’un camion de jeunes forains, de Vulcania jusqu’a Aubusson-sur-Creuse, un trajet d’au moins 70 km. Par miracle nos derniers conducteurs, un couple et leur bébé, nous ont déposés au pied du château de la colonie de vacances. Il est 12h40, tout le monde est à table à l’ombre du grand marronnier. Nous sortons de la voiture, et les premiers regards curieux des enfants comme des animateurs se posent sur nous. À peine le sac sorti du coffre que Florian retrouve dans ses bras, Camille, sa copine qu’il n’avait pas revu depuis près de trois mois. Il y a aussi sa petite sœur Marie, qui travaille à la colo, et qu’il n’avait pas revu depuis notre départ. Mais également toute l’équipe qu’il connait bien et qui nous accueille à bras ouverts. L’effet de surprise était à son maximum car personne ne s’attendait à nous voir débarquer ici. Après un bon repas bien mérité et une sieste, nous partons tous les deux accompagner le groupe des plus jeunes et leurs animatrices. Les jeux dans les bois comme le Poule, renard, vipère et la gamelle nous ramènent en enfance. Cette colonie où Florian a travaillé durant 6 ans, est idéalement placée pour utiliser au mieux les champs et forêts environnants lors de jeux avec les enfants. Hélas la récréation est finie et le lendemain matin il nous faut reprendre la route en direction de la maison. Cette courte mais belle retrouvaille​ avec la colonie de St Avit, son équipe et son château nous promet de beaux souvenirs en tête.

Ça y est, c’est le dernier jour. Un mélange de nostalgie mais également d’impatience nous envahit alors que nous nous tenons prêt de la route, toujours le pouce tendu pour arrêter les voitures. C’est la première fois que l’on fait du stop en France depuis 6 mois et c’est assez plaisant de pouvoir expliquer clairement où l’on souhaite aller ! Le trajet du jour est assez long et démarre dans le lieu le plus reculé de France, la Creuse.

Le trajet jusqu’à Blois s’est plutôt bien déroulé car comme nous connaissions le pays, plus besoin de regarder à chaque fois sur une carte pour nous orienter : nous savons par où passer. De Guéret en passant par La Souterraine puis par Vierzon et Romorantin, c’est 5 voitures qui nous ont emmenés à destination et qui sont venues s’ajouter à notre longue liste de conducteurs ! Lorsqu’on raconte aux personnes qu’il s’agit de la fin d’un voyage de six mois, ils sont tous très fiers d’y contribuer et alors qu’avant, on nous souhaitait bon voyage, ceux-là nous souhaitent plutôt un bon retour.

L’arrivée à la maison s’est faite progressivement : d’abord aux villages alentours (Romorantin, Mur-de-Sologne…), puisque le fait de reconnaitre les noms sur les panneaux nous procurait une grande joie, puis lors du franchissement du panneau Blois. On roule jusqu’en centre-ville où l’on se fait déposer au pied des escaliers Denis Papin, on récupère nos sacs et nous voilà à la maison. On l’avait fait ! On marche un peu, en regardant tout autour de nous comme s’il s’agissait d’une ville inconnue. Nous nous rendons au château, emblème de la ville afin de capturer la dernière photo de ce périple.

Yes, we are going to Blois.

Ensuite, on se serre la main pour se dire au revoir mais surtout pour mutuellement se dire merci et se récompenser de cet accomplissement. Chacun repart dans sa maison respective, il s’agira des derniers kilomètres de cette aventure. Mais rendez-vous ce soir, pour fêter les retrouvailles :)

Merci les amis !

Et on vous donne rendez-vous à vous, lecteurs, pour vous partager notre bilan personnel de cette aventure dans le prochain article !