Dans la mythologie nordique, le Ragnarök est une fin du monde prophétique comprenant une série d’événements dont trois hivers sans soleil (Fimbulvetr) qui se succèderont, suivis d’une grande bataille sur la plaine de Vígríd. La majorité des divinités comme Odin, Thor, Freyr, Heimdall et Loki, mais aussi les géants et la quasi-totalité des hommes y mourront, une série de désastres naturels verront ensuite le monde submergé par les flots et détruit par les flammes. Source : Wikipedia


Freddy Woets

Résumé

Dans l’univers, quand une espèce atteint un dangereux degré de connerie, une entité, le Grand Harlack, l’éradique. L’ennui, c’est que ce jardinier aveugle confond parfois le bon grain et l’ivraie. Il suffirait souvent d’arroser plutôt que d’arracher.
Il s’appelle René Descartes, il est prof de français. Vingt ans de tableau noir, puis, la lassitude. Il écrit un livre qui fait succès et se retire quelque part entre labours et forêts, le cellier richement garni. Le jour où la Tempête survient, on pense à 99, une semaine plus tard, on se pose des questions, après un mois de tornades force est d‘admettre que ça commence à sentir la fin du monde. Les crétins et leurs gaz à effet de serre déboulonnent la planète. René Descartes s’en fiche : « Que faire contre une imbécillité sans issue, sinon vider sa cave en écoutant Bach ? » Une nuit de vent, de Bach et de bardolino chiaretto, quelque chose heurte violemment la porte d’entrée. Une adolescente commotionnée. Élia, les yeux pers, les cheveux bleus, slim, santiags et Perfecto. Elle doit porter une lettre à un certain Monsieur Noirtier, au 13 de la rue Coq-Héron à Paris, exactement comme le dut Edmond Dantès. René Descartes ne sait que penser. Il s’ennuie, l’accompagne à Paris. Ce que René Descartes soupçonne : Élia est une adolescente en fugue avec un zeste de folie. Ce que René ignore : Élia et lui se connaissent depuis trente mille ans. Ils sont les Gardiens qui affrontent et repoussent le Grand Harlack.
Et si sur Terre, il n’y avait pas que des Humains ? Humain, humanité, humus…

Un aperçu

La nuit souffle, les volets tremblent, je les entends à peine, perdu dans Bach, au creux des oreillettes. Prélude et fugue. Piano. Clarté sans cesse recommencée. Cristal fragile à l’inaltéré du givre. L’exigence éphémère du givre, ainsi la note va. Anges. Anges exigeants et furtifs. Les passants d’un rêve. Je crois aux anges, comme je crois à tout ce qui ne se voit pas, n’est pas l’évidence, le réel. Le réel aux voyelles si douces pour un corps de brute.

Je crois aux anges, mais je n’ai jamais été qu’un gueux qui faisait danser les rêves, comme un romanichel, son singe, sur un orgue de Barbarie. Et les anges m’ont lancé des pièces. C’était les seuls. Les seuls à voir les rêves danser. Faut croire qu’ils aimaient ça. Les autres, les hommes, les femmes, mes semblables, mes frères, je suppose que j’en ai eu à foutre. Un jour. Avant. Sans doute. À l’école. Petit, ado. Je suppose. C’est flou.

Ici, entre labours et forêts, je laisse le silence vivre. Et c’est bon.

Pendant des années, je croisais le regard de Descartes. Sur la couverture d’un livre de poche, placé de sorte que. Ses yeux me disaient tant de choses. Plus que le texte. Mon cerveau va par passages secrets, raccourcis, il évite la logithèque, trop lente, trop lourde. Je sentais Descartes sans l’avoir vraiment lu. Il était dans ma pensée. Et je l’aimais comme un ami. Un matin, j’ai appris sa mort à la radio : « Le crâne de Descartes ne quittera pas le Musée de l’Homme pour le collège de La Flèche. » Le crâne de Descartes. Exposé dans une vitrine, au Musée de L’Homme. J’ai éprouvé un dégoût proche du découragement sans issue. La radio poursuivait : « Le crâne est exposé pour montrer qu’il ne diffère en rien d’un autre crâne. Les scientifiques refusent de le céder. » Tous les hommes sont égaux, surtout dans la mort. Encore que. Le corps de Descartes repose sans tête quelque part. Les esprits dévoyés à l’origine de cette exhibition seraient des scientifiques. À chacun sa méthode. Cette imbécillité sans excuse m’éloigna un peu plus des affaires courantes. Descartes est toujours là, une note amusée dans le regard. Il est plus fort que moi. Que pense-t-il de ces sots sans nombre qui se définissent cartésiens et confondent le cœur avec un cube, lui qui recommandait de consacrer une heure par an aux œuvres de la raison, une heure par mois à celles de l’imagination et une heure par jour à celles des sens ?

Quel mépris n’éprouve-t-on pas pour l’homme au Musée de l’homme ? À force de prendre les visiteurs pour des crétins en viendrait-on à empailler de grands esprits ? Si on laissait faire ? Heureusement que tout le monde s’en fiche, après tout.

Je suis un enfant de la DDASS. Un enfant trouvé, comme on dit. Trouvé dans un chariot de supermarché, entre deux voitures sur le parking. Je serrais un jeu de cartes et le Roman de Renart. Je suppose que c’est pour ça qu’on m’a appelé René Descartes… Et que j’étais professeur de français.

Je laisse le silence vivre.

Tous droits réservés. Freddy Woets et Numeriklivres, 2015.

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