Sciences Po se rhabille (Elvire Charbonnel)

Ou comment le logo doit parvenir à évoluer dans la continuité tout en répondant aux codes d’une époque.

Il ne s’agirait pas de se tromper. A première vue, dans ce monde du 2.0 où la quête du nouveau, du renouveau et de la perfection n’en finit pas, il semblerait que les marques nées avec cette ère soient plus aptes à se métamorphoser selon les régions, les personnes, les besoins, les demandes, les tendances, que les marques des générations précédentes.

Ces dernières font figure de stabilité, de continuité et de tradition. Leurs valeurs rassurent, et ce sont vers ces piliers de l’Histoire que nous nous tournons en cas de désespoir, lorsque le 2.0 nous perd, et que le proche 3.0 nous terrifie.

Quid de Sciences Po ? Aah …Sciences Po (Paris, s’il vous plait). … Pour un pilier de la culture française, c’en est un ! Nos élites ne se lassent point de rappeler qu’ils y ont été formés, nos jeunes se battent pour y entrer. Ce n’est même plus d’un pilier dont il s’agit, mais d’un sanctuaire presque impénétrable ! D’un lieu saint !(pourtant pas épargné des scandales en tout genre, mais c’est encore une autre histoire).

Bref. Sciences Po Paris, 1872 (petit joueur à côté d’un Oxford né en 1116 ou d’un Cambridge en 1209), s’invente une identité concrétisée par un logo bien connu. Machiavel, lion et renard, force et ruse, double-sens et contre-sens, cette ambiguité survit au temps et fait la fierté de ses fidèles. Ce logo connait trois premières modifications, mais il a toujours la bonté de laisser apparaitre le “Scpo” et de conserver ses lignes dures et droites.

Et voilà qu’en 2015, le logo très accepté subit encore une chirurgie ? La ligne droite a disparu au profit d’une ligne circulaire (nous tournons en rond dans ce monde mondialisé); le manuscrit de la connaissance est vidé de son contenu (le contenu de nos cerveaux s’épurent dans ce monde mondialisé); les détails stylistiques du dessin n’existent plus (on ne s’encombre pas du superflu dans ce monde mondialisé).

Mais tout n’est pas perdu ! Le rouge, le lion et le renard sont toujours là. Cohérence et unité, singularité et distinction, l’Ecole d’Emile Boutmy conserve ses valeurs originelles et maintient sa position de marque désirable et unique.

Le goût actuel pour les symboles abstraits et conceptuels ne vaincra pas nos marques piliers. Sauvés.

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