L’histoire d’une petite Gangster de MakeSense

Il était une fois, l’arrivée d’une jeune bachelière de 19 ans à l’Institut Africain de Management (IAM) en Octobre — 2015. Son rêve était de devenir une grande dame conduisant une Mercedes avec un salaire bien lourd dans son compte en banque. La vie de la jeune fille prenait petit à petit un nouveau tournant.

Alors que les mois d’octobre et novembre passèrent à toute allure, décembre prenait place, avec l’excitation des uns qui pensaient aux fêtes de Noël, des autres à la fin d’année 2015 et nous, étudiants iamois rêvions plutôt de « l’immersion » à Kedougou, zone reculée du Sénégal. J’étais comme tout étudiant de première année, impatiente de découvrir ce qu’était ce « Green Camp ».

Chapitre premier : Le fond du gouffre

« Tic, tac tic, tac », Il ne fallait pas que j’arrive en retard pour ce voyage à Kédougou, Le 10 Décembre 2015 à 21h je quittais Dakar. 900 autres étudiants m’accompagnaient dans ce périple à plus de 700 km de la capitale. Les paysages défilaient devant moi, tous plus époustouflants les uns que les autres, c’était comme si en les poursuivant du regard j’étais tombée dans un univers différent. Dès notre arrivée, nous avons démarré les activités. Des journées remplies, s’en suivirent, avec çà et là des ateliers à n’en plus finir, et croyez-moi c’était surprenant. En effet, ce fût l’une des plus belles découvertes de mon existence. Comme si j’avais bu une potion magique, je me suis vue, grandir, mûrir, apprendre et découvrir.

Un après-midi de Kédougou, nous avons fait la rencontre d’un jeune homme, grand teint noir, aux traits fins qui s’appelait Mamba Souaré, accompagné d’un autre jeune de taille moyenne, teint blanc cheveux ébouriffé se dénomment, Arthur Massonneau. Sur ces deux visages se lisaient l’énergie, la détermination, la différence. L’un avait à la main un livre hors du commun, non pas de par son contenu, mais de par sa qualité. Sa matière de fabrication, du papier (comme tous les livres), mais quel type de papier ? Arthur d’un geste désinvolte versa de l’eau sur le livre et en pensant à la destruction de cet ouvrage, je me suis dit « Oh le malade » (quand je dis versé, c’est qu’il a véritablement versé un verre d’eau entier), il s’agissait d’un livre en papier pierre qui résistait à l’eau.

À peine remise de mes émotions que le grand homme noir, Mamba, se rapprochant de nous, nous montra une lampe jaune sous forme de soleil. Il me choqua en la jetant violemment sur le sol (j’ai cru qu’il voulait tuer quelqu’un avec), mais sans trace la lampe était intacte. Ayant comme nom « Little sun », cette lampe solaire était incassable, elle pourrait répondre à la demande des populations qui n’ont pas forcément accès à l’électricité. (Je vous rappelle qu’entre le Sénégal et l’électricité, c’est un long fleuve tranquille). Là j’ai compris ce qu’était l’entrepreneuriat social après des explications de ces deux jeunes gens. Ces deux types de créations permettent de résoudre les problèmes de la société sénégalaise voire du monde entier dont : la déforestation et le manque d’électricité.

Chapitre deux : A la chasse de la place

Le lendemain, des feuilles nous ont été remises, afin que chaque groupe détaille, leurs envies, leurs objets préférés d’étudiants. Malgré mon état fébrile, j’ai pu remplir cette fiche. J’y réussi à y mettre ma personnalité. Cherchant des jeunes prêts à percer dans le monde de l’innovation et surtout à relever les défis de la société, ils ont sélectionné une cinquantaine parmi les milliers d’étudiants, puis les ont répartis en groupe de 15 pour les ateliers de mis en épreuve. Là, j’ai rencontré Kevin, je formais avec lui un binôme, il fallait mettre en avant notre esprit créatif pour dénouer notre bobine de fil bien emmêlé. De l’autre côté on voyait au loin une femme déterminée, dynamique, petite de taille avec une superbe coupe de cheveux, Sabine Chevé, elle déroulait son atelier avec un autre groupe. Les jours passèrent à vive allure. De retour à Dakar, un jeudi 14 Janvier je reçois un message sur mon téléphone d’une certaine Laura de MakeSense qui me demandait de passer au bureau. Laura ? Bureau ? MakeSense ?

Je me demandais qui se cachait derrière le nom de Laura. Après mon cours je me suis rendue dans ce fameux bureau. A peine toqué que j’entends derrière un « entrez », j’ouvre la porte et un sourire éclatant qui illuminait la salle m’accueillait. Une jeune fille de teint café au lait avec des cheveux crépus se présenta à moi : «Salut !! Euh moi c’est Laura et toi ? », j’étais tout de suite à l’aise on a discuté une trentaine de minutes, tout de suite on a accroché.

Chapitre trois : d’un avenir jadis précaire, à la découverte d’un nouvel univers

Ce jour là j’ai découvert MakeSense et le SenseCampus. Étant né d’un partenariat entre l’IAM et MakeSense, le SenseCampus est un programme innovant alliant entrepreneuriat et résolution de défis. L’équipe m’avait sélectionnée pour faire partie des ambassadeurs de ce nouveau programme. Avec ce titre, j’avais pour mission d’honorer ce partenariat, je devais être capable de représenter le SenseCampus. C’est là que tout a commencé ; contente et fière de moi, j’ai annoncé la nouvelle à mes amis, mes proches et mes parents. Les semaines passaient et j’allais de temps en temps au bureau pour discuter avec Laura qui partageait avec moi son parcours jusqu’à son arrivé au sein de MakeSense (Paris). Le 18 janvier, le premier atelier a eu lieu, il consistait à mettre notre créativité en œuvre pour aménager l’espace SenseCampus. Cette journée était dédiée aux ambassadeurs, la rencontre avait commencé vers les 15 heures, un groupe de jeunes qui débordait d’énergies était là (Alice, Camille, Thierry, Théophile, Chérif, Salamata, Kevin, Lika etc.…). Nous avons commencé par un jeu « traverser la montagne », ou nous avons dû courir, pour prendre la place de chaque personne disposant de notre propre symbole annoncé par l’animateur. Ensuite nous nous sommes répartis en groupe de travail (menuisiers, transformateur de vinyles, peintres, designers etc.…). Durant l’une de ces activités, Mr Moustapha GUIRASSY directeur de l’Institut, passa pour donner quelques unes de ses idées qui nous ont servies.

Chapitre quatre: JULIE 3.0

Ce fût une journée instructive, remplie d’échanges, qui impacta ma vie... Impacter comment ? Impacter ma vie au point de me remettre en questions, impacter ma vie en me poussant à réfléchir. Durant mon existence je n’avais jamais pensé que mes études pourraient être fun, je pensais que ça serait classique (aller à l’école, suivre mes cours, rentrer, bosser) et je ne me suis jamais demandée si j’avais une seule fois impacté la vie de quelqu’un comme le dit Mr Joël GBAGUIDI, coach en développement personnel. J’avoue que j’avais une vie ennuyeuse. J’entends tous les jours que l’Afrique est un continent sous-développé, que l’Afrique est pauvre mais je ne savais jamais quoi répondre parce qu’il n’y avait rien de concret que je pouvais faire et je n’avais vraiment pas d’idées, ne connaissant pas le chemin à emprunter pour mettre mon grain de sel dans l’histoire du monde, l’histoire de mon continent, de mon pays.

J’ai eu la chance d’avoir ces coachs extraordinaires, il n’y a pas d’autres mots pour qualifier ces personnes : Mamba, Arthur, Laura, Sabine, Magui, GBAGUIDI etc… S’il y avait un mot plus fort qu’extraordinaire je l’aurais employé car ils ont su éveiller en moi le génie qui y dormait, ils ont su partager avec moi leurs savoir-faire, leurs connaissances. Ils m’ont motivé à bloc, et c’est sur cette lancée que j’ai su devenir une personne meilleure, à chaque instant que je vois le jour.

Chapitre dernier : Julie aux Pays de l’innovation

Pas besoin de petits gâteaux, de potions magiques ou de lapins farfelus, le SenseCampus m’a fait atterrir au pays des merveilles. Faisant des vas-et-viens à n’en plus finir au sein de l’espace construit et décoré par nos mains, j’ai pu acquérir des compétences. Ma première activité a commencé durant l’inauguration du SenseCampus j’étais en binôme avec Laura nous étions chargé d’organiser l’événement en amont et en aval ce fût une expérience fun, j’ai pu rencontrer des chefs d’entreprises j’ai échangé, j’ai récolté des défis, j’ai eu la chance de rencontrer Alizée et Marine durant leurs séjours pour l’implantation de la formation du SenseCampus qui s’étend sur trois ans.

Inauguration du SenseCampus à l’Institut Africain du Management de Dakar

Toujours en mode apprentissage, j’avais décidé avec l’aide de Laura de passer à l’étape supérieure en suivant quelques formations : Hold-up, MKS Room et SenseFiction. A travers ces formations j’avais eu pour la première fois l’occasion d’échanger avec Mamba (dire qu’il était en phase observation et qu’il bougeait énormément cherchant à développer MakeSense à travers l’Afrique de l’ouest).

Toujours à la conquête de l’Afrique de l’Ouest, Mamba m’avait confié la mission de trouver des volontaires qui seraient intéressés par la cause du « Women Empowerment » j’étais contente d’avoir une première mission venant de Mamba, car en plus de la vidéo de Christian Vanizette, parue le 10 février 2016 cela m’a boosté encore plus. Très motivée, j’ai pu trouver une dizaine de volontaires intéressés par cette cause. Une semaine avant le lancement du programme « Women Empowerment », Mamba m’a proposé de l’accompagner à l’université Cheikh Anta Diop pour trouver des volontaires au sein de la faculté de droits et science politique. Au début j’avais le trac, je n’arrivais pas à parler à un public inconnu, mais ce jour a été un déclic pour moi.

Mamba m’a donné confiance et pour la première fois j’ai dépassé mes peurs (j’ai parlé devant une cinquantaine d’étudiants). Le 8 mars dernier avec la team (Arthur, Laura , Sabine,Mamba, Barry, Ousseynatou, Meïssa, Oumou, Sokhna Babou, Nata, Thierry, Camille, Chris et moi), nous étions à la mairie de Dakar pour le lancement de la cause du « Women Empowerment » on a eu à faire Un Hold-Up une MKS Room et une SenseFiction ce fût une journée vraiment magnifique et nous avons pu décrocher 11 projets. Toujours avec cette même dynamique j’ai décidé de faire un Hold-Up qui porte sur ce thème et c’était celui de Sen Women’Up qui avait comme défi : « quel nom de marque donner à notre usine de fonio ? » et on a trouvé un nom vraiment super « FAMA ». C’est ainsi que je suis devenu Gangster à MakeSense ce réseau d’entrepreneurs qui veut sauver le monde, c’est ainsi que j’ai appris à parler en public, c’est ainsi que je suis devenue un bébé Gangster à MakeSense.

Nous sommes fous
Nous sommes jeunes
Nous sommes l’avenir 
Nous sommes déterminés
 Nous sommes innovateurs
Nous sommes prêts à changer le monde

#À chaque fois que je me suis retournée du même côté que la majorité, je me suis dit qu’il était temps de prendre du recul et de réfléchir pour engager le côté opposé#

Makeense m’a appris : « Il n’y a pas un caractère d’entrepreneur. Mais il faut du caractère pour l’être. »

La team de l’Afrique de l’Ouest


Julie est étudiante en administration des affaires à l’ Institut Africain de Management, ambassadrice et 1ère Gangster du SenseCampus Dakar !