Je suis le boss… Ne m’écoutez pas!

Avez-vous des moments de désespoir quand vous voyez comment votre royaume TI gère ses activités de construction logicielle. Tant d’improvisation, l’absence d’une vision claire, se satisfaire du suffisamment bon ou du tant que ça fonctionne. Ne vous blâmez pas, nous sommes tous coupables d’avoir contribué à cette stratégie de «l’espoir et travailler dur», moi le premier.

L’histoire relativement récente de notre métier, par rapport à des professions plus établies dans les domaines de l’ingénierie, y est peut-être pour beaucoup. Avant l’avènement de l’agile, le développement piloté par les tests (TDD) et le déploiement continu (CD), les supers codeurs ont acquis des médailles de bravoures en écrivant du code complexe qui fonctionnait, en utilisant seulement leur capacité cérébrale et beaucoup d’arrogance.

La sueur et le sang étaient facultatifs, mais si inclus, pouvaient créer des dieux à partir de simples mortels.

Le week-end dernier, nous avons tenu notre premier hackathon. Après quelques délicieuses crêpes maisons et du vrai sirop d’érable, nous avons dévoilé notre défi… Coder en moins de 7 heures un service exposé via un API REST pour servir des données à une application utilisant la géolocalisation. Les participants seraient évalués par des tests automatisés d’intégration, exécutés toutes les cinq secondes sur des endpoints assignés aux équipes. Le classement serait affiché en temps réel sur un grand téléviseur.

Des développeurs de provenances et niveaux d’ancienneté variés étaient présents. Ils ont utilisé des stacks technologiques différentes, car aucune directive spécifique n’avait été donnée quant à la façon dont les choses devaient être faites.

J’ai alors été surpris de constater que toutes les équipes, sans exception, avaient débuté les activités à peu près de la même façon. C’était vraiment surprenant!

Ils ont tous commencé par créer des projets GitHub et mettre en place des pipelines d’intégration continue. Puis, suivant maintenant une habitude bien établie, tous ont opté pour un hébergement Cloud même si l’exécution locale de l’application était autorisée. Évidemment, ils ont écrit un certain nombre de tests unitaires ou d’intégration. Une équipe a même travaillé en utilisant des Pull Requests… Que dire de cela!

Un hackathon se déroule habituellement sur quelques heures seulement. On pourrait penser qu’écrire du code aussi vite que possible et juste le faire fonctionner serait le chemin le plus court vers la victoire. Mais toutes les équipes croyaient sérieusement qu’un travail structuré, automatisé et itératif serait plus rapide. Et à la fin, quand nous avons audité le code, il y avait plus de Clean Code que de mauvais code.

Je pense que le Clean Code, TDD, CI/CD et une réelle considération pour la qualité sont des tendances en accélération dans notre profession. Elles transforment de valeureux guerriers du code et des geeks égocentriques crinqués au Red Bull en vrais ingénieurs.

Pour accélérer cette transformation, initiée par une nouvelle génération de codeurs professionnels, les dirigeants d’entreprises doivent s’assurer que la vieille garde encourage ces comportements ou du moins reste à l’écart. Les gens plus âgés et plus sages, qui occupent maintenant fièrement des rôles tels que directeurs informatiques ou gestionnaires de projets, pourraient sévèrement nuire à leurs entreprises en étouffant l’innovation s’ils empêchent ce changement culturel. Cela peut aisément se produire s’ils ne comprennent pas les avantages de telles pratiques ou par peur d’être considérés comme dépassés.

Aujourd’hui, vous ne pouvez pas innover si vous ne livrez pas des fonctionnalités 10 fois plus rapidement qu’il y a 5 ans. Autrement, tout votre temps sera dépensé à simplement réagir à des changements technologiques constants.

Récemment, des leaders établis comme Scott Cook, le fondateur d’Intuit, ont inversé la pyramide de l’innovation en encourageant les développeurs à rechercher eux-mêmes des solutions inédites pour résoudre les frustrations des clients. L’innovation ne peut plus venir uniquement de décideurs haut placés dans la hiérarchie corporative.

Cette tendance à promouvoir la pensée novatrice dans les rangs inférieurs (quelle description de poste négative) est motivée par l’évidence que les personnes les plus proches d’une problématique auront certainement les meilleures idées de solutions possibles.

Mais changer l’establishment peut être si difficile qu’un mouvement de désobéissance prend forme, mis de l’avant par ceux qui veulent promouvoir l’innovation. Scott Cook a déclaré que cet état d’esprit est ce qui permet à la firme Intuit de rester pertinente après 35 ans dans l’industrie hautement concurrentielle du logiciel. Le MIT vient même de créer le «Prix de la désobéissance responsable» avec une bourse de $250,000, afin de promouvoir l’innovation en suggérant qu’il ne faut PAS toujours respecter les règles.

Je suis convaincu qu’il y a de l’espoir. Et c’est juste le début. Il suffit simplement de se le permettre.

Soyez la révolution!

par Rémy Gendron, fondateur chez INGENO

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