Indispensable Métro de Montréal

Un éditorial

Le Métro de Montréal

Le Métro de Montréal fut notre premier sujet de photographie. L’architecture est d’ailleurs devenue notre spécialité. Outre les connaissances en architecture, l’observation est la qualité première d’un bon photographe d’architecture.

Matériaux, mobilier & lumière

Le souci du détail dans une oeuvre architecturale est pour nous un des éléments les plus importants, souvent oubliés. Ce sont parfois les détails qui font la différence. (ci-haut, éléments du mobilier de luminaire à la station Berri-UQAM)

Oeuvre d’Art

Une Oeuvre d’Art c’est l’idée qui me vient en tête lorsque je pense au métro de Montréal. Et comme toute oeuvre d’art, son héritage patrimonial est rempli de valeur, incluant une valeur monétaire générée par un attrait pour les gens de venir vivre dans notre ville et pour les touristes de venir la visiter.

Rénovations et intégration

Des erreurs désolantes ont été commises dans les années 90 et 2000 lorsque des édicules de stations furent remplacées par de nouvelles constructions complètement inadaptées à l’oeuvre qu’ils étaient chargés de chapeauter, notamment aux stations Mont-Royal, Frontenac, Papineau et Berri pour n’en nommer que quelques-uns.

Espace et Lumière

Ce qui distingue le métro de Montréal de la majorité des réseaux de métro du monde c’est l’unicité de chacune des stations. Elles ont tous leur design propre. Cependant, le réseau affiche tout de même une signature globale bien de son temps. Espace, lumière, géométrie, béton, modernisme et effets visuels caractérisent la grande majorité des stations du réseau.

Conceptuel

Des concepts architecturaux forts offrent une expérience unique dans plusieurs stations comme ci-haut sur la ligne orange à la station Rosemont ou un faux plafond suspendu au plafond de béton complètement noir donne l’impression d’un vide spatial sans fin. À Rosemont, on a l’impression de descendre dans une station à ciel ouvert sous un ciel étoilé permanent.

Sorties de surface et ville souterraine

Le métro comporte aussi des sorties ouvertes à la New Yorkaise et à la Parisienne. Seulement trois sorties de surface existes à Montréal, à la station Saint-Henri, Square Victoria-OACI & Bonaventure (ci-Haut). Aussi, des corridors relient plusieurs stations et édifices entre eux dans le réseau de la ville souterraine devenue un élément indissociable du métro de #Montréal (ci-bas, corridor entre la station Square Victoria-OACI et la Place du Commerce International).

L’espace du Citoyen

À Montréal, la ville souterraine est devenue essentielle à la vie citoyenne. Les galeries commerçantes et les tunnels reliants stations de métro et édifices au centre-ville soudent la vie communautaire et économique. Je dirais même que celles-ci en sont carrément dépendantes six mois par année.

Montréal sans son métro ; le Québec sans Montréal

Tous s’entendent aujourd’hui pour dire que le métro de Montréal est la plus importante infrastructure de la métropole. Tous sont d’accord aussi pour dire que la métropole est le moteur économique de la province. Le métro de Montréal a connu sa dernière expansion en 1987, avec l’ajout de trois stations à la ligne orange le long de l’axe de la rue Décarie dans l’arrondissement Saint-Laurent. Depuis, aucune nouvelles stations n’ont été ajoutées à Montréal malgré la densification majeure qu’ont connue les banlieues de l’île comme Anjou, Saint-Léonard et LaSalle. Qui plus est, les quartiers centraux densément peuplés de Notre-Dame de Grâce, Mile-End et Rosemont Petite Patrie n’ont jamais été considérés sérieusement pour des extensions du réseau.

Négligence d'entretien

La situation la plus inacceptable de la gestion de cette infrastructure critique au fil des décennies est la négligence qu’ont eu les administrations publiques. Le réseau existant fut négligé au point où les dommages causés par l’usure ont fait exploser les coûts d’entretien des tunnels, des stations et des trains, réduisant d’autant le budget d’expansion et d’amélioration.

Procès d’intention

Le propos de cette publication de blogue n’est pas de faire le procès d’intentions des dirigeants de l’époque ou de ceux d’aujourd’hui. La vision en gestion du futur des villes est une reponsabilité de la plus haute fonction politique et administrative des villes et de la province : le Maire en fonction et le Premier Ministre du Québec. L’absence de vision des plus hauts dirigeants est responsable de la situation d’aujourd’hui. Et, les dirigeants d’aujourd’hui sont responsables de corriger le tire en amendant les politiques et les budgets.

Architecture et design urbain

L’architecture, le design urbain et les infrastructures de transport sont le tissu de la communauté. La qualité de ce tissu détermine l’efficacité, la qualité de vie et le succès ou l’échec financier d’une ville, et dans le cas de Montréal, l’échec pourrait entrainer celui de la province toute entière.

Texte et Photographies : Eric Soucy

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