J’ai lu Power de Michaël Mention, et je vous en parle

« Ici, comme dans les autres ghettos, pas d’artifice à la Marilyn, ni de mythe à la Kennedy. Ici, c’est la réalité. Celle qui macère, mendie et crève. »


1965. Les États-Unis sont secoués par les émeutes et l’explosion des violences policières. Après l’assassinat de Malcolm X, la communauté noire se déchire entre la haine et la non-violence prônée par Martin Luther King. Surgissent alors les Black Panthers, qui défient l’Amérique raciste, armant leurs milliers de militants et subvenant aux besoins des ghettos. Une guerre impitoyable éclate, qui va bouleverser les vies de Charlene, jeune militante, Neil, officier de police, et Tyrone, infiltré par le FBI. Aucun d’eux ne sera épargné, à l’image du pays, happé par le chaos des sixties.



Parler de Power, c’est parler d’histoire, d’engrenages, de musique, de force.
C’est parler du rythme, incessant, lancinant de ce livre, d’un texte sur lequel on hoche la tête en rythme, parfois de haut en bas, parfois de droite à gauche, parfois dans tous les sens.
C’est entrer dans la fièvre synesthésique de ce combat de l’histoire des Etats-Unis dont on connait la fin.
C’est suivre 3 tempos différents, à travers 3 voix qui s’élèvent, chacune avec ses cassures, son groove, son désespoir. C’est battre la mesure d’une marche folle et parfois funèbre.
C’est comprendre une écriture A capella, brute, droite, essentielle, sans arrangements.
C’est se brûler au son lourd des cuivres du Jazz, comme on se brûle à la violence d’une histoire pas si lointaine et en perpétuel recommencement.
C’est reconnaitre l’engrenage d’un rythme de basse angoissant, qui poursuit les personnages, qui s’immisce en eux, parfois malgré eux, encore et toujours, jusqu’à la folie, jusqu’à la chute, jusqu’à l’outro.
C’est apprendre la complainte, la fugue, le blues de l’opprimé face à l’oppresseur.
C’est remuer son corps au son des tom basses et de la grosse caisse, remuer pour éviter les balles qui fusent, remuer pour éviter l’emprisonnement, remuer pour être libre, encore.
C’est avoir dans un coin du crâne une caisse claire, pressante, martiale, inexorable, qui guide les pas d’une marche. Une marche vers le combat.
Lire Power, c’est musical.

Elodie


“ La force du propos est soutenue par un style percutant, comme un direct du gauche, vif et énergique. La mise en forme saccadée donne un rythme incroyable. ”

Alissash, France Net Infos

Grâce à une écriture sèche et nerveuse c’est un livre qui se dévore, qu’on a du mal à lâcher. On vibre à cette lecture, on est immergé dans cette Amérique des années 60/70 riche en évènements souvent tragiques. L’auteur nous plonge dans cette histoire en nous faisant partager le destin de trois protagonistes (un policier, une militante et un infiltré par le FBI). Trois destins broyés par et pour L’Histoire. Un très grand moment de lecture.

Des goûts et des livres

Loin de casser le fil du récit, ces deux derniers éléments (les références historiques et musicales) donnent un coté immersif à l’ensemble du récit. Mieux que le casque de réalité virtuel, Power est une plongée par tous les pores dans un passé pas si lointain.

Cekankonvaou, sur Babelio

L’homme évolue mais pas dans le bon sens. Avec les attentats que nous vivons de plus en plus nous sommes arrivés un cran au-dessus.
Ceci n’est pas une histoire, ceci est la réalité. La vérité que nul n’est censé ignorer. Lisez cette bombe atomique qui vous mettra sans nul doute les tripes à l’envers et les larmes aux yeux.

Les mots de Gaiange

Une lutte armée qui s’apparente parfois à un western urbain. Une analyse sociétale qui prend aux tripes et fait réfléchir.
Écriture immersive, images dans la tête, sons dans les oreilles… Entêtant. Des destins au bord de la folie dans un monde qui perd la raison. BPP, mouvement plein de contradictions, capable de grandes violences comme de mettre en place tout un travail communautaire (éducation, soins…). Sous couvert d’une lutte raciale, c’est en fait une lutte des classes.

Yvan Fauth, EmotionS



Michael Mention © Olivier Gamas.

Un peu plus sur l’auteur

Michaël Mention est né en 1979. Passionné de rock, de cinéma et d’histoire, sa trilogie policière consacrée à l’Angleterre a été récompensée par le Grand Prix du roman noir au festival international de Beaune en 2013 et le Prix Transfuge meilleur espoir polar en 2015. Power est son dixième roman.



Procurez-vous le roman dès maintenant :