Vers la fin de l’idiomarketing ?

Si vous souhaitez atteindre plus de gens, développer une communauté, alors le mantra du marketing des vingt dernières années est plutôt simple : soyez bête.

Utilisez des gros titres, type clickbait, pour attirer les clics des internautes. Rédigez des phrases courtes. Amenez des idées évidentes et sans âme. Ne soyez pas trop nuancé. Ne mettez pas les gens mal à l’aise et ne leur demandez pas trop d’efforts de compréhension. Ecrivez pour des robots et les moteurs de recherche, mais pas pour vos lecteurs. Vous pouvez provoquer un sourire ou un peu d’indignation. Mais surtout, ne les faites pas trop réfléchir. Vive l’idiomarketing !

Et ça marche.

Au moins pendant un temps.

L’ère de l’idiomarketing

Le slogan de l’idiomarketing pourrait être le suivant :

“Flatter les instincts les plus primaires pour obtenir les réactions les plus primales.”

L’idiomarketing est taillé sur mesure pour l’idiocratie, “une société qui valorise et récompense les gens en fonction de leur manque d’intelligence” comme le définit l’Urban Dictionnary.

Raz le buzz !

Téléréalité, talkshows décérébrés, culte du harcèlement et de la bêtise, films qui racontent la même histoire en changeant l’emballage, … Les débats politiques ne reposent plus sur l’échange d’idées mais sur les petites phrases qui pourraient faire le buzz. Notre société est en manque de créativité. Ou plutôt, les créatifs sont tenus en laisse. Pas de prise de risques, il suffit de se tourner vers ce qui fonctionne à coup sur.

Les campagnes de pub s’enchainent sans intelligence et sans goût. Continuons de produire du contenu de faible qualité. Poursuivons nos blogs vantant des promesses irréalisables (“ gagnez plus que votre salaire actuel en arrêtant de travailler grâce à votre blog”). Et vient le temps où il faut payer l’addition.

Insufflez de l’intelligence dans ce que vous faites

Un jour quelqu’un arrive et découvre comment améliorer ce que vous faites, comment en apporter une meilleure version, une version “ intelligente”. Il creuse un peu et va plus loin que tout ce que vous imaginiez. Jusqu’à ce qu’il devienne non pas votre concurrent, mais le nouveau modèle à suivre.

Alors que la plupart s’engouffrent dans cette spirale descendante, quelques-uns font le choix d’aller à contre-courant, de bousculer les évidences et de réveiller les esprits. Quand il ne s’agit plus seulement de comptabiliser son audience mais plutôt l’engagement, alors un changement de mentalité devient possible.

Débute alors un cycle ascendant. Le mouvement est lent mais l’effort vaut la peine d’être poursuivi.

L’idiomarketing est un acte intentionnel, celui de produire du “ facile à digérer” pour la masse. L’idiomarketing tend à ne jamais apporter quelque chose de stimulant et à ne surtout pas créer d’inconfort. Il n’enseigne pas, il n’éduque pas. L’idiomarketing travaille toujours à court terme, jamais à long terme.

Ne confondez pas l’idiomarketing et la simplicité. La simplicité élimine le superflu et permet d’obtenir de meilleurs résultats. L’idiomarketing ne fait pas grand-chose, il crée du bruit.

Toutes les entreprises créent du contenu. Des annonces publicitaires, des outils de communication, un blog, des vidéos, etc. Et il y a un choix à faire concernant votre contenu, un choix en rapport avec les gens que nous servons, des mots que nous utilisons et du changement que nous souhaitons apporter.

L’idiomarketing n’est qu’une course vers le bas, qui peut continuer si on laisse faire. Mais les époques changent, les moeurs évoluent et l’Histoire démontre qu’il y a des cycles. Il se pourrait que nous soyons à la fin du cycle de l’idiomarketing. Je l’espère en tout cas.

Ne prenez pas trop vos clients pour des imbéciles. Ils pourraient vous le rendre d’une façon douloureuse.

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Originally published at https://www.linkedin.com on March 2, 2018.