VCation — Episode #4 — FoxIntelligence, la relation client 2.0 et une Business Intelligence révolutionnaire, dans une même start-up

Précédemment, dans VCation : il y a un nouveau gosse dans la cour du VC à Paris. VCation est mon histoire, ainsi que celle d’entrepreneurs exceptionnels dont je croise la route.



Episode #4 : Foxintelligence !

Foxintelligence ?

Il y a certaines rencontres qui bouleversent, qui pètent tout, qui foutent le bordel, qui remettent tout en question, qui touchent au coeur, à l’âme, à l’intellect, bref à tout à la fois. Qui te retournent, et plus rien n’est comme avant.

Et quand on est investisseur, on a parfois cette chance rare de croiser la route de personnes extra-ordinaires, « hors-du-commun ». Et l’on se dit : « ok, c’est ça le sens de ce que je fais. Voilà pourquoi tous les matins je me lève, voilà pourquoi je dédie mon énergie, mon temps et bien plus encore à ce métier. »

Mardi 6 septembre, 17h45, près de Saint Lazare, Paris. « RDV Edouard Nattée, MisterFox ».

Tout fraichement arrivé dans la scène du VC français, à fond les ballons, un de mes tous premiers RDVs en tant qu’investisseur, en somme. Une claque. Une claque business, mais humaine surtout.


Edouard ?

#SuperCEO :-)

Délicatesse + puissance intellectuelle + vision + ambition collective + valeurs + créativité + organisation +… c’est le tout en un. Un peu comme la lessive qui fait tout à la fois, ou le rasoir 46 lames. Le « trop beau pour être vrai ». Alors on profite de chaque seconde et on dit merci d’avoir la chance de partager un moment de vie ensemble.

Edouard : « Ce qui a changé ma vie, en 5me, c’est ma grand-mère qui m’a offert le 386 SX 40 (ordi du siècle dernier ^^). Je suis tombé fou amoureux de l’informatique, de la techno en général, et suis passé bon dernier de ma classe. Je passais DES HEURES sur ma bécane, avec qui j’avais une relation assez forte. »

Puis Edouard change de bécane en 1re, mais garde cette amour fou pour la techno. Se fait jeter de toutes les prépas. Alors il fait le pied de grue devant une prépa parisienne (« prenez-moi prenez-moi prenez-moi prenez-moi prenez-moi :D :D :D :D :D :D ») jusqu’à ce que la direction revienne sur sa décision, et accepte d’ouvrir une place en plus pour le petit Edouard. Bon dernier pendant 2 ans, normal, mais l’échéance arrive, Edouard sprinte sur les derniers mètres de la course marathonienne des concours, et décroche son sésame dans une prestigieuse école de commerce parisienne (à trois lettres) ;-)

Fraichement diplômé, il rêve de devenir le prochain Bill Gates, et se lance… en conseil en strat’ (sigh…). Il passe alors beaucoup de temps à essayer de développer l’équivalent de la Microsoft Surface (avec quasiment une décennie d’avance !!). Puis se lasse du conseil et rentre… chez un des GAFA. Et se rapproche de ce qu’il aime, certes, mais se lasse vite de la grosse structure ou le travail de manager dans une boîte tech peut vite broyer la flamme / la fougue entrepreneuriale.

Et il fait une rencontre d’un entrepreneur allemand (:P) ayant récemment monté un start-up studio à Berlin et qui lui dit exactement ceci : « tous les jours que tu passes à sur-estimer ton niveau de risque, tu passes à côté de ta vie. Et ton niveau de risque, là, maintenant, c’est de manger des pates pendant 2 mois et de retourner travailler en conseil en strat’. »

En somme, s’il avait vécu il y a 100 ans, il aurait voulu créer le 1er avion, pas être salarié. Donc Edouard démissionne. Le jour même. Et il monte une boîte avec une fellow entrepreneur, et c’est le 1er jour du reste de sa (vraie) vie :-)

Et là, il se passe quelque chose de très spécial, mais qui veut tout dire : Edouard devient fier, « non pas de là où j’étais ou pour qui je bossais, mais de ce que je faisais tous les jours ». Et ça, ça change tout. Be proud of what you achieve, not of which company you are working for.

Alors Edouard devient vite passionné : de comment on vend des meubles, de comment on les livre, de comment on construit un site de e-commerce, de comment on gère la relation client, etc. Ce qui lui permet de prendre confiance en lui, de mettre du sens dans sa vie, bref, de s’épanouir.

Une chose qu’il comprends très vite, c’est qu’en devenant un meilleur entrepreneur, on devient également une meilleure personne. « Et plus on se rapproche de ses 30 ans (et c’est encore plus vrai depuis que ma fille est née), on se pose la question : est-ce que je serai fier de ce que j’ai fait ? Et avec l’entrepreneuriat, tu peux aligner tes ambitions avec ce que tu fais tous les jours, et ça c’est OUF. »

Et une chose qu’il apprend assez rapidement, au-delà de pouvoir « fabriquer son job tous les jours », c’est de to-do-lister sa vie : ses rêves, ses objectifs, ses micro-objectifs, les tâches du quotidien, etc. Alors Edouard se marie, décide d’avoir un enfant, achète un appart…

Le truc, et qui change tout, c’est qu’Edouard est profondément athée. Alors le sens de sa vie, c’est le sentiment d’être digne et fier. Fier de faire partie de la première génération à être élevée avec l’éducation, la paix (du moins relative), la protection sociale, le progrès technologique, la capacité de voyager, d’avoir de l’information internationale en temps réel, etc. « Mais qu’est-ce qu’on en fait ? Si l’homo sapiens c’est la pièce, nous on est une petite rainure. Il faut être digne de la génération incroyablement chanceuse dans laquelle on est. Le truc le plus important de ma life, sur mon lit de mort, c’est de pouvoir répondre à la question : « Et, toi l’athée ! Qu’est ce que t’as foutu de ta vie ? ». Et ça, ça m’obsède ».

Il parle également souvent d’un discours dans une grande banque d’affaires à Londres, avec tous les autres entrepreneurs du start-up studio : « c’est la première fois de ma vie que j’écoutais un vrai européen, qui avait l’envie et l’ambition de construire un socle d’entrepreneurs pour reconstruire l’Europe par le bas, avec la nouvelle économie. » Et c’est vrai qu’il y a peu de moments dans l’histoire de l’humanité où un continent est unifié avec des infra, du savoir-faire, des talents… et tellement de produits / de services à (ré)inventer !

Et puis il y a les rêves : entreprendre évidemment, mais aussi enseigner, prendre des responsabilités politiques, passer du temps avec ses enfants…


Foxintelligence ?

La réunion du B2C et du B2B. « C’est pas possible que 3/4% du temps des gens soit alloués à des trucs qu’on peut automatiser. Si on peut gagner 1/2% de productivité dans l’histoire de l’être humain, de manière simple… c’est pas arrivé tant de fois que ça. ».

En fait, « faire comme les mecs de Google : avoir un vrai modèle B2C et un vrai modèle B2B, à l’intérieur d’une même boîte, avec un modèle de monétisation OUF ». MMmmh, not quite easy :-)

FoxIntellingence, c’est la réponse à la question : « comment on arrive à révolutionner le Business Intelligence côté B2B et le customer care côté B2C ? ». Et tout cela, en utilisant des technologies qui existent déjà, sans ré-inventer l’eau chaude, quoi :-)

Et c’est comme ça qu’est né MisterFox, un 21 avril (tout un programme !). La vision, Edouard l’a dès le début : injecter de l’intelligence dans le mail. Chaque mail, c’est un « call to action », alors comment tu l’identifies, le comprend, et le fait pour le compte d’un utilisateur ?

OK, et là, vous vous dites : « ehhhh, super :D :D :D (j’ai rien compris) ». Alors je vous la fais en quelques lignes.


Côté B2C, MisterFox = pour gérer toutes vos réclamations en cas de retard de train, de manière automatique, sans démarches à faire.

=> Vous donnez accès à votre boîte mail (qui est évidemment scanée de manière automatique, confidentielle, et totalement sécurisée, avec un cryptage des données personnelles).

=> MisterFox check automatiquement, à partir des mails SNCF, dans quel train vous étiez, s’il y a eu un retard, si vous êtes éligible, et s’occupe de tout pour que vous receviez automatiquement l’argent sur votre compte dans les plus brefs délais.

=> Vous êtes content, la SNCF aussi car dans un monde concurrentiel (eh oui, l’ouverture à la concurrence…), un client mécontent de moins = un client fidèle de plus.

Puis à cela s’ajoute CleanFox, pour enlever de votre boite les mails qui n’ont pas / plus d’utilité, vous désinscrire des newsletters que vous ne regardez jamais (et qui vous em..bêtent), vous débarrasser des spams etc. Et sachant qu’un mail = 10 grammes de CO2, vous voilà écolo !

L’objectif étant rapidement d’étendre le service à l’avion, au taxi (en retard ou n’ayant pas pris le bon itinéraire), au site d’e-commerce (qui vous livre en retard), etc. Une sorte de super assistant qui remet le « care » au centre de la relation client. Tout bénéf !


Côté B2B, imaginez ce que l’accès à des centaines de milliers de boîtes mails (toujours traitées de manière anonymes, sécurisées etc. bien sûr) permet de reconstituer en termes d’intelligence marché ? Parce que dans la vraie vie, vous êtes un distributeur, une marque… et vous voulez savoir ce qui se vend, où, à qui, à quel moment, par quel canal de distribution, avec quelles tendances etc. pour prendre de meilleures décisions stratégiques, vous toquez à la porte de GFK, Nielsen et autres qui vous fournissent cette information, les rapports qui vont bien… Mais sur la toile, sur « l’internet », pas moyen d’avoir cette information. Personne n’a la vision du marché en fait. C’est dingue, non ? (Moi je trouve ça dingue…). Et sans cette information, comment prendre les bonnes décisions stratégiques ? Compliqué…

Mais ça, c’était avant ! Parce que FoxIntelligence, fort de ses (bientôt) centaines de milliers d’utilisateurs et les petits mails de confirmation que l’on reçoit dans sa boîte mail après chaque achat, pourra vous dire exactement ce qui se vend, où, quand, à qui, etc.

Brillant non ? Titanesque oui :-) Parce que là, Edouard nous explique très posément qu’il s’agit « juste » de construire (1) tout plein de services B2C pour traiter la réclamation client au mieux, (2) une architecture de business intelligence pour valoriser les données individuelles et leur donner du sens, et (3) une activité B2B à direction des entreprises ensuite pour aider les dirigeants à prendre des décisions « éclairées » par des données marché enfin disponibles. Le tout en un quoi, il n’y a que quelqu’un comme Edouard pour construire une start-up avec une telle ambition ;-)


L’aventure & la team ?

Tout seul au début. Puis il y a eu Thibaud d’e-founders, puis Nico (le CTO), puis Louis (marketing), puis Gabrielle… Et tous ont un point commun : ils font partie de ceux qui ne peuvent pas rentrer chez eux sans avoir le sentiment d’avoir fait « un boulot nickel ». Et oui, Edouard attire des gens comme ça :-)

Et à chaque fois qu’une décision stratégique doit être prise (la vision, la feuille de route, l’ambition, etc.), la même question qui revient : « Que ferait Elon Musk ? ».

Merci de m’avoir accepté à bord, comptez sur moi pour vous accompagner sur la route, et la route va être longue & belle à vos côtés !!

With Love ❤



#DreamTeam — de gauche à droite : Nico, Edouard, Gabrielle, Louis