VCation — Episode #9 — Sounds, la social music dans ta poche

Précédemment, dans VCation : il y a un nouveau gosse dans la cour de récré du VC à Paris. VCation est mon histoire, ainsi que celle d’entrepreneurs exceptionnels dont je croise la route.

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Episode #9 — Sounds!!

Et comme on parle de zik, et que la zik, c’est la vie, on lit le post en musique

A tous ceux qui pensent encore que l’entrepreneuriat est une promenade de santé, que « bonne idée + bonne équipe + bon marché + bon business model = BOOM », prenez 3min de votre vie pour lire ces quelques lignes… Car Sounds, c’est de l’entrepreneuriat à 1000%, pur jus, sans additif, sans colorant, sans sucre ajouté, sans gluten : c’est beaucoup d’aspérités, de montagnes russes, d’acharnement au travail, de déception personnelles et de joies indescriptibles. Et derrière, un acharné qui depuis 2 ans ne lâche rien, malgré le vent de travers, les peaux de banane #MarioKart, et la grêle en pleine gueule. Rhai, ÉNORME respect ❤.


Rhai ?

Né dans le 93 (le 9-cube ^^), parents originaires de l’île Maurice, lycée à l’île de la Réunion (la baignade, les requins :P), master à la Sorbonne en techno & innovation, et culture urbaine à base de tranquila, de sneakers, de graffitis, ouech.

#Rhai

En 2006, il monte un site web pour promouvoir une culture de la rue (le street art, represent), 200k visiteurs / mois, not bad ! A l’époque, pas de blogs, pas de Facebook, le désert. Et Rhai passe vite 12 à 16h par jour sur son site, « parce que je kiffais ça ». Approché par certaines marques pour du sponsoring, il crée une société pour commencer à facturer, mais… « je n’avais aucune connaissance de ce qu’était une boite, je savais pas comment bosser, je faisais du code / design / contenu tout seul, mais j’avais besoin de quelques bases de compta, droit, finance… ».

En 2010, il part bosser pour Nike à Amsterdam pour bosser sur le digital de Converse, « et j’avais 15 ans de moins que tout le monde, j’étais le seul français… ça m’a appris à travailler ». #PiouPiou, il faut bien un début à tout ;-)


Les débuts ?

Revenu en 2011–2012 à Paris « avec une 12aine d’idées dans ma tête, j’étais parti chez Nike pour apprendre à bosser, je suis revenu avec des bases plus saines, et pas juste un hobby part-time ».

« Et à ce moment-là, je n’avais pas de moyen cool pour communiquer simplement avec mes parents qui étaient à la réunion. A l’époque tu pouvais pas envoyer de la vidéo via skype ou messenger… ». BIM !! Créer l’Instagam de la vidéo !! :D :D :D

1re erreur : « me disperser, pas être focus. A l’époque, tout le monde parlait de l’exit d’Instagram à 1bn, alors j’ai recruté, recruté, recruté : trop de mecs, trop tôt, et pas forcément les bonnes personnes ».

Au départ, ils étaient 5 founders : Franck en CFO, Nicolas en tant que CTO et iOS, Matthieu en backend, Eric en sales et Rhai en design et CEO. Ils font tous des prêts étudiants, en prétendant faire chacun un master, « on a pris la thune, on a acheté des tables ikea, j’ai filé un double des clefs à tous les mecs. On pensait être agiles à l’époque, mais il a fallu 1 an pour faire une 1re version de l’appli ».

« Et puis, on a couru après tous les prix inimaginables, il nous a fallu 1 an pour récupérer les 1ers feedbacks clients, on avait fait un vrai Instagram de la vidéo mais on avait jamais parlé à un seul vrai client (!!) : on pouvait prendre une vidéo, mettre de la zik, un filtre, partager en privé ou en public, mais ça décollait pas quand on a lancé ».

« Et à l’époque, on sort la tête de l’eau, on rencontre notamment une autre team tech avec un produit tellement bien exécuté en un temps record, ce qu’on avait pas été capable de faire en 6 mois, on a pris une énorme claque ».


L’itération

« J’ai repris la direction technique : les mecs étaient hyper intelligents mais pas des growth hackers dans le spirit. On a fait la 2me version de Vimies (le nom de la boîte avant Sounds), en février 2014, beaucoup plus accès musique : n’importe quelle musique de SoundCloud peut-être uploadée sur l’appli pour être partagée ». Ça marche un peu mieux, mais c’est pas la folie.

Un fonds investit un peu, ainsi que des Business Angels, et puis un WE il se passe un truc important, le pivot du projet : « avec Martin (le 1er salarié), on code le MVP (minimum viable product, une sorte de draft quoi) de Sounds, en 36h (alors, c’est qui l’papa ??!!). En fait, en regardant comment les gens utilisaient l’appli Vimies, on s’est rendus compte qu’ils s’en foutaient de la vidéo, ils voulaient simplement partager de la zik. Souvent ils postaient des vidéos noires, ou une capture d’écran spotify, ou alors il filmait l’ordi avec un son dégueu… ».

Et là, Rhai se dit « c’est con, on peut le faire easy, un vieux logo en Helvetica Bold, on le fout sur l’App Store, on dit rien aux co-founders, le truc est approuvé par Apple, je vais sur Instagram commenter les posts de ceux qui partagent de la zik en disant « maintenant il y a sounds », je me fais bloquer au bout du 10me commentaires, mais c’est déjà parti, les gens téléchargent l’appli car ils voient le logo sur les partages ».

« Les Business Angels nous disent : « bin non, on n’est pas d’accord », et là on leur montre nos chiffres, et en moins d’1 mois on récupère 400k ». Toujours en mode #Growth, #Usage, #Retention, #Tests, #Iterations, #Acquisition…


Les galères, again

Coup sur coup, deux galères : le Nicolas se barre à l’été 2015 (problème familiaux), Eric veut se barrer aussi pour raisons perso, et le Franck se demande ce qu’il fout là, et part à cause de l’ambiance… et Rhai se retrouve seul encore à bord avec Matthieu. « Je connaissais Nicolas du lycée à l’île de la réunion, Franck et Eric de la Sorbonne et Matthieu je l’ai connu via Nicolas. C’est le seul qui est resté alors que c’était le seul qui n’était pas mon ami à l’origine. Je perds mes potes, je négocie avec l’avocat… ma famille est loin, j’ai plus d’oseille, c’est vraiment pas une période cool ».

Et entre Rhai et Matthieu, il se crée un vrai respect mutuel, « ça nous a renforcé, on bossait 7 jours sur 7 pendant 1 an, comme des ouf ». « On a bossé nos chiffres, tiré la monétisation vers le haut, et on a la chance d’intégrer NFX pendant 3 mois ». (http://www.nfx.com/company/about)


Et maintenant ?

Maintenant, Sounds, c’est 1m d’utilisateurs actifs par mois, break even, un chiffre d’affaires à faire pâlir d’envie toutes les app mobiles…


Next steps ?

Installation aux US !! Faire les papiers, les visas, et tous s’installer aux US. Encore beaucoup d’itérations à faire, garder une bonne dose d’humilité, pas avoir peur d’avoir tort, en fait être capable de s’en rendre compte vite, et apprendre, tout le temps.

#VersLinfiniEtAuDelaAaAa :-)

Lâche rien mec, tu m’impressionnes par ton courage, ton professionnalisme, ta ténacité, chapeau bas, bel exemple pour tous les entrepreneurs qui se lancent ! ❤ ❤ ❤


!!! IMPORTANT !!!

Peut-être la meilleure décision business de l’histoire de Sounds : “on a pris un chat qui s’appelle Yomyom lorsqu’on a monté la boite. C’est notre CEO, Chief Entertainment Officer. Il nous aide à recruter et apaise l’ambiance lors des boards un peu houleux”.

#MEOW


STARTUPBEGINS

Retrouvez chaque semaine une nouvelle équipe en vidéo. Partagez leurs moments forts, leurs doutes.

Hugues de Braucourt

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