LA SIMPLICITE


Au mois de Juillet, à Arles, Les Napoléons Innovative Communication Network nous proposait comme thème de réflexion « La simplicité ».

Comme disait Corneille, enfin un Corneille au rabais: “Nous partîmes avec des dizaines de questions, mais par un prompt renfort d’intervenants nous nous vîmes avec 3000 questions en revenant à Paris”.

La simplicité c’est un peu comme le bonheur on y aspire tous mais on du mal à trouver le chemin qui nous y mène. Et cela, même si on réduit son champs de réflexion en tentant essentiellement de se concentrer sur ce thème lié à l’innovation. Nous sommes trop humain, notre réseau de neurones, système éminemment complexe, lui, ne peut s’empêcher d’aller baguenauder dans des questions plus existentielles, plus psychanalytiques, plus émotionnelles liées à notre façon de vivre, à notre passé, à notre environnement, à nos relations familiales ou professionnelles. La simplicité des uns n’est pas celle des autres. Bref, vous écrire un avis définitif et global sur la question ferait l’épaisseur de l’Encyclopédie Universalis. Vous nous direz c’est mieux qu’un Lexomil pour s’endormir. Certes, mais cela fait apparaître également un truisme majeur sur la question: Il est très compliqué de faire simple.

A ce stade et pour ne pas perdre le lecteur (peut être qu’il y en a) on peut juste se poser quelques questions qui peuvent provoquer des débats entre amis ou collègues de bureau. Sans s’égorger bien entendu mais dans la bienveillance, c’est à la mode.

Prenons par exemple l’architecture. Intellectuellement, on va louer la simplicité de telle ou telle réalisation, prenant en compte les dernières innovations majeures du secteur et au vu de milliers de paramètres et de contraintes qu’il a fallu gérer avant de bâtir. Et pourtant nos sens vont parfois préférer la complexité et l’aspect foutraque d’un village fait de ruelles tortueuses et trop étroites, de maisons biscornues mal isolées, de trottoirs pavés et glissants et horreur suprême, sans parking au sous-sol ! Humain trop humain on vous l’a déjà dit.

Et qu’en est il de la simplicité quand celle-ci tourne au simplisme ? Prenons Powerpoint. Logiciel innovant apparu en 1987, véritable succès, cet outil est devenu indispensable à toutes présentations orales. Le parlé “ppt” est devenu un nouveau langage en soi, un langage light, facile, sans nuance, sans consistance, sans émotion. Des formules creuses, des mots galvaudés, des images stéréotypées. Essayez de communiquer dans la vie avec 500 mots de vocabulaire et des livres d’images ! Peu de gens vous écouteront à part peut-être votre maman qui vous a toujours trouvé brillant(e).

NTM, crew de penseurs rappeurs le disait déjà dans les années 80 tout n’est pas si facile. Des questions encore des questions se posent à nous et toutes les réponses n’étaient pas en Arles. Aussi, quel bonheur, quand on entend celle de Mathieu Lehanneur designer qui nous parle de la simplicité en évoquant la fausse mouche, imprimée à même la porcelaine dans certains urinoirs et qui améliore de 80 % la précision de tirs des garçons. De la science du comportement pour nous simplifier la vie. Enfin, surtout celle des agents d’entretiens. On a beaucoup aimé, également, quelqu’un comme Ladislas De Toldi, cofondateur de Leka. Une société qui a un conçu un petit robot aidant les enfants autistes notamment à progresser et à apprendre par le jeu.

Mais il faut bien l’avouer on a également trouvé d’autres intervenants un peu décevants. Plus à faire la promotion de leurs boîtes ou de leurs propres intelligences qu’à nous parler véritablement du sujet. Pardon ! C’est notre côté enfant gâté, on devient très exigeant avec les Napoléons. Tout est si parfait avec eux. C’est un peu comme dans un palace, on ne supporte même plus la toute petite éraflure sur le miroir baroque de la chambre.

Pour conclure et pour être dans le thème on aurait bien aimé terminer cet article par quelques emojis. Mais, bon, on le sait déjà, tout ce qui vise à la simplicité nécessite la plupart du temps beaucoup de réflexion, de travail et de science. C’est peut être cela qui nous subjugue aussi dans un idée simple, c’est toute l’intelligence qu’il y a derrière et que l’on ne voit pas.

Bruno Delhomme

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