Livre Blanc : Strasbourg Startup City 2020

Alsace Digitale
Sep 13, 2017 · 24 min read

Ce livre blanc est la production d’un ensemble d’acteurs de l’écosystème strasbourgeois (et au-delà) qui montre pourquoi et comment faire de Strasbourg une Startup City d’ici 2020. Il fait le constat de la situation actuelle, met en avant des indicateurs, pose des problématiques et émet des solutions.
Vous voyez ici la version
été 2017. Notre objectif est de remettre à jour ce livre blanc une fois par an, afin de montrer les progressions survenues depuis la dernière version. Étant donné que c’est une toute première version, le constat de l’état actuel s’étend sur plusieurs années dans le passé.

S’il se veut le plus impartial et le plus exhaustif possible, il n’en reste pas moins une oeuvre collaborative et nous attendons avec plaisir les contributions de toute part. Cet article est un des chapitre du livre blanc et l’on remercie les autres acteurs qui ont proposé les chapitres suivants :
L’esprit startup souffle-t’il sur Strasbourg ? (à partir de la page 18) par Jean-Luc Fournier / Or Norme
Le numérique à Strasbourg : du « lieu totem » au « lieu phare » par Olivier Franck / WildCodeSchool

L’écosystème strasbourgeois des startups numériques en est encore au stade de l’enfance. Les levées de fonds sont rares, de même que les startups employant plus de 50 salariés ou celles réalisant un chiffre d’affaires de plus d’1 million d’euros. Ce livre blanc, rédigé par Alsace Digitale, les startuppeurs et startuppeuses de Strasbourg Startups et des acteurs de l’écosystème numérique, a pour objet de faire un point d’étape dans la construction de notre écosystème et d’analyser les étapes suivantes pour le développer.

Cet écosystème est important pour le territoire tant la transition numérique à l’oeuvre redessine les centres de richesse mondiaux. Le numérique a pour conséquence la concentration des richesses et des emplois dans des hubs mondiaux au détriments d’autres points. En effet, même si l’Alsace comprend des millions d’utilisateurs de Facebook, Google et Amazon, leur impact en terme économique et d’emploi est quasi-nul. Comme l’indique Nicolas Colin dans son article La transition numérique au cœur des territoires, il existe “un découplage croissant entre les lieux où la valeur est créée et ceux où elle est réalisée”.

Nous pensons que notre territoire a une carte à jouer pour se hisser aux rang des écosystèmes nationaux et européens qui comptent. Nous rejoignons Brad Feld sur les principes de son analyse. Il a fait de Boulder, Colorado (ville de 110 000 habitants) un écosystème de première importance. À une autre échelle, Michael Bloomberg, ancien maire de New York, a oeuvré pour créer l’écosystème tech de New York suite à la crise des subprimes :

“The fact is, every city creates its own future. If you believe you’re at the mercy of larger forces beyond your control, you’ve already lost. Those larger forces affect every city, but successful cities learn how to adapt.” — Michael Bloomberg, Mayor of NY City

Après un état des lieux, nous analysons les différentes composantes nécessaires à un écosystème de startups numériques (talents, culture, financements, hébergement, concentration, formation). Ces composantes sont ensuite reprises dans une série d’actions transversales qui nous semblent pertinentes : importation et diffusion des bonnes pratiques, animation de l’écosystème, programme d’accélération d’entrepreneuriat, création d’espaces de densité.

Notre démarche, à l’image d’Alsace Digitale, est une initiative citoyenne ouverte. Chacun est le bienvenu pour amener sa réflexion, ses propositions ou son aide.

Etat de l’écosystème numérique à Strasbourg

En 6 ans, depuis la première édition du Startup Weekend Strasbourg organisée par Alsace Digitale en 2011, en partenariat avec l’EM, le SEMIA, l’Université, ETENA et tant d’autres, l’écosystème alsacien a fait des pas de géants. ETENA, ACCRO, SEMIA, E-nov Campus et Alsace Digitale ont permis de faire émerger de nombreux nouveaux projets. Le SEMIA a ouvert plus largement son offre d’accompagnement en incubation et a “musclé” ses formations. E-nov Campus a su faire émerger un modèle de pré-incubation pertinent. De nombreuses startups numériques se sont fédérées au sein de la communauté Strasbourg Startups (animée par Alsace Digitale) et ont commencé à mutualiser leurs connaissances et leurs bons plans. ACCRO, avec Tango & Scan, a participé au financement de nouveaux projets numériques innovants. La BPI a démultiplié les opportunités de financement en amorçage. Alsace Digitale a élargi ses activités d’animation de l’écosystème : Startup Weekend, les Demo Nights, le Hacking Health Camp, le Hacking Industry Camp, les HackSXB, les Meetups Strasbourg Startup, Startup Stories, les dîners des fondateurs, Geek on a farm, Play2Code, le festival EdgeFest, … De nombreux étudiant(e)s ont pu bénéficier du statut d’étudiant-entrepreneur qui est un vrai tremplin. L’EM a accueilli les premières promotions de la Team Academy. Alsace Business Angel a fait des investissements dans des projets numériques. Alsace Innovation a soutenu l’évolution des projets plus mûrs. Le Réseau Entreprendre, comme Alsace Active ou la SODIV soutiennent et accompagnent également des projets de startups. Le fonds Cap Innov Est a vu le jour et a pu faire des premiers investissements d’envergure.

Cartographie de notre écosystème par Sébastien Derivaux

Ce développement rapide de l’écosystème a permis de multiplier fortement le nombre de startups en activité sur le territoire et d’obtenir des premiers succès numériques d’ampleur tels que la startup Synovo qui a dépassé le cap des 30 salariés. Jitsi s’est fait racheter par une grande entreprise américaine. Epopia a rejoint “l’accélérateur” européen TheFamily et a dépassé le million d’euros de chiffre d’affaires. Fizz Up qui a pivoté radicalement, s’étend désormais à l’international et intéresse une grande firme mondiale. Enfin, ChargeMap a su financer son développement sur un marché d’avenir en exécutant des pivots successifs exemplaires pour trouver un modèle pérenne.

Synovo et Epopia sont des startups conçues lors de Startup Weekend qui dépassent à présent le million de chiffre d’affaires

Ces succès sont ceux de tous les acteurs qui font le maillage fort de l’écosystème alsacien actuel et qui ont permis, en point d’orgue, l’obtention de deux labels French Tech, dispositif national dédié exclusivement aux startups.

Mais il faut rester lucide sur notre situation. Malgré ces belles réussites collectives, notre écosystème est encore loin d’avoir fait naître l’ombre d’une licorne : le nombre de startups n’augmente pas rapidement, aucune startup n’a réussi à se financer massivement par-delà la région, aucune startup numérique n’a levé en 2017 (en plein boum des investissements en France), et aucune n’a atteint le stade d’une série B. L’école d’ingénieurs ENSIIE ferme, le fonds d’amorçage Cap Innov Est est en fin de vie et ne semble pas être remplacé. Aucune startup numérique n’a un succès suffisant pour entraîner tout le reste de l’écosystème plus loin… Il reste donc encore d’énormes efforts à produire pour atteindre la maturité et ne pas se retrouver marginalisé dans la course nationale, européenne et mondiale qui verra s’imposer les territoires et les capitales qui compteront dans l’économie de demain, dominée par les futures startups d’envergure.

Strasbourg a encore une grande marge de progression pour atteindre les leaders mondiaux de taille de population équivalente.

Composantes de l’écosystème : constats, défis, ambitions

Le nombre de besoins fondamentaux pour développer un écosystème mature peut finalement se résumer en quelques points :

  1. Avoir une base de talents pour faire émerger des projets
  2. Avoir une culture startup forte et partagée
  3. Avoir des moyens de financer la croissance
  4. Avoir des solutions d’hébergement pour les startups
  5. Avoir un écosystème éduqué, pluriel et partenarial
Illustration de Sophie ABBAD pour Alsace Digitale

1. Avoir une base de talents pour faire émerger des projets

Constat

Il est impossible de faire émerger un écosystème startup numérique d’envergure sans une large base de bons développeurs, de profils orientés commerce et entrepreneuriat, et de porteurs de projets créatifs et visionnaires. En Alsace, peu de profils “commerce” orientés vers l’entreprenariat sont formés et l’école d’ingénieurs en informatique généraliste (ENSIIE) ferme ses portes. Alors que de nouvelles formations en informatique sont créées dans la France entière, en Alsace, nous en perdons. S’il est déjà difficile de trouver suffisamment de bons profils d’informaticiens aujourd’hui, comment espérer que demain 500 startups se créent, grandissent et recrutent sur notre territoire ?

La culture entrepreneuriale n’est pas assez développée à l’Université. Les profils scientifiques ne sont que très peu sensibilisés à ces opportunités. Résultat, trop peu de diplômés s’engagent dans la création d’entreprise. Dans l’académie de Strasbourg seuls 1,3% des répondants à l’enquête sur le devenir des docteurs diplômés de 2012 à 3 ans après la soutenance étaient créateurs d’entreprises.

Il faut endiguer cette déperdition de talents, sensibiliser la jeune génération à l’opportunité historique que représente l’entrepreneuriat numérique, faire sortir de leurs caves les “makers” en tout genre et devenir un territoire encore plus attractif pour fixer les nouveaux cerveaux bien faits qui monteront les projets de startups numériques ambitieux de demain.

Besoins

→ Conserver une véritable école d’ingénieurs en informatique généraliste de haut niveau à Strasbourg
→ Créer des parcours de formation en commerce adaptés aux réalités des startups à Strasbourg
→ Attirer des jeunes talents
→ Attirer davantage d’informaticiens en Alsace
→ Eduquer les étudiants et jeunes actuels aux thématiques entrepreneuriales
→ Eduquer les étudiants et jeunes actuels aux thématiques informatiques
→ Intégrer les communautés de makers à l’écosystème
→ Favoriser l’émergence de davantage de projets de startups ambitieux

Solutions

→ Créer les conditions d’attractivités nécessaires à la création ou à l’implantation de nouvelles formations ou cursus d’enseignement supérieur de qualité, complémentaires avec l’offre actuelle

→ Diffuser plus largement la “culture startup” (littérature, vidéo, pitchs, retours d’expériences) auprès des étudiants, des informaticiens, des cadres et de la population en général

Acculturation du public à la culture startup lors des Startup Stories (Alsace Digitale, en haut à gauche) et des événements Incroyables Startups (The Connecting Place, en haut à droite). Rencontre d’échange entre les geeks de HackSxB et les makers de La fabrique (en bas à gauche). Initiation au code des plus petit pour former les informaticiens de demain avec la communauté Code ton #Avenir (en bas au milieu), illustration de Sophie ABBAD lors d’un meetup HackSXB (en bas à droite).

→ Donner les moyens aux étudiants et porteurs de projets de s’initier au codage informatique et proposer des outils et des services aux “bidouilleurs de l’ombre”

→ Multiplier les évènements qui permettent de faire émerger de nouveaux projets, et rendre visibles ceux existants

→ Diffuser les atouts de l’apprentissage par l’action et le coaching qui permettent à de plus nombreux profils de s’impliquer dans l’écosystème.

Dans ce paragraphe nous soulignons aussi le problème crucial de mixité de ces filières qui n’accueillent que 16% de femmes dans leur personnel technique (donnée Syntec). Si on le place dans une perspective de territoire, ce pourcentage est encore plus faible dans les écoles de la région. Il est capital de mettre les objectifs ci-dessous en perspective avec cette priorité qui permettra aux projets d’entrepreneuriats numériques d’être le reflet de notre société.

Indicateur principal

Nombre de projets qui candidatent dans les différents comités de sélection (Startup Weekend, Kit French Tech, Semia, Tango&Scan,…).

Illustration de Sophie ABBAD pour Alsace Digitale

2. Avoir une culture startup forte et partagée

Constat

Nous constatons que le niveau d’éducation des startupeuses et startupers locaux est encore faible. Ils/Elles ont souvent des ambitions trop raisonnables et n’ont pas souvent la volonté de prendre tous les risques qu’implique une véritable démarche “startup”. Or, un succès de startup se forge toujours dans l’accélération continue de sa courbe d’apprentissage et la remise en question permanente de son projet à travers des pivots successifs, jusqu’à trouver son marché et son business model, mais également jusqu’à trouver un modèle qui soit le plus efficace possible (scalable et répétable… c’est le sens du UP dans Startup).

Un écosystème startup et une culture startup ne sortent jamais de terre de manière spontanée. Tous les écosystèmes ont grandi sur des premiers succès qui viennent soutenir et accompagner les projets émergents jusqu’à créer une seconde génération de succès, et ainsi de suite. C’est cette culture du “Pay It Forward” (générations précédentes d’entrepreneurs qui aident les suivantes) dont nous avons besoin. En Alsace, cette première génération n’existe pas ou n’a jamais joué ce rôle de “grand frère” pour les nouveaux projets numériques, ce qui crée un manque patent.

Avec les Startup Weekend, les Hacking Industry Camp et les Hacking Health Camp, Strasbourg est dotée d’usines à créer des startups qu’il faut maintenant accompagner.

Besoins

→ Accompagner les projets plus avancés vers le succès pour créer cette première génération de réussite
→ Insuffler l’état d’esprit de solidarité au sein de l’écosystème afin que tous les projets grandissent ensemble
→ Amener ceux qui ont déjà eu du succès à adopter la culture du “Pay It Forward” pour initier un cercle vertueux
→ Éduquer et accompagner les startupers pour qu’ils nourrissent une plus forte ambition
→ Faire en sorte que tous les acteurs institutionnels (malgré la volonté d’afficher des taux de survie forts) challengent les startups vers de plus grandes ambitions
→ Éviter que trop de projets ne finissent par vivoter au lieu de pivoter radicalement ou de se dissoudre, pour aller nourrir à nouveau l’écosystème et favoriser l’émergence de nouveaux projets encore plus pertinents

Solutions

→ Favoriser l’accompagnement et le coaching des porteurs de projets par des startupers déjà en activité

→ Démultiplier les offres de formation et d’accompagnement de qualité qui ont fait leurs preuves

→ Favoriser davantage les échanges et les coups de mains entre les startups de l’écosystème et également avec les startups numériques extérieures au territoire

→ Diffuser plus intensément la culture propre à l’univers des startups (littérature, vidéo, pitchs, retours d’expérience) à destination des startupers et porteurs de projet

→ Identifier des lieux ou événements où cette transversalité entre startupers peut avoir lieu

Indicateur principal

Nombre de projets accompagnés par des entrepreneurs numériques confirmés.

3. Avoir des moyens de financer la croissance

Constat

Alors que les grandes villes françaises enchainent les levées de fonds, l’Alsace reste au point mort. La levée de fonds est l’indicateur principal utilisé pour mesurer la maturité d’un écosystème qui fait éclore des succès et qui arrive à les accompagner dans leur croissance. Le seul fonds d’amorçage local, Cap Innov Est, qui a investi dans quelques startups numériques, arrive en fin de vie et ne semble pas être remplacé. Il n’est pas nécessaire d’avoir une profusion de fonds en Alsace, Paris étant à portée de TGV, mais les premiers investisseurs des startups sont souvents des acteurs de proximité (Business Angels, fonds régionaux…). Sans ces premiers tickets qui créent la confiance et génèrent un effet de levier, il est plus difficile d’aller décrocher des financements à Paris ou ailleurs, ce qui rend le développement des startups numériques locales plus difficile.

Besoins

→ Monter un successeur au fonds Cap Innov’Est (arrivé à maturité).
→ Démultiplier la force de frappe des Business Angels alsaciens.
→ Acculturer les alsaciens payant de l’ISF aux opportunités d’investissement (pour aider des jeunes locaux, créer les emplois de demain et défendre l’avenir du territoire… et peut-être même gagner de l’argent).
→ Acculturer les industriels et les grandes fortunes à l’univers startup et ses opportunités d’investissements.
→ Donner aux startups alsaciennes l’ambition de lever des fonds pour accélérer leur croissance.
→ Mieux former et accompagner les startups dans leurs levées.

Les événements Pitch Night en Avril (Alsace Business Angels et Alsace Digitale) et Pitch & Win en Mai (BPI France et Semia) ont participé à relier les startuppers (en haut à droite) aux investisseurs (en bas à droite). Sur les 20 startups numériques de ces événements combien arriveront à lever les fonds nécessaires?

Solutions

→ Soutenir la création d’un nouveau fonds d’investissement régional

→ Soutenir financièrement les startups numériques sans condition de fonds propres mais avec une action de levier pour d’autres financements

→ Diffuser la culture startup auprès des industriels et de la population aisée qui pourraient demain investir directement dans les startups numériques ou rejoindre un fonds de Business Angels

→ Mieux éduquer les startupers pour qu’ils rehaussent leurs ambitions et qu’ils acquièrent les bonnes méthodes pour lever des fonds

→ Mieux accompagner les startupers dans leurs levées en leur ouvrant les réseaux d’investisseurs

→ Organiser des évènements à destinations des investisseurs nationaux pour valoriser les startups numériques régionales

Indicateur principal

Nombre de startups qui lèvent des capitaux en amorçage (<1M€) et en série A (première levée >1M€).

Noter écosystème est en retard, et cet écart se creuse.

4. Avoir des solutions d’hébergement pour les startups

Constat

L’un des premiers problèmes que rencontre généralement une startup qui se structure est de trouver des locaux alors qu’elle ne gagne pas encore beaucoup d’argent et n’a pas encore effectué de levée de fonds. De plus, les degrés d’engagements demandés par les solutions d’hébergement privées sont inadaptés à ces entreprises qui peuvent potentiellement croître ou mourir très rapidement. À Strasbourg, l’offre est disparate et relativement illisible. Les espaces de coworking uniquement en open space ne sont pas adaptés pour des équipes de startups numériques qui ont également besoin de créer leur culture d’entreprise propre. Les places de coworking privées sont chères pour de nouveaux porteurs de projets dont il serait bon de rompre l’isolement, mais qui sont sans ressources. Il n’y a pas de pépinière dédiée aux startups numériques et connectée à la fibre, et les espaces d’hébergement à bas coûts sont conditionnés à des critères de sélection excluant une large partie des porteurs de projet.

Les espace de coworking de Siligon Valley, La Plage Digitale et Panorama Coworking

Besoins

→ Créer une offre large et lisible.
→ Créer des solutions d’hébergement souples et adaptées aux startups.
→ Créer une offre d’hébergement à très bas coût pour les porteurs de projet.
→ Permettre aux startups numériques de grandir les unes à côtés des autres afin de s’aider mutuellement.
→ Eviter les effet de dumping qui vont bloquer l’émergence d’offres relais privées.

Solutions

→ Créer des pépinières dédiées aux startups numériques

→ Indexer le prix des loyers sur le niveau de développement des startups (jusqu’à dépasser le prix du privé arrivé à un certain stade afin de les pousser vers la sortie)

→ Moduler les conditions d’accès aux espaces de coworking en fonction des ressources des porteurs de projets

→ S’assurer que tout porteur de projet puisse trouver une solution

Indicateur principal

Nombre de startups numériques hébergées dans un lieu unique (co-location pour favoriser les synergies et le partage de culture startup).

5. Avoir un écosystème éduqué, pluriel et partenarial

Constat

Les politiques, les institutions comme les grands acteurs économiques sont peu au fait de la “culture startup”. Souvent une startup est définie comme une entreprise numérique, une jeune pousse ou une entreprise investissant dans de la R&D et cherchant des brevets. Par exemple, le taux de survie à 5 ans est un critère qui doit être maximisé pour de nombreux acteurs (Semia et Réseau Entreprendre indiquent des taux de 76% et 90% respectivement). En réalité, les bonnes pratiques de la culture startup indiquent qu’il faut échouer le plus vite possible (“fail fast, fail early, fail often”) et de mettre en risque sa société pour maximiser sa croissance (“go big or go home”). Si savoir être un bon entrepreneur est une compétence rare, elle ne doit pas être utilisée pour une société qui “vivote” et ne crée pas de développement économique pour le territoire. Il est difficile d’emmener l’ensemble de l’écosystème vers le succès si les différents acteurs qui le structurent, ne parlent pas de la même chose et ne poursuivent pas un même objectif. Si l’objectif est de faire émerger des licornes, il faut commencer par soutenir les startups (organisations qui cherchent un business model scalable et répétable) plutôt que de disperser les énergies.

“a startup is entirely defined by its growth. A startup isn’t defined by being on the internet. A startup isn’t defined by concentrating on technology. The easiest definition of a startup is simply the one given by Paul Graham a few years ago: startup = growth.” — Oussama Ammar, The Family

Un écosystème qui grandit et se structure doit proposer un large éventail de services : 3 ou 4 incubateurs, 1 ou 2 accélérateurs et plusieurs fonds. Pour que l’écosystème mûrisse, il faut donc que les acteurs en place soient ouverts et accompagnent la démultiplication des services et leur mise en concurrence. En Alsace, l’incubateur SEMIA est un acteur central et moteur de l’écosystème qui concentre également l’unique offre de formation, la seule offre d’hébergement dédiée et qui souhaite créer un accélérateur. C’est l’offre locale de référence et elle doit continuer de croître, mais elle doit aussi être complétée par d’autres dispositifs avec des approches différentes et des propositions de valeurs spécifiques. Ainsi chaque projet pourra trouver un accompagnement qui lui convient.

Enfin, dans un écosystème qui mûrit, le fait d’avoir un lieu principal, facilement identifiable où rencontrer les différents acteurs clés de l’écosystème est un outil hautement structurant. Cela permet également d’augmenter les interactions entre les acteurs, entre les startupers et de favoriser l’émergence de nouveaux projets. A Strasbourg, l’émergence d’un tel lieu manque cruellement, ce qui ralentit les opportunités de rencontre, d’échanges et la création d’un environnement collaboratif.

Besoins

→ Faire émerger une culture startup parmis les politiques et les institutions.
→ Faire émerger une culture startup parmis les grands industriels.
→ Favoriser l’émergence de plusieurs incubateurs.
→ Favoriser l’émergence de plusieurs accélérateurs.
→ Favoriser l’émergence de plusieurs programmes de formation.
→ Favoriser l’émergence de plusieurs fonds (VC, BA,…).
→ Favoriser l’émergence de plusieurs offres d’hébergement à bas coûts.
→ Donner l’opportunité à un projet non incubé de pouvoir continuer à grandir malgré tout.
→ Combler le manque d’opportunité de collisions qui sont génératrices de créativité et de projets.
→ Améliorer la lisibilité faible de l’écosystème.
→ Offrir aux “jeunes” entrepreneurs l’opportunité d’apprendre des plus avancés

Solutions

→ Promouvoir l’émergence du mouvement startup auprès des politiques et des institutionnels

→ Diffuser la culture startups auprès des grands industriels

→ Organiser des voyages apprenants pour les institutionnels au coeur des écosystèmes qui réussissent

→ Favoriser l’émergence d’autres incubateurs fonctionnant sur d’autres modèles

→ Favoriser l’émergence de nouveaux programmes de formations

→ Favoriser l’émergence d’accélérateurs

→ Encourager le pluralisme de l’écosystème

→ Créer un lieu visible qui rassemblera tous les acteurs

Exemple de lieux totem à travers la France (Metz, Lille, Mulhouse)

→ Favoriser le travail en commun des différents acteurs de l’écosystème

→ Rendre l’écosystème plus lisible et plus accessible pour les porteurs de projet

→ Favoriser toujours plus les échanges et les collisions entre les startupers

Indicateur principal

Augmentation du nombre de structures d’accompagnement (couveuses, pépinières, incubateurs, accélérateurs,…)

“it is well recognized that much of the value [from an entrepreneurial ecosystem] comes from the personal collisions and relationships that are possible because of the physical proximity, information exchange, and density they create “ — Ewing Marion Kauffman Foundation, ENTREPRENEURIAL ECOSYSTEM MOMENTUM AND MATURITY

Le fait que Strasbourg ne soit pas, à ce jour, une ville propice au développement de startups numériques est un problème majeur d’attractivité et impacte lourdement ses chances de faire parties des villes qui compteront dans le monde économique de demain.

Des actions simples et efficaces, d’autres plus ambitieuses sont à mener pour nous remettre sur de bons rails.

Feuille de route d’amélioration de l’écosystème : Actions transversales

Fort du constat de l’écosystème local et des réflexions sur les composantes d’un écosystème performant, Alsace Digitale propose dans cette section les différents axes de travail qui constituent sa feuille de route pour les prochaines années afin de répondre à ces constats. Bien sur l’action d’Alsace Digitale reste plurielle et son champ d’action est plus vaste. Dans un esprit d’ouverture, l’ensemble des acteurs locaux sont les bienvenus pour collaborer sur les actions qui leur semblent pertinentes (composante 5), toutes les actions ne sont d’ailleurs pas nécessairement du ressort d’Alsace Digitale.

Importer et communiquer sur la culture et les bonnes pratiques

Si la section précédente mettait déjà en oeuvre un “état de l’art” des écosystèmes performants, il convient de continuer à regarder ce qui se fait en dehors de notre territoire et d’y importer les bonnes pratiques.

Une première action s’axe sur le suivi bibliographiques des écosystèmes mondiaux. Certains articles à portée locales ont déjà été écrit en ce sens par Alsace Digitale (voir par exemple l’article Elements of a successful startup ecosystem qui analyse les écosystèmes de Boulder, Chicago et New York pour en déduire des bonnes pratiques).

Un deuxième axe est la visite in situ des écosystèmes voisins. Par exemple, la visite de l’écosystème Nancéen en décembre 2016 a permit d’établir des liens avec les startups locales (Greenberry, Stibidik), le bâtiment totem du Paddock et la société de gestion Pôle Capital. En plus de la découverte de bonnes pratiques et la création de liens, ces visites permettent de créer une dynamique motivante.

La visite au Paddock, l’occasion de tisser des liens.

De plus, ces voyages apprenants sont d’autant plus pertinents qu’ils sont organisés avec plusieurs acteurs de l’écosystème, tant acteurs privés qu’institutionnels. La visite à Nancy a, par exemple, été organisée par Francis Blanrue avec Alsace Digitale et l’Eurométropole de Strasbourg. La visite à Berlin a été l’occasion d’établir un premier échange entre Alsace Digitale et les représentants de la French Tech Alsace.

Nous accueillons d’ailleurs également régulièrement des délégations (Mons — Belgique, les Pays-Bas, Besançon…). Les échanges avec les écosystèmes lors des Techstars Summit sont également des moments d’inspiration et de collaborations précieux. Les membres d’Alsace Digitale s’y rendent régulièrement.

Les coachs et conférenciers que nous invitons à nos évènements sont également autant d’ambassadeurs de la vitalité de notre territoire. Ils s’inspirent de nos pratiques et les diffusent également. Nous devons multiplier ces occurrences d’échanges car non seulement elles sont apprenantes mais elles permettent d’incarner les écosystèmes.

Enfin, ces apprentissages extérieurs doivent être diffusés à l’intérieur de l’écosystème pour en maximiser la portée. C’est le rôle de de la publication Strasbourg Startups sur Medium.

Animer l’écosystème startup

Une des forces d’Alsace Digitale est l’animation de l’écosystème : 100 événements startups en 2016 dont le Startup Weekend, les Demo Nights, le Hacking Health Camp, le Hacking Industry camp, les HackSXB, les Meetups Strasbourg Startup, Startup Stories, les dîners des fondateurs, la Edge Fest,… Ces événements ont rassemblé un public de plus de 8 000 personnes, aussi bien des startupers que des étudiants, des professionnels, des bidouilleurs, des investisseurs ou encore des concitoyens curieux.

Cette action constitue déjà le fer de lance d’Alsace Digitale (composante 2 et 5). Le SEMIA y contribue aussi au travers de ses sessions expertes ouvertes à tous et son barbecue d’été qui réunit l’écosystème. De même, les Apéros Entrepreneurs mêlent startups et indépendants. Pourtant, il est important de continuer car ce sont les collisions entre les acteurs (entrepreneurs ou fonctions support de l’écosystème) qui créent la maturité de celui-ci.

Sessions expertes du Semia (à gauche) et Apéro Entrepreneur (à droite)

Le nombre de projets issus des Startup Weekend et des Hacking Camps (Health et Industry) et se poursuivant pourrait être augmenté, même si les éditions strasbourgeoises se situent dans une moyenne nationale plus qu’honorable (avec 8 poursuite de projets à l’issue du Startup Weekend 2016 par exemple), l’aval de ce type d’évènement est encore à développer. Un accompagnement plus formalisé et de nouveaux évènements post participation sont encore à inventer.

Pour l’amont, d’autres points de progression ont été soulignés. Cela s’envisage par des événements de préparation et de suivi afin de susciter encore plus d’esprit d’entreprendre et surtout de garder la motivation dans les projets en éclosion (par rencontre de co-fondateurs, de partenaires, de prospects intéressés).

Un exemple de réflexion sur ce thème est le programme pédagogique sur 4 mois “Comment monter ma startup” à destination des étudiants EM, SUPINFO, EPITECH, EPITA, etc, 1 soir par semaine, pendant 4 mois.

Alsace Digitale est également partenaire du “DU Disrupt” — programme Investissement d’Avenir Disrupt Campus. Dans ce cadre elle collabore avec l’Unistra et l’UHA a créé des parcours de formation initiale et continue sur l’entrepreneuriat et la digitalisation. Les étudiants de ces parcours participent aux Camps. Par ailleurs afin de diffuser les bonnes pratiques un Mooc — Entrepreneuriat / Hackathon est en cours de réflexion.

Programme d’accélération d’entrepreneur à entrepreneurs

Pour répondre à la problématique de culture des startups locales mais aussi permettre la mise en place la culture “Pay It Forward”, Alsace Digitale va mettre en place un programme d’accélération pour transmettre les bonnes pratiques d’une génération à l’autre de startupers dans un cercle vertueux. Des programmes de ce type sont déjà mis en oeuvre dans d’autres écosystèmes (par exemple Maia Mater à Nantes). Il ne s’agit pas d’un accélérateur mais d’un programme d’accompagnement par les pairs, ce qui est parfaitement complémentaire.

La première session sera lancée à la sortie du Startup Weekend avec des sessions de mentoring avec des entrepreneurs aguerris et des sessions sur des thématiques applicatives (monter son Business Plan, optimiser son acquisition Facebook, lever des fonds, …). Le point d’orgue sera une Pitch Night pour présenter les startups de la promotion à des investisseurs.

Les sessions de formations ainsi que la Pitch Night seront aussi ouvertes à toutes les startups membres de Strasbourg Startups.

Lieu unique : Densifier et créer des liens entre les acteurs

“We suggest that policymakers seeking to promote entrepreneurship in their city or state embrace a new approach that puts entrepreneurs at the center, creating communities characterized by dense connections among entrepreneurs and organizations that support them.” — Ewing Marion Kauffman Foundation, Guidelines for Local and State Governments to Promote Entrepreneurship

Une des clés de la maturité d’un écosystème est la densité des relations entre ses acteurs. La co-location entre les acteurs augmente leurs interactions et permet de créer plus de valeur. C’est la raison de la création des techs hub dans divers écosystèmes (par exemple Le hub “1871” à Chicago); créer des interactions et des synergies entre les acteurs (entrepreneurs et acteurs de soutien) pour aller plus vite et plus loin.

Les espaces de coworking sont une première solution. Alsace Digitale a une expérience forte dans la gestion d’espace de coworking (depuis 2012, avec maintenant 45 places de coworking). Plusieurs autres acteurs (Panorama Coworking, Siligon Valley, Digital Village, …) se sont lancés sur cette activité et c’est un vrai atout pour l’écosystème. Néanmoins, cela risque de disperser l’écosystème et de réduire les connexions.

Ensuite, il y a les pépinières/hôtels d’entreprises pour l’hébergement des startups constituées (3 à 40 personnes). A ce stade, elles sont encore financièrement instables et avec un besoin d’espace variant rapidement. La solution actuelle des pépinières subventionnées fonctionne bien mais incite à l’éparpillement des startups, et donc à des pertes de synergies.

De manière globale, la partie hébergement est donc bien avancée dans l’écosystème (composante 4), mais elle est néanmoins dispersée et les startups sont contraintes à des choix financiers plutôt qu’à des choix permettant d’être proches d’acteurs pertinents. Notre objectif doit être de permettre aux startups de prendre la décision d’emplacement la plus rationnelle et non pas celle influencée par des considérations de prix au détriment potentiel de leur développement.

Les startups sont également perméable à leur entourage. C’est un de leur principal atout pouvoir être proche du marché et être assez agile pour pivoter rapidement. Il s’agit donc de ne pas mettre l’écosystème startup en vase clos, de créer des espaces où workshops, beta — test, prototypage peuvent avoir lieu en présence d’industriels, d’offreurs de solution, d’étudiants, de citoyens…

Si en terme de gestion prévisionnelle des emplois, une partie des métiers de demain n’existe pas encore aujourd’hui, ceux existant déjà aujourd’hui sont méconnus (http://ignition-program.com). Certes il y a un jargon auquel il faut se familiariser mais également des débouchés à connaître. Les métiers du numérique souffrent d’une image plus qu’ennuyeuse ou élitiste pour une grande partie de la population. La mixité des profils est également une clé de réussite d’un écosystème. Plus la capacité d’ouverture d’un lieu sera grande plus ce challenge sera réussi. C’est également un gage de réussite de l’écosystème que de réflechir en terme d’inclusion à l’image du programme Fighters de Xavier Niel dans Station F.

Les startups n’ont souvent pas de RH, ces lieux de collision par l’attractivité de leurs évènements et propositions de communautés permettent également ces rencontres. C’est en bidouillant ensemble lors de hackathon, des Hacksxb que les échanges se créent et les équipes se montent.

L’ouverture à tous les profils est une pierre angulaire de nos projets. Reconversion, diversification, réorientation, les parcours ne sont pas linéaires, c’est de façon informelle, dans la confiance, entourées de compétences que les déclics se font. Nous sommes fiers de nos petites réussites (engagement de stagiaire, constitution d’équipe, premiers postes dans les startups). Elles sont la preuve que cette sérendipité fonctionne et qu’elle ne demande qu’à être encouragée.

La solution passe par la création d’un lieu unique, un bâtiment totem de l’écosystème numérique regroupant tant une multitude d’entrepreneurs que les acteurs de support de cet écosystème.

Conclusion

Au long de ce livre blanc, nous avons évoqué la situation encore immature de notre écosystème tout en soulignant qu’il était en développement et en saluant les efforts menés par les nombreux acteurs engagés à nos côtés. Ensuite, nous avons indiqué les éléments essentiels pour atteindre un écosystème mature. Enfin, nous avons établi une feuille de route en ce sens centrée sur la culture, l’animation, l’accélération et la densification de l’écosystème.

Nous pensons ainsi que Strasbourg pourra avoir un rayonnement plus important, un écosystème startup qui pourra se développer plus rapidement, ceci dans l’objectif de créer du développement économique.

Pour finir, reprenons la conclusion de Jean-Luc Fournier, directeur de la rédaction de Or Norme dans son analyse de l’écosystème startup de strasbourg :

“Il en va peut-être de l’ancrage de la nouvelle économie à Strasbourg. Pour que dans une ou deux décennies, on n’en vienne pas à regretter de n’avoir pas su, dans les années 2010, prendre à temps le bon train.”

Et plutôt qu’un train, si vous veniez ajouter un moteur, un étage ou du carburant à la fusée qui nous emmènera vers Strasbourg Startup City 2020 ?

Les membres de l’écosystème qui vous attendent dans la fusée (ordre alphabétique) :

Pour les startups :

— Jérémie Allard, InSimo
—Mickaël Bernard, Prendsmaplace
— Noémie Danan, Lomdess
— Guillaume Ebelmann, WhiteQuest
— Florian Fries, TrackInMedia
—Emeline Hahn, Emy
— Yannick Jost, Strataggem
— Yann Klis, Scalingo
— Jules Lagalic, Schlouk Map
— Polina Mikhaylova, Knot
— Guillaume Nominé, Scoledge
— Yoann Nussbaumer, ChargeMap
— Dorine Olejnik, WizzVet
— Rémy Perla, Epopia
— Jérôme Scalia, AWAKEN
—Corentin Schmidtenknecht, Unis
— Clément Schneider, AR24
— Clément Sornin-Kasbi, Teewii
— Arnaud Tarry, WineCluster
— Fabrice Vincent, Bikerr
—Jérémy Wies, Synovo

Pour les autres acteurs:

— Sébastien Derivaux, Alsace Business Angels
— Emmanuelle Ebel, Alsace Digitale
— Jean-Christophe Gay, Rhénatic
— Catherine Mosser, Alsace Digitale

Illustration de Sophie ABBAD pour Alsace Digitale

Strasbourg Startups Stories

The making of the Alsace startup ecosystem, one story at a time. Each actor can publish here (contact any admin)

Thanks to Yannick Jost

Alsace Digitale

Written by

Construire l’écosystème numérique en Alsace : http://www.alsacedigitale.org/

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