La vallée de la mort risque de porter encore mieux son nom pour les startups avec les nouvelles règles fiscales

Risque sur le financement des startups

France Angels a lancé une pétition contre les nouveaux changement de fiscalité sur le financement des jeunes entreprises TPE/PME. En effet, avec la suppression de l’ISF (Impôt de Solidarité sur la Fortune), la niche fiscale permettant de déduire 50% de son investissement dans une startup saute également. La fédération des Business Angels redoute une certaine attrition dans les flux de financements et, in fine, moins de financement pour les startups.

Le stade de la vallée de la mort

Les Business Angels investissent dans une entreprise au stade de seed, c’est à dire quand la société n’est encore qu’une graine qui doit germer (comprendre rencontrer son marché). On est sur des investissements de quelques centaines de milliers d’euro. L’entreprise a déjà un prototype et a convaincu son/ses premiers clients mais elle doit se structurer et recruter pour se mettre en posture de chercher le product/market fit et passer à la croissance.

Cette étape s’appelle la vallée de la mort car, historiquement, il n’y a personne pour financer. A moins d’être bien né, ou d’avoir déjà amassé une certaine fortune, c’est une étape difficilement franchissable.

Et s’il n’y a personne, c’est car ce n’est pas économiquement rentable. Il y a deux raisons à cela : le risque est très fort et les frais de gestion sont importants sur des tickets aussi faible (le travail à fournir n’est pas linéaire avec le montant investi).

Une première source sur la rentabilité est l’AFIC (Association Française des Investisseurs pour la Croissance) qui analyse les performances des fonds de capital risque (donc plutôt au début de la courbe de croissance “Growth”). Comme on le voit, le capital innovation a une rentabilité négative. Elle est dérisoire comparé au capital transmission (qui comprend les rachats d’entreprise par endettement massif).

Une autre source est de regarder un classement des FIP/FCPI où il est indiqué la performance annuelle depuis l’origine. La médiane est de l’ordre de -1% cohérente avec les chiffre de l’AFIC. Ce sont des produits où votre épargne est bloquée une dizaine d’année, à risque et avec une espérance de gain négative. Je ne vois pas ce que l’on attends pour financer l’économie.

C’est donc un placement à l’intérêt financier nul où la déduction fiscale permet de faire vivre une industrie. In fine, ça finance quand même de la startup avec une majorité d’argent privé, donc profitable pour l’économie.

De plus, ces fonds d’investissement arrivent plus en aval des Business Angels, quand la société est déjà moins sujette aux risques.

L’apport des Business Angels

La mission des Business Angels est justement de créer des oasis dans ce désert qu’est la vallée de la mort.

Le fonctionnement associatif basé sur le bénévolat permet de réduire les coûts. Nous ne sommes pas non plus en premier intéressé par le profit mais par l’impact de développement économique que l’on peut avoir sur notre territoire. Bien sur, on espère à chaque fois investir dans la prochaine licorne, mais les statistiques sont contre nous (il faut bien un peu de challenge).

Il est néanmoins évident que nous auront des moyens plus conséquent pour notre actions si l’environnement est plus favorable à l’investissement dans les startups. Supprimer la niche ISF-PME ne l’est pas. L’augmentation de la déduction sur l’impôt sur le revenus de 18% à 30% (puis finalement 25%, mais de toute façon uniquement pour 2018) mais en gardant une limite très basse n’est pas un message à même de dynamiser le financement de nos startups.

Là, globalement, la réforme fait qu’un Business Angel sera une personne qui investit une fois par an au maximum 10 000€, ou deux fois 5 000€. Quand vous cherchez 100 000€, cela implique de trouver 10 à 20 personnes (bonjour le tour de table). Avec la déduction ISF telle qu’elle était, pour ce même investissement, il ne fallait qu’un ou deux Business Angel.

Vers une étatisation du financement des startups?

Tandis que les pays anglo-saxons favorisent l’essor des Business Angels avec une fiscalité avantageuse, la France étatise de plus en plus le financement des startups.

La permier capital risqueur ? BPI France et de loin.

Le premier investisseur chez les fonds de capital risque? Encore la BPI.

BPIFrance a fait 20 deals, IdInvest seulement 5. D’ailleurs, BPI France investi aussi dans les fonds de IdInvest.

La BPI (Banque Publique d’Investissement) couvre tout le spectre du financement des startups, de la subvention à l’investissement en passant par le prêt et la garantie de prêt. Je n’ai pas trouvé les chiffres, mais la partie innovation me semble difficilement rentable, c’est donc de la subvention indirecte.

L’aide publique est nécessaire pour faire émerger un système aussi efficace que la Silicon Valley (financé originellement à coût de milliard par l’état). L’enjeu est de trouver le moyen de faire émerger un système auto-suffisant. Si certains mécanismes vont dans ce sens, d’autres sont plus en train de stériliser toute initiative privée.

Notre action de Business Angels est peut-être moins spectaculaire et prend plus de temps à mûrir, mais elle s’inscrit dans la durée.

Alors que de nombreux réseaux de Business Angels cherchent à se structurer et à professionnaliser pour être plus efficace (et car la demande est croissante), on prend le risque de casser cette dynamique et de revenir en arrière.

Pour aider le financement privé des startups, votez la pétition :

French Tech Strasbourg

The making of the Alsace startup ecosystem, one story at a…

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