Elites + conservatrices que la population

Commentaires ouverts sur l’article de Nicolas Dufour, LeTemps.

Avec mes remerciements à François Charlet pour ce Twitt de repartage.

Je propose à ceux qui s’intéressent à nos gouvernances, et qui souhaitent collaborer à réaliser une table ronde, regards croisés sur nos démocraties en Suisse et en France, de me rejoindre sur cet avant-projet, lancement public prévu en janvier 2018: “La démocratie n’est pas un RdV !” en faisant venir les datajournalistes de #DataGueule à l’occasion de la sortie de leur dernier documentaire long métrage. (Ils viendront au moins sur Genève, cela est engagé, mais je souhaite financer un second jour pour venir sur Vaud).

http://www.heroslocaux.ch/datagueule-en-suisse

Non pas pour que les uns donnent des leçons aux autres, mais bien afin de croiser nos intelligences pour une analyse plus consciente de nos systèmes de gouvernances.


https://www.letemps.ch/suisse/2017/10/26/matiere-systeme-politique-elites-plus-conservatrices-population

En matière de système politique, les élites sont plus conservatrices que la population

Faut-il réformer profondément le système politique et institutionnel suisse? «Oui», répond 22% de la population. Mais seulement 11% des leaders d’opinion expriment un avis aussi tranché. Voici l’un des enseignements d’un copieux sondage M.I.S Trend réalisé à l’occasion de la Conférence nationale sur le fédéralisme, qui a lieu ce jeudi à Montreux. Dans un contexte international agité par les soubresauts régionalistes, cet événement, qui se tient pour la cinquième fois, est organisé par le Conseil d’Etat vaudois avec la Confédération et la Conférence des gouvernements cantonaux.

Lire notre édito: Fédéralisme en déséquilibre

Le fédéralisme est bien vu

Le fédéralisme a bonne cote auprès des leaders (492 personnes issues de la base de données de l’institut de sondages); 55% d’entre eux s’y disent «très attachés», 24% «attachés». Dans l’ensemble de la population, l’amour porté à cette forme d’organisation est un peu plus mou, 25% y sont «très attachés», 20% le sont «un peu». Au chapitre des critiques, l’élite fustige les lenteurs dues au système et les lourdeurs administratives (à 31%); la population pointant, elle, du doigt la diversité des lois, au risque de doublons et d’un manque d’harmonisation (16%).

Une opinion: Le fédéralisme, meilleur antidote contre les manipulations politiques

Pour les patrons et autres dirigeants, le système politique suisse contribue d’abord à la proximité de la population avec ses élus, puis à la stabilité du pays et à la cohésion nationale. Les citoyens, eux, mentionnent en premier lieu la stabilité, suivie par la bonne situation par rapport aux voisins.

La demande de changements diminue

Pour en revenir aux grands changements, la population les attend, mais de manière moins affirmée qu’en 1999 et 2007, lors de précédents pointages. Chez les leaders, la part de ceux qui demandent de grands bouleversements (11%, donc) s’est littéralement écroulée au fil des années: ils étaient 45% en 1999. 72% n’aspirent qu’à de «simples aménagements».

Lire aussi: «Les villes mettent le fédéralisme suisse au défi»

Les droits populaires, source de division

Lesquels? Le décalage du peuple et des élites apparaît le plus nettement au sujet des droits populaires. 27% des leaders souhaitent leur réforme, dans le sens d’une limitation, par exemple, une hausse du nombre de signatures nécessaires à l’exercice de ces droits. Ils ne sont que 5% dans la population à exprimer ce souhait.

Lire également: Grégoire Junod: «La ville a une valeur d’exemple dans beaucoup de politiques publiques»

A quel territoire est-on attaché?

En ces temps de grandes questions identitaires, l’interrogation des sondeurs à propos de l’attachement des sondés à une notion géographique ne manque pas de sel. La formulation est tournée ainsi: «Votre attachement profond va en priorité à?…» Leaders et grand public se retrouvent à 38% pour «La Suisse». Par contre, le second dit «le monde» à hauteur de 15%, contre… 6% chez les nantis. La population mentionne bien moins le canton (14%) que l’élite (25%). Tous deux convergent à nouveau dans leur attachement à leur commune (14% et 18%). Les institutions au plus près.