Taxer les robots?
Taxer les robots?
Pascal Kotté
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Taxer Les Robots ?

Suite à la conférence de Xavier OBERSON (21 février 2017)

J’ai quelques Feedback personnels:

Réduire les complexités:

Le problème avec les légistes comme avec les ingénieux ingénieurs techniques, c’est qu’ils sont très doués pour ajouter de la complexité, afin certes de palier des dysfonctionnements, ou pour étendre des fonctionnalités. Or, nous avons besoins de réduire la complexité, dans un univers systémique inter-dépendant, et de plus en plus complexe au fur et à mesure que nous en découvrons toutes les subtilités. Nous devons engager de la SIMPLEXIFICATION. Résoudre un problème juridique avec du perspectivisme, doit engager d’autres compétences qu’avec des seuls experts juridiques !

Il est nécessaire de simplifier les systèmes, et de comprendre non seulement les causalités des problèmes, mais les impacts collatéraux des solutions envisagées. Le parallèle qui a été fait avec l’esclavage est excellent. Tirons les leçons du passé. Seuls les riches pouvaient s’offrir les esclaves, qui produisaient le travail, source d’enrichissement. La spirale continue:

Condamnés à la conquête perpétuelle, ou au dépérissement.

Nous sommes dans la même situation globale, enfermés dans un système basé sur une consommation croissante, sur une planète finie, aux ressources limitées, et dont nous dévorons déjà l’héritage de nos petits enfants…

Mais le monde industriel a déjà fait place à bien pire, celui de la spéculation financière !
Un monde spéculatif, conçu par et pour les “nantis”

Dans “Le Monde”, il y a 10 ans, 2% de la population en possèdent la moitié !

Selon Oxfam, 62 personnes possèdent désormais autant que la moitié la plus pauvre de la population mondiale. Elles étaient encore “388 il y a cinq ans”
En savoir plus sur: http://www.lesechos.fr/18/01/2016/lesechos.fr/021627401171_inegalites---les-1---les-plus-riches-du-monde-possedent-plus-que-le-reste-de-la-planete.htm#IajoQhCyxFfmhRUV.99

Quelles pistes de sorties ?

Le problème n’est pas de taxer les robots, même en y incluant les “bots” et autres algorithmes, et encore moins de les taxer sur des “emplois” supprimés et pour “compenser”, un système qui est de toute façon défaillant et obsolète, mais auquel nous nous raccrochons désespérément, surtout si on est riche…

Le problème est de libérer les humains des cercles vicieux de l’économie spéculative.

Promouvoir le durable et le responsable

Il est nécessaire de changer les paradigmes des gouvernances financières, et d’assurer une révolution pacifique et silencieuse en se réappropriant nos espaces alimentaires, industriels et numériques, dans des fondations publiques, des économies circulaires ou locales, des coopératives de gouvernances collectives, des B-corporations à vocation nativement durables et responsables, des associations à buts lucratifs, mais non spéculatifs. Puis de boycotter les entreprises non durables, ni responsables, au profit de ces autres producteurs de valeurs et de biens.

Pour en accélérer le développement et les transformations, il est vital de remettre en cause l’esclavage moderne du salariat aveugle, avec sa capacité de corrompre nos propres esprits. Il est regrettable de ne pas avoir opté pour la mise en place d’un RBI afin de réduire la nécessité de nos ‘prostitutions’. L’initiative a été rejetée massivement le 5 juin 2016 en Suisse, avec toutefois une meilleure adoption en Suisse romande, de plus de 30%. Il reste encore 2/5 de la population à convaincre…

Travail vs Emploi

Favoriser la circulation et les investissements financiers

Au lieu de taxer le travail, que ce soit celui d’un humain ou celui d’un robot; au lieu de créer des avatars d’humanité aux robots (attendons donc qu’ils aient l’intelligence de le demander); Il est nécessaire de créer des cercles vertueux vers des bénéfices communs, responsables, et incluant les générations futures (durables):

Dans nos propres esprits, dans nos algorithmes, et dans les futures intelligences artificielles.

Cela veut donc dire taxer les fortunes dormantes, et micro-taxer toutes les circulations monétaires, à la source si possible, afin de percevoir même des impôts sur les acquisitions douteuses du Darkweb, incluant les crypto-monnaies…

Instaurer un droit universel d’accès à la connaissance

Nous n’en sommes pas très éloigné, car Internet est déjà une source incroyable. Toutefois, c’est un droit d’accès facilités aux formations certifiantes, à la formation continue universitaire et technologique à tout âge que nous devons mettre en place. Car les cycles de changements et d’innovations, assistés et accélérés par les robots, vont nécessiter des profils multi-compétences, là où l’humain pourrait encore rester plus performant que le robot, grâce à son adaptabilité, pour le moment…

Réduire le volume de travail des humains, remplacés par des robots, n’est pas un problème si TOUS les humains peuvent: Survivre, accéder au savoir, disposer d’une vie sociale enrichie. Surtout si nous remplaçons son “emploi salarié” (76% en mode “alimentaire”), par un travail, ou une activité qui aura plus de sens ou d’attraits. Cf. SDG (G3ID.org)

Représentation et gouvernance publique

Dans les rouages politiques, les élus ne sont-ils pas tous le plus souvent multi-millionnaires, de droite comme de gauche ? Sont-ils alors représentatifs de leurs propres électeurs ? La richesse et l’intelligence vont-elles de pairs ? Le fait d’être membres et actionnaires de multiples sociétés économiques, ne va-t-il pas créer des biais décisionnels rédhibitoires ? Comment défendre l’intérêt des “non millionnaires” au détriment de leurs propres intérêts personnels, sans devoir faire preuve d’une abnégation sans faille ?

Les employeurs n’ont aucun intérêt à favoriser le “plein emploi”, car cela leur reviendrait trop cher ! Le chômage et le dumping salarial, que ce soit par la délocalisation, l’importation de mains d’oeuvre, ou par des robots, c’est une nécessité “économique” pour eux !
“Business first”

Quand je vois la confédération helvétique annoncer dans son rapport numérique, ne rien prendre en charge et faire confiance dans les acteurs “économiques” du monde numérique: Je tremble ! Que ce soit les GAFAM ou Swisscom, pouvons-nous réellement croire qu’ils vont défendre le développement de l’éducation et de l’intelligence de nos enfants ? Se préoccuper de notre vie privée ? Et tout cela au détriment de leurs dividendes ? Comment peut-on croire à de telles absurdités ? Nos élus sont-ils donc tous si corrompus ?

Prenez simplement les jeux numériques: Jouer est censé servir à aider nos enfants à grandir et se préparer à leur future vie d’adulte. Chez les adultes, les jeux sont censés nourrir et enrichir les relations sociales. Mais actuellement, l’industrie du jeux construit des pièges numériques, des Tamagotchi destinés uniquement à faire de l’argent ! Le CHUV a dû ouvrir une antenne cyberdépendances… Notre vénalité est notre “poison”. Le piège de normaliser tout comportement justifié par “Business first”, est un gouffre pour notre avenir. Alors si le Politique ne prend pas en charge son rôle de régulateur éthique, qui va le faire ?

Créer de l’intelligence

Nous sommes collectivement redoutablement stupides:

  • 2 Milliards de mal nourris, 1/4 de la population dans un monde capable d’alimenter 12 milliards de personnes. Nous devrions en plus y ajouter le 1/5 des populations “riches” en obésité, mal nourris eux aussi;
  • 30 conflits armés, grâce à une volonté de paix, orchestrée par les 5 pays producteurs d’armements;
  • Et depuis l’entrée à l’ère numérique, nous avons même des reculs dans de nombreux pays en termes de scolarisations…

Mais nous continuons d’enseigner la même chose qu’au siècle passé, avec essentiellement les mêmes universités, les mêmes matières ! Ou sont les inter-universités sur les sujets suivants:

  • L’éradication de la faim dans le monde ?
  • La globalisation d’une éducation ouverte, inclusive aux diversités culturelles ?
  • La paix ? La réduction des conflits armés ?
  • La cyberdéfense planétaire ? Car cela ne peut plus être simplement national !
  • Le développement durable ?
  • La création d’économies responsables ?
L’école moderne libérée existe, inventée il y a un siècle, mais c’est pour les écoles privées uniquement ?

Nous ne semblons même pas réussir à mettre en route une réelle collaboration entre les sciences sociales (UNIL) et techniques (EPFL), pour nos nouvelles humanités digitales

Nous avons besoin de créer de l’intelligence, en reconnectant les genres, les différents domaines entre eux. Les changements des lois touchent tout le monde et doivent être compréhensibles et accessibles à tous. Hors, le 25 septembre 2016, qui a lu les 88 articles de la LRENS ? Qui les a compris ? Le texte d’accompagnement qui minimisait tout cela, a été rédigé par quelles intelligences ? Avec les expertises de qui ? Car même dans les associations numériques que je côtoie, incluant la très sage S-I.ch, toutes condamnaient cette loi et la rejetaient. Alors pourquoi l’avons-nous adoptée ? Par ignorance et bêtise ? Ou par peur ? Essentiellement car nous déléguons les décisions importantes à nos élus, c’est bien là leur rôle. Je vote pour lui, et je lui laisse décider ce qui est le mieux pour moi. Mais dans un monde de plus en plus complexe, cela ne devient-il pas de plus en plus “aléatoire”, et l’élu n’est-il pas condamné à devoir faire semblant et donner le change, faire croire qu’il sait ce qu’il fait, de même que les quelques conseillers qui les entourent ? C’est aussi un humain, qui défendra ses propres intérêts…

Oh oui ! nous devons faire évoluer nos lois, pour les simplexifier et les rendre accessibles à tous, avec une réelle intelligence: Responsable pour le bénéfice de tous (et non quelques); Durable pour les générations suivantes, et nous devons y intégrer les humanités digitales, avec nos extensions numériques, comme nos bots et robots.


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