Histoire de Switch #1

Emilie Daversin, switcher entrepreneur, promo #1

Switch Collective fédère une communauté d’actifs en quête de sens et leur apprend à inventer un parcours qui leur correspond grâce à du contenu, des événements et sa formation “Fais le bilan calmement”.


Ex-artiste puis co-fondatrice d’une SSII (société de services informatiques), Emilie est entrepreneur en solo dans le monde des startups…

Promo #1 de “Fais le Bilan Calmement

Ton switch, c’était quand ?

Je n’ai pas arrêté de switcher ! Le tout dernier switch, c’était il y a 6 mois : j’étais dans une entreprise “classique”, avec un associé, dans le marché des SSII (services informatiques aux entreprises), et je me suis détachée de cette activité pour me lancer en mode startup et créer un média social professionnel pour les femmes, Feminalink.com.

Mais switcher, pour moi, c’est un truc permanent. Je ne suis jamais entrée dans le jeu. J’étais dans la musique pendant 6–7 ans, j’ai fait plein de choses différentes. Je pense souvent à mes grands-parents : à leur époque, ça n’était pas inhabituel de changer de boulot régulièrement. Mon grand-père est un switcher. Finalement, les carrières linéaires, c’est quelque chose d’assez récent !

Et pourquoi tu as switché ?

J’avais l’impression que j’avais déjà donné tout ce que j’avais à donner à ma boîte. Mon truc à moi, c’est de créer des concepts et de les structurer pour qu’ils prennent vie. C’est le démarrage qui m’excite. Dès que je m’installe quelque part, je ne me sens plus à ma place. Le vrai talent que je pense avoir développé, c’est celui de trouver une façon d’aller quelque part quand il semble impossible d’y aller. Mais quand le schéma est classique, je n’ai plus de valeur ajoutée.

Et puis je ne m’installe jamais vraiment dans un projet parce que j’ai toujours peur d’être enfermée dans un schéma, ou un métier. Je déménage souvent pour cela aussi. Ça vient de mon héritage familial : mes grand-parents ont été chassés de chez eux pendant la guerre, et j’ai intégré cette idée qu’il faut être capable de partir du jour au lendemain avec une valise. De la même manière j’ai toujours peur de réussir, parce que si je réussis, je vais avoir des comptes à rendre, et ça pourrait m’enfermer dans des obligations.

Tu l’as vécu comment ?

Pour la première fois, j’ai été très aidée par mon entourage, souvent avec des solutions concrètes. Quelqu’un dans ma boîte m’a présenté celui qui serait mon futur stagiaire, et c’était parti. D’habitude, je refuse d’être aidée. Cette fois-ci, j’ai été suivie, je me suis faite accompagner. Switch Collective m’a aidée : grâce à “Fais le Bilan”, j’ai compris que j’avais des forces que je ne pensais pas avoir. Ne jamais avoir été salariée, c’est une force : je sais que je pourrai toujours rebondir. J’ai compris aussi que savoir faire faire, c’était une force.

Quels conseils donnerais-tu aux autres switchers ?

Quand on pense à switcher, c’est pas forcément une bonne idée de tout quitter du jour au lendemain, car on peut le payer pendant des années. Il faut apprendre à partir, pas tirer un trait sur tout ce qu’on a été. La tabula rasa, c’est pas forcément une bonne idée. On construit avec ce qu’on est.

Il faut apprendre à investir intelligemment, sortir du “ce que je dois” et “ce qu’il faut”… Le rapport à l’argent fausse beaucoup la donne, contraint la stratégie. Par exemple, il faut accepter de payer quelqu’un pour s’occuper de certaines tâches familiales qui prennent souvent beaucoup trop de temps !

C’est quoi la suite pour toi ?

L’application iOS Feminalink sort le 13 octobre prochain. L’objectif est d’attirer une première communauté d’utilisatrices et d’entreprises pour renforcer l’offre dans un second temps. La monétisation n’est pas encore notre priorité.

Sur un plan plus personnel, je sais que je suis en train de poser les premières briques et qu’un projet comme celui-ci prend du temps. Mon challenge est de m’affranchir de l’idée que je dois me comparer aux autres.


Petit questionnaire Switch

  • La chanson qui incarne ton “switch”: “This is for my girls”, le titre de la campagne de Michelle Obama.
  • Le film : Working Girl
  • La série TV : Dynastie
  • Le livre : Lean in de Sheryl Sandberg
  • Le sport : la marche
  • La citation : “c’est une façon commode de vivre que de se croire grand d’une grandeur latente” (Italo Svevo)
  • Le personnage célèbre : Oprah Winfrey