10 leçons pour se métamorphoser: leçon 4 = BE SINCERE RATHER THAN TRANSPARENT



Suite à mon 1er article sur la métamorphose, j’ai été frappée par le nombre de témoignages que j’ai reçus. Le mot qui revenait tout le temps c’était : « sincérité ». Ca m’a d’autant plus touchée que j’étais terrifiée à l’idée de publier cet article et de tomber dans ce que je déteste dans les media en tous genre: une transparence qui devient « fake » et ressemble plus à de l’auto-marketing. Alors que précisément je voulais juste être sincère.

Parce que mon sentiment c’est que la sincérité est à la base de toute métamorphose. Individuelle et collective.


Etre sincère plutôt que transparent

Je ne t’apprends rien mais être sincère, c’est commencer par l’être avec toi-même. Et pour moi ça veut dire faire le tri entre ce que tu gardes et ce que tu jettes, plutôt que juste t’épaissir de toutes tes expériences. C’est t’alléger de tout le bordel que tu trimballes et qui ne t’appartient pas (ta mythologie familiale, les normes sociales etc…) sans te raconter d’histoires. C’est utiliser ce pour quoi ton cerveau est vraiment fait : l’élimination plus que la production. C’est ce que Bergson nous dit et je trouve que c’est une perspective intéressante. Autant vous dire que pour ma part, j’ai dû en larguer des choses ces derniers temps.

Etre sincère c’est aussi l’être avec les autres bien sûr : mais attention ce n’est pas tout balancer sans filtre. C’est savoir se donner en accès direct mais pas open bar.

John Maeda, un monsieur formidable qui fait du design et raconte plein de choses super dans Redesigning Leadership, a bien compris la différence entre la sincérité/clarté et la transparence : « It is important to make distinction between being transparent and being clear. As I have learned, more exposure to information doesn’t equate with true understanding ».

Donc tu ne donnes pas toute l’info, mais tu livres l’essentiel et tu lui donnes une intention: pourquoi je vous dis ça et où je veux vous emmener.


Tiens, ça me fait penser à la politique tout ça

A l’échelle politique, j’en ai ras le bol aussi de l’idéologie de la transparence dont on nous rabâche les oreilles à longueur de temps. Elle serait soi-disant devenue la base du renouveau de notre démocratie. Mais la transparence est une industrie, celle des média, et en réalité elle recrée souvent de l’opacité. Pour ne pas parler de la France, regardez Silvio Berlusconi, qui a mis en scène pendant des années une véritable videocratie dans un grand show permanent sous couvert de raconter la vie des leaders.

Plutôt que de demander plus de transparence, si on demandait à nos politiques plus de sincérité ? Attention c’est pas pour verser dans le « choupi bisounours » comme dirait mon amie C. Non, c’est juste qu’à se concentrer sur la transparence, on les focalise sur ce qui devient leur capital le plus précieux : leur réputation. Plutôt que leur devoir. Parce que faut pas se tromper de combat. L’historien Jean Bouvier l’avait déjà bien compris à l’époque: « Les systèmes politiques et économiques ne meurent jamais de leurs scandales mais de leurs contradictions ».


Doooooonc: si on veut se métamorphoser individuellement et collectivement, un peu de sincérité, ie de vérité avec une intention et une direction en plus, devrait pas nous faire de mal. Tu crois pas ?

Si oui n’hésite pas à partager :)

Clara Delétraz, co-fondatrice de Switch Collective