Dans la tête d’un UI designer qui voulait être développeur front

sylvia moreno
Sep 5, 2018 · 6 min read

Des tas d’articles ont été rédigés autour de l’éternel débat « web développeur vs UX/UI designer », mais ce n’est pas le cas ici. Si tout comme moi, tu es dans le monde du design et que le développement web te fait de l’œil, lis ce qui suis cela pourrait t’être utile.

Mais pourquoi ?

Effectivement me direz-vous « mais pourquoi ? ». Peut-être que comme moi, tu te surprends à rêver en designant tes maquettes de les voir se mouvoir et cela par tes propres moyens. Le design te lasse un peu et (que tu souhaites surtout augmenter ton TJM 😋) que l’idée de devenir un designer développeur te parait chouette.

Cependant, moi je n’avais aucune idée, mise à part quelques notions d’HTML et de CSS, de quoi était fait le monde du développement web. Je me suis lancée à corps perdu dans l’apprentissage du coding Javascript via des tutoriaux et se fut un drame.

Ah si j’avais su …

Ce fut l’une de mes premières erreurs : manquer de connaissance au sujet de l’éco-système du monde du web. Je n’avais aucune notion concernant ses langages, les réseaux qui s’y cachent derrière voir même en quoi consiste réellement le métier de développeur hormis quelques détails tels que le fait qu’il était garant de la réalisation technique d’un site ou d’une application. Par exemple, j’ai compris après coup que le développeur front-end et le développeur back-end ne faisaient pas le même métier. Cela peut paraître évident mais le fait de me plonger directement dans l’apprentissage du Javascript sans avoir un aperçu de l’environnement global du web m’a rapidement frustré. Ma perception visuelle de designer venait d’être submergée par des concepts informatiques et un syllabus abstrait qui n’avaient aucun sens pour moi.

Néanmoins je ne me suis pas laissé décourager et une entreprise a accepté de m’engager en tant qu’intégratrice web. J’ai été propulsé de l’autre côté de la barrière. Et cela n’a pas tardé…deuxième erreur : ne pas prendre position et ne pas savoir ce que l’on attendait de moi. Rapidement, on m’a demandé d’intégrer des morceaux d’interface en Javascript. L’apprentissage par l’expérience diriez-vous ? Je dirais également stresse par l’obéissance. Lorsque l’on manque d’expérience, il est très facile de tomber dans l’acceptation automatique de toutes les tâches que l’on nous affecte sans même oser demander de l’aider voir de les remettre en question. J’ai connu de longues heures devant mon écran noir en tentant de déchiffrer des lignes de code sans en comprendre un mot.

Mais encore…

Le monde du développement front-end est un milieu hostile dans lequel regorge des milliers de techno et il en sort au moins une dizaine chaque année. A peine aviez-vous eu le temps de vous familiariser avec l’une d’elle, qu’une autre est plébiscitée et élue meilleure techno front-end de tous les temps. Cela peut paraitre assez simple pour un développeur expérimenté de passer d’un framework à un autre mais lorsque l’on est au sein d’une démarche d’apprentissage, on finit très facilement par s’y perdre (espoir).

Le meilleur exemple pour moi est bien l’illustre AngularJS. Il n’est plus à présenter mais reste un véritable cauchemar. Au-delà de son approche orientée composant, la logique de controller, scope et directive était complément abstraite pour moi.

Côté maintenabilité, l’énorme gap entre les versions 1 et 2 fut tel qu’il nécessitait un réapprentissage avant de se lancer dans la réécriture complète de l’application développée. Avec le recul, je me rends bien compte que ce framework n’était clairement pas adapté aux besoins de l’application sur laquelle je travaillais à l’époque. Cependant, lorsque je le compare à ReactJS, qui au passage a été nettement plus simple à appréhender pour moi, je peux affirmer avec assurance que ReactJS s’accommode plus facilement aux besoins divers d’une application en plus d’être malléable à la différence d’AngularJS.

Certains diront que mon expérience douloureuse avec AngularJS est due à mon manque de maturité dans le domaine et je ne peux le nier. Néanmoins j’ai pu également constater que certains profils issus du monde du Java étaient beaucoup plus en phase avec celui-ci contrairement à certains profils front-end qui eux ont plus tendance, selon moi, à s’orienter vers ReactJS.

Ce métier nécessite une formation continue, de se tenir à jour continuellement faute de quoi on peut être dépassé. Très rapidement, j’ai compris qu’il fallait absolument que je mette en place une routine de documentation hebdomadaire dans le but de me tenir au courant des nouveautés. Et j’avoue que c’est l’une des choses que j’avais le moins soupçonné et également la plus laborieuse pour moi. J’ai tout simplement l’impression d’être sur les bancs de l’école continuellement et cela s’avère éprouvant parfois.

Solutions !

Après plus d’un an de frustration et d’auto culpabilisation autour du sentiment de me sentir inférieure aux autres, la mise en place d’une roadmap d’apprentissage s’est révélée salvatrice. En la mettant en place et en la présentant à mes supérieurs cela a permis plusieurs choses :

- Enoncer clairement mon ambition de devenir un vrai développeur front

- Définir des étapes d’apprentissage réalisables et modifiables

- Donner plus de visibilité autour de moi, auprès de mon équipe de travail à propos de mon niveau d’expertise

- Etre indulgent envers moi-même

- Me donner de la visibilité sur ma marche de progression et constater que j’ai acquis des connaissances

J’ai également pris conscience de l’importance de mon expertise en design. Durant tout le temps de mon apprentissage dev-front, le côté User Interface design s’est totalement éloigné de mon champ de vision. En dévaluant mes compétences de développeur, je suis totalement passé à côté du fait que mon profil pouvait être intéressant et être une force pour développer mais aussi pour faire le pont entre les équipes d’UI/UX designers et de développeurs.

Si c’était à refaire …

Arrêter de me voir comme un développeur junior : Je dirais que je n’aurais pas perdu autant de temps à observer ce que j’ignore mais plus à capitaliser sur ce que je sais.

Ne pas avoir peur de poser des questions : Lorsque l’on cultive une vision dévalorisante de soi, difficile d’intégrer qu’il y a une véritable force dans l’apprentissage auprès des autres.

Valoriser mon profil et ne pas me comparer : Chacun de nous possédons un parcours différent qui fait notre particularité. Pour ma part être passé par le design est incontestablement un plus dont je n’ai pas su tirer avantage.

Insister sur le besoin d’être suivi par un pair : Mon apprentissage s’est accéléré lorsque je suis tombée sur un développeur qui avait saisi mon niveau et mes besoins. Il a d’ailleurs été à l’origine de ma roadmap d’apprentissage qui s’appuyait sur sa propre expérience du métier. Je suis convaincue qu’il y a une réelle force dans la bienveillance l’on attribue à un autre. Le faite d’avoir été encouragée, soutenue m’a aidé à avancer et à prendre confiance en ce que je pouvais produire.

Aujourd’hui malgré le fait qu’il me reste encore beaucoup à apprendre, je me satisfais du chemin parcours, non sans douleur mais riche en apprentissage.

@sylviamoreno

Développeur front-end chez Oui.Sncf

sylvia moreno

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Développeur front-end chez OUI.sncf

@sylviamoreno

Développeur front-end chez Oui.Sncf

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