6 raisons qui prouvent que l’école d’aujourd’hui ne nous prépare pas à la société de demain

Je m’appelle Théo, j’ai 19 ans, et si j’ai décidé d’écrire un article sur l’école française ce n’est pas juste pour la critiquer. Toute ma scolarité, j’ai eu du mal à m’intégrer au système. Au fond de la classe je refaisais le monde en regardant la fenêtre plutôt que le professeur. Mais aujourd’hui cela m’a permis d’avoir du recul sur l’école et sa pédagogie. Ça peut paraître contradictoire mais, en tant qu’ancien élève du fond de la classe, j’ai envie de la réinventer notre école.

Notre monde change mais pas notre système éducatif. Voilà 6 raisons de l’améliorer :

  1. L’école tue la créativité

Selon LinkedIn, la créativité et l’innovation seront des points clés du recrutement de demain. Premièrement, car ils ne peuvent être copiés par l’intélligence artificielle et deuxièmement, car internet (coût marginal zéro) a démultiplié les possibilités en terme d’innovation. Or l’école ne nous prépare pas du tout à cela. D’années en années, les enfants perdent leur liberté d’esprit et leur capacité à produire des visions différentes de la réalité car l’école pénalise ce qui n’est pas conforme aux livres et aux leçons.

Fernando Alberca, formateur de professeurs confirme : « Si un maître demande à un enfant de dessiner un paysage et qu’un enfant très original peint tout en noir, le maître le corrigera. Un professeur n’est pas préparé à être surpris, il veut que les réponses des exercices et des examens soient conformes à ce que dit le livre ou à ce qu’il a expliqué en cours. C’est cela qui limite le potentiel des enfants, ce qui les rend moins ouverts et intelligents. »

On devrait peut-être revoir ce système obsolète d’éducation productiviste pour s’orienter vers une éducation qui exploite les richesses de chaque être humain et dans toutes les dimensions de l’intelligence : kinesthésique, corporelle, relationnelle, conceptuelle, logique, visuelle, auditive…

2. Les erreurs ne sont pas acceptées

À l’école les erreurs sont pénalisées par une note ou par le rire des autres élèves, ce qui bride et bloque la prise d’initiative. Pourtant, l’erreur est formatrice si elle est analysée et accompagnée. L’échec d’un projet nous oblige à nous remettre en question et à déterminer ce qui n’a pas fonctionné pour faire mieux. « Le succès, c’est se promener d’échecs en échecs tout en restant motivé. (Winston Churchill) » Les entrepreneurs vous le diront mieux que personne. Ils n’hésitent pas à se dépasser et être résilient face à l’échec. De fait, la capacité à entreprendre est de plus en plus demandée dans les grandes entreprises alors que notre système scolaire ne nous prépare pas à ça. Les projets scolaires devraient être plus nombreux et beaucoup plus valorisés. Cela aurait deux bénéfices: premièrement, comme pour un entrepreneur, il y aurait des échecs, des réussites et donc un apprentissage plus complet. Deuxièmement, cela développerait la cohésion de groupe et favoriserait l’entraide.

3. L’individualisme prime sur le collectif

Être le meilleur parmi les meilleurs à l’école. Voilà ce que l’on nous apprend. Vous trouvez ça excessif ? Pourtant, les notes des élèves sont plus importante que les élèves eux mêmes. Certes, vouloir être le meilleur est une bonne philosophie mais pensez vous qu’en 6ème ou même en seconde nous devons nous battre sans scrupule pour ça ? Cela pousse forcément à l’individualisme scolaire. Ce n’est pas aussi pervers dans la réalité mais dans le cas général cela s’en rapproche. En tout cas nous sommes seuls devant nos devoirs maison, devoirs sur table, exercices… Pourtant, le travail en équipe ou en collaboration est en croissance car on commence à comprendre que cela rassemble des gens et est facteur de motivation. “Tout seul on plus vite. Ensemble on va plus loin.” Mais le travail en équipe s’apprend. Ce n’est pas quelque chose d’inné. Ça se travaille avec le temps et l’expérience ; or le temps de travail en équipe n’est pas assez présent dans le cursus scolaire.

4. Les enjeux de demain sont partiellement abordés

Alors qu’aujourd’hui nous connaissons les grands défis pour la planète, cela n’est que peu ou partiellement abordé dans notre scolarité. Pourtant, les sujets des futurs enjeux écologiques et technologiques devraient être étudiés dès le plus jeune âge pour qu’il y ait une prise de conscience massive et plus rapide. Les bonnes pratiques aussi bien autour du développement durable ou internet sont plus facilement assimilables quand on est jeune. L’école se doit de nous sensibiliser la-dessus. Le développement durable pourrait faire partie intégrante du programme avec une à deux heures toutes les deux semaines ou encore l’établissement pourrait proposer des activités optionnelles pour connaitre l’écosystème de sa ville. L’avenir ne nous attend pas, c’est maintenant qu’il faut agir.

5. Le système scolaire limite la capacité à s’adapter

D’ici 5 ans, 50% des compétences actuelles des salariés ne seront plus indispensables dans les entreprises. Ce qui ne veut pas dire que 50% des salariés n’auront plus de travail mais qu’ils vont devoir s’adapter. Et s’adapter c’est réussir à apprendre autrement et à s’abstraire des schémas classiques. Ça a l’air évident et pourtant notre système scolaire c’est tout le contraire. On peut être premier de classe en apprenant par coeur des exercices et des structures de cours. Un élève est désorienté quand on change quelques paramètres à un énoncé (en mathématiques par exemple). Prendre plusieurs points de vues sur un même sujet leur semble compliqué. C’est en partie le résultat d’une pénalisation des expériences. Quand on fait quelque chose à l’école on est jugé par une note. Cela pousse à rester dans ce que l’on sait faire et à ne pas voir ce qu’il se passe ailleurs. Ne noter qu’une partie de ce que l’on fait en cours est peut-être une des solutions. Tout comme les devoirs surveillés à faire en groupe.

6. La connaissance est encore hiérarchique

La pédagogie à la française n’a pas bougé depuis des décennies. Le système scolaire français avait été créé pour une élite, à une époque où 5% des personnes d’une tranche d’âge passaient le bac. Aujourd’hui, 70% sont concernés. Alors que les élèves peuvent vérifier en direct chaque information du professeur, que les MOOC et le e-learning permettent à chacun de s’instruire en ligne, l’école nous transmet toujours de la même façon les connaissances. Au lieu d’être là en tant qu’accompagnateur et facilitateur de connaissance, l’école continue de nous rabâcher et de nous faire apprendre de façon très linéaire.

Certains, comme Tony Wagner, chercheur au laboratoire de l’innovation de l’université d’Harvard appelle à un changement de paradigme : « Autrefois, nous avions beaucoup de respect pour ceux qui avaient acquis un grand savoir. Cet avantage compétitif est en train de disparaître, car aujourd’hui, le savoir est accessible à tout le monde, en un clic. L’important n’est donc plus ce que l’on sait, mais ce que l’on sait faire, avec ce que l’on sait. »

Pour Aller plus loin

Si vous avez aimé avec cet article et que l’éducation vous tient particulièrement à coeur alors contactez-moi pour que l’on réfléchisse, ensemble, aux solutions que l’on pourrait proposer pour inventer notre système éducatif de demain.

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