L’ #IntraFest vécu de l’intérieur !

L’intrapreneuriat social, vous connaissez ? Sujet à la mode ou véritable changement pour les entreprises ? Certains en parlent comme la RSE 2.0, un levier formidable d’engagement des salariés, un vivier d’innovation, une stratégie Bottom of thePyramide pour de grosses entreprises. Les plus audacieux et utopistes diront que l’intrapreneuriat social est une façon de changer le monde depuis son entreprise.

Tous se rejoignent sur un point : l’intrapreneuriat social permet de réconcilier l’engagement personnel d’un salarié avec son métier, donner du sens à son job. Mais la notion de sens pause aussi question : une quête de sens réservée à la génération Y ou une quête bien plus générale d’une société en transition ?

L’intrapreneuriat social, le sens au travail, on pourrait en parler des heures, mais ce que je veux raconter c’est le voyage d’une journée que j’ai vécu avec Corporate for Change : l’Intrapreneurship Fest.

La journée se déroule à Paris et on commence par plonger directement dans une immersion terrain : découverte de l’univers d’un intrapreneur social, au choix : François Rouvier chez Renault Mobiliz; Emmanuel de Lutzel à la BNP au People’s Lab; I-Lab d’Air Liquid avec Adrijana Sehovac; Nicolas Cordier chez Emmaüs Solidarité

Je suis donc partie découvrir le social business de Leroy Merlin et Emmaüs avec Nicolas. Ce que je retiens de cette immersion : Nous avons beaucoup de préjugés sur les personnes en situation de précarité et les associations peuvent nous aider à mieux les comprendre. Pour créer un social business avec une association, il faut que chaque partie prenante se laisse altérer par l’autre pour co-construire.

Nicolas Cordier et l’équipe Emmaüs Solidarité

En fin de matinée, un bus vient nous chercher pour nous emmener au Wagon à Paris, un lieu atypique et convivial. Sous la verrière, à la lumière, Ucka Ludovic Ilolo est chargé de nous mettre en mouvement. Pourquoi ? Parce que nous avons besoin d’énergie pour avancer ! Ucka est chorégraphe d’entreprise. Après une carrière de danseur et chorégraphe, il prend un nouveau virage. Il a appris à mettre en mouvement des danseurs, à les amener à réaliser ensemble une œuvre. Le pas vers l’entreprise se fait naturellement et il devient facilitateur de projets, animateur d’ateliers de co-création, sans jamais oublier de relier le corps et le cerveau.

Ucka nous fait donc puiser de l’énergie au fond de nous pour la partager avec tous. Puis nous nous retrouvons par petits groupes de 4 pour raconter nos immersions et les questions soulevées en 20 min. Tout au long de la journée, la notion du temps est importante : alternance de temps de réflexion plus long et des temps très courts pour la spontanéité.

Retour sous la verrière pour un bilan collectif des immersions. C’est Stéphane Riot qui anime. Il a fondé Nove Terra, un collectif rassemblant un éco-système d’acteurs de la transformation des organisations. Il nous demande d’exprimer ce qui nous a fait “Waouh” pendant l’immersion. Le groupe approuve ce qui est dit en levant la main. Mon Waouh à moi : « Quelle que soit l’immersion, ce que je retiens c’est l’engagement des salariés, leur fierté et leur joie ! » Mais on ne tombe pas dans une vision bisounours de l’intrapreneuriat et on partage aussi nos doutes face à ce genre d’initiative !

Puis c’est l’heure du repas, occasion de découvrir d’autres participants venant d’horizons variés : Danone, Adeo, PSA, Michelin, Dailymotion, Canal+, St Gobin, Runtastic, Décathlon, des indépendants et une personne d’une collectivité territoriale qui s’occupe de l’insertion. Consciente des difficultés de la fonction publique, elle est venue s’inspirer des entreprises et des associations pour créer des modèles hybrides ! Le repas est réalisé de façon à produire moins de déchets… eh oui tant qu’à faire, soyons cohérent !

Après cette inspiration il est temps de faire une petite introspection : Qu’est-ce que je peux dupliquer dans mon entreprise et comment je m’y prends ? Qu’est ce qui est impossible pour moi ou mon entreprise ? Qui sont mes sponsors, les bonnes énergies à mobiliser ? Et moi dans tout ça, quelles sont mes compétences, ma légitimité, mes moteurs pour porter un projet d’intrapreneuriat et mes freins.

Ambiance apaisée pour une réflexion intense sur ce qui nous pousse à nous lancer dans cette aventure.

Reality Check sur notre Roadbook pour ne rien perdre de la journée

On se remet en mouvement avec Ucka pour co-construire une chorégraphie en 5 min. Les tensions, la peur du ridicule, l’appréhension, les hésitations sont laissées sur le côté depuis longtemps ! Un exercice intéressant et révélateur : on marche et au « top » du chorégraphe on se fige dans une position qui symbolise notre état d’esprit du moment. Certains sont hésitants avec une posture un peu fermée, d’autres sont entièrement ouverts au sujet bras en l’air et les dernier sont en position d’affirmation un pied en avant poings sur les hanches. Ceux-là sont déjà dans l’action.

Il est temps justement de passer à l’action. Trois groupes sont formés : ceux qui ont une idée et qui veulent la tester auprès d’intrapreneurs, ce sera l’atelier crash test ! Pour ceux qui n’ont pas encore d’idée, un processus d’idéation est lancé, on parle design thinking, lean start up,,.. Et puis il y a l’atelier pour les infrapreneurs (encore un nouveau terme !) où les participants veulent développer l’intrapreneuriat dans leurs entreprises. On y retrouve des responsables d’incubateurs de start up internes ou externes. On cherche ensemble des solutions pour lever les freins au développement des intrapreneurs.

Place à l’intrapreneurship Night ! Une conférence en trois temps est prévue pour clôturer cette journée déjà très riche ! Témoignage de pionniers, puis table ronde de ceux qui sont en chemin et un “parlons vrai” sur l’intrapreneuriat.

L’ouverture est faite par Matthieu Dardaillon et Jonas Guyot co-fondateurs de Ticket et Corporate for Change avec une citation de Keynes : « La difficulté n’est pas de comprendre les idées nouvelles mais d’échapper aux idées anciennes. »

Voici une petite sélection de phrases percutantes :

“Si la recherche de sens concerne les salariés, elle touche aussi les consommateurs et l’entreprise doit s’y adapter !” “Pour sortir du cadre et innover, il faut déjà y être dans le cadre !” “Un intrapreneur est déjà quelqu’un qui ne se fait pas prendre ! Il doit gagner sa légitimité !” “Un intrapreneur doit trouver le bon équilibre entre demander la permission et demander pardon.” “Créer le job de ses rêves, c’est possible !”

Si la journée fut intense, c’était sans compter sur la dernière intervention de Violaine Magnat qui a slamé pour nous « On me dit utopiste »

150 personnes ont participé à cette dynamique. Ça peut paraître un peu fou comme journée et quelque part c’était une folle journée ! Mais ces 150 personnes repartent des idées plein la tête et je suis prête à parier qu’elles vont créer de la valeur pour leur entreprise et la société.

J’ai écrit cet article pour mon entreprise, bien sûr dans l’idée de favoriser l’intrapreneuriat social mais surtout pour partager avec mes collègues cette dynamique et cette pédagogie. Pourquoi ?

  • On ne parle jamais de “relier corps et cerveau” pourtant nous sommes physiquement présents dans l’entreprise ! Notre corps est là et il peut en dire beaucoup sur notre état d’esprit.
  • On fait beaucoup de benchmark, mais est-ce que cela nous inspire vraiment ?
  • On ne parle jamais d’introspection pourtant nous arrivons avec nos émotions, notre mal être ou bien être ! Et qui ne s’est jamais demandé : mais pourquoi je vais travailler tous les matins ?
  • On parle beaucoup d’actions et de plans d’actions même ! Mais ces plans sont trop peu souvent agiles !

J’aime cette pédagogie parce qu’elle s’adresse à notre cœur, notre corps, notre esprit et notre imagination et se pratique avec Joie. Avec Ticket for Change j’ai compris ce qu’est une source d’inspiration pour me réinventer chaque jour. J’ai appris à déterminer quel sens je veux donner à mon job, tous les jours.

C’est pour ça que j’ai à cœur de partager et mettre en oeuvre la dynamique.

Pour en savoir plus sur Ticket for Change et Corporate for change

Programme Intrapreneur