Retour sur le DevBreak19 — Partie 3

Benjamin SCHWEBEL
Oct 10, 2019 · 12 min read

Par Benjamin Schwebel

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Bienvenue sur la troisième partie de notre article sur le retour des conférences du DevBreak19 !

Dans cette partie nous traiterons de l’évolutions des nouvelles technologies et leurs impacts, en débutant par une conversation autour de l’Intelligence Artificielle et en élargissant plus généralement sur les questions de morale et d’éthique dans le monde de la tech.

Artificial Intelligence in 2019 : Challenges and Opportunities

Avec comme intervenants : Philip Guarino, Alaa Abi Haidar, Katharine Jarmul, Ivana Bartoletti, Matthieu Senechal, Renaud Allioux

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Source : exdez via Getty Images

Conversation entre DataScientists, consultants technologiques et entrepreneurs autour des opportunités et défis que soulève l’Intelligence Artificielle.

Lorsque l’on parle d’IA, il est très important de réfléchir à ce que nous souhaitons accomplir grâce à l’Intelligence Artificielle. Dès le début de la conversation, lorsque cette question a été posée, le sujet de l’éthique est rapidement devenu le centre de la discussion.

Puisque la technologie peut s’avérer problématique si elle n’est pas utilisée correctement, il est important d’apprendre à connaître son client, le public qu’il souhaite viser, et ainsi déterminer la manière d’appréhender correctement un projet, y compris ceux utilisant de l’IA.
Ce n’est qu’après une bonne compréhension du besoin qu’il sera possible de cibler les données et déterminer les algorithmes qui permettront l’analyse et le traitement de celles-ci.

Il faut garder à l’esprit que nous sommes les développeurs, mais aussi les clients de nos produits et fatalement sommes impactés par ceux-ci. L’utilisation de l’IA doit donc se faire avec précaution car elle peut avoir un impact très positif ou tout à l’inverse très négatif.

Il est déjà arrivé qu’un ChatBot tienne des propos racistes par exemple. Comment une telle chose peut arriver ? Il s’avère que les règles mises en place par les développeurs et les données récoltées auprès des utilisateurs ont laissé la possibilité à l’agent conversationnel de répéter des propos racistes et misogynes. Comme cela a été dit précédemment, apprenez à connaitre vos clients, leurs besoins et bien entendu apprenez à connaitre vos utilisateurs.

Notre avis sur la question :

Ce n’est pas la technologie qui est dangereuse mais bien l’usage que l’on en fait (humains, gouvernements, industries, etc.). Si on considère que le terme Intelligence Artificielle fait référence à un domaine de recherche mêlant mathématiques, informatique et sciences cognitives, dont l’objectif est de simuler l’intelligence humaine grâce à des programmes à la fois efficaces, qui s’adaptent et évoluent, alors on s’éloigne des fantasmes actuels d’une Intelligence Artificielle toute puissante capable de créer par elle-même et donc de penser par elle-même.

Permettons plutôt d’exploiter les possibilités actuelles en matière d’IA (traiter de grandes quantités de données, trouver des corrélations, construire des modèles de prévisions basés sur les structures qu’expriment les données, faire de l’analyse d’images, compréhension du langage naturel, etc.) pour aider efficacement, et avec leur collaboration, les métiers.
En effet, le traitement automatique des données ne peut se faire qu’en mêlant les disciplines propres à l’IA et celles des experts métiers pour délimiter les données à exploiter et définir le bon angle de traitement en vue des résultats à obtenir.

Tout le potentiel de l’application de l’IA au sein des métiers doit être exploité pour « augmenter » les capacités humaines. Exploiter, analyser, interpréter et décider mieux grâce à la technologie.

Tous les domaines se voient ou se verront impactés par l’apport de l’IA. C’est déjà le cas dans le domaine de la santé par exemple, où le but n’est pas de remplacer le diagnostic médical ou le traitement, mais d’apporter plus de fiabilité par un second « regard » (l’humain n’est pas infaillible, l’IA non plus, mais aucun facteur « physique » impacte ses résultats), chercher et mettre en correspondance des informations de plus en plus complexes (multiplication des supports d’informations, imageries), et ce plus rapidement, ou encore prévoir la réaction à un traitement (en se basant sur des analyses de cas en quantité « indigeste » pour un humain). Evidemment, la relation entre experts de santé et patients n’est pas impactée, sûrement même de plus grande qualité.

Partout où se trouvent des données, l’IA viendra tôt ou tard apporter sa part d’automatisation. L’émergence de l’IA dans nos vies est une révolution pour certains, difficile à concevoir et accepter pour d’autres, mais il faut y voir une nouvelle façon de penser l’industrie pour pouvoir s’y accommoder rapidement.

The World in 2100 : Economy in the age of Free Products

Avec comme intervenant : Tomas Pueyo

Intéressons-nous maintenant à l’impact des technologies et transformations qu’elles impliquent sur notre monde : mode de vie, emploi, économie. L’automatisation a-t-elle que du bon ?

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Source : oracle.com

Les idées exposées dans cette conférence sont des suppositions et sont à considérer avec un certain recul.

Deux opinions s’affrontent sur les changements qui vont s’opérer dans le monde du travail.
D’un côté, certains prédisent que le taux de chômage va monter en flèche à cause de l’automatisation ou de l’IA par exemple.
Au contraire, d’autres affirment que les emplois vont devoir naturellement évoluer pour penser et mettre en place cette automatisation.

Il est évident que l’automatisation amène des évolutions quant à la manière de travailler : gains de temps et donc disponibilité des personnes pour être plus concentrées sur le cœur de travail et sur les tâches qui requièrent des compétences plus poussées, appuyées par l’analyse de données par exemple.

Pour appuyer le premier propos, prenons l’exemple du secteur agricole.

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Nombre de personnes employées dans l’agriculture depuis 1800

Le nombre d’emplois n’a cessé de baisser depuis des années. Malgré ça, le PIB continue d’augmenter et ceci est une cause de l’industrialisation et de l’automatisation.
Les industries sont alors naturellement impactées par la propagation de la technologie dans notre quotidien et il est probable que le taux de chômage augmente avant que de nouveaux emplois soient pensés et créés.

Pour donner un autre exemple, si on compare le chiffre d’affaire généré par les plus grandes entreprises de notre monde (Netflix, Facebook, Instagram, etc.) par rapport au nombre d’employés, on remarque que le chiffre d’affaire généré par employé est 30,40 voire 50 fois plus gros que leurs plus petits concurrents.

Ainsi, si nous gagnons plus avec moins d’employés, peu d’emplois seront créés, voire même aucun.

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Source : multichannelmerchant.com

Comment pallier le problème des réductions de postes à temps pour fournir un emploi à ceux qui se voient menacés de perdre le leur ?
Il faut essayer de se projeter et réfléchir plus loin dans le temps afin de poser les problématiques qui se posent actuellement et auxquelles nous devrons répondre dans le futur.

Prenons maintenant l’exemple du secteur alimentaire pour illustrer à quel point notre mode de vie risque d’être impacté par l’automatisation. Qu’est ce qui est nécessaire à la production de viande ?
Nous avons besoin:

  • d’espace
  • d’animaux
  • d’outils/machines
  • d’énergie
  • de nourriture
  • de ressources humaines
  • d’entrepôts
  • de transports

Mais, machines, outils, véhicules de transport et énergie peuvent être créés à l’aide d’autres machines. Le transport, la gestion du stockage et la cuisine pourront aussi être automatisés dans le futur.
Finalement, les problèmes de l’espace, des animaux et des ressources humaines subsistent. Nous avons déjà commencé à explorer certaines pistes comme solutions? Par exemple, la création de viande dans des laboratoires est déjà en expérimentation aujourd’hui.

En prenant du recul, on se rend compte que l’automatisation va impacter non seulement les emplois mais aussi la matière première.
Notre société de consommation va naturellement être modifiée. Mais à quoi va-t-elle ressembler ?

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Source : heflo.com

Si nous reprenons les points précédents, on se rend compte qu’il serait possible que nous devenions uniquement consommateur et non plus des producteurs. Il faut donc réfléchir à un moyen de répartir les ressources produites par les systèmes automatisés.
Un système de jetons pourrait être mis en place, où chacun recevrait tous les jours ou tous les mois un certain nombre de jetons que nous pourrions dépenser dans des activités ou des achats.
Malheureusement, il est fort probable que cela engendre une hyperinflation et il serait donc compliqué d’ajuster la production sur la demande si tous les consommateurs sont intéressés par un même produit en particulier.
Là encore, si nous nous inspirons de ce que nous pouvons déjà voir de nos jours, une autre solution à mettre en place serait de proposer un système d’abonnement, si bien sûr l’industrie le permet, en ayant un coût marginal inexistant.
Nous remarquons que beaucoup de questions se posent et que nous avons déjà des pistes pour certaines réponses, mais ces solutions sont-elles pérennes ?

Nous spéculons beaucoup, mais il reste une question d’une grande importance : quand est-ce que cette époque de l’automatisation arrivera ? Certaines personnes pensent que cela commencera dans 20 ans, d’autres dans 100 ans. Dans tous les cas, l’évolution qui propulsera ce changement sera liée à l’IA.

Contrairement à la première conférence de cet article, cette question nous ramène un peu à ce que nous pouvons voir dans la science fiction.

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Source : 20th Century Fox

Pour répondre à la question, nous avons besoin de connaitre la recette d’une “Super IA”:

  • des algorithmes de qualités. Nous pouvons nous rendre compte qu’il existe déjà à notre époque des IA très évoluées !
  • des données en grande quantités : Cela parait plutôt évident, mais l’évolution de la technologie étant exponentielle, nous générons tous chaque jour un grand nombre de données en utilisant nos smartphones, nos ordinateurs, etc…
  • une grande vitesse et capacité de traitement : Nous cherchons constamment à créer de nouvelles machines, de nouveaux logiciels, qui auront comme objectifs d’être toujours plus optimisés et plus rapides.

Nous pouvons remarquer que nous possédons déjà les “ingrédients” nécessaires à la création d’une “Super IA”.

On ne peut pas prédire exactement quand est-ce que ce genre d’IA fera son apparition mais une chose que nous pouvons affirmer est que l’évolution sera exponentielle et qu’il faut donc que l’on soit préparé à cette nouvelle époque.

Il est important que nous nous posions les bonnes questions dès aujourd’hui, dans le but d’aligner nos développements sur nos besoins actuels et futurs afin de répondre aux problématiques qui se présenteront à nous dans l’avenir.

Notre retour sur ce sujet

Cette conférence était vraiment très intéressante et amène à se poser beaucoup de questions. Comme l’a dit notre intervenant, tout ceci est à prendre avec du recul, ce sont beaucoup de spéculations. On se rend cependant compte qu’en tant que développeur particulièrement, notre travail pourrait réellement avoir un impact sur la société et qu’il est nécessaire que nous nous posions les bonnes questions dès maintenant afin d’être parés pour le futur.

La nouvelle ère industrielle forgée sur l’exploitation des données va forcément remodeler les modèles que nous connaissons et c’est pourquoi il est capital de ne pas considérer trop tard les problèmes soulevés par les automatisations. Est-ce que des emplois seront remplacés par des IA ? Comme évoqué dans l’article précédent, ce n’est pas dans cet objectif que l’IA va s’installer dans les emplois mais bien d’apporter une « augmentation » à l’humain. L’apport humain reste primordial pour contrôler et ajuster les modèles d’IA.
Pour ce qui est de la question d’une « Super IA », nous resterons prudents en disant qu’elle pourrait voir le jour mais dans assez longtemps et que son arrivée se ferait de manière plus subtile qu’évoqué. Enfin, et surtout, dans un objectif de recherche avant tout. Même si on voit déjà apparaître des robots très réalistes capables de remplacer des journalistes télévisés, ces robots ne sont assignés qu’à cette tâche et ne sont pas capables de réagir « intelligemment » en dehors de ce contexte.

Ethics in tech

Avec comme intervenants : Marie Crappe, Ivo Betke, Camille Morvan, Jocelyn Kerbourc’h, Sacha Alanoca, Vincent Perrin

Revenons maintenant sur un sujet d’actualité mais qui est lié de près avec le sujet des deux derniers articles. L’éthique dans le monde de la tech.

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Source : techcrunch.com

Il n’est pas évident de se rendre compte de l’impact que pourraient avoir nos créations bien que nos intentions puissent être bonnes. L’IA est un bon exemple car elle est impliquée dans de plus en plus de projets, et les règles que nous lui imposons sont mises en place par l’humain.

Il faut que nos règles soient bien définies et les données correctement traitées par des experts aguerris, IA et métier, pour éviter dérives et considération de données biaisées ou de mauvaises qualités. L’éthique doit donc prendre une place primordiale dans le cœur de nos réflexions.

Il est essentiel de connaitre l‘état d’esprit de nos collaborateurs et de nos clients.
Il faut essayer d’apporter de la diversité dans nos équipes afin de confronter nos différents points de vue et travailler efficacement tous ensemble.

C’était d’ailleurs le sujet d’une autre conférence : la diversité dans les entreprises. Dans le cadre de projets imposants, il est notamment essentiel de composer une équipe comprenant des personnes de différents horizons, qui ont des points de vue différents car cela apportera des confrontations d’idéologies constructives et le projet n’en ressortira que plus solide.

Quand un client qui ne vient pas du monde de la tech passe commande pour un produit, le but à atteindre n’est souvent pas suffisamment précis et c’est pour cela qu’il faut laisser la possibilité aux équipes techniques de se poser des questions sur ce qu’ils sont en train de faire car ils ont la possibilité d’apporter un point de vue nouveau sur le produit désiré. Nous revenons toujours à cette même notion : réfléchir à l’impact de nos créations sur le monde et sur ses utilisateurs.

Notre retour sur ce sujet

L’éthique dans la tech est un sujet qui dérive facilement uniquement sur l’Intelligence Artificielle et les inquiétudes que ce sujet soulève auprès du grand public. Principalement, la gestion des données ainsi que leur utilisation doivent être complètement transparentes pour obtenir l’adhésion et la confiance des utilisateurs. Les législations et états jouent alors un rôle capital dans cette gestion.

On voit aujourd’hui de plus en plus de plateformes OpenData voir le jour, permettant alors aux universités, industries et scientifiques d’analyser et traiter des données fournies par des communes, des entreprises de transports, des centres de santé (anonymisation préalable). L’objectif étant de permettre des avancées conséquentes dans le traitement de la donnée. Par des personnes de disciplines et compétences potentiellement similaires mais des points-de-vue et idées qui leurs sont propres, on verra rapidement émerger des applications qui répondront à des besoins réels.
L’interdisciplinarité au sein des entreprises prend alors tout son sens : des avis d’horizons différents permettent une intelligence collective et constructive.

Conclusion

Le DevBreak19 nous a permis de rencontrer de nombreux acteurs du monde de la tech’ et d‘ouvrir nos esprits sur de nouveaux domaines que nous ne pensions pas compatibles avec les nouvelles technologies d’aujourd’hui et de demain.

Nous remercions Talent.io et ses sponsors pour l’organisation de l’évènement ainsi que pour l’accueil chaleureux ! Nous remercions tout particulièrement Mélanie pour sa bonne humeur et pour les interviews qui nous permettent de frimer avec ces photos !

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A l’année prochaine !

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