Le Parti de s’en foutre

À l’approche des présidentielles, nombre de candidats plus ou moins prometteurs fleurissent dans les champs français ; à tel point que la plupart sont totalement éclipsés par les traditionnels fleurons de ce que la politique française a fait de plus beau. Parmi ces malheureux candidats laissés à l’oubli médiatique, Gaston Dupont, 32 ans, citoyen lambda se lance dans la course aux 500 signatures, la peur au ventre mais le courage au cœur.
Ultrazuth a choisi de rencontrer M. Dupont, lors d’un entretien exclusif. Récit.

Bonjour Gaston. Personne ne vous connaît et globalement il y a peu de chances que cela change. Vous proposez pourtant un projet politique innovant, pouvez-vous nous en dire plus ?

J’ai créé en 2015 « Le Parti de s’en foutre » dont je suis le président et unique membre. Mon parti propose en effet une nouvelle manière de faire la politique : ne rien faire tout simplement, ne rien dire et surtout ne rien penser. Les Français sont lassés de voir les choses faites de travers, à défaut de savoir comment faire les choses bien, je propose de ne rien faire et de voir comment ça se passe.

Donc si vous étiez président vous choisiriez de ne rien faire du tout ?

Tout à fait. Je proposerai aux français de suivre mon exemple et de cesser immédiatement toute activité, je ne veux pas être injuste en me tournant les pouces grâce à mes électeurs et ne pas leur permettre de faire la même chose. Les Français peuvent me faire confiance, je n’ai pas de programme, il y a donc peu de chances que je ne le respecte pas.
J’ai conscience que cela sera sans doute un peu chaotique au départ, mais je ne suis pas persuadé non plus que beaucoup de gens sentent la différence, en tout cas au début.

Votre non-programme semble toutefois avoir ses limites : est-ce réellement tenable sur 5 ans ?

Je ne crois pas qu’aucun programme politique ait tenu 5 ans, mais si vous avez des exemples je suis preneur. En tout cas, effectivement, mon programme est simplement un point de départ. Un bon bordel en début de mandat permettrait sans doute de construire, contraint et forcé, quelque chose de nouveau, puisque visiblement ce n’est pas en étant libre de le faire qu’on le fait pour autant. La première étape est d’abord de mettre la France en vacances pendant une quinzaine de jours, moins si cela s’avère trop catastrophique. Ensuite, nous verrons au cas par cas, probablement par commune, comment relancer au mieux l’activité en France.

Vous n’avez ni dispositif de communication, ni soutien politique. Pensez-vous vraiment qu’il soit possible pour vous de vous présenter officiellement aux élections présidentielles ?

Comme le nom de mon parti l’indique, globalement je n’en ai rien à foutre. Comme l’a dit quelqu’un de sûrement très intelligent « ils ne savaient pas que c’était impossible alors ils l’ont fait ». Rappelons aussi que « impossible n’est pas gaulois », en l’occurrence je ne tiens pas à m’encombrer de la faisabilité de ma candidature. Je tente le coup et on verra bien ce qui se passera. Il y a bien quelques élus qui n’en ont rien à foutre non plus et qui appuieront ma candidature dans cette perspective.

Merci pour le temps que vous nous avez accordé.

De rien, quand on en a rien à foutre on a souvent rien à faire.

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