Manif pour trousse

Un événement d’une rare violence (verbale) a éclaté avant hier dans une petite ville d’île de France, sous l’indifférence complète insolente des grands médias préférant se concentrer sur des vacuités vendeuses que sur les vrais problèmes qui occupent ses lecteurs frustrés. Qu’est ce que la guerre, la crise, l’insalubrité et la misère grandissante face à cette revendication urgente ?
Ultrazuth a décidé, puisqu’il fallait bien que quelqu’un prenne son courage à deux mains, de prêter oreille et voix à ces grands oubliés.

Il était 13h sur le parking de la mairie. Une brise fraîche caressait mon visage d’une douceur incomparable grâce à la nouvelle crème NiveaTM et le soleil jouait avec les reflets de mes cheveux soyeux encore tous imprégnés de l’après shampoing GarnierTM. Mais passons. Devant moi, une foule. Des cris. De la violence. Une envie ici de plagier Germinal par flemme de vous décrire le formidable mouvement qui enflammait les joues de ces courageux militants.
Courage Claritz.
Des militants donc, 1000 selon leur porte parole, 10 avec des amplis et des samples de cris enregistrés selon la police. Et des slogans… Vindicatifs. A ma gauche : “le changement c’est de la merde. Français, encrez la France dans ses valeurs.” A ma droite : “Déclarons la mort aux trousses !”

Voilà le véritable objet de la manif pour trousse, selon son porte parole avec qui j’ai réussi a m’entretenir.
Aujourd’hui, dit il, les Français sont perdus. Cette foutue mode de vouloir l’égalité à tout prix les entraîne dans un tourbillon annihilant. Plus de repères, plus de valeurs, les vrais français n’arrivent plus à se situer. Et cela commence par les trousses et cette terrifiante modernisation des stylographes. Comment, en effet, expliquer un stylo bic 4 couleurs à son enfant ? Un stylo est bleu, rouge, vert ou noir, mais un tel métissage, un tel flottement sur ses origines et orientation, c’est la fin. Nul enfant, qui grandit et est déjà confronté à d’autres violences dans le monde, ne devrait avoir affaire à un tel galimatias le poussera sans nul doute à douter de tout et à devenir un véritable arc en ciel… Foutaises ! Et dire que tout cela commence dans les trousses. Car que sont les trousses si ce n’est des horribles objets informes, indécis, indéfinissables, qui accueillent en leur nid toutes espèces les plus diverses, les mélangent et les fait cohabiter sans aucune différence. C’est dans la trousse que le stylo Parker se voit forcé de cohabiter avec un misérable résidu de gomme qui va de CDI en CDI sans être foutu de se trouver une vraie situation…
Alors chers amis, arrêtons ce carnage. Nous avons certes échappé au 12 décembre, mais ce n’est que partie remise si nous n’intervenons pas à temps. Contre la peur, terrassons la trousse. Vous vous sentirez légers comme une plume… Redevenons légers comme des plumes.

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