Les “petits nouveaux” de l’Assemblée nationale

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Nettoyage de printemps. Le grand “dégagisme” de la présidentielle s’est confirmé lors des deux tours des législatives avec une très large victoire des candidats de La République En Marche et d’amères résultats pour les partis traditionnels.

Le PS s’est historiquement rétamé. Les Républicains ont tout juste sauvé les meubles. Au total, autour de 75% des sièges de l’hémicycle ont été renouvelés. Sur les quelque 350 macronistes à avoir décroché leur sésame pour siéger à l’Assemblée nationale, seule une petite trentaine a déjà exercé en tant que député. Les autres sont surtout des inconnus de la République issus de la société civile. Mais les “petits nouveaux” de la majorité parlementaire ne sont pas les seuls à avoir fait leur rentrée des classes lundi. D’autres politiques ou militants, plus rompu à l’exercice médiatique, viennent renforcer les rangs de l’opposition et font leur première entrée au Palais Bourbon.

François Ruffin (La France insoumise) — l’anti-patron

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Le journaliste, réalisateur du documentaire Merci patron !, qui a étrillé l’empire de Bernard Arnault, s’est notamment fait entendre lors de conflits sociaux tels que celui de l’usine Whirlpool. Sous l’étendard de La France insoumise, il a remporté la 1ère circonscription de la Somme avec 55,97% des voix contre 44,03% pour Nicolas Dumont, candidat LREM. “Le peuple à l’Assemblée”, s’est exprimé François Ruffin sur twitter au soir de sa victoire. Depuis, il a décidé de caler son salaire de député sur le montant du SMIC.

Michel Castellani, Jean-Félix Acquaviva, Paul-André Colombina (Parti nationaliste corse) — les indépendantistes

Michel Castellani (à gauche) avec les nationalistes Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni — PASCAL POCHARD-CASABIANCA/AFP/Getty Images

C’est une première ! Ces trois membres du mouvement “Pè a Corsica” sont les tous premiers nationalistes de l’île de beauté à entrer au Palais Bourbon. Ils se sont ainsi adjugé les deux circonscriptions de la Haute-Corse et la 2e circonscription de Corse-du-Sud où Paul-André Colombani a chipé son siège au député LR sortant Camille de Rocca Serra.

Marine Le Pen (Front national)

Marine Le Pen SEBASTIEN BOZON/AFP/Getty Images

Voilà un visage que vous connaissez bien, mais qui n’en est pas moins nouveau à l’Assemblée nationale. L’ex-candidate à l’élection présidentielle, battue au second tour par Emmanuel Macron, est parvenue à se faire élire à Hénin-Beaumont, fief frontiste.

Emmanuelle Ménard (Front national) — la journaliste

Emmanuelle Ménard SYLVAIN THOMAS/AFP/Getty Images

C’est la deuxième femme forte de l’extrême droite. La 6e circonscription de l’Hérault a décidé d’offrir son vote à Emmanuelle Ménard pour ses premiers pas en politique. Mais cette élue Front national n’est pourtant pas tout à fait étrangère au fait politique. En effet, son mari n’est autre que Robert Ménard, fondateur de Reporters sans frontières et controversé maire de Béziers.

Boris Vallaud (Parti socialiste) — le haut fonctionnaire

Boris Vallaud (à droite) accompagné de l’ancien maire de Quimper Bernard Poignant MARTIN BUREAU/AFP/Getty Images

Alors que l’ancienne ministre de l’Éducation Najat Vallaud-Belkacem, sa femme, a été battue dans le Rhône, Boris Vallaud est l’un des rescapés socialistes. Il s’est fait élire dans la 3e circonscription des Landes avec 50,75% des suffrages face au candidat La République En Marche Jean-Pierre Steiner. À 41 ans, il s’agit de la première élection de cet ancien conseiller à l’Élysée.

Cédric Vilain (LREM) — le mathématicien

Cédric Villani JOEL SAGET/AFP/Getty Images

Voilà un visage qui devrait se remarquer sur le velours rouge du Palais Bourbon. Coupe au carré noire, lavallière, broche araignée. Ce député atypique s’est engagé en faveur d’Emmanuel Macron dès la campagne présidentielle du fait de sa posture pro-européenne. Un bon calcul, puisqu’il s’est imposé dans l’Essonne face à la républicaine Laure Darcos avec 69,36% des suffrages. Vraie tronche, Cédric Villani est lauréat de la médaille Fields, l’équivalent du Nobel pour les mathématiciens.

Ludovic Pajot (FN) — le benjamin

Ludovic Pajot (2e en partant de la gauche), entouré de Louis Aliot, Gilbert Collard et Marine Le Pen REUTERS/Charles Platiau

Déferlante de jeunes sur le Palais-Bourbon. La moyenne d’âge est passée de 54 ans à 49 ans de 2017 à maintenant. Et 28 députés élus sont encore dans leur vingtaine (contre 2 seulement en 2012). Le plus jeune d’entre eux est Ludovic Pajot, député frontière de la 10e circonscription du Pas-de-Calais qui, à tout juste 23 ans, s’est fait remarquer pour ses prises de positions drastiques anti-réfugiés.

Typhanie Degois (LREM) — l’étudiante

Typhanie Degois capture d’écran — reportage France Télévisions

Récemment diplômée en droit des affaires, elle a repoussé son inscription à l’examen du barreau pour être, à 24 ans, la plus jeune députée de l’Assemblée. Cette candidate LREM a été élue en Savoie, sortant Dominique Dord (LR), député depuis 1997.

Jean-Luc Mélenchon et Alexis Corbière (La France insoumise) — les insoumis

Jean-Luc Mélenchon (devant) et Alexis Corbière (derrière lui à droite) REUTERS/Charles Platiau

Ils sont parmi les non-anonymes qui débutent leur mandat de député. Le leader de la France insoumise et son porte-parole, Alexis Corbière, font leur entrer à l’Assemblée nationale. Ils seront, avec François Ruffin, des figures fortes de l’opposition de la France insoumise.

Jean-Michel Fauvergue (LREM)— l’ancien patron du Raid

Jean-Michel Fauvergue THOMAS SAMSON/AFP/Getty Images

Cet ancien directeur du Raid, unité d’élite de la Police française, figurait parmi les soutiens du président lors de la campagne présidentielle. Issu de la société civile, Jean-Michel Fauvergue a été élu sous la bannière La République En Marche dans la 8e circonscription de Seine-et-Marne avec 67% des suffrages.

Manon Laplace

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