Conférence sociale du 10 mai 2030.

En 2030, l’horizon se dégage, la fin des restructurations des métiers de service a été effectué, l’économie française est dans une situation paradoxale : elle n’a jamais produit autant de richesse, il n’y a jamais eu autant de chômeurs.
Et pour arriver à cette situation, plusieurs étapes ont été nécessaires.
La première, la plus importante est la révolution des usages. Un mouvement de fond débuté 20 ans plus tôt. La mise à disposition de nouvelles façons de travailler en réseau à impacter en profondeur le sens donné au travail. Les personnes ont pris conscience de leur pouvoir à organiser leur vie non plus en monnayant leur temps mais en se faisant rémunérer leurs contributions sur les services collaboratifs en ligne et les actions de proximité avec les coopératives locales.
La seconde étape a été l’arrivée massive des robots et des objets connectés. Ils ont pris pas moins de 40% des tâches accomplies auparavant par un être humain. Les entreprises et les services publics ont dû revoir de fonds en comble leur modèle économique. Le temps de travail n’était plus l’unité d’œuvre adapté à ce changement de modèle de société.
Les Etats les plus précurseurs ont lancé à grande échelle, le revenu de base universel pour éviter un cataclysme social. Les entreprises ont organisé leur production en s’appuyant sur l’utilisation des compétences partagées et leurs mises en relation dynamique en fonction des besoins exprimés par les clients.
La troisième étape s’est appuyée sur la richesse des algorithmes mis en œuvre dans les projets Big Data architecturés sur des structures de blockchains dédiées.
Tous ces éléments ont permis de rémunérer chaque individu pour le travail qu’il souhaitait effectuer. Chacun étant désormais libre de choisir son niveau de vie au regard des contributions auxquelles il souhaite participer.
L’INSEE met en œuvre une nouvelle mesure du PNB, intégrant les facteurs non monétaires de richesses : le produit National Brut de la France a ainsi plus que doublé pour la France entre 2015 et 2030.
En même temps, le taux de sans emploi de catégorie B, c’est-à-dire de personnes n’ayant pas de travail régulier est passé à un niveau de 66% de la population active. Certaines personnes sont encore titulaires d’un emploi classique, dans de grandes entreprises ou des administrations, mais la majorité des actifs sont des auto contributeurs à la richesse nationale sans que cela fasse l’objet d’une rémunération, ni d’un décompte de temps passé.
La conférence sociale a cessé de lier la protection sociale, le versement d’un revenu à l’exercice d’un emploi ou à l’exercice d’un emploi en créant la caisse des auto contributeurs inspiré en partie par le statut d’intermittent du spectacle longtemps décrié.
L’obtention de ce revenu universel est liée à deux conditions :
- Le niveau de participation des auto contributeurs au développement de la richesse, mesuré par le niveau d’interaction dans les réseaux sociaux et dans des dispositifs d’intelligence collective, mesuré par un nombre de cachets…
- Le niveau de compétence et d’ouverture constitutifs de la Ressource Humaine.
La conférence sociale, après un processus de consultation élaboré, a retenu les éléments suivants pour évaluer les compétences des auto contributeurs en s’inspirant de Michael Gelb et de Léonard de Vinci :
- La curiosité
- L’expérimentation, y compris de ses erreurs
- Le raffinement continu des sens
- La capacité à gérer le paradoxe, les situations ambiguës
- L’équilibre entre la science et l’art
- La recherche de la forme physique et de l’élégance
- La capacité à faire des connexions.

Toutes les actions menées par les autocontributeurs visant à améliorer le niveau individuel ou collectif de Ressource Humaine sont également valorisées.
L’économie des usages a permis de libérer l’être humain du concept de propriété pour les besoins matériels (habitation, mobilité, communication). Le grand défi aujourd’hui est double :
- Organiser l’appropriation des connaissances et compétences utiles à la communauté.
- Modérer le prix des contributions qui pour certaines ont été prises en otage par les bookmakers spécialisés
Et vous, comment imaginez-vous votre vie professionnelle en 2030 ?

les auteurs
Cet article est la réflexion prospective des 2 consultants. Leur vision respective est basée sur les travaux qu’ils mènent sur le changement de modèle, induit par les évolutions technologiques et sociologiques, que nous sommes en train de vivre depuis quelques années.
François Chauvin, 51 ans a eu un parcours professionnel partagé entre Responsabilités Ressources Humaines et Opérationnelle dans l’industrie et la Construction. Il a développé une bonne connaissance des métiers du métiers du BTP et de l’Ingénierie, aussi bien en tant que DRH d’une filiale locale d’un major que comme Développeur de projet immobilier au sein d’une entité de montage d’opération. En tant que consultant, il se concentre sur des actions permettant de développer de nouvelles formes de travail.
Pascal Bernardon, depuis 2005, accompagne les organisations à prendre conscience des impacts induits par les évolutions apportées par les nouveaux usages numériques.
Il agit en véritable metteur en scène en m’appuyant sur la culture des managers et des collaborateurs des organisations pour les aider à concevoir des services efficaces répondant aux besoins évolutifs de leurs clients.
Que ce soit pour des grands groupes industriels (ARCELOR, SNCF, FMGC, TOTAL,..) de grands groupes bancaires (Banque du Canada, BNP, Société Générale,..), le monde de la presse (Wolters Kluwer) ou un opérateur tunisien comme TUNISIANA, son challenge est de participer à une aventure humaine où l’approche collaborative favorise la réussite des projets.
Son expertise sur les réseaux sociaux et la compréhension des enjeux qui en découlent permettent de proposer des stratégies de communication digitale adaptées aux tribus vers lesquelles il faut communiquer.
Crédit Image : MIKIANE