Via Alpina — Première partie

De Weisstannen à Grindelwald — été 2016

29 juillet 2016: départ pour Weisstannen

Weisstannen est un petit village se trouvant dans le canton de Saint-Gall. Pour s’y rendre, il faut aller à Zurich, changer de train direction Sargans, puis prendre successivement deux bus.

Le voyage se passe très bien, sauf un petit imprévu auquel je n’avais pas pensé. Pour avoir une place assise dans le train menant de Zurich à Sargans, il faut réserver sa place, ce que je n’avais pas fait puisque je bénéficie pendant un mois d’un abonnement général. Il s’agit d’un train Railjet qui se dirige vers Innsbrück…

Je ne voulais pas perdre trop de temps et suis donc monté en restant assis vers les portes où se trouvait également une charmante Indienne tout aussi empruntée que moi, mais clairement plus irritée. D’après ce qu’elle me raconte les guichets sont peu efficaces, elle n’a pas de billet et traque l’arrivée du contrôleur pour en acheter un.

Arrivée à l’hôtel sans anicroche. Accueil que je qualifierai de plutôt froid, mais correct, je ne dormirai quasiment pas de la nuit.

30 juillet 2016: étape de Weisstannen à Elm

J’ai hâte de commencer et de me confronter enfin à ce parcours. J’ai avec moi un mini pic-nic constitué de restes de Genève, il faut dire que Weisstannen est un tout petit village dans lequel je ne me suis arrêté que pour dormir. C’est une erreur de ne pas avoir prévu un vrai repas. Dès 8h, l’hôtelier me conduit vers le départ de la Via Alpina, c’est un deal prévu avec le tour opérateur SwissTrail.

Je commence donc relativement tôt, suis seul tout le long de la montée vers le Foo Pass. C’est une montée exigeante, longue d’environ 3h (depuis Untersäss) avec un fort dénivelé.

Vers 11h30, j’arrive au sommet où je rencontre un papy qui fait le col en sens inverse. Nous discutons pendant un lunch improvisé, il est du coin, trek et bivouac depuis Brigels depuis plusieurs jours. A côté, je me sens un peu bête avec mon coursier qui se charge du transfert de mes bagages… Tout en mangeant, il guette les marmottes, nous n’en verrons pas mais je serai plus chanceux les jours suivants.

Il me quitte peu après, je fais une petite sieste au soleil pour récupérer de la montée qui m’a un peu marqué.

La descente sur Elm se déroule bien mais me casse les jambes et m’éprouve physiquement. Arrivé à destination, je suis agréablement surpris par l’hôtel même si la chambre est toute petite.

Elm est le village natal (ce que j’ignorais) de Vreni Schneider, championne de ski quand j’étais enfant. Dès mon arrivée, je me focalise sur la récupération, je n’avais pas pris suffisamment de nourriture et je sens que ça va être difficile le lendemain avec déjà, une belle cloque au talon droit que je perce pour la neutraliser au plus vite.

31 juillet 2016: étape d’Elm à Braunwald

A nouveau, je ne dors pas de la nuit, mais pire, je sens que je suis en train d’attraper un rhume. Mon genou droit me fait mal, je fais grise mine car je me vois mal enchaîner une étape similaire à la veille dans ces conditions. Pour ne rien aider, il a plu la nuit et le temps est très menaçant. Que faire? Partir ou renoncer?

L’hôtelière est adorable et me conseille. En altitude, le temps peut être très changeant. Je décide donc de ne pas tenter le diable et me reporte sur un autre parcours la Friedliweg (en plaine). Le fait est que marcher sous la pluie pendant plusieurs heures n’est pas agréable, mais surtout peut être dangereux car le terrain devient glissant.

J’arrive en fin d’après-midi à Braunwald dans un état comateux. Le parcours était plat, mais j’ai des poussées de fièvre qui ne me rassure pas et lamine mon moral. Le soir, je mange une soupe et au lit.

L’hôtel est vraiment très charmant (Alexander Toediblick), un chalet dans lequel je dormirai comme un bébé.

1er août 2016: étape de Braunwald à Urner Boden

Je me lève content parce que je sens que je vais beaucoup mieux. Plus de fièvre et plus de mal de genou. Seul point noir: il pleut. Je ferai quand même le parcours entre Braunwald et Urner Boden qui s’avère assez facile malgré les conditions atmosphériques.

L’hôtel n’est pas exceptionnel, mais l’accueil est chaleureux.

2 août 2016: étape d’Urner Boden à Attinghausen

Longue étape mais qui comporte l’avantage de pouvoir prendre le bus à plusieurs endroits du parcours ce qui permet d’ajuster sa randonnée à son envie. A titre personnel, je ne trouve pas que l’étape soit d’un intérêt particulier, celles qui suivent le seront beaucoup plus!

Super hôtel: Krone Hôtel

3 août 2016: étape d’Atthinghausen à Engelberg

Très belle étape, sans doute la plus belle de cette première partie de la Via Alpina. La montée sur le Surenenpass est très exigeante, surtout la fin où le dénivelé est très difficile à négocier. La vue au sommet est magnifique et la descente sur Engelberg plutôt agréable.

Je découvre Engelberg dont j’ignorais tout. C’est un village très touristique où se côtoient de nombreuses nationalités: Moyen Orient, Extrême Orient et Inde.

4 août 2016: étape d’Engelberg à Meiringen

A nouveau très belle étape, plus facile que la veille. Il n’y a pas de gros dénivelé si l’on prend les remontées mécaniques.

Au départ d’Engelberg, beaucoup de touristes et de locaux se pressent vers les télécabines. Démarrage difficile, car il y a une panne. Une queue se forme et les touristes qui n’ont pas l’habitude de prendre ce type de remontée mécanique ne remplissent pas les cabines ce qui provoque l’ire d’une Lucernoise. Elle prend la même cabine que moi avec son mari et trois Chinois. Nous discutons de tout et de rien, elle me demande ce que je viens visiter, lui explique ma démarche, tandis que le mari raconte aux Chinois qui viennent de Pékin qu’à certaines périodes il y a jusqu’à 600 vaches dans les prés avant de poursuivre et de nous révéler que la princesse thaï vit ici, à Engelberg, dans un hôtel, que ses gardes du corps doivent courir derrière quand elle skie….

Tous deux sont à la retraite et me souhaitent bonne chance dans mon entreprise.

Arrivé en haut, tout commence par la descente sur le lac Engstlensee qui m’a beaucoup fait penser à Lake Louise (Canada).

Le parcours se poursuit sur un chemin de crête avec un panorama imprenable sur les montages alentours.

Le chemin se termine sur Planplatte où on peut avoir une vue splendide au-dessus de Meiringen et au loin le lac de Brienz.

Le soir, il pleut ainsi que le lendemain.

5 août 2016: étape de Meiringen à Grindelwald

Il pleut comme vache qui pisse comme on dit ici. Je renonce à faire l’étape et fais le parcours en train, cela me permet de souffler et de récupérer des forces pour les prochains jours qui s’annoncent magnifiques.

Arrivé à Grindelwald, je fais mon check-in à l’hôtel (splendide 4*) avant de repartir immédiatement pour le Cliff Walk, une passerelle à flanc de falaise. Le brouillard épais ne me permet pas de profiter de la vue, mais l’expérience est grisante quoique trop courte à mon goût. A faire donc de préférence par temps dégagé, surtout pour le prix. Il faut en effet prendre un télécabine qui est loin d’être bon marché. Plutôt déçu donc.

De retour à l’hôtel, je me renseigne pour faire un détour par le Jungfraujoch le lendemain. Je l’avais fait étant petit et l’occasion est belle d’y retourner puisque je suis à deux pas. Le contact avec hôtelière passe bien, j’en profite donc pour discuter avec elle. Elle vient de Lucerne et m’explique qu’elle n’a jamais pu le faire. La montée (aller-retour) coûte 184.- pour un adulte. Elle rigole, car elle recommande souvent la montée aux touristes mais n’y est jamais allée elle-même à cause du prix.

Je l’ai déjà senti auparavant, mais c’est particulièrement marquant ici à Grindelwald, le tourisme en Suisse est hors de prix.

Bref, pour me décider, elle me recommande de regarder demain matin la livecam pour voir si le temps est au rendez-vous.

SUITE: prochainement


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