Au début du hasard

Déjà en France, je me passionnais pour la culture amérindienne. Sans excessivité aucune, je feuilletais le livre de Mc Luhan et Curtis, Pieds nus sur la terre sacrée, (1971). Au fil des pages, je découvrais ces visages sacrifiés et une culture désormais disparue sous les effets pervers de la colonisation. L’histoire des autochtones m’émeut et m’attriste à la fois. Comment un peuple à la philosophie de vie si noble et si juste a-t-il pu être dénigré à ce point ? Bien qu’utopique, j’en suis consciente, leurs valeurs m’apparaissent comme étant la réponse aux maux de notre société. Respect de la nature, vie en communauté, justice humaine, humilité… qu’avons-nous fait de ce qu’ils avaient à nous apprendre ?

Un soir de Novembre 2014, ma soeur m’envoie un article paru dans le magazine français « Les Inrocks » intitulé « Canada : silence. On assassine les amérindiennes. » Choc. Au fur et à mesure de ma lecture, je m’enterrais sous un flot d’émotions qui m’envahissaient malgré moi. J’apprenais alors pour la première fois l’existence du féminicide autochtone au Canada. Entre 1980 et 2012, ce sont 1 181 femmes disparues ou assassinées. Basé sur le livre d’Emmanuelle Walter, l’article faisait référence à l’enquête qu’elle a mené sur la disparition de deux adolescentes amérindiennes : Maisy et Shannon. Au Noël qui suivi, ma sœur n’y manqua pas. Elle m’offrit le livre d’Emmanuelle « Sœurs volées, un féminicide autochtone au Québec ». Mais je n’en suis pas restée là. Traversée par la colère et par un sentiment d’impuissance farouche, c’est

pourtant l’ambition qui l’emporta : c’était décidé moi aussi, je serai journaliste. Un jour, c’est moi qui écrirai sur ces vies fauchées et sur ce peuple trop longtemps maltraité. Mais surtout, ces mots je les écrirai depuis le Canada, au cœur des terres sacrées amérindiennes.

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