Retour sur la Hack Night Digital Art

Ce que font 60 personnes en 12h

La première Hack Night Digital Art fut un succès grâce aux 60 participants qui sont venus bosser ensemble une soirée et une après midi. Nous revenons ici sur son déroulement et sur les productions.

Un peu de contexte

Nous cherchons a créer une communauté de citoyens qui soit en capacité de s’approprier la ville via la concrétisation d’oeuvres artistiques et interactives.

La Hack Night Digital Art eu lieu les vendredi 16 et samedi 17 octobre au Node, avec pour objectif de rassembler des gens avec des compétences différentes: des artistes, des codeurs, des architectes, des roboticiens, des communicants… ou juste des gens avec des idées et l’envie de les mettre en place.

Comment ça s’est passé

L’apéro de 19h à 20h30 à permis à tout le monde de faire connaissance, de former des groupes. Les participants venant de milieux hétérogènes, il y avait beaucoup de choses à se dire, une fois la glace rompue par quelques gorgées de bière.

Le buffet électronique où nous avions disposé tous les composants mis à disposition a permis de toucher et de discuter des possibilités offertes par les composants modernes.

Après un bref rappel de l’objectif de la soirée (créer des prototypes d’oeuvres d’art ou d’installations interactives dans Bordeaux), un certains nombre de participants ont pris le micro pour exposer leur idées.

Romain (par ailleurs animateur à Cap Sciences) eut un éclair de génie en proposant le clap game. Sur une facade d’immeuble métamorphosée en jeu vidéo par du mapping, pourquoi ne pas faire évoluer un bonhomme en utilisant les réactions du public, par exemple le bruit (ou le silence) qu’il génère.

C’est l’idée qui sera à la base du scream pong présenté dans la suite.

Sur un grand mur blanc, nous avons divisé les idées en briques technologiques à réaliser. L’avantage de cette méthode c’est qu’elle permet de mutualiser les efforts : si une équipe devient experte du mapping vidéo, elle peut rendre possibles tous les projets qui ont besoin de cette techno.

Après avoir décidé des briques les plus intéressantes, nous avons formé des groupes.

Le groupe mapping vidéo a testé plusieurs logiciels pour découper des vidéos et être capable de les afficher sur des parties d’une scène.

Ce qui a freiné le groupe a été la difficulté d’utiliser un flux externe (par exemple la sortie d’un capteur) pour animer les formes.

Un groupe s’est rassemblé pour essayer de faire de la captation sonore à partir de différentes sources (petits électriques, micro des ordinateurs, des kit main libres…). Ceci a beaucoup servi au scream pong.

Il y a eu comme ça de nombreux attroupements de personnes qui bossaient sur un morceau de projet. Il y a eu des succès, des échecs mais la quantité de travail abattue et de défrichage scientifique a été incroyable en si peu de temps.

Voyons maintenant les prototypes fonctionnels dont les démos ont eu lieu le samedi à 18h.

L’holomaton

Nous avions commencé à regarder ça de près mais Tim et Serge, avec leur équipe, l’on poussé loin.

Vous entrez dans une cabine de photomaton mais au lieu d’une photo, c’est un hologramme qui vous est offert. Le principe : on se filme sur fond vert, un logiciel détoure automatiquement et envoie le flux vidéo vers l’hologramme.

Le scream pong

Ayant provisoirement délaissé le mapping vidéo trop complexe pour le temps imparti, nous nous sommes concentrés sur un jeu très basique, le pong. Une balle rebondit entre les murs et chaque joueur doit placer correctement sa barre pour renvoyer la balle.

Ici, nous jouons tous ensemble contre une intelligence artificielle de l’ordinateur et c’est le volume sonore que nous générons par nos cris et nos rires qui fait monter notre barre pour intercepter la balle.

Quelques vidéos sont disponibles et si vous voulez tester avec votre ordinateur, voici une petite démo en ligne (seulement sur Chrome et Firefox).

Attention toutefois, le gameplay est encore assez rugueux et doit être travaillé. La jouabilité s’en ressent fortement… Ne venez pas vous plaindre si vous perdez 0–9 :p.

Mais cette version, ludique et agréablement stupide, ne doit pas étouffer toutes les variations qui ont été imaginées autour de cette idée. Voici quelque notes de Rafiaa, artiste plasticienne, qui faisait partie de l’équipe de scénaristes qui ont réfléchi au clap game :

La porte de la Grosse Cloche, cours Victor Hugo, semble être un lieu intéressant pour la réalisation du scénario : délimitant une grande rue, visible de loin, abordant une grande façade pour la projection et surtout, lieu de passage.
Un brainstorming s’est déroulé entre têtes pensantes ; gamers, plasticiens, médiateurs, designers et autres compétences. Entre différentes saynètes imaginées par les uns et les autres, il a été question de déterminer la nature du son qui provoquera les images projetées sur la façade la Grosse Cloche : un son produit par les passants, fruit d’une action (battements de mains, petit cri, rire, etc.) ou tout son provenant de l’environnement extérieur (klaxon de voiture, sirène, vrombissement d’une vespa, etc.).
Dans un premier temps, il est question de capturer le son de l’environnement extérieur, plus poétiquement parlant, pour se saisir visuellement du bruit de la ville. Celui-ci générera suivant le hasard des sons capturés un paysage se composant de volutes et de formes géométriques projetées sur la façade du monument.
Dans un deuxième temps, les passants pourront devenir acteurs de cette installation visuelle interactive et sonore en applaudissant, poussant des cris et autres sons. Leur action générerait un nouveau visuel, une sorte de boule qui grandirait ou rétrécirait en fonction du volume des applaudissements.

Le head note

Une autre démo particulièrement intéressante fut le head note (ou “paye ta note” en français). Imaginez un mur avec une portée de musique dessinée dessus. En vous mettant devant, vous émettez, à intervalle régulier, une note qui dépend de votre hauteur sur la portée.

David nous a fait une très belle démo où il s’est mis successivement sur la pointe des pieds, il s’est baissé et mis à genoux pour nous composer un petit gimmick. Imaginez ce que ça peut donner si plusieurs personnes s’alignent et font une chorégraphie.

Cela fonctionne avec les travaux du groupe analyse d’image. Leur programme détecte les silhouettes humaine et calcule la position de la tête pour avoir la tonalité. Chaque note est émise au passage de la ligne verte qui balaye la scène (ça marchera encore mieux avec une kinect !).

Ecris avec ton corps (projet)

Emmanuel a poussé une idée intéressante d’interaction avec la ville. Nous n’avons pas eu le temps de la prototyper mais son rendu vaut vraiment le détour.

L’idée est d’écrire des phrases en se déplaçant de mot en mot. De nouveaux mots sont suggérés à chaque pas et nous font changer de direction. La phrase ainsi crée pourrait être affichée sur un bâtiment.

Pour plus de détails, je vous conseille la lecture du document d’Emmanuel.

Parenthèse

Vous avez peut être remarqué cette petite bestiole posée sur la table du fond ? Il s’agit d’un des capteurs développé par Ants pour mesurer l’affluence de certains lieux publics. Ne vous inquiétez pas, ces capteurs respectent la vie privée.

Même si ce sont des données brutes, on voit l’évènement se remplir jusqu’à 20h, et à 22h tout le monde sort son ordi pour commencer à bosser (nous détectons les traces wifi). Nous étions une cinquantaine en moyenne le vendredi soir et une trentaine le samedi après midi .

Remerciements

Un grand merci à Eric Bouloumié pour les photos, à Philippe Weickmann et Mélie Good pour le community management et la communication.

Merci à tous les participants, on espère que vous vous êtes amusé, que vous avez appris des choses et que vous avez rencontré des personnes intéressantes.

La suite

Le hackathon est donc maintenant terminé, mais nous ne comptons pas nous arrêter là ! Le bouillonnement d’idées doit se poursuivre pour que les idées ne restent pas au stade de prototypes.

En avril 2016 se déroulera la Semaine Digitale, et nous souhaitons en profiter pour mettre en place un ou plusieurs des projets qui ont émergé à cette occasion.

Avril, c’est quand même bientôt, et il faut s’organiser pour rendre ça possible.

Pour tous ceux qui souhaitent s’impliquer dans la suite du projet, nous vous invitons à venir discuter des prochaines étapes le jeudi 5 novembre à 20h à l’Abreuvoir.

Nous avons créé un compte GitHub pour que tout le monde ait accès au code. N’hésitez pas à forker et contribuer !

A bientôt !

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