Parents, et si vous vous faisiez enfin confiance?

Pas de recette miracle en éducation, la solution c’est vous!

Pourquoi en tant que parents sommes-nous constamment en train de psychoter pour un oui ou pour un non à la moindre “difficulté” que nous rencontrons avec nos enfants?

Culpabilité quand tu nous tiens…

La tentation d’aller voir un professionnel de santé, d’éducation est très forte chez beaucoup d’entre-nous, même si parfois elle peut s’avérer indispensable. Les cabinets de psychomotriciens, psychologues, psychiatres, orthophonistes, de kinésithérapeutes, ostéopathes, et j’en passe ne désemplissent pas.

Si votre enfant s’ennuie à l’école, vous supputez immédiatement qu’il est un haut-potentiel, s’il est en difficulté à l’école, il va aussi rater sa vie, il ne pourra jamais rattraper son retard, s’il a de l’acné c’est qu’il est stressé, s’il aime être seul, ou qu’il n’aime pas trop parler, il est autiste, s’il aime être tout le temps en action, il est hyperactif. Quand votre enfant manque de confiance en lui, vous faites du contre-transfert: “j’étais comme ça aussi quand j’étais petit”.

Le contre-transfert “désigne le sentiment inconscient qu’éprouve l’analyste en réaction aux sentiments inconscients ressentis par l’analysé dans le travail d’analyse. Le contre-tranfert est un frein majeur au discernement de la réalité” (source Wikipédia). Le contre-tranfert peut être dangereux; en effet, le parent, s’il se laisse submerger par ses propres émotions, visions d’esprit, pourra difficilement être à l’écoute de son enfant.

Par conséquent, tout devient catastrophique, comme si nous condamnions nos enfants, alors-même qu’ils ont à peine commencé à naviguer dans la vie, la vraie vie, celle qui est jalonnée d’obstacles qu’il faut sans arrêt surmonter. Nos enfants ne sont pas encore construits d’un point de vue identitaire. Pas besoin de s’inquiéter, restons patients et persévérants.

Pourquoi? Car rien ne sert de cristalliser toutes nos attentes sur les professionnels, c’est à nous de faire les efforts d’écoute, de discernement pour surmonter notre rôle parental.

Le sentiment de compétence parentale est affecté par notre propre représentation de la parentalité à travers les réminiscences de notre enfance. Quand nous devenons parents nous essayons de ne pas reproduire les mêmes schémas éducatifs que nos parents. Il y a des souvenirs d’enfance qu’ont aimerait enterrer une bonne fois pour toute, d’autres refoulés, et d’autres qui nous sont encore agréables. Inutile de faire table rase de nos souvenirs d’enfance, ils sont là, avec nous, en nous, et, bon gré, mal gré ils influencent notre façon d’éduquer nos enfants ainsi que notre sentiment de compétence parentale.

Au fond ce n’est pas tant en nos enfants que nous ne croyons pas, mais en notre propre capacité à surmonter notre rôle parental.

Devenir parents, c’est entrer dans l’inconnu. En effet, au moment même où nous mettons au monde nos enfants, nous conscientisons que plus jamais rien ne sera comme avant, car nous sommes désormais responsables de la survie d’un tout petit être fragile, nous mesurons notre rôle, dans cette première étape de la vie de nos enfants. Nos enfants dépendent de nous. La situation est à la fois effrayante et en même temps si confortable, car cela nous confère en quelque sorte un sentiment de puissance.

Ayons confiance en notre propre manière d’éduquer nos enfants. Après tout, nous les aimons, nous sommes là pour eux, nous leur donnons de l’affection, nous ne les maltraitons pas, alors nous avons tout-à-fait le droit de nous sentir efficaces en tant que parents mais aussi d’être fiers de nos actions.

Le stress parental, un frein majeur à l’écoute de nos enfants et au discernement.

La science semble avoir démontré qu’il y a un lien entre le stress subi par les parents et le sentiment de compétence parentale. Le stress parental est multifactoriel: conflits conjugaux ou familiaux, monoparentalité, pauvreté, isolement, séparation, deuil, santé fragile des enfants, manque de temps consacré aux enfants etc.

Il y a quelques jours une amie me disait qu’il lui était indispensable de rencontrer des personnes ayant vécu les mêmes problèmes qu’elle, pour sortir de l’isolement, mais aussi évacuer son stress, recueillir différents points de vue, ressentis, et diverses manières d’avoir surmonter les épreuves permet de relativiser la “gravité de la situation” et de sortir de la personnalisation (ou auto-flagellation), le catastrophisme, distorsions cognitives pouvant être associées à l’anxiété et parfois à la dépression.

En faisant cela, mon amie renforce sa compétence parentale, car elle essaye de comprendre sa pratique éducative, en se repositionnant par rapport à son problème dans le but d’être un pilier solide pour son enfant et non un frein.

Aussi, pour réduire ce stress, l’implication des deux parents dans l’éducation des enfants reste à mon sens indispensable. Le père peut aider sa conjointe à nourrir une image positive, en lui faisant confiance, et inversement.

Le manque de confiance en soi ou d’estime de soi n’est pas héréditaire, nous ne pouvons pas transmettre cela à nos enfants. Mais il faut admettre, que si vous êtes sereins et assurés, cela va aider vos enfants à se sentir bien.

Stop la perfection, fini la culpabilité!

Qui n’a jamais essayé de se mettre dans la peau du parent idéal? Moi en tout cas j’ai essayé ça, et je peux vous dire que je n’ai pas tenu longtemps. Entre nos désirs de bien faire, on est très vite rattrapé par le principe de réalité.

Nos enfants ne sont pas des choses que l’on manipule : ce sont des individus à part entière, ils ont eux-aussi des désirs, des valeurs, des rêves, des idées.

Les enfants ont besoin de se construire avec des parents qui “jouent vrai”, qui ne se mettent pas dans la peau de quelqu’un qu’ils ne sont pas. Jouer les parents parfaits est donc dangereux et pas tenable dans la durée. Cela peut éventuellement mettre à mal votre relation avec votre enfant.

Comment reprendre confiance en tant que parents, alors?

  1. Prenez conscience de votre sentiment d’efficacité parentale: énumérez les domaines dans lesquels vous êtes à l’aise avec vos enfants en vous appuyant sur des exemples ou actions concrètes, et essayez de renforcer ces domaines de compétences.

2. Sortez du catastrophisme lorsque vous êtes confrontés à un problème avec votre enfant, et essayez de bien cerner la situation de blocage.

3. Balayez les problèmes semblables résolus dans le passé

4. Recueillez des points de vue auprès d’amis ou de la famille, prenez en note les solutions proposées qui vous semblent les plus efficaces et évaluer la pertinence de chaque solution par rapport au problème présent.

5. Identifiez la solution qui vous semble la plus récurrente dans votre esprit

6. Prenez une décision: appliquer la solution

7. Evaluez l’efficacité de votre solution

Conclusion

Vous pouvez être un excellent travailleur dans un domaine professionnel donné, ce qui vous permet de nourrir une bonne estime de soi. En revanche, ce n’est pas parce que vous êtes un bon médecin, plombier, architecte et que vous aurez une bonne estime de soi en tant que parent, vous pouvez donc tout-à-fait vous assigner une faible valeur en tant que parent.

L’estime de soi n’est pas constante, elle varie en fonction des domaines de compétences que vous pensez bien maitriser ou pas dans votre vie.

Quand vous avez une bonne opinion de vous-même, en tant qu’individu ou en tant que parent, vous êtes enclin à avoir une attitude plus optimiste et positive avec votre entourage. Les autres peuvent vous percevoir comme quelqu’un d’apaisé, constructif. Vous êtes “exemplaire”, et votre enfant saura détecter votre valeur.

N’oubliez pas, vous êtes la personne la mieux placée pour résoudre les problème d’éducation de votre enfant, car vous le connaissez bien. Faites confiance aussi à votre intuition, elle sera votre plus bel atout, agissez, tels que vous êtes, avec sérénité et confiance.

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