Tous artisans au 21ème siècle ?

… ou pourquoi la logique artisanale est en train de conquérir le monde du travail

Après avoir gagné Paris, la Maker Faire n’en finit pas de faire des petits, dans de nombreuses nouvelles villes. A la fois fête de la science et foire populaire, la Maker Faire réunit des passionnés de technologies, des artisans, des industriels, des amateurs, des ingénieurs et des artistes. Cette communauté de makers se rassemble autour de la culture du “Do It Yourself… Together”, qui a été importée en France notamment par Bertier Luyt, un passionné d’impression 3D, persuadé que le prototypage instantané transforme profondément la logique industrielle d’hier. A Paris, plus de 65 000 visiteurs sont venus prouver cette année que la culture des makers avait fait des émules un peu partout.

Le succès du mouvement des makers révèle des nouvelles aspirations qui touchent toutes les classes de travailleurs et promet de bouleverser profondément le management traditionnel. Il ne s’agit pas d’une utopie qui ne concernerait que quelques passionnés isolés. Il s’agit plutôt d’un changement paradigmatique, au terme duquel la logique artisanale dominerait à nouveau notre vision du monde du travail. Il y a quelques temps, un bel article du magazine Management Post-Moderne faisait “l’auscultation d’une logique artisanale” et parlait des “leviers de motivation en pleine mutation”. En quoi cette logique artisanale est-elle liée à la notion de motivation ? Et en quoi est-elle compatible avec la transformation numérique ?


Un changement de paradigme fait renaître la logique artisanale

L’entreprise moderne fonctionne selon une logique industrielle : la production et la consommation de masse reposent sur l’optimisation des process pour réaliser des économies d’échelle. La standardisation de la production, élément central pour la production de masse, a permis la baisse des prix des biens de consommation courante. Une communication de masse (top down) a permis d’informer et de convertir les consommateurs à cette nouvelle consommation. Emportées par cette nouvelle manière de produire et de consommer, les classes moyennes ont pu, à partir des Trente glorieuses, s’équiper massivement et goûter au confort moderne. Pendant des décennies, la production et la consommation de masse ont eu des effets vertueux de création et de redistribution des richesses.

Mais cette période touche à sa fin. L’entreprise post-moderne pourrait bien revenir à une logique artisanale, qui repose sur le sur-mesure et la personnalisation. Cette logique n’avait pas complètement disparu pendant la période de gloire de la logique industrielle, puisqu’elle caractérisait une partie des entreprises du luxe, qui, notamment en France, ont su faire vivre un artisanat de qualité réservé à une niche de fortunés (surtout étrangers). Aujourd’hui, la révolution numérique a étendu la logique artisanale bien au-delà du secteur du luxe. Les données et les algorithmes ont habitué les utilisateurs des applications numériques à un service et des produits personnalisés et adaptés à leurs besoins. (Les recommandations d’Amazon ont habitué les utilisateurs à faire des algorithmes les alliés d’une information ciblée.)

La spécialisation des produits, avec une valeur d’usage la plus élevée possible et une consommation plus localisée, séduisent de plus en plus les consommateurs urbains du 21ème siècle. La communication passe davantage par le bouche-à-oreille et le peer-to-peer ; la publicité de masse se transforme. Les start-ups se proposent de généraliser la logique de l’univers du luxe en offrant le plus haut niveau de qualité à un nombre toujours plus grand d’utilisateurs. Personnalisation et plus haut niveau de qualité : voilà au moins deux des piliers de la logique artisanale qui reviennent en force avec l’économie numérique.

Les rendements d’échelle croissants, caractéristiques des modèles d’affaires des entreprises numériques, permettent de concilier ces deux objectifs, longtemps contradictoires : mieux servir ses utilisateurs, à la manière d’un artisan ; mais aussi continuer à grandir, comme une entreprise industrielle issue de l’économie fordiste. Comme l’explique l’entrepreneur Babak Nikvi dans un billet devenu célèbre (voir lien ici)

La qualité sans l’échelle, ce n’est pas de l’entrepreneuriat. C’est un arbre qui tombe dans la forêt et que personne ne remarque. L’échelle sans la qualité, c’est business as usual. Et ça laisse les entreprises à la merci des concurrents qui viennent voler leurs clients (ou pire, leurs employés). Seul celui qui tente de servir ses clients au plus haut niveau de qualité et à grande échelle est un entrepreneur.


Les leviers de motivation sont transformés

Les leviers de la motivation à l’ère industrielle nous sont familiers. Dans les usines de l’économie fordiste, le travailleur accepte les contraintes de la hiérarchie pyramidale et le manque d’autonomie dans le travail en contrepartie de revenus stables, qui lui permettent d’acquérir ou de louer un logement et de s’offrir tout le confort moderne.

Le salariat a provoqué un rapprochement entre travailleurs et donneurs d’ordre. Les entreprises industrielles ont été confrontées au défi de fidéliser un grand nombre d’ouvriers fiables pour faire tourner les usines. Les coûts de transaction associés à la gestion des journaliers étaient devenus suffisamment élevés pour justifier d’internaliser les ressources humaines, autrement dit de s’attacher la force de travail des ouvriers pour des périodes plus longues. C’est ainsi que le salariat est devenu le modèle dominant au 20ème siècle : le taux de salariat a atteint son apogée au début du 21ème siècle (plus de 90% des travailleurs).

Mais ce modèle est en train de se fissurer de toutes parts, tandis que la motivation des travailleurs subit des transformations profondes. La réduction des coûts de transaction incite les entreprises à externaliser une grande partie de leurs activités. Elles offrent donc moins de revenus stables. Par ailleurs, un modèle de travail autonome et créatif a “contaminé” les aspirations des jeunes générations. En somme, si l’on considère les aspirations des travailleurs, ce qui domine est le retour à la logique artisanale : le travailleur artisan apprécie et recherche la liberté. Il rejette d’autant plus le travail morcelé et la hiérarchie que ceux-ci ne s’accompagnent plus des contreparties habituelles (revenus stables et confortables, sécurité de l’emploi).


La motivation des travailleurs artisans repose sur le tryptique autonomie, créativité et responsabilité :

– l’autonomie

Etymologiquement, le mot “autonomie” signifie “fixer soi-même sa propre règle”. L’idée d’autonomie appliquée à un travailleur renvoie au libre choix d’un certain nombre de paramètres, comme le choix des horaires, de la tenue de travail et même, dans certains cas, du lieu de travail. L’autonomie n’est toutefois pas synonyme d’indépendance, car il s’agit de la capacité à agir dans un cadre donné — dont on reste dépendant. Mais le lien de dépendance s’est déplacé. Comme l’artisan, le travailleur autonome n’est plus dépendant d’un patron ; en revanche, il l’est de son client, à qui il rend volontiers des comptes dans le cadre d’une relation directe et privilégiée.

L’expression “travailleur indépendant” (qui s’oppose à “travailleur salarié”) est donc un peu trompeuse : on devrait plutôt parler de “travailleur autonome” (qui est l’expression utilisée au Canada !). Ce mode de travail, de plus en plus banalisé, se répand aujourd’hui à grande vitesse. En France, on compte 600 nouveaux indépendants (enfin, autonomes, plutôt) chaque jour ! C’est à la fois par choix et par défaut (faute d’offres séduisantes) que de plus en plus de travailleurs se tournent vers ce statut. Pour la première fois depuis un siècle, le salariat est en recul et la part des indépendants est à nouveau en croissance.

L’autonomie dans le travail ne concerne pas que les travailleurs non salariés : il s’agit aussi, de plus en plus, d’une revendication des travailleurs salariés. Les nouveaux modes de management des entreprises “libérées” ou “holacratiques” ont popularisé l’idée d’une plus grande autonomie dans le travail. Le rejet du “pointage” est aujourd’hui généralisé. Les géants du numérique ont contribué à modifier les aspirations des travailleurs de tous les autres secteurs : sans bien connaître ce nouveau monde, nous savons que les travailleurs sont plus autonomes dans les entreprises numériques qu’ils ne l’étaient dans les usines de l’économie fordiste.

L’artisan est d’autant plus autonome dans son travail qu’il a un grand savoir-faire et une maîtrise de son environnement. La leçon à tirer est simple : quiconque souhaite gagner en autonomie a intérêt à gagner en savoir-faire.

– la créativité

La créativité est certainement le pilier le plus fondamental dans un monde en évolution permanente. Alors que l’ère industrielle permettait et valorisait la répétition du même, la nouvelle ère artisanale repose surtout sur la créativité, qui permet d’inventer de nouvelles solutions, sans cesse plus belles et plus astucieuses. Quand la répétition du même n’est plus soutenable (ne serait-ce que parce que les clients refusent les produits standardisés), chaque acte professionnel est une création. On ne peut plus apprendre par coeur pour répliquer des modèles pre-existants.

Dans l’économie numérique, les startups en forte croissance bénéficient de la créativité de leurs collaborateurs à tous les niveaux de l’organisation. Une entreprise comme Save, a choisi une ancienne comédienne, Charlotte Grenet, pour prendre la tête de ses ressources humaines. La startup est passée d’une poignée de collaborateurs au début 2015 à près de 500 aujourd’hui. Il a donc fallu inventer le métier de DRH chaque jour, faire preuve de créativité pour recruter des collaborateurs eux aussi créatifs, appelés à exercer un métier nouveau (les “sauveteurs” réparent des appareils dont il existe de nouveaux modèles régulièrement). La répétition du même n’est plus possible.

Bien que les artisans (ou les entrepreneurs) ne soient pas tous des artistes (loin s’en faut), la notion de créativité est essentielle à ce qu’ils font. Il faut comprendre et interpréter, trouver les intersections pour y créer de la valeur, aborder chaque client comme une situation nouvelle.

On a tendance à penser que la créativité est une qualité innée dont on est plus ou moins pourvu. Il n’en est rien. On peut s’entraîner à être plus créatif par la réalisation pratique et concrète des idées. En faisant, comme nous y incite la Maker Faire. Les nouvelles méthodes pédagogiques à l’oeuvre dans les écoles de type Montessori reposent principalement sur l’idée qu’on peut s’entraîner à être plus créatif. Chaque enfant est pourvu d’une immense créativité, qui s’émousse avec l’âge : aujourd’hui, l’enjeu est de ne pas perdre cette créativité enfantine en cours de route.

– la responsabilité

La créativité et l’autonomie ne seraient rien sans la responsabilité. L’autonomie n’a aucun sens si on n’est pas responsable de ses actions et des résultats. Pouvoir (et vouloir) assumer ses choix, les décisions qu’on a prises et les conséquences qu’elles auront est un élément fondamental de la condition artisanale. La responsabilité va de pair avec la liberté car si l’on n’est pas libre, on ne peut être tenu pour responsable de quoi que ce soit.

L’aplatissement de la pyramide hiérarchique, visible notamment dans les entreprises numériques, a tendance à faire disparaître la possibilité pour un travailleur de se réfugier derrière son supérieur hiérarchique. “Je n’y suis pour rien, il faut voir ça avec mon manager” : ces déclarations sont de moins en moins tolérées par les clients… et de moins en moins possibles dans des organisations qui ménagent plus d’autonomie aux collaborateurs. C’est désormais à chaque travailleur de prendre sur lui la pleine responsabilité du produit, du service et de la relation avec le client. L’absence de responsabilité des travailleurs dans la logique industrielle est l’un des freins à l’amélioration du service au client. Tant que le client n’a pas devant lui une personne qui prend sur elle la responsabilité de l’expérience client dans sa totalité, aucune pleine satisfaction n’est possible !

Les trois éléments du tryptique (autonomie, créativité et responsabilité) sont donc indissociables.


Peut-on parler de management pour le travailleur artisan ?

Appliqué au management, le changement de paradigme mentionné plus haut signifie le passage de la verticalité à l’horizontalité. Le management à l’ère des entreprises industrielles visait avant tout l’optimisation des process et la standardisation de la production. Dans cette logique, on cherchait à quantifier chaque aspect de la production. Le management était mâtiné de surveillance. Les travailleurs soldats avaient pour mission d’exécuter des ordres.

La logique du travailleur-artisan est si différente que l’on peut se demander si le concept même de management peut encore s’appliquer.

Les maîtres à penser du management à l’ère de l’entreprise libérée se sont penchés sur la question (voir ici notre article sur les nouveaux modes de management) et expliquent en quoi consiste le management de la nouvelle ère. Les managers des entreprises “libérées” expliquent que la réinvention du modèle de management est au coeur de la définition de ses entreprises. Ce modèle, radicalement différent, se fonde sur l’empowerment des employés et la suppression du management pyramidal. Pour les tenants de cette approche, l’encadrement intermédiaire est devenu inutile car il ne produit rien — au contraire, il détruit de la valeur en privant les collaborateurs de toute autonomie. A l’inverse, les travailleurs-artisans, même lorsqu’ils sont salariés, s’approprient et façonnent la culture et les objectifs de l’entreprise.

Le manager du travailleur-artisan doit donc faciliter l’autonomie, libérer la créativité et permettre la responsabilité. Le management dépend du sens que donne le travailleur à son travail. Il dépend aussi étroitement de l’impact du travail sur sur les travailleurs et sur les clients. La satisfaction du client est le point fixe qui permet de trouver le bon équilibre au sein de l’organisation.


Les valeurs qui guident le travail de l’artisan ne sont pas nouvelles : le mouvement Arts and Crafts au 19ème siècle nous inspire encore

Lancé en Grande-Bretagne dans les années 1880, le mouvement Arts and Crafts a essaimé aux Etats-Unis et en Europe dans les décennies qui ont suivi. Le nom Arts & Crafts date de l’exposition de 1887. Le mouvement inclut de nombreuses associations et groupes, unifiés davantage par des idéaux et des valeurs que des styles artistiques. Artistes, philosophes, écrivains, artisans ont inventé ensemble des nouvelles approches qui auront durablement influencé l’histoire de l’artisanat. (Le musée Albert et Victoria à Londres donne à voir un bel échantillon de l’ensemble des disciplines et productions du mouvement Arts and Crafts.)

Né pendant la période victorienne, ce mouvement a été inspiré par le rejet de l’industrialisation et de ses effets — effets on ne peut plus désastreux : on a tendance à oublier que l’air de Londres à la fin du 19ème siècle était irrespirable, tant les usines dégageaient des fumées noires et toxiques. Le smog y était omniprésent. Le cancer du poumon aussi ! Les penseurs du mouvement rejetaient aussi (déjà) le travail à l’usine, perçu comme déshumanisant et aliénant pour les travailleurs.

Ils regrettaient la qualité et l’amour des matériaux, caractéristiques du travail des guildes des siècles passés. Ils ont donc voulu imposer l’amour du travail bien fait au coeur des entreprises. L’art devait être partout, dans chaque objet du quotidien. Comme l’expliquait William Morris, le plus grand représentant du mouvement Arts and Crafts, « The true secret of happiness lies in taking a genuine interest in all the details of daily life. » (“le vrai secret du bonheur, c’est l’intérêt sincère porté aux détails de la vie quotidienne”). William Morris était convaincu que chaque individu devait faire de sa maison une oeuvre d’art.

William Morris

William Morris a créé de nombreux ateliers pour faire revivre les savoir-faire ancestraux perdus, comme celui de la reliure. Ces ateliers n’étaient pas sans rappeler le côté hétéroclite de la Maker Faire d’aujourd’hui. Son oeuvre artisanale et intellectuelle a fait du mouvement Arts and Crafts le mouvement de design le plus influent de l’histoire. William Morris n’a pas seulement eu un succès d’estime auprès des intellectuels. Ses meubles, tissus et motifs ont profondément marqué l’histoire de design anglais (et mondial). Il a rencontré un succès commercial sans précédent. Son oeuvre écrite, enfin, en a fait une figure influente dans le monde entier. Proche des intellectuels socialistes, qui ont fondé plus tard le parti travailliste britannique, Morris a longtemps été une figure tutélaire de la gauche intellectuelle.

Mais à bien des égards, le mouvement a aussi théorisé la notion de design telle que les entreprises numériques l’entendent aujourd’hui. Le bon design correspond à ce qui est beau, fonctionnel (c’est-à-dire adapté à l’usage) et performant. Steve Jobs n’avait peut-être pas lu William Morris… mais il lui doit beaucoup !

Les idéaux de William Morris pourraient aujourd’hui être récupérés par une population plus large (et plus variée du point de vue idéologique). Morris a mis en pratique sa philosophie en FAISANT ; il a aussi théorisé la notion d’IMPACT du travail. C’est pourquoi il a (directement et indirectement) beaucoup influencé le mouvement des makers.

La qualité de la conception et l’impact sur la vie de ceux qui font est ce qui fait le bonheur au travail. Comme l’avait dit John Ruskin, l’autre maître à penser du mouvement Arts and Crafts (qui a surtout étudié la relation entre art, société et travail), “The higest reward for a person’s toil is what they become by it”(“la plus haute récompense du travail d’un individu est ce que cet individu devient par son travail”).

Le chef 3 étoiles, Jiro, et Obama

Connaître l’impact de son travail et en jouir est essentiel pour échapper au sentiment d’aliénation. C’est l’impact qui nous fait entrer dans l’artisanat. Autonome, créatif et responsable, l’artisan maîtrise l’impact de son travail et en retire de la satisfaction.

La notion d’impact est également cruciale pour les entreprises numériques, qui en font une exigence absolue. Dans le monde de l’informatique, la logique industrielle a longtemps été dominante. Philip Greenspun, co-fondateur d’ArsDigita, une entreprise pionnière de l’open source dans les années 1990, a développé des techniques managériales pour inciter ses développeurs informatiques à être plus artisans. Dans l’ouvrage Founders at Work, Greenspun parle des mécaniciens chargés de la maintenance des avions, qui sont épanouis et heureux car la qualité de leur travail repose sur un dialogue constant avec les pilotes : seul ce rapport direct et privilégié avec le client final permet aux mécaniciens de constater l’impact de leur travail — et d’atteindre l’objectif final, qui est que les avions ne s’écrasent pas au sol.

A l’inverse, un développeur informatique n’a pas de lien avec l’utilisateur final de l’application dont il écrit les lignes de code : il subit donc la même aliénation que l’ouvrier des usines fordistes — éloigné du client final et souvent même ignorant de ce à quoi ressemble produit fini. Dans un univers où les développeurs informatiques étaient managés comme des ouvriers, Greenspun a su attirer et retenir les meilleurs informaticiens en les transformant en artisans. Son succès a consisté à redonner du sens à leur travail, à leur ménager plus d’autonomie, à stimuler leur créativité et à la rendre plus responsables (quand les lignes de code ne sont plus anonymes). Pour lui, les programmeurs devaient avant tout commencer par appréhender le “problème” et comprendre l’impact de leur travail sur les clients de l’entreprise.


Conclusion

Le mouvement des makers est symptomatique des bouleversements de la représentation que l’on se fait du travail. Ni la production, ni la consommation, ni le management ne seront épargnés par ces transformations.

La logique artisanale que l’on pense réservée à l’univers du luxe (ou à l’artisanat au sens strict) concerne une part de plus en plus grande des travailleurs d’aujourd’hui. Les enseignements des mouvements Arts and Crafts hier et de celui des makers aujourd’hui sont une source d’inspiration pour s’emparer de ces valeurs et guider les changements.