Comment des espaces comme le Digital Village permettent-ils l’évolution du statut de freelance ?

La première question qui devrait vous venir à l’esprit est : “Mais qu’est ce que le digital village?” C’est un espace de co-working situé dans le 13ème arrondissement de Paris, mais pas seulement ; c’est aussi un collectif de travailleurs freelance (nommé la villagence) et enfin, un start-up studio favorisant la création de projets. Ce concept est né il y a quelques années dans la tête de son fondateur, Romain Arnol, mais n’a vu officiellement le jour qu’en décembre 2015.
 Le Digital village, pour sa partie freelance, fonctionne comme une agence avec ses différents collaborateurs, tous en freelance. De cette façon, chacun est très performant dans son domaine mais garde une grande liberté et une grande indépendance que ne pourrait offrir les grandes entreprises. La villagence répond donc a de nombreuses demandes de dernières minutes, mais est également très qualifiée pour prendre en charge des projets de grande envergure.
 Le coeur du concept est ainsi de mettre en valeur les compétences de chacun et les harmoniser pour pouvoir répondre efficacement à la demande des clients.

Selon Romain Arnol, l’aspect village, et donc par extension l’aspect communautaire du concept est ce qui apporte le plus aux 50 freelances à ce jour dans l’agence. Ce partage d’expériences et de connaissances assure une base d’échanges solides à l’intérieur du village. Mais ce regroupement permet aussi une plus grande visibilité à l’extérieur, un meilleur référencement et une plus grande confiance des entreprises.
 Le challenge est donc maintenant de conserver ces effectifs relativement peu nombreux et de ne pas trop agrandir la communauté sur un même site afin de ne pas se transformer en un géant froid et impersonnel (comme Hopwork par exemple).

Hopwork, le géant du travail freelance

A ce sujet, Romain Arnol nous a confié qu’il existe beaucoup d’espaces de co-working cependant la plupart ne font que regrouper les personnes dans un même lieu plutôt que de faire profiter à chacun des biens faits du groupe.
 L’idée est donc de rendre le quotidien des freelances plus serein car en effet, le statut de freelance étant soumis au aléas des commandes, être intégré dans un écosystème comme celui du Digital village permet ainsi d’augmenter la visibilité des freelances et donc d’augmenter leurs chances de décrocher des projets.
 Ce concept est partagé par les plates-formes de freelance tel que hopwork qui comporte plusieurs milliers de freelances, mais beaucoup de petites structure comme le Digital commencent à voir le jour avec pour but de privilégier un petit nombre d’individu afin d’être plus réactifs, flexibles (ce que recherche les entreprises lorsqu’elle font appel à des freelanceurs) mais surtout de rajouter ce côté humain qui change tout pour les travailleurs. Bien que le statut d’auto-entrepreneur représente un risque et des responsabilités, il attire de plus en plus de personnes travaillant dans le monde du digital. Ainsi entre 2012 et 2013 le nombre de freelances aurait augmenté de 83% selon Madyness.com. 
 Toutefois ce statut de freelance est encore choisi majoritairement par des jeunes de moins de 35 ans. Et cela se ressent souvent dans l’ambiance des lieux. En effet dans le Digital village, le lieu est très personnalisé, lumineux et accueillant, avec des petites figurines, des cadres et des décorations ; tout cela donne une ambiance très chaleureuse aux locaux.
Mais l’augmentation du nombre de structures qui aident les freelances pourrait tout à fait séduire des actifs plus âgés qui ne craindraient alors plus de devoir quitter leur statut de salariés.

La personnalisation au coeur du lieu

Tout ceci remet donc en cause le statut de freelance, qui de plus en plus recherché, apprécié et aidé pourrait peut être devenir à terme, la façon de travailler la plus représentée, en tout cas dans le monde du digital.

Si vous voulez une description plus en détails du Digital Village, voici une vidéo à son propos réalisée par nos soins : https://www.youtube.com/watch?v=hiAHP3H2QYo


Publié le 3 Mars 2016. [Luc Bouchon / Alexis Lagniel / Victor Paoli / Victor Bléchet / Lucas Zehner]

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