Interview de Guillaume Dechambenoit

Guillaume Dechambenoit

Guillaume est un personnage atypique ! Son parcours l’est tout autant : en France ou au Québec, il a été danseur professionnel, assistant chercheur au CNRS et maintenant fondateur l’agence IRO, une agence de Design & d’Innovation inspirée par les neuroscience.

Nous l’avons rencontré et avons discuté émotions et ressentis, expériences utilisateurs et neuroscience.

Extraits à découvrir ci-dessous 👇

Ton parcours est très éclectique, tu as fait de la danse, de la recherche en neuroscience. Aujourd’hui où en es-tu ?

Danse et neurosciences sont en fait les deux constituantes du très célèbre continuum entre corps et esprit humain : l’un ne peut fonctionner sans l’autre. L’étude de ces deux disciplines me permet de porter une réflexion globale autour de l’intelligence humaine et des domaines qui l’étudie et l’applique : Innovation, Conception, Système d’information, apprentissage, collaboration, etc.

J’ai centralisé ces deux disciplines dans une agence transversale spécialisée en neurosciences, design et innovation que j’ai nommée l’agence Iro. Cette agence à notamment était construite autour de la méthode innée, une approche universelle de la résolution de problème inspiré par le cerveau humain que je développe.

Agence IRO

Chez Yaway, nous voulons proposer la meilleure expérience utilisateur possible ; pour toi qu’est-ce qui définit une bonne expérience utilisateur ?

En théorie, il faudrait que l’on parle de deux expériences utilisateurs.

La première que l’on qualifierait d’expérience avec un « e » minuscule est celle associée à un utilisateur passif dans un environnement. Il en reçoit les informations brutes sans interaction physique. Exemple : une personne au cinéma. Vous êtes sujet de l’expérience.

La seconde Expérience utilisateur avec un « E » majuscule, est celle produite les interactions d’un individu avec cet environnement, vous êtes acteur. La conception d’une expérience utilisateur doit prendre en compte l’interaction dynamique entre ces deux sous-catégories.

  1. Le fond et la forme des informations que vous mettez à disposition de votre utilisateur,
  2. La motivation à effectuer une action avec cet environnement ainsi que les interactions elles-mêmes qui entraîneront une modification de l’environnement.
  3. Retour au petit 1.

Comment la neuroscience aide à construire de bonnes expériences utilisateurs ?

Toute conception d’expériences implique le cerveau d’un type d’utilisateur. Plus vous comprenez le comportement de cet utilisateur et/ou la fonction cognitive que vous voulez stimuler plus votre expérience sera efficace et adaptée à l’usage.

Ce que nous ne voyons jamais

En permettant de mieux comprendre les mécanismes neuraux impliqués dans les tâches de la vie de tous les jours, les neurosciences apportent ces connaissances. Par exemple, concevoir une expérience digitale pour un utilisateur noctilien passera par la conception d’une application sur fond noir, pour moins fatiguer la vue ou intégrer un mode « daltonien » sur un jeu basé sur les couleurs.

Un des objectifs de Yaway est de permettre aux utilisateurs de partager leurs ressentis, ce qu’ils ressentent vraiment. Quel est selon toi notre plus gros défi ?

L’objectif cité est un gros défi en lui-même. Un ressenti émerge de la fusion des informations d’un environnement et de l’expérience physiologique passée de l’utilisateur dans ce même environnement.

Mettez deux individus devant une même œuvre d’art et je peux vous garantir qu’ils n’auront pas le même ressenti. Par conséquent un ressenti émerge de l’individu lui-même et peut être difficilement transféré ou partager par une voix autre que celle physiologique. Le plus gros défi serait donc de créer une sorte de traducteur des ressentis entre différents types d’utilisateurs.

Est-il possible de retranscrire des vraies émotions au sein d’un réseau social ?

Tout dépend de ce que tu appelles vraies émotions. Transcrire des émotions de bases oui, par l’utilisation de la musique par exemple, qui reste un langage universel qui s’émancipe des mots qui peuvent être trop sujets à de mauvaises interprétations. Tout le monde reconnait une musique qui fait peur, joyeuse, stressante, etc. Et les études montrent un lien privilégié entre la musique et les émotions.

Avoir un niveau plus fin de retranscription des émotions me semble compliqué au vu de la technologie disponible, mais n’ayant pas le savoir absolue, je suis sur qu’il y a un quelqu’un quelque part qui prépare les outils qui changeront mes propos, n’est-ce pas ?

Merci Guillaume 😉


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