Entre-preneurs: Laurie Michel de Vivala Offline

Marc Jeanne-Julien
Jan 3, 2021 · 8 min read

De l’équitation à l’entrepreneuriat

Originaire de Toulouse en France, Laurie Michel se passionne d’abord pour l’équitation. Elle pratique le saut d’obstacles à un haut niveau ce qui l’amène notamment à diriger une écurie de commerce de chevaux de sport et d’élevage dès 19 ans. Elle se lance ensuite dans le monde de la communication et du marketing et travaille dans la compagnie de son père pendant 5 ans. Avive de nouvelles expériences, elle décide de faire ses valises pour le Québec qu’elle rejoint en 2014 avant de signer un visa d’un an en Californie, dans le but d’améliorer son anglais.

À son retour à Montréal, elle poursuit sa carrière dans les communications et marketing et débute l’aventure Vivala au courant de l’automne 2018. Cela fait plus de 2 ans qu’elle développe ce projet en parallèle de son travail de directrice marketing.

Qu’est-ce que l’entrepreneuriat t’apporte sur le plan personel ?

“J’ai ça dans le sang. Ça m’apporte beaucoup de défis, j’ai besoin de sortir de ma zone de confort. En général, je ne suis pas très à l’aise avec les ordres donc la liberté qu’on peut avoir en entrepreneuriat me correspond bien.”

Peux-tu définir ce qu’est une personne entreprenante ?

“Une personne qui agit! Quelqu’un qui a un projet qui lui tient à cœur et qui est prêt à faire des sacrifices pour le mener à bien. Elle est en mesure d’affronter les hauts et les bas qui seront rencontrés sur le chemin pour aller au bout de son idée.”

La passion est-elle vitale pour entreprendre ?

“Oui, je pense qu’il faut être obsédé par son idée ! Comme je l’ai dit, il y a tellement de hauts et de bas qu’il faut être passionné pour passer outre, pour passer à travers les vagues pendant les moments difficiles. ”

Quelle était ta plus grande peur avant de te lancer ?

“Le manque de temps. J’ai peur de de ne pas pouvoir essayer et mettre en œuvre toutes mes idées. ”

Pourquoi t’es-tu lancé en entrepreneuriat avec Vivala Offline ?

“Avoir un projet à moi est un rêve que j’ai depuis un moment. Avec Vivala Offline, j’ai une mission qui me tient à cœur car elle va aider concrètement des gens à améliorer leur santé, leur vie. J’ai besoin de trouver des solutions à tous les problèmes! Je pense apporter quelque chose de précieux à notre communauté. Aujourd’hui tout le monde investit dans l’intelligence artificielle et c’est fantastique mais moi je veux mettre l’humain au cœur de ces futures inventions. On doit agir contre cette addiction programmée des géants du web pour notre bien et celui des plus jeunes.”

Pourrais-tu nous parler d’un.e entrepreneur.e qui t’inspire ?

“Mon père. C’est un exemple pour moi. Quand je vois aujourd’hui les moments difficiles et ceux d’euphorie que l’on rencontre en temps qu’entrepreneur, je comprends la chance que j’avais. J’étais très jeune quand il s’est lancé, mais il a toujours été présent en tant que parent. Je salue son courage et sa détermination dans ce qu’il a créé, car je ne m’en rendais pas compte à l’époque, mais ça prend beaucoup d’énergie.

Sinon Nicolas Duvernois est une personne que j’admire. Son parcours est très inspirant. Il a rencontré beaucoup d’obstacles lors du développement de Pur Vodka. Il a essuyé de nombreux refus, mais il a continué à croire en son produit et il a eu raison.”

Vivala Offline, déconnexion numérique et moment présent

Vivala Offline est une marque de déconnexion numérique, notre mission est d’aider les gens à se déconnecter de leur téléphone cellulaire. On vaut les aider à reprendre le contrôle sur cet outil technologique aussi pratique que chronophage!

Aujourd’hui, 70 % gens serait atteint de nomophobie (la peur d’être séparé de son téléphone) et ne le savent pas. Il suffit d’aller au restaurant, au cinéma, pour s’en rendre compte, tout le monde a le nez sur son écran, même durant un moment en ‘’famille’’. ll n’y a pas vraiment de manuel pour savoir comment bien utiliser son cellulaire. Ces produits ont été conçus par des développeurs et neurologues pour que notre attention soit captée et c’est exactement ce qu’il se passe. L’idée, c’est d’éduquer les gens sur la cyberdépendance, les risques pour la santé et leur mettre à disposition un outil ludique pour reprendre le contrôle et profiter du moment présent que beaucoup rate, car ils sont aspirés par le numérique.”

Vivala Offline est composé de 3 volets :

  • Une application mobile : Vivala Offline va aider à la source, directement sur le téléphone, pour aider les gens à réduire leur temps sur les écrans. Vivala Offline est conçue comme un jeu avec un système de niveau. Plus les gens sont déconnectés, plus ils accèdent à des récompenses dans la vraie vie.
  • Les produits : nos produits vont être les aides extérieures et/ou visuelles pour rappeler aux gens de se déconnecter. Plusieurs vont voir le jour d’ici 2021.
  • Des événements, des soirées, qui permettront de revisiter les 5 sens sans téléphone, de vivre. (Aspect dépendant évidemment de l’évolution de la pandémie.)

Quels sont les avantages de la déconnexion numérique ?

« Aujourd’hui, on est hyperconnecté, notre cerveau est trop sollicité. Il est important de parler de ce qu‘être constamment connecté provoque chez nous :

- du stress, de l’anxiété

- de la fatigue physique et mentale,

- des problèmes de sommeil et d’obésité

- une détérioration des relations sociales

La déconnexion numérique est essentielle pour la recharge du corps humain pour notre santé mentale, physique et sociale. Le cerveau a besoin de pause, notre corps a besoin de bouger, notre esprit de se relâcher.

Au quotidien, comment maîtriser notre utilisation de la technologie ?

« Le numérique est sans fin, tu auras toujours des actualités à lire, des photos à voir, des vidéos à partager. Il faut apprendre à se limiter. Un adulte passe en moyenne 3 à 4h sur son téléphone. Cela représente une perte de temps de 45 jours par an. C’est important de développer un programme, pour aider les gens à prendre un rythme de déconnexion. Par exemple, tu travailles de 9h à 17h, et à 17h tu te déconnectes complètement. À la place d’écouter un épisode d’une série sur Netflix, tu implémentes de nouvelles habitudes, tu fais du sport, tu lis, tu vas voir des amis. Aider à faire un agenda de déconnexion et utiliser le pouvoir des habitudes, c’est ça aussi, l’objectif de l’application Vivala Offline.»

Comment faire une « digital détox » à la maison ?

« Tout dépend de ton environnement de vie. La première chose, c’est de parler à son entourage de ce besoin de déconnexion.

C’est également important de faire un tri dans le téléphone :

- Pas de sonnerie

- Suppression des notifications inutiles

- Rangement de son téléphone à un endroit hors de portée de vue

- Interdiction de l’utiliser dans la chambre à coucher ou à table

On attrape souvent notre cellulaire par ennui, on veut regarder des choses sans trop réfléchir. C’est correct de rien faire du tout! Aujourd’hui on a l’impression de devoir constamment avoir à être occupé en permanence alors que notre corps a besoin de repos. Regarder le téléphone prend beaucoup d’énergie même quand on a l’impression ‘’qu’on fait que faire défiler le fil d’actualité de Facebook’. »

L’application Vivala Offline offre un programme de 30 jours, conçu en collaboration avec une professionnelle de la santé spécialisée en cyberdépendance. Celui-ci va guider l’utilisateur afin de lui donner des outils pour changer ses habitudes numériques.

Comment Vivala Offline se démarque-t-il de ses concurrents ?

« Vivala Offline est une marque de déconnexion numérique qui couvre tous les volets. Souvent nos concurrents sont dans le numérique ou dans la production de produit mais ne couvrent tous les aspects comme c’est notre cas. Concernant les applications existantes, elles sont orientées vers la programmation d’un mode hors ligne et le calcul de statistiques sur le téléphone. Nous amenons un aspect éducatif et ludique novateur avec le système de récompenses et un mouvement hors ligne avec les partenariats. Là, avec Vivala, les gens auront vraiment des récompenses pour eux. Ils vont pouvoir se féliciter avec des choses réelles et à l’extérieur des écrans surtout.

Concernant les produits, ils vont être directement liés à l’application Vivala Offline. Que diriez-vous de mettre votre téléphone dans une boîte ou pochette qui passe automatiquement votre téléphone en mode Vivala ? »

Le “droit à la déconnexion” existe dans certains pays notamment en Allemagne depuis les années 2000, les discussions concernant celui-ci ont été bloqué au Québec, qu’est-ce que tu en penses ? Est-ce que c’est important de faire reconnaître la déconnexion numérique sur le plan légal ?

« Définitivement. Surtout avec la COVID-19 et télétravail qui bouleversent l’agencement des heures de travail. Par exemple, les gens ne savent pas trop comment réagir quand le téléphone sonne à 17h30, qu’ils sont censés avoir fini, mais qu’ils sont toujours joignables. Les bouleversements de la pandémie font pousser à la conversation autour de la déconnexion. Il va falloir mettre des solutions en place. Il faut que chacun soit en mesure de dire « non » à partir d’une certaine heure. En plus, la déconnexion est nécessaire à une meilleure productivité des équipes. Toutes les entreprises devraient la soutenir. Nous allons d’ailleurs offrir des formules aux entreprises qui ont la santé de leur équipe à cœur, j’espère que cela ouvrira la discussion. »

Quelles sont les prochaines étapes pour Vivala ?

« L’application est disponible immédiatement sur le Google Play Store. Elle devrait être disponible dans l’App Store dans quelques semaines. Le développement de notre communauté est donc la priorité.

D’ici les prochaines années, nous offrirons une vingtaine de produits pour aider à la déconnexion numérique et je souhaite développer la communauté de l’application à l’internationale. Mon objectif est de faire de Vivala Offline, LA marque numéro 1 de la déconnexion numérique. »

Conclusion

Aurais-tu des endroits ou ressources à recommander pour ceux qui pense à se lancer en affaires ?

« PME Montréal et Bonjour Startup Montréal sont deux très belles ressources. Les deux organismes proposent de nombreux événement, des séances réseautage, et bien d’autres ressources pour guider les entrepreneurs dans la création de leur entreprise.»

Aurais-tu des conseils pour les lecteurs qui souhaitent se lancer en affaires ?

« Teste tes idées, avec des amis et des inconnus. C’est important de s’entourer de spécialistes, qui viennent ou non de votre secteur d’activité, mais qui au moins donneront des nouvelles perspectives. Sinon, il faut s’informer continuellement et devenir expert de ton domaine. Enfin, crois en toi, toujours à 100%! Tu vas connaître des échecs, cela fait partie du jeu! Ils vont te permettre de te remettre en question, de travailler différemment afin de présenter quelque chose de nouveau, de meilleur. »

Un grand merci à Laurie Michel pour cette entrevue.

YEP — Club d’entrepreneurs de HEC Montréal

YEP a pour mission de propulser les initiatives d’étudiants-entrepreneurs qui décident de se lancer en affaires, à HEC et à Montréal.

Marc Jeanne-Julien

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EY Intern | Investment Team at Front Row Ventures | Student at HEC Montreal | Co-Founder at Kernel

YEP — Club d’entrepreneurs de HEC Montréal

YEP a pour mission de propulser les initiatives d’étudiants-entrepreneurs qui décident de se lancer en affaires, à HEC et à Montréal.