L’imagination sur YouTube, feat. SyndromeCha’

Carte Blanche aux vidéastes qui font YouTube.

Article rédigé par SyndromeCha’ (découvrir sa chaîne) — Nous lui avons donné Carte Blanche pour partager son expérience de vidéaste sur YouTube !

Personne n’a accusé James Cameron d’avoir sniffé de la poudre quand il a réalisé un film sur des aliens bleus prêts à perdre la vie pour protéger un arbre sacré.

De même qu’aucun n’a osé dire de J.K. Rowling qu’elle s’était piquée à l’héroïne quand elle a inventé un méchant privé de nez, qui, pendant son temps libre, divise son âme pour en dissimuler les morceaux dans des objets.

Au contraire, l’originalité de leurs récits est à l’origine de grands succès.

À l’instar de beaucoup, ces créations me font voyager, m’inspirent et m’ont donné envie d’imaginer à mon tour. J’ai donc investi dans un aller simple vers mon propre morceau de YouTube. Un recoin pas plus grand qu’un carré de chocolat où je construis petit à petit un univers sans limite. Et un commentaire revient régulièrement sous mes vidéos :

« Tu prends quoi comme drogue ? »

Comme si ces histoires-là ne pouvaient pas provenir d’un esprit tout à fait sain. À la lecture de cette question, je redeviens une gamine prise en faute parce qu’elle n’a pas réussi à colorier sans dépasser. La consigne était claire mais ma main a entraîné le feutre en dehors des traits.

Pourtant, à mes yeux, YouTube est un chouette cahier de gribouillages, aux pages vierges, sans contours à respecter. On n’est même pas obligé de posséder la plus jolie boite de couleurs pour avoir le droit d’y crayonner. Certains aiment y tracer des tourbillons. D’autres sont appliqués et préfèrent utiliser une règle graduée. Les suivants expliquent à leurs camarades comment procéder. Quelques-uns décortiquent les créations de leurs compagnons. D’autres encore copient sur leurs voisins. Plusieurs se contentent de faire un point au milieu de la page. La plupart font plusieurs de ces choses à la fois. Les derniers déchirent carrément le cahier. Peu importe, l’exercice est libre. C’est à chacun de décider quelle œuvre il aimera réaliser ou regarder.

Personnellement, ce sont les tourbillons qui emportent mon adhésion. Mais ce n’est pas parce qu’ils ont l’air déstructurés qu’il ne faut pas les réfléchir et les imaginer. Si derrière cet intérêt pour la substance que j’adore m’enfiler il y a la question de savoir « Comment naissent les idées ? », la réponse est simple : pas dans les choux, comme les bébés. La période de gestation est souvent longue.

On bûche pour éviter les erreurs et l’accouchement ne se fait pas sans douleur.

Une fois venu au monde, le nouveau-né n’est pas tout à fait comme on l’avait imaginé. Un pied à la place du menton, le nez qui sort du côlon. On essaye de l’aimer malgré ses défauts et en se disant que le prochain sera plus beau.

Et j’aime supposer que, dans leurs grands bureaux avec leurs gros budgets, nos créateurs préférés ont les mêmes difficultés. Qu’ils se triturent l’imaginaire en rêvant d’une drogue qu’il suffirait d’ingérer pour faire jaillir les idées.

Syndrome Cha’ (sa chaîne YouTube, qu’on te recommande !)