Be a boss 2018, le forum des femmes entrepreneures — Elles ont osé, pourquoi pas vous ?

Younicorns
Sep 27, 2018 · 9 min read

La semaine dernière, j’ai eu le plaisir de participer à la journée de clôture de Be a boss 2018 organisée sur le campus de Microsoft.

Be a boss, c’est l’événement référent de l’entrepreneuriat féminin.

Pitchs de startups, keynotes sur l’entrepreneuriat, témoignages de femmes entrepreneures… Plus d’une vingtaine d’experts de l’entrepreneuriat et de femmes entrepreneures étaient réunis.

Dans cet article, je reviens avec plaisir sur les grands enseignements de cette journée.


Startup Pitchs : 3 coups de cœur parmi les 10 startups finalistes

La 3ème année de Be a boss c’est :

  • 270 dossiers de candidatures reçus
  • un tour de France de pitchs de startups innovantes et prometteuses fondées ou co-fondées par des femmes
  • 10 startups finalistes sélectionnées

Pour cette journée de clôture, les finalistes ont eu 4 minutes de pitch et 2 minutes de Q&A pour convaincre un jury composé de fonds d’investissement, business angels et experts dans l’accompagnement des startups.

Parmi ces 10 startups, trois ont particulièrement retenu mon attention :

1/ Maathics : mettre de l’éthique dans l’IA

Quel est le concept ?

L’IA est raciste. L’IA est sexiste.” C’est ce qu’annonce Anna Choury, mathématicienne spécialisée dans l’IA et CEO de Maathics.

Les algorithmes, que l’on croit neutres par définition, reproduisent une réalité parfois biaisée et font alors de la discrimination. C’est pourquoi, Maathics a développé un outil automatisé qui permet de détecter et quantifier les risques de discrimination dans les algorithmes utilisés par les entreprises.

En l’absence de risque de discrimination, le label FDU (Fair Data Used) est délivré pour un an. C’est le premier smart label pour une utilisation équitable de l’intelligence artificielle.

Pourquoi j’y crois ?

Envisageons-nous un moteur de sélection de CV qui ne prenne que des hommes blancs ? Envisageons-nous un algorithme d’allocation de crédit qui discrimine les femmes ?

D’un point de vue personnel, je ne veux simplement pas d’un système automatisé qui fasse de la discrimination.

Et du point de vue des entreprises ? L’IA est une technologie fascinante et puissante qui apporte énormément de valeur. Cependant, l’exploitation des données personnelles est un sujet sensible et à présent encadré au niveau européen avec la fameuse directive RGPD. Le label FDU de Maathics apporte une preuve tangible du respect de cette norme. Quand on sait que les pénalités encourues avec RGPD vont jusqu’à 4% du chiffre d’affaire ou 20 Millions d’euros, cela fait réfléchir :)

Maathics proposera prochainement de corriger les sources de discrimination dans les algorithmes, sans toucher au cœur de l’algorithme. Affaire à suivre !

=> Pour découvrir plus amplement Maathics c’est ici.

2/ Ombrea : repenser l’agriculture avec de l’IA

Quel est le concept ?

L’histoire d’Ombrea c’est avant tout une histoire de famille. Julie Davico-Pahin, jeune journaliste épanouie, a décidé de tout quitter pour aider son père agriculteur à faire face aux changements climatiques dévastateurs pour sa production.

Ils ont ainsi fondé Ombrea. Après deux ans de R&D et la participation d’un docteur en biologie, ils ont déployé sur le marché des ombrières intelligentes. Installées au-dessus des champs, elles permettent de reproduire les bonnes conditions climatiques grâce à de l’intelligence artificielle (capteurs mesurant l’humidité, la température ou encore la vitesse du vent).

Pourquoi j’y crois ?

C’est une question de contexte et de timing.

Ombrea est une belle startup de la GreenTech qui vient couvrir un double enjeu :

1. Permettre à nos agriculteurs de poursuivre leurs activités malgré le réchauffement global et les dérèglements climatiques

2. Répondre à la demande croissante des consommateurs de manger plus local, plus durable et moins chimique

Avec Ombrea, les agriculteurs peuvent augmenter leurs rendements et sécuriser les récoltes en cas de climat inattendu. Les ombrières intelligentes étant compatibles avec l’installation de panneaux photovoltaïques, l’agriculteur peut rentabiliser son investissement avec l’électricité produite par les panneaux !

=> Pour découvrir plus amplement Ombrea c’est ici.

3/ The tropic market : la première marketplace dédiée aux DOM-TOM

Quel est le concept ?

C’est en s’installant en Guadeloupe que Sarah Gargowitsch constate une offre e-commerce très éloignée de ce qu’elle avait pu connaître en France métropolitaine : choix de produits très limité et prix beaucoup plus élevés. Cet écart de service s’explique par des contraintes liées à la distance et aux différentes réglementations locales.

Experte du digital, Sarah a alors décidé de fonder la première Marketplace sur-mesure pour les DOM-TOM, The Tropic Market, ainsi que Trans’îles, une solution complète d’e-logistique. Son objectif ? Assurer une vraie continuité territoriale entre la France métropolitaine et les DOM-TOM et augmenter le pouvoir d’achat sur ces territoires !

The Tropic Market offre ainsi aux habitants des DOM-TOM une solution e-commerce équivalente à celle proposée en France métropolitaine avec une logistique d’envoi et de retour des commandes 100% maîtrisée, un affichage des prix tout compris en temps réel, pas de limite de volumes ni de poids…

Pourquoi j’y crois ?

Le pitch de Sarah a tout de suite éveillé mon intérêt puisque chez Younicorns aussi nous nous intéressons de près au sujet de Marketplace. Nous avons un combat commun : ouvrir un marché à priori inaccessible à certains vendeurs et permettre à des millions de consommateurs d’accéder à de super produits !

La première force de Sarah est d’avoir su maîtriser les contraintes logistiques et administratives des DOM-TOM pour pénétrer un marché très peu concurrentiel et ouvrir sa Marketplace à un potentiel de 2 millions d’acheteurs. Le second atout de cette startup est de s’être bien entourée pour construire sa solution (on adore la co-création chez Younicorns !). The Tropic Market a ainsi fait appel à Mirakl, la solution SaaS n°1 pour créer une marketplace, à Hipay pour gérer la brique paiement et enfin, à Transchain pour certifier les procédures douanières sur la blockchain.

=> Pour découvrir plus amplement The Tropic Market c’est ici.


Plusieurs interventions inspirantes qui incitent les femmes à oser !

Que ce soit à travers l’interview d’Inès Leonarduzzi, fondatrice de Women Inspiring Talks et Digital for the Planet, ou la keynote d’Alexia Cordier, CEO de Fifty, le message commun est le même : osez !

Ce qu’indiquent les chiffres :

  • Pourcentage de femmes CEO en France : 2%
  • Pourcentage de femmes membres de CODIR en France : 14%
  • Pourtant, une équipe mixte s’avère être 20% plus performante et les employés sont 14% plus épanouis

Pourquoi les femmes ne sont-elles pas davantage leaders / entrepreneures ?

Deux théories s’opposent. La première hypothèse est qu’il soit question de traits innés (les femmes donnent la vie, les hommes sont plus forts…). La seconde hypothèse, moins fataliste, explique qu’il s’agirait de traits acquis au sein de la société lors de l’éducation :

  • Les femmes respectent généralement davantage les règles et ont un sens du risque plus restrictif, elles osent moins
  • Les femmes sont trop modestes et ont un rapport à l’argent plus mesuré
  • Les femmes ont tendance à vouloir rester dans l’opérationnel pour garder le contrôle

L’étude de McKinsey, Women Matter, démontre que les femmes ont la même ambition que les hommes mais beaucoup moins, en revanche, sont confiantes à l’idée d’y arriver.

Comment changer les choses ?

OSER FRANCHIR LE PAS

“Les femmes doivent faire en sorte de se faire une place”

“La légitimité ne se demande pas, elle se prend”

Alexia Cordier propose deux grands axes pour se mettre à l’empowerment féminin : identifier des rôles modèles de femmes à suivre et surtout, passer à l’action !

Concrètement, comment passons-nous à l’action ? Alexia recommande de :

  1. Se connaître, en faisant par exemple un test de personnalité
  2. Prioriser, en adoptant le principe de pareto 80/20 et arrêter de vouloir être trop perfectionniste
  3. Communiquer davantage, notre point fort c’est le savoir faire mais développons notre faire savoir ! (ex : préparer son elevator pitch)
  4. Se laisser aller à la sérendipité, en acceptant de faire de belles découvertes inattendues (ex : lors d’évènements de networking)
  5. Jouer collectif, les femmes ne s’appuient pas assez sur leur réseau pour le business

Inès Leonarduzzi conseille également d’adopter le principe de “Fake it until you make it” qui permet de prendre confiance et de gagner en crédibilité au fur et à mesure.


Et enfin, de beaux enseignements pour entreprendre

Quelques tips de superbes entrepreneures :

  1. Pauline Laigneau, co-fondatrice de Gemmyo : “Il faut savoir écouter les conseils puis prendre ses propres décisions en gardant le focus sur votre objectif.
  2. Juliette Couturier, fondatrice de MÊME : “On ne voulait pas parler de notre projet, nous avions peur de se faire piquer nos idées, on se trompait complètement. Il faut être ouvert et parler de son projet, cela permet de collecter des critiques constructives.
  3. Valérie Mas, CEO de WeNow : “Il est essentiel de prévoir trois à quatre mois de test avec son associé pour s’assurer que ça va marcher. Vous devez apprendre à travailler ensemble et ne pas laisser s’installer d’écarts sur la vision de l’entreprise.”

Les clés d’un bon Business Plan

Le Business Plan est la clé de voûte de votre projet” déclare Anne-Hélène Nicolas de InnovatysCo, il permet de vérifier si ça vaut le coup de se lancer, de piloter l’activité et de convaincre les financiers.

Je retiens 5 erreurs à ne pas faire :

  1. Croire trop fort en son génie : il faut confronter son idée avec le marché, “sortez, parlez, testez” et “croyez en votre énergie pas votre génie
  2. Penser être seul seul monde : il est nécessaire d’observer la concurrence et s’en inspirer
  3. Sous-estimer le timing nécessaire : “Sachez que tout investisseur double le temps que vous avez prévu et divise par deux les revenus estimés”
  4. Rester sur la conceptualisation du BP pendant plusieurs mois sans se lancer sur le marché : “Construisez votre BP en parallèle du déploiement de votre projet et pivotez, ajustez le BP au fur et à mesure
  5. Mal calibrer sa recherche de financement : le risque est de demander trop d’argent trop tôt ou de le demander aux mauvaises personnes

Et finalement, ce qui fait la différence pour un investisseur, ce n’est pas tant l’idée mais surtout l’humain : “ c’est votre engagement, votre volonté et votre vision qui vont donner envie de croire en votre projet”.

Comment bien recruter ?

Rater son recrutement coûte en moyenne 45K€ à une entreprise !

Margot Dumas Danon de Talent.io présente les étapes à suivre pour bien recruter :

  1. Connaître son marché en définissant précisément les contours du poste recherché ceci en ayant une bonne compréhension du métier et des salaires proposés pour le profil souhaité (ne pas hésiter à regarder ce que propose la concurrence !)
  2. Savoir présenter son entreprise : quelles sont vos valeurs / votre ambition ? Pourquoi êtes-vous attractif ?
  3. Utiliser plusieurs canaux d’acquisition pour recruter : LinkedIn, les agences de recrutement et bien sûr le réseau !
  4. Proposer une expérience fluide aux candidats en réalisant des formats d’entretien cohérents, en respectant des délais de 2 à 3 semaines maximum et en priorisant le recrutement pour l’ensemble des décideurs de l’entreprise
  5. Fidéliser le candidat recruté avant même qu’il ne rejoigne l’équipe en l’invitant à vos événements puis en préparant son arrivée (petit déj’ d’accueil, agenda de sa première semaine préparé, etc.)

En conclusion

Si on remonte à quelques générations, les femmes se sont mobilisées pour obtenir le droit de voter et de travailler. Elles ont bousculé les codes pour obtenir leur indépendance. Aujourd’hui, nous avons les mêmes droits que les hommes et pourtant, encore trop peu de femmes sont à la tête de pays ou d’entreprises.

“My generation very sadly is not going to change the number of women at the top. But, I’m hopeful that the future generation can.”

(Sheryl Sandberg, COO @Facebook)

Pour faire bouger les choses c’est avant tout en agissant chacune à notre échelle au jour le jour. Les femmes doivent prendre confiance et concrétiser leurs ambitions.

Be a boss est justement une magnifique initiative mettant en lumière des femmes positives, pragmatiques et déterminées qui ont osé se lancer. Elles démontrent leur capacité à entreprendre avec brio et inspirent nos jeunes générations.

Un grand bravo aux 3 lauréates : Julie Davico-Pahin de Ombrea qui repense l’agriculture avec de l’IA, Céline Favy-Huin de FeelObject, une startup dédiée à la qualité de vie des personnes aveugles et Marie Blaise de Do It Abroad, qui démocratise les études à l’étranger.


Justine Esnault

Product Manager & Women Enthusiast :) @ Younicorns

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