La lecture peut-elle améliorer votre bien-être ?

L’article suivant est une traduction par YouScribe de l’article « Can reading improve your well-being ? » écrit par Josie Billigton, conférencier et directeur adjoint du Centre for Research into Reading, Literature and Society de l’Université de Liverpool, publié le 13 février 2015.

Au Royaume-Uni, un adulte sur trois — soit 16 millions de personnes — ne lit que rarement voire jamais pour le plaisir.

Un nouveau sondage auprès de 4 164 adultes, réunissant des personnes qui lisent et d’autres qui ne lisent pas, a permis de constater que les adultes qui lisent pendant seulement 20 minutes par semaine sont 20% plus susceptibles de se sentir satisfaits de leur vie.

Cette recherche ne portait pas sur les personnes dans l’incapacité de lire en raison de problèmes d’alphabétisation ou d’autres déficiences. Il s’agissait plutôt de s’intéresser aux personnes en capacité de lire — et qui ont souvent été des lecteurs réguliers dans le passé — mais qui ont perdu l’habitude de la lecture, souvent suite à un événement significatif dans leur vie, comme avoir des enfants ou tomber malade. Deux cinquièmes des répondants au sondage, qui a été mené pour la campagne de charité Galaxy Quick Reads, ont cité le manque de temps comme principal obstacle.

Humeur et détente

Les non-lecteurs seraient 28% plus susceptibles de déclarer des symptômes de dépression que ceux qui lisent régulièrement pour le plaisir. Un lecteur sur cinq a déclaré que la lecture l’aide à se sentir moins seul. Ces deux résultats font fortement écho aux recherches antérieures menées par l’Université de Liverpool, en partenariat avec l’organisme de bienfaisance national, The Reader Organization, sur le modèle de la lecture partagée à haute voix pour adultes et enfants.

Au vu des statistiques, la lecture produit une amélioration significative des symptômes chez les personnes diagnostiquées dépressives, probablement en raison des sentiments éprouvés de solitude et d’isolement. Non seulement, la lecture permet aux lecteurs de se familiariser ou de se reconnecter à un mode de vie global et à des significations plus largement partagées, mais elle peut également provoquer le souvenir des activités ou des professions que les lecteurs ont pu avoir par le passé, ainsi que des connaissances et des compétences qu’ils possèdent encore, ce qui contribue à les conforter dans l’idée qu’ils peuvent avoir une place et un but dans ce monde.

La lecture appelle et aide à retrouver l’intégralité de sa personne, pas seulement son aspect dépressif. La notion de « rétablissement » dans un tel contexte est liée autant à la redécouverte des expériences et sentiments anciens, oubliés, supprimés ou inaccessibles, qu’à la découverte de nouveaux.

La recherche menée par Quick Reads a montré que les lecteurs ont signalé des effets plus intenses de relaxation en lisant qu’en regardant la télévision, en étant actif sur les réseaux sociaux ou en lisant d’autres sources de divertissement comme les magazines. La lecture est associée à un certain type de détente mentale et émotionnellement « engagée », tout à fait différente de la passivité associée à d’autres activités de loisirs, telles que regarder la télévision.

De nombreux « passe-temps » — comme l’activité sur les réseaux sociaux — permettraient seulement en apparence de « décrocher », mais seraient en réalité tout aussi stressantes que relaxantes. La concentration que la lecture exige et l’absorption dans un monde parallèle qu’elle génère aident au refoulement des inquiétudes personnelles, et offrent une protection contre les distractions et les contraintes de l’anxiété quotidienne. Dans le sondage, 43% des lecteurs ont déclaré que la lecture leur permet de mieux dormir.

Plus résistant face aux déboires

La lecture aide également les individus à réaliser qu’ils ne sont pas les seuls à endurer les problèmes auxquels ils font face. Les lecteurs éprouvent souvent un fort sentiment de reconnaissance — « c’est moi », ou « je ne me doutais pas que d’autres personnes que moi pouvaient ressentir cela » — qui donne lieu à un sentiment de partage des problèmes qu’on a en commun avec les autres. Lorsque les individus sont capables de reconnaître leur situation chez une personne, ils ressentent non seulement leur appartenance à un environnement plus large, mais ils acceptent davantage leurs difficultés et problèmes.

Les lecteurs réguliers signalent une plus grande capacité à faire face à des situations difficiles. La lecture élargit nos références et indique des voies d’action ou d’attitude possibles. Les gens qui lisent se sentent plus à l’aise avec la prise de décision, la gestion du temps et la hiérarchisation des priorités, et cela probablement parce qu’ils se rendent davantage compte que la difficulté et le recul sont des aspects inévitables de la vie humaine.

Dans notre enquête, les lecteurs étaient également 18% plus susceptibles d’affirmer une bonne estime de soi. Il est fréquent que les personnes qui reviennent à la lecture après une longue période, voire qui s’y adonnent pour la première fois, ressentent un sentiment d’accomplissement et de fierté.

Connectivité

Les personnes qui lisent régulièrement se sentent plus proches de leurs amis et de leur entourage que celles qui ne lisent plus ou n’ont jamais lu. Des recherches antérieures ont montré que, en plus d’améliorer la volonté et la capacité de communiquer avec les autres, la lecture aide à promouvoir le respect et la tolérance des opinions des autres. Les pensées empathiques que la lecture convoque chez le lecteur peuvent le rendre plus ouvert à ce que les autres vivent, et lui procurer davantage l’impression qu’il fait partie prenante de la communauté humaine.

La lecture constitue également un moyen plus significatif d’échanger et de partager son expérience que ce qu’on entend ordinairement dans les conversations courantes. Les lecteurs disposent de plus de matière pour discuter et se montrent plus empathiques, ce qui entraîne des interactions plus profondes, et en fin de compte, des liens interpersonnels plus forts se créent.

Les lecteurs ont une prise de conscience plus forte et plus engagée des problématiques sociales et de la diversité culturelle que ceux qui ne lisent pas : la représentation qu’ils se font du monde s’en retrouve élargie et la place qu’ils y occupent leur parait plus sûre. Cette recherche a révélé que lire pendant seulement 30 minutes par semaine vous rend 52% plus susceptibles de vous sentir socialement inclus par rapport à ceux qui n’ont pas lu des sept derniers jours, et que les lecteurs sont 72% plus susceptibles d’avoir un plus grand esprit de communauté. Les lecteurs ont également 37% de chances en plus d’éprouver davantage de plaisir en dehors de leur vie sociale.

La lecture n’est pas une forme excessive d’indulgence, mais une sorte de soutien dans la vie pour lequel nous devons nous efforcer de trouver du temps.

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