Le mythe du chasseur d'appart'

Chez M6, on l’appelle le sauveur de l’access”. Stéphane Plaza fait un tabac avec son émission Chasseurs d’appart’, une compétition où s’affrontent des candidats pour trouver les meilleurs biens immobiliers à des clients.

Les chasseurs d’appartements sont un mythe

Avez-vous remarqué que les émissions de télé sont souvent déconnectées de la réalité ? Par exemple, vous serait-il venu à l’idée de dîner chez vos amis tous les soirs de la semaine et de noter la qualité des plats qu’ils vous ont préparé ou l’ambiance de la soirée, comme dans Un dîner presque parfait ?

Non. Personne ne fait ça. Ou alors seulement depuis que l’émission existe.

Il en est de même pour les chasseurs d’appartements. Cela n’existe pas ! Vous n’en trouverez même pas cent à Paris, contre des milliers d’agents immobiliers répartis dans des centaines d’agences visibles à tous les coins de rue.

Le site de l’émission ne dit pas autre chose : “Toutes les semaines, 3 agents immobiliers vont se transformer en chasseurs d’appart’ pour trouver des biens à des clients” !

Mais pourquoi Stéphane Plaza n’a-t-il pas recruté de vrais chasseurs d’appart’ pour son émission ?

Et pourquoi, au vu du succès du concept auprès du million et demi de personnes qui regardent cette émission quotidiennement, Stéphane Plaza ne s’est-il pas dit : “Si j’ouvrais un réseau de chasseurs d’appart’ ?”. Pourquoi a-t-il plutôt lancé 250 agences immobilières traditionnelles ?

Réponse à la première question : parce que ça n’existe pas.

Réponse à la deuxième question : parce que ça n’est pas profitable !

Chasseur d’appart’, ça n’existe pas car ça n’est pas profitable.

Les professionnels sont concentrés sur le vendeur

Avez-vous déjà regardé l’émission Chasseurs d’appart’ ? J’adore cette émission. Stéphane Plaza est un très bon coach.

Mais avez-vous vu la galère que représente le métier de chasseur d’appart’ ?

  • Il faut tout d’abord “vendre” le mandat de recherche au client ;
  • Ensuite, trouver des biens qui correspondent à ses multiples critères ;
  • Contacter les vendeurs, qui sont d’autres agences ne partageant pas forcément leurs honoraires, ou des particuliers qui se méfient des commerciaux qui veulent leur proposer leurs services ;
  • Visiter les biens au moins une fois, puis les shortlister pour le client qui acceptera ou pas de les visiter avec vous ;
  • Organiser les visites en fonction des disponibilités du client et du professionnel ou du particulier ;
  • Enfin (on arrive au coeur de l’émission de Stéphane Plaza) : les visites sont un supplice ! Impossible de coller parfaitement à la demande des clients ; les clients sont les rois, ils vous congédient avec un “oui” ou un “non” ; si vous arrivez quand même à lui proposer un bien qui lui plait, vient le temps de la négociation avec le vendeur.

Résultat : une perte de temps et d’argent. Il est tellement plus simple de travailler du côté du vendeur, qui vous confie un mandat ! Après une bonne publicité, vous n’avez plus qu’à attendre les appels et enchaîner les visites sur place. Un coup de coeur et hop! 10 000 euros dans la poche.

Un si forte demande du marché

Quand vous lancez une émission et arrivez à 11% de part d’audience dès la première saison alors que Cyril Hanouna est en pleine bourre à la même heure, vous tenez un véritable succès !

Oui, les français veulent des chasseurs d’appart’. Ce service les intéresse car, comme évoqué dans un article récent, ils ont une soif d’informations et de nouveautés quand ils cherchent activement un appartement. Ils ont besoin d’un service qui facilite leur recherche et leur propose les meilleures opportunités du marché.

Chasseur d’appart’, une forte demande, pas d’offre pour la satisfaire.

Et si la voie pour exploiter cette demande était technologique ?