Mon bilan série 2016

Dans la continuité de 2015, je n’ai pas joué les dénicheurs cette année, me laissant guider par l’avis des internautes pour sélectionner les quelques-unes que j‘allais regarder. Le premier semestre s’est révélé assez calme dans l’envie créée par les nouveautés, je me suis contenté de rattraper mon retard avec la série de Canal + Versailles et d’attendre patiemment la suite des mes coups de coeur 2015, en particulier The Leftovers et Sense8 qui reviendront (vraiment) finalement en 2017.

A quelques tentatives près, ce n’est qu’au mois de décembre que je me suis recollé aux nouveautés à découvrir et je n’ai pas été décu. Pas mal de coups de coeur et un choc durable plus tard, je me sens prêt à dresser un bilan pour 2016. Toujours garanti sans spoiler.

Pas de classement pour autant. Tout le monde le fait. Et je sais avoir encore à faire un peu de rattrapage qui m’interdit un avis définitif sur les séries incontournables. Et je préfère tenter d’expliquer ce qui m’a plu dans mes coups de coeur plutôt que de les classer.

Le thème qui aura marqué l’année est sans conteste celui de la multi temporalité. Souvent sous forme de flashbacks mais pas que. On ne développera pas pour ne rien révéler des séries concernées.

A la rentrée, séduit par la bonne réputation qui la précédait et sa diffusion en quasi temps réel sur Canal+ série, j’ai décidé de suivre This is us. C’est l’unique bonne surprise d’un grand network (NBC) pour cette rentrée. Avec peut-être Designated Survivor (ABC) dont les seuls premiers épisodes que j’ai vu se regardent avec plaisir.

Si This is us a retenu mon attention, c’est pour sa capacité à allier rires et larmes et surtout à rendre attachant en 1 épisode l’ensemble des personnages de cette série chorale. Le twist majeur (qu’on gardera donc secret) qui clôt le premier épisode ajoute une épaisseur à la série en la rendant immédiatement plus que sympathique. Elle ne bouleverse pas le genre de la comédie dramatique mais est brillamment écrite et interprétée, suffisamment pour attendre avec impatience son retour le 10 janvier.

J’avais auparavant tenté la série qui a créé le buzz cet été, ce qui est rarement un bon signe pour moi. Je n’aime pas Game of thrones ni The walking dead, je n’ai pas particulièrement aimé Stranger things, la présence de Wynona Wider n’ayant pas suffit à compenser la magie régressive à la E.T et autres Goonies qui n’a pas du tout fonctionné sur moi.

Il aura donc fallu attendre le mois de novembre pour un premier coup de coeur que je pensais alors en pole position pour l’année. Je passerai vite sur les raisons déjà détaillées ici mais si Westworld (HBO) vaut le détour, la superproduction sera surpassée par des séries au budget plus restreint.

C’est d’ailleurs également au mois de novembre que The Crown débarque sur Netflix. Le budget de 130 millions de dollars pour les 10 épisodes de la saison 1 est bien mis au service de l’accession au trône d’Elizabeth II. Me sentant quelque peu spoilé par l’Histoire, je ne me suis pas laissé totalement embarqué, l’ensemble manquant de chair et d’émotion pour moi. Même si les confrontations entre la jeune Elizabeth et Churchill valent à elles seules de s’y arrêter. Mais le meilleur est à venir.

C’est en posant la question sur les réseaux sociaux que j’ai fait mon choix des 2 intégrales que je ferais entre Noël et Nouvel An. Après avoir vite englouti l’épisode spécial Noël de Sense8 qui replonge immédiatement dans l’ambiance qu’on a tant aimé mais frustre un peu par la faiblesse de la story line, j’ai commencé le marathon avec une série qui m’avait complètement échappée l’été dernier.

Si The night of a été diffusée sur HBO en juillet et août, elle n’a pourtant rien d’une série de l’été. Noire, très noire, elle raconte au moins autant la vie en prison que les pièges de la justice américaine. Si John Turturro a largement été plebiscité pour son interprétation “à la Columbo” d’un avocat impliqué, c’est la prestation de Riz Ahmed qui m’a absolument scié.

Riz Ahmed

En 8 épisodes, il passe d’un regard de biche apeurée d’un ado perdu à l’oeil noir et inquiétant d’un homme qui a révélé des facettes plus sombres. C’est la révélation absolue d’un acteur (également rappeur) surdoué qu’on n’arrêtera plus de voir fin 2016 et en 2017. Il est en plus passionnant sur les réseaux sociaux, très engagé et de toute évidence intelligent.

On retrouve d’ailleurs Riz Ahmed dans LA série ultime. Celle qui entre en tête de mon palmarès personnel de tous les temps. Devant Breaking Bad, Downton Abbey ou Six feet under. Rien que ça.

Impossible de résumer The OA. Jamais une série ne m’aura à ce point bouleversé. Au point d’y penser régulièrement plusieurs jours plus tard. Au point d’être blessé par les réserves de certains. Je n’y ai pas vu la lenteur pesante ni la complexité inutile que certains évoquent, j’ai adoré la fin qui semble en avoir déçu plus d’un. J’y ai vu une filiation avec un Tim Burton (que j’aime tant) totalement réinventé pourtant très peu évoqué dans les critiques et j’ai (enfin) découvert une toute nouvelle forme écriture fictionnelle.

Il me reste à voir la saison 2 d’American Crime parait-il exceptionnelle, The Man in the high castle, The Young Pope, The Get Down, Atlanta, Black Mirror Saison 3… pour une année des séries 2016/2017 décidément de très haut vol.

Pour leur retour en saison 2, Mr Robot m’a déçu, UnREAL a confirmé. Côté guilty pleasures, la saison 3 de How to get away with murder reprend du poil de la bête après une saison 2 faiblarde, Scandal se fait attendre, Arrow tourne en rond alors que The Flash s’impose inversement et contre toute attente comme une série solide.

Le grand retour de HBO, la solidité et la créativité confirmées des productions Netflix auront donc marqué mon année série. Un acteur m’a bluffé et une série entre au panthéon de mes meilleurs heures devant un écran. Et comme je demande jamais rien, ce qui me ferait plaisir en 2017 serait de rencontrer Brit Marling, Zal Batmangliglij et Riz Ahmed, j’ai plein de questions à leur poser. Voilà, merci pour votre aide.

Et vivement les prochaines découvertes !