Startup Camp: on quitte le camp de base!

On le sait, l’enjeu pour une entreprise est de s’adapter en permanence. Adapter son offre, son organisation, sa communication… Développer de nouvelles compétences afin de rester compétitive et maintenir une combinaison d’avantages et de différences d’avec ses concurrents ou offres alternatives.

La même logique s’impose aux territoires. Mais comment faire, concrètement? Nous sommes à l’aube du Startup Camp qui, en Wallonie, tente de répondre à la question.

En effet, un territoire donné, une ville, une région ou un pays, doit lui aussi développer de nouvelles compétences, s’adapter, se doter en permanence de nouveaux outils, transformer les anciens, renouveler la façon dont il soutient les entreprises, leur création, leur croissance.

Plus un territoire sera équipé pour vivre cette adaptation, plus il sera capable de produire des organisations performantes. Mais “s’adapter” peut recouvrir plusieurs interprétations. Distinguons ici l’adaptation déductive, de l’adaptation inductive. En effet, il est possible pour un territoire comme pour une organisation de développer une capacité d’adaptation déductive. Elle permet de progresser en observant le marché, les tendances, de répondre à de nouvelles opportunités qui s’offrent aux acteurs. Mais une entreprise ne sera très performante que si elle fait l’effort de se doter d’une capacité d’adaptation inductive. C’est-à-dire par la force de ses propositions et de ses créations, elle insuffle un nouveau rythme et influence à son tour les tendances.

De nombreux travaux ont été réalisés sur cette question au sein d’entreprises. Nous avons l’intuition que cette analyse s’applique aux territoires, et à leur animation économique. Aujourd’hui, il est nécessaire de ne pas limiter l’économie et l’innovation à la production de nouveaux produits et services, mais d’en étendre l’appréhension à la mise en place de nouvelles formes d’échanges commerciaux, de nouveaux modèles d’affaires, de nouveaux types d’organisations. Ainsi, l’animation économique ne doit pas se limiter à la facilitation de la création de nouvelles entreprises ou la croissance de celles-ci mais doit être la force d’adaptation inductive du territoire et ainsi suggérer, proposer, piloter l’amorce de nouvelles formes de projets. Pour offrir une valeur ajoutée à son territoire, elle doit travailler à partir de l’avenir et aider à le faire émerger.

En Wallonie comme dans d’autres régions, on peut constater que ce mouvement est en marche. De façon relativement peu visible pour un observateur extérieur, mais plus intense pour un opérateur du terrain. En effet, on peut citer de nombreux chantiers qui intègrent pro-activement de nouvelles pratiques au cœur de notre économie : Lean Startup, Design Thinking, Intelligence Stratégique, nouvelles pratiques de financement, etc. Pour n’en prendre que quelques-uns.

Aujourd’hui, avec les Invests, les CEI, les hubs de créativité, nous lançons les Startup Camps: à Mons avec Digital Attraxion, Namur avec le BEP et le TRAKK, Louvains-la-Neuve avec Digital BW, Liège avec Leansquare, et bientôt en Province du Luxembourg. C’est un véritable mouvement collectif de transformation des pratiques de l’animation économique qui voit le jour avec cette initiative puisque nous embarquons plus de 20 organisations de soutien aux entrepreneurs. Il s’agit de six semaines d’accélération, au même moment, dans plusieurs villes de Wallonie.

L’objectif du Startup Camp est double.

Premièrement, il s’agit de transférer les outils du “lean startup” aux Centres d’Entreprises et d’Innovation, aux Invests, aux hubs de créativité en co-organisant l’accélérateur, en leur fournissant le guide des méthodes et organisant un accompagnement par des coaches rompus à ces nouvelles pratiques.

Deuxièmement, nous visons à accélérer non plus 6 à 9 startups par saison, mais bien 40. Par “simple” démultiplication des accélérateurs sur le territoire de la Wallonie.

Tandis que la première raison de l’échec des Startups est de développer un produit ou un service qui ne corresponde pas à un besoin du marché, le Startup Camp aspire à faire tester au plus vite l’idée avec laquelle le porteur de projet a intégré le programme. L’objectif est donc de mettre en place un rythme soutenu afin d’aider les entrepreneurs à faire évoluer le plus rapidement possible leur projet via des “mesures concrètes”. Les Startups font plus, plus vite et les échecs arrivent tôt.

Pour réaliser ces objectifs, nous avons créé des boites à outils dans lesquels se trouvent les équipements et consommables essentiels à la mise en place du Startup Camp.

Nous avons également créé le “roadbook”, le manuel de la startup qui reprend les meilleures pratiques, les meilleurs conseils et leur servira de guide et de mémoire au fil de leurs expériences.

Nous souhaitons aux 36 startups sélectionnées un excellent voyage, en gardant les pieds sur terre et la tête dans les nuages. Parce que le chemin vers l’entreprise est difficile et fascinant.

PS: Et nous vous donnons rendez-vous le 16 juin pour le “Pitch Day”, moment de présentation des projets de startups!

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