Cet article va bouleverser tout ce que vous pensez savoir de la technologie

Résumé : à l’instar de tout système vivant, le règne technologique n’a que deux objectifs : survivre et s’étendre. Et les êtres humains n’ont pas vraiment leur mot à dire dans ce processus.


“What Technology Want” est un essai de Kevin Kelly dont la lecture m’a complètement chamboulé.

Son message de base est le suivant : ce que nous appelons “technologie” est à considérer non pas comme le pur produit de la créativité artificielle, mais comme un règne du vivant à part entière. Ce royaume, qu’il nomme “technium” serait mû par sa volonté propre, et l’espèce humaine n’en serait que le terreau, de même que le règne minéral est le support du règne végétal, et le végétal celui de l’animal.

Ce techium est influencé par les mêmes lois qui ont dirigé l’évolution de la matière inorganique, puis celle de la vie organique. Régie par ces forces universelles, son développement en est alors non seulement inévitable, mais également prédictible selon certaines tendances majeures que l’on peut étudier et sur lesquelles s’aligner dès aujourd’hui pour se préparer à l’avenir qui nous attend.

Ouf !

Cet article est ici ma tentative de résumer et de reformuler au mieux les principes majeurs de cet ouvrage controversé. Gardez donc à l’esprit qu’il est incomplet, parfois un peu décousu, et que la vérification des faits avancés (parfois assez incroyables) peut se faire en lisant le livre et en faisant les recherches nécessaires.

Ceci étant clair, commençons.


Technologie [du grec “techne”] : art, talent, ingéniosité.

La technologie, la capacité à modeler l’environnement et ses éléments, n’est pas une invention humaine.

La technologie est née avec la vie elle-même. On la distingue chez les insectes sociaux qui bâtissent de somptueux édifices (fourmis, abeilles, termites, etc.), chez les oiseaux tisserands ou le Corbeau Calédonien, capable de créer ses propres outils, chez les primates, et si l’on y regarde bien, même chez le Bernard-l’ermite devant utiliser son environnement à son avantage en cherchant de nouvelles coquilles vides à habiter.

Des fourmis cultivant des champignons dans les galeries qu’elles ont creusés.

Considérant que l’apparition de la technologie est inévitable dès lors qu’existe la vie organique, Kevin Kelly propose d’en faire le 7ème règne du vivant, appelé “technium”, s’ajoutant alors aux 6 déjà reconnus en biologie :

  1. Le Règne des Archées (unicellulaires)
  2. Le Règne des Bactéries (unicellulaires)
  3. Le Règne des Protistes (unicellulaires)
  4. Le Règne des Mycètes (champignons)
  5. Le Règne Végétal
  6. Le Règne Animal
  7. Le Règne Technologique, le technium

De toutes les influences existantes sur le technium, l’esprit humain n’en est qu’une, et probablement la plus faible d’entre elles, étant la plus récente.

C’est que technologie et vie partagent la même essence fondamentale, celle d’un flux immatériel d’informations.

Chacune des 30 millions d’espèces uniques vivantes actuellement est une seule chaîne d’informations remontant à la toute première cellule. Il n’y a qu’une vie, descendant d’une seule lignée basée sur une seule molécule.

Prenons un perroquet, un lapin ou un être humain.

Le total des informations génétiques accumulées pour chacune de leur lignée génétique depuis l’explosion Cambrienne il y a 500 millions d’années est estimée à 10 Mb.

Eric Schmidt, ancien PDG de Google, estimait en 2010 que nous produisions tous les deux jours environ 5 Eb (soit 5 000 000 000 Gb = 5 000 000 000 000 Mb !!!) d’informations… soit autant «qu’entre le début de la culture humaine et 2003» !

Et il est estimé qu’en 2016, les échanges Internet dépasserons le Zettaoctet ( 1 000 Eb !).

Une telle explosion d’information donne le tournis.

Selon Kevin Kelly, cette tendance est pourtant non seulement prévisible et exponentielle, mais également inévitable.

“Inévitable !”

Voici le concept le plus controversé de l’ouvrage, celui de l’inévitabilité dans l’évolution biologique… et technologique ! Une fois appréhendée cependant cette notion n’évoque ni mysticisme ni aucune notion de destinée.

Deux pressions influencent l’évolution biologique vers certaines formes inévitables et récurrentes :

  1. Les contraintes négatives liées aux lois de la physique et de la géométrie. Le “surnaturel” n’existe pas, tout est limité d’une certaine façon par les lois du cosmos et chaque forme se doit de jouer dans ces frontières.
  2. Les contraintes positives produites par la complexité auto-organisée des chemins génétiques, qui reproduisent de nouveaux les mêmes possibilités. L’aiguillon venimeux par exemple se retrouve dans plusieurs espèces animales pourtant très éloignées (scorpion, guêpe, raie, etc.). Tous (?) les mammifères, malgré leur diversité, ont un coeur et deux poumons. Certaines formes et fonctions se répètent ainsi plus qu’il n’en serait théoriquement nécessaire.

Ces deux forces opposées génèrent un vecteur d’inévitabilité à l’évolution organique, s’ajoutant aux deux autres influences déjà reconnues par la communauté scientifique.

Les trois forces de l’évolution biologique

Les trois forces influençant la technologie

Cette notion d’inévitabilité est flagrante dans le technium. Lorsqu’une idée est dans “l’air du temps”, sa manifestation est immanquable.

Toute invention qui peut être inventée, le sera à plusieurs reprises, et de manière quasi-simultanée. Bronze et acier ont par exemple été découvert indépendamment sur 4 continents à peu près au même moment de l’histoire humaine.

L’histoire ne garde que le nom de celui qui s’est rué vers le bureau de brevets avant tout le monde, mais l’ampoule électrique, le téléphone, la radio et autres innombrables inventions, ont toutes été inventé plusieurs fois par des personnes différentes dans une fourchette d’années assez serrée.

“La technologie, c’est tout ce qui a été inventé après que vous soyez né.” — Alan Kay

Plus troublant encore est ce phénomène lorsque l’on étudie la mémétique (étude des évolutions culturelles avec approche Darwinienne).

Chaque année des films, des livres et des jeux vidéos aux concepts et thèmes similaires sortent en même temps.
ex : Twister, The Truman Show, Harry Potter, etc.

Ce n’est pas forcément parce qu’ils se sont copiés les uns les autres, mais parce que tout était réuni au niveau culturel pour qu’émergent ces idées.

Il était inévitable, à l’aube du XXIème siècle, qu’apparaisse dans le monde occidental l’histoire d’un petit sorcier orphelins à lunettes, aidé d’une copine intello et ayant à faire face à des “muggles” (moldus).

Rien de mystique dans ce phénomène. Une graine plantée au bon endroit dans un terrain à la configuration idéale donnera inévitablement naissance à une plante. Il nous est pourtant impossible de déterminer d’avance la forme exacte de chaque branche et feuille de cette plante. Seules les grandes tendances sont prévisibles, ce qui est déjà pas mal !

Et nous savons par exemple que dans le développement des technologies humaines la métallurgie n’a pas à forcément suivre, techniquement, la poterie, mais c’est pourtant toujours ainsi que c’est arrivé pour chaque peuple à travers l’histoire.

Source photo : http://www.fingerbuster.com/

De même, l’informatique repose sur l’industrie lourde, laquelle repose sur l’agriculture. Chaque pays en voie de développement passe toujours par ces phases, dans le même ordre, ayant besoin des mêmes infrastructures universelles pour que s’épanouisse le technium.

Le technium est un processus, l’humanité est un processus, l’évolution animale est aussi un processus.

Et si nous pouvions comprendre quelles sont les caractéristiques de ce processus, peut-être pourrions-nous découvrir le rôle que nous pouvons y jouer.

Les 10 qualités de l’évolution

Ces 10 tendances se manifestent dans les règnes du vivant communément acceptés . Observons maintenant comment elles s’appliquent aussi au “Septième Règne.”

1. COMPLEXITÉ

Les interactions se multiplient, les proportions éclatent, tout veut communiquer avec tout et participer à un système qui nous transcende.

L’arrivée des organismes pluricellulaires a été un bond fantastique dans la complexité du vivant, de même que le fut la création d’Internet pour les unités informatiques.

Mais la plupart du technium visible est, en soi, toujours basé sur des technologies simple, de même qu’un organisme complexe comme un corps humain reste composé de nombreuses petites cellules.

Les technologies simples emplissent le technium comme les bactéries emplissent la biosphère. Il y a davantage de marteaux aujourd’hui qu’à n’importe quelle époque du passé.

2. DIVERSITÉ

La diversité des minéraux cristallins sur Terre a triplé avec l’avènement de la vie bactérienne.

Avec l’avènement des Organismes Génétiquement Modifiés, que cela nous plaise ou non, force est de constater que le Règne Technologique lui aussi peut influencer et apporter diversité aux Règnes qui l’ont précédés.

Le message d’ordre du Technium est simple : mieux vaut trop de choix que pas de choix du tout.

Avec le choix vient la possibilité du refus. C’est en refusant telle ou telle technologie que l’on détermine ou renforce notre identité. Un partisan anti-OGM a plus de caractère qu’une personne sans opinion sur ce sujet, de même qu’il est plus facile de trouver une personne fière d’être végétarienne qu’une fière d’être omnivore !

Le processus de civilisation est une fuite qui s’éloigne du manque de choix en multipliant les propositions. Sans ces choix offerts par la technologie, nous manquerions l’opportunité d’affirmer qui nous sommes et qui nous souhaitons être.

3. SPÉCIALISATION

Dans le vivant biologique, nous avons recensé plus de 12 000 espèces de fourmis. Certaines sont plutôt guerrières, d’autres tisserandes, certaines pratiquent l’élevage, la culture ou la maçonnerie, et d’autres encore font un peu tout ça.

Dans le vivant technologique, cette tendance à la spécialisation est connu sous le nom du concept de niche.

Apple fait des ordinateurs, comme de nombreux autres fabricants. Mais ses consommateurs n’achètent pas des produits Apple, ils achètent une marque, une image qui leur correspond. Ils achètent une différence, une spécialisation.

Nous pourrions prévoir le futur de n’importe quelle invention d’aujourd’hui en l’imaginant évoluer en douzaines d’applications plus spécifiques.

Certes, certaines technologies arrivent à regrouper plusieurs utilités comme le smartphone (téléphone, appareil photo, caméra, ordinateur, etc.). Mais même ces produits se spécialisent et se déclinent en formes précises. Apple iPhone, Samsung Galaxy, Nokia ? Chacun vise sa cible et tente de se démarquer des autres en affirmant ce qui fait sa différence.

4. UBIQUITÉ

Aucune espèce ne peut atteindre l’omniprésence planétaire, même pas les êtres humains (dans leur état physique actuel). Et pourtant, toute vie tend vers cette direction, l’extension permanente. Et le technium n’y fait pas défaut.

Il ne faut donc pas s’inquiéter de ceux qui n’ont pas la fibre optique dans leurs écoles aujourd’hui. Il vaut mieux s’inquiéter de ce qui arrivera lorsque tout le monde en aura l’accès, car cela arrivera (ou sera mis en place par une technologie similaire alternative).

La technologie veut et va s’étendre, dans l’espace et dans le temps (l’attention que nous y accordons). Mieux vaut s’y préparer avec sagesse.

5. LIBERTÉ

Attention, là on envoie du lourd!

Selon Freeman Dyson, le libre-arbitre précèderait la vie elle-même et s’observerait dans les particules subatomiques.

La dissolution spontanée d’une particule en sous-particules et rayons énergétiques est non prédictible, ni déterminable par les lois de la physique classique. Nous appelons ce phénomène évènement “aléatoire”.

Stuart Kauffman, biologiste théoricien, affirme que ce libre-arbitre résulte de la nature quantique de notre univers.

Dans l’expérience des fentes de Young, les photons passant par deux fentes étroites choisissent d’être onde OU particules APRES être passé par les fentes.

https://www.youtube.com/watch?v=7f14cVCpvDc
Le libre-arbitre est à ce jour la seule option mathématique et logique restante pour expliquer ce phénomène.

Ce changement d’état serait donc volontaire, et la source même du libre-arbitre de notre cerveau, puisque cet effet de transition incohérence-cohérence “aléatoire” se produit dans toute matière physique.

Ce phénomène est universel, notre espèce n’a donc pas le monopole du choix.

La matière même est consciente ! Tout est vivant. Tout est “libre”.

Et où il y a libre-arbitre, il y a bien évidemment possibilité d’erreurs, d’où les nombreux “dérapages” (mutations, accidents, invasions, etc.) présents à la fois dans le règne biologique et le règne technologique.

6. MUTUALISME

Plus de la moitié des espèces vivantes sur Terre sont de type parasitiques. Elles dépendent d’autres espèces pour leur survie, à la faveur d’une phase de leur vie au minimum.

Les biologistes pensent que tout organisme vivant (incluant les parasites eux-mêmes) serait l’hôte d’au moins un parasite.

Le parasitisme n’est qu’un degré sur un long continuum de mutualisme :

  1. Plus la vie évolue et plus elle dépend d’autres formes vies. Les animaux sont plus dépendants d’autres organismes que ne le sont la plupart des végétaux.
  2. Plus la vie évolue et plus elle créée des opportunités de dépendances entre espèces. Les herbivores s’abreuvent ensemble aux points d’eau pour profiter de l’effet de groupe face aux prédateurs.
  3. Plus la vie évolue et plus augmente la coopération entre les membres de même espèce. La socialisation d’une espèce est une étape charnière dans son développement. Une fois acquise, elle est rarement abandonnée.

Le technium aussi a déjà atteint cette coopération entre les membres de son Règne. L’internet des objets est en train de démultiplier cette tendance.

Un quart de son énergie est produite pour la subsistance humaine, tout le reste est produit par la technologie pour le maintien et le développement de la technologie.

7. BEAUTÉ

L’obsolescence devient luxe. La désuétude devient beauté.

Qui aurait imaginé auparavant que l’on brûlerait des chandelles alors que les ampoules électriques sont si économiques ? Allumer des bougies est aujourd’hui une marque de luxe inutile.

Quelques années après avoir été remplacé par des technologies plus compactes et efficaces, ces appareils photos étaient sur le point d’être oubliés. Qui aurait cru qu’ils susciteraient aujourd’hui un engouement accru, un gage de personnalité ?

Ne parle t-on pas de “charme désuet” en désignant une technologie ancienne ?

Cette même technologie n’avait pourtant à l’époque aucun “charme” particulier. Elle faisait parti du quotidien et était surtout utilitaire.

Notre technologie la plus usitée aujourd’hui deviendra donc elle aussi dans le futur une marque de beauté inutile. Imaginons par exemple que certains se promèneront ostentatoirement avec des smartphones quand bien même nous aurions des moyens de communication plus discrets et efficaces…

8. SENTIENCE

Les plantes sont plus proches des animaux dans leur comportement que ce que nos vies effrénées nous permettent de voir. Les végétaux démontrent toutes les caractéristiques de l’intelligence, mais sans cerveau central, et au ralenti.

Le technium aussi est une intelligence, en émergence peut-être, mais une intelligence tout de même.

Chaque fois que nous cliquons sur un lien nous renforçons un node du cerveau global quelque part. Nous programmons la machine en l’utilisant.

Cherchons nous l’intelligence non-humaine ? Où est-ce elle qui nous cherche ?

L’esprit humain reste à ce jour la technologie la plus rapide, la plus efficace et la plus exploratoire de l’univers pour créer de l’ordre à partir d’informations désorganisées. Mais des problèmes à échelle planétaire requièrent une intelligence à échelle planétaire.

Et celle-ci, petit à petit, émerge…

9. STRUCTURE

La science est une machine que nous avons inventé pour connecter l’information.

Les faits, en fait, ont aussi été inventés. Non par la science, mais par le système légal européen du 16ème siècle. Les magistrats ont établis que les observations mutuellement confirmées pouvaient être traitées comme des preuves. La science n’a fait qu’adopter cette innovation utile.

La “méthode scientifique” n’est pas UNE méthode uniforme, mais une collection de techniques et de processus qui ont évolués sur plusieurs siècles.

Le “contrôle placebo” par exemple n’existe que depuis 1937. L’expérimentation en double-aveugle, pour contre-carrer davantage le biais du placebo n’existe quant à elle que depuis 1952.

La nature du processus scientifique sera soumise à davantage de changement dans les 50 prochaines années qu’elle ne l’a été durant ces 400 dernières.

10. ÉVOLUTIF

L’évolution est un jeu infini. Le but du jeu est de continuer à jouer, éviter à tout prix le “game over”.

L’évolution ne veut qu’évoluer, sans direction précise, sans finalité, juste en suivant les règles qu’elle s’est imposée avec les 10 caractéristiques présentées ci-haut.

Les dangers de la technologie

Là où il y libre-arbitre il y a possibilité d’erreurs avons-nous souligné.

Et il est évident que toute évolution, biologique ou technologique, apporte avec elle son lot de dommages pour les écosystèmes déjà en place.

L’arrivée de la vie végétale à probablement été une “catastrophe” pour la pureté géologique de notre planète. La vie animale, à son tour, a complètement transformé le règne végétal. Il est donc “normal” que le règne technologique ait aussi un impact bouleversant sur toute vie l’ayant précédé.

Il faut penser aux conséquences inattendues de la technologie comme des bugs. Plus la technologie sera consciente d’elle-même, et plus il sera rapide de les corriger.

La réponse appropriée à toute nouvelle idée devrait être de la tester immédiatement, pas d’appliquer un “principe de précaution” bloquant toute réflexion !

Le message du technium est que n’importe quel choix est bien mieux qu’aucun choix du tout. Une mauvaise idée est meilleure qu’aucune idée, puisque toute idée, aussi mauvaise qu’elle soit, peut toujours être améliorée… si l’on continue à penser !

Nous avons une forte propension à romantiser le passé… il n’y a jamais eu de “bon vieux temps”. Grâce au technium, nous avons oublié (tout du moins pour les pays développés) ce qu’étaient le froid, la faim, et le risque quotidien d’être dévoré par des prédateurs sauvages.

“Aaaah… le bon vieux temps !”

Nous avons une tendance démesurée à sous-estimer les risques naturels et de surestimer les risques de la technologie humaine. Lorsqu’il s’agit de mesurer les risques nous sommes très irrationnels. Nous avons peur de prendre l’avion mais n’avons pas la moindre pensée en conduisant une voiture.

Pilotées par des humains, les voitures tuent des millions de personnes chaque année dans le monde. Si, pilotées par des robots, elles ne tuaient “seulement” qu’un demi-million de personnes ce serait une grande amélioration !

Notre rôle est minime face aux forces qui sous-tendent l’auto-organisation du cosmos, mais il n’est pas inutile.

Il ne tient qu’à nous de favoriser, par nos choix individuels, une évolution du technium qui soit la plus positive possible pour les animaux que nous sommes, et les règnes du vivant nous ayant précédé…

Le rôle que nous pouvons jouer

Au moment même ou nos ancêtres hominidés ont joué le jeu, ont pris un caillou pour le jeter contre une noix, nous avions atteins une singularité où nous ne pouvions plus faire marche arrière.

Nous ne pouvons pas éteindre Internet, nous ne pouvons pas arrêter TOUTES les usines, nous ne pouvons pas forcer TOUS les paysans à revenir à la charrue à boeuf (qui reste tout de même du ressort technologique !).

Nous aidons à la production de nouvelles idées, de nouvelles utilités et formes d’arts mais nous n’avons qu’une influence très incomplète sur ce à quoi donnera naissance le technium.

Les êtres humains ne sont que les organes sexuels du technium, pas les maîtres.

Auto-préservation, extension et croissance dirige toute forme de vie. La technologie elle-même, notre enfant, notre héritier, devient autonome en ces points selon des tendances bien précises qu’il serait sage d’étudier.

La technologie ne revient jamais en arrière. A quelques exceptions près, les technologies elles-mêmes ne savent pas ce qu’elles deviendront lorsqu’elles seront “grandes”.

Nous ne pouvons pas demander à la technologie de nous obéir, pas plus que nous ne pouvons demander à la vie de nous obéir. Parfois, nous devrions nous y abandonner, et parfois, tâcher de la plier autant que faire se peut à notre volonté.

Il y a 10 000 ans, les humains ont passé un cap ou leur capacité à modifier leur biosphère a dépassé la capacité de la planète de les modifier. Aujourd’hui, nous passons un second cap ou la capacité du technium à nous modifier à dépassé notre capacité de le modifier lui.

Nous devrions apprendre à travailler avec cette force plutôt que contre elle. Car le technium est, à son niveau le plus fondamental, potentiellement compatible avec la vie biologique.

Il ne tient qu’à nous, avec conscience, d’encourager les technologies conviviales.

Convivial : compatible avec la vie.

Plus une technologie est conviviale et plus elle s’aligne avec sa nature de 7ème royaume de la vie.

Toute technologie, quelle qu’elle soit peut être acheminée vers plus de transparence, de collaboration, de flexibilité et d’ouverture. Là est de toute façon son avenir inévitable puisque l’objectif principal du technium est de développer le jeu infini de la vie.

L’avenir de l’agriculture, en ce sens, ira de fermes très industrialisées à production massive à une agriculture décentralisée, locale voire personnelle (permaculture, aquaculture, etc) tout aussi évoluée technologiquement, mais respectueuse des principes de la vie.

Source photo : http://www.healthesoilcsa.org/permaculture-design-course-2013--2014.html

L’avenir du système financier, ira des banques centrales aux règlementations lourdes, onéreuses et corrompues, aux monnaies locales indépendantes et aux crypto-devises. (Lire à ce sujet mon article : “Pourquoi et comment reverser le système bancaire mondial, pacifiquement, avec Bitcoin.”)

Pour vous aligner avec cette force évolutive, observez les outils que vous utilisez actuellement et demandez-vous si vous pouvez utiliser des alternatives plus conviviales aux caractéristiques suivantes :

  • Coopération : entre personnes et institutions.
  • Transparence : origine et propriétés limpides, intelligible même pour les non-experts.
  • Décentralisation : propriété, production et contrôle distribués, non monopolisés.
  • Flexibilité : facile à modifier, adapter, améliorer.
  • Non-dépendance : ses utilisateurs doivent pouvoir cesser de s’en servir à souhait.
  • Redondance : ouvert à la compétition, à des offres alternatives.
  • Efficacité : un impact minimal sur les écosystèmes, facile à recycler.

Notre obligation morale

Ce que la technologie nous apporte n’est pas tant la possibilité de découvrir qui nous sommes que de découvrir qui nous pouvons et souhaitons devenir.

Il y a un génie vivant aujourd’hui, de même stature que Shakespeare, dont les chefs-d’oeuvres ne seront jamais connu de l’humanité, pour la simple raison qu’il ou elle est né avant que la technologie de son talent soit inventé (holodeck, trou de ver, télépathie, téléportation, crayon magique, ???). Sans ces possibilités, il ou elle est diminuée, et par extension, nous sommes tous diminués.

Combien de génies meurent aujourd’hui avant que les technologies nécessaires à l’épanouissement de leur talent n’aient été inventées et rendues accessibles ?

Si Mozart était né avant que le piano ne soit inventé, l’humanité aurait manqué un génie.

Nous avons donc l’obligation morale d’encourager le meilleur de la technologie et ses innombrables options.

La vie n’est pas tant un miracle qu’une nécessité pour la matière et l’énergie. La plus petite et superficielle pensée ne pourrait exister sans tout un univers et un ensemble de loi en encourageant la génération.

La complexité et l’ouverture créatrice de ces 4 derniers milliards d’années ne sont rien face à ce qui nous attend prochainement...


Le commencement est proche.
Etes-vous prêts ?


Vous en voulez encore ?

Vous pouvez parcourir sur Workflowy mon travail de collecte et traduction qui a servi de base à cet article synthétique.

Où, mieux encore, vous pouvez :

> lire le livre !

PS : merci à Alice, Selva et Séb pour leur relecture et corrections de mes nombreuses fautes d’inattention. ☺


Vous avez apprécié ce texte ?

Découvrez d’autres créations du même auteur sur son site : Damien Casoni.com