Shyamnagar Friendship Hospital ouvre ses portes

Newsletter June 2018

by Marc Elvinger, Chairman Friendship Luxembourg

Chères amies, chers amis
Dear Friends of Friendship (see translation below)

Sous quinzaine, Shyamnagar Friendship Hospital, situé dans la région côtière du Bangladesh, ouvrira ses portes. A défaut d’autre infrastructure comparable dans cette région du sud-ouest du pays, ce sont près d’un million de personnes qui dépendront de cet hôpital pouvant accueillir jusqu’à cent lits.

A partir de 2019, grâce à un financement intégral de la Banque Islamique de Développement, Friendship mettra en service cinq nouveaux bateaux-hôpitaux et cinq unités de santé mobiles en forme de semi-remorques dans d’autres régions particulièrement peu desservies du pays et comptant autour de trois millions d’habitants. En l’occurrence, la mission conférée à Friendship comprend le transfert, après cinq ans, des infrastructures et du personnel aux autorités publiques de santé du Bangladesh.

Shyamnagar Friendship Hospital, à la lisière des Sunderbands (photo mai 2018)

Au total, et en tenant compte de ses activités préexistantes dans les îles alluvionnaires du nord du pays et dans la région côtière, ce seront ainsi autour de dix millions de personnes qui pourront accéder au réseau de soins de santé progressivement mis en place par Friendship et dont les infrastructures hospitalières ne représentent que la pointe de l’iceberg alors que les équipes paramédicales mobiles et les agentes communautaires de santé en forment la colonne vertébrale.

En même temps, face à la crise brutale qui, depuis août 2017, a fait fuir quelque 700.000 Rohingya vers le Bangladesh, Friendship a su mettre en place, en l’espace de quelques mois seulement, un réseau de soins bénéficiant à plus de 150.000 personnes et prestant autour de 30.000 services de santé tous les mois au travers d’une maternité, d’un centre d’accouchement, de douze dispensaires de base et d’une trentaine d’équipes paramédicales mobiles allant au plus près de patients qui, pour avoir été privés de soins pendant des années en Birmanie, n’ont guère le réflexe d’aller au-devant de ceux-ci.

Alors que dans cette expansion des activités de Friendship dans le domaine de la santé, les financements publics jouent un rôle très important, il ne faudrait pas s’y tromper: la force de Friendship dépend de façon critique de sa capacité continue de mobiliser des fonds privés qui, d’une part, constituent la base indispensable de son accès à des fonds publics, et, d’autre part, conditionnent une forme d’indépendance qui constitue le gage de la plus grande effectivité de son action. Et ce qui est vrai pour nos programmes dans le domaine de la santé, l’est autant pour ceux développés dans les domaines de l’éducation, de la citoyenneté inclusive, des activités génératrices de revenu et de renforcement de la sécurité alimentaire et, enfin, de préparation aux effets du changement climatique.

On attribue à Archimède un fameux «Donnez-moi un point fixe et un levier et je soulèverai la Terre ». Le réseau international de Friendship au Luxembourg, aux Pays Bas, au Royaume Uni, en France et, depuis peu, en Belgique, fait œuvre de ce point fixe au service de nos opérations au Bangladesh et du modèle de coopération et de développement endogène que nous promouvons en le pratiquant. En mobilisant des ressources financières et non financières pouvant être utilisées avec une grande flexibilité, le réseau Friendship International permet à Friendship Bangladesh de répondre au plus près aux besoins identifiés en interaction étroite avec les destinataires de ses programmes et d’élargir son action sans se départir de sa mission fondamentale consistant à concourir au renforcement de communautés marginalisées afin de permettre à leurs membres de gagner en autonomie. Dans le respect du principe dit de subsidiarité, les entités européennes ne font que ce pour quoi elles sont particulièrement bien équipées, en laissant à Friendship au Bangladesh le soin de faire tout ce qu’elle est la mieux placée pour réaliser elle-même au regard des critères de pertinence, d’efficience et d’efficacité qui commandent son action.

Nous réalisons bien, en même temps, que ce qui, au fond, fait notre principale force, s’avère parfois être parfois notre talon d’Achille. En effet, trop souvent encore, des agences de coopération européennes ne voudraient voir dans les ONG du Sud, dont Friendship Bangladesh, que de simples exécutantes — des «implementing partners» dans la terminologie consacrée, l’accent étant d’ailleurs souvent sur «implementing» plutôt que sur «partners» … — en s’attendant à ce que les ONG du Nord soient, à tous égards, les véritables maîtres d’œuvre et têtes pensantes, alors pourtant qu’on clame par ailleurs qu’il n’y a de vrai développement que celui qui est localement maitrisé!

La Coopération luxembourgeoise a le grand mérite de ménager aux ONG qu’elle cofinance une très grande flexibilité dans la mise en œuvre des moyens qu’elle met à leur disposition, leur laissant ainsi toute latitude d’agir, pour autant qu’elles le veuillent bien, en accord avec le principe de subsidiarité tel que rappelé ci-avant. Au final, cependant, rien n’est possible sans l’appui de nos donateurs privés, puisque le fameux levier d’Archimède intervient à ce niveau également: l’accès aux fonds publics luxembourgeois — à hauteur de 80% pour la plupart de nos programmes — est conditionné par la mobilisation des fonds privés correspondants. Mais qu’un don de deux-cent permette à Friendship Luxembourg de financer les activités au Bangladesh à hauteur de mille, et de le faire en accord avec des besoins identifiés et suivant des modalités conçues localement, ne devrait laisser personne indifférent! Aussi espérons-nous que vous continuerez à être pour nous autant de «point fixes» que le sont les entités européennes de Friendship International pour Friendship au Bangladesh …

Merci, toujours, pour votre appui, en vous souhaitant de bons mois d’été!

Marc Elvinger
Chairman Friendship Luxembourg

A l’intérieur du Shyamnagar Friendship Hospital, mai 2018

Dear Friends,

In two weeks’ time, Shyamnagar Friendship Hospital, located in the coastal region of Bangladesh will open its doors. In the absence of any other comparable infrastructure in the area, nearly one million people will be depending on this hospital of up to 100 beds.

Starting from 2019 and with full funding from the Islamic Development Bank, Friendship will also operate five additional hospital ships and five mobile health units in the form of semi-trailers in otherwise severely under-served areas of the country, host to around three million people. In the case at hand, the mission conferred on Friendship includes the transfer, after five years, of both infrastructure and personnel to the public health authorities of Bangladesh.

Shyamnagar Friendship Hospital, at the border of the Sundarbans Mangrove Forest (photo May 2018)

Taking into account its pre-existing activities in the alluvial islands in the north of the country and in the coastal regions, approximately 10 million people will thus have access to the health care network gradually set up by Friendship and of which the hospital infrastructures form merely the tip of the iceberg, whereas the mobile paramedic teams and the female community health workers form its backbone.

At the same time, in the face of the brutal crisis that, since August 2017, has caused 700.000 Rohingya to flee to Bangladesh, Friendship has been able to set up, within just a few months, a health care network benefiting more than 150.000 people and providing around 30.000 health services every month through a maternity clinic, a birthing center, twelve basic health clinics and around thirty mobile paramedical teams that attending to the patients at their doorstep. Indeed, having been deprived of care for many years in Myanmar, there is great reluctance on the part of many of them to actively reach out to available services.

Whilst in this expansion of our organization’s health care related operations, public funding does play an increasingly important part, there must be no misconception: Friendship’s strength critically depends on its continued ability to raise private funds which, on one hand, constitute the indispensable basis for its access to public resources, whilst, on the other hand, ensuring a form of independence which is the guarantee of the greater effectiveness of its action. And what holds true for our programs in health holds just as true for those dedicated to education, inclusive citizenship, income-generation, livelihood and food security, as well as preparedness to the effects of climate change.

Archimedes is credited with a famous “Give me a fixed point and a lever and I will lift the Earth”. The international network of Friendship in Luxembourg, the Netherlands, the United Kingdom, France, and, most recently, Belgium, stands as this fixed point in support of our operations in Bangladesh and the model of endogenous development that we promote in practice. By mobilizing financial and non-financial resources that can be used with great flexibility, the Friendship International network allows Friendship Bangladesh to respond as closely as possible to the needs identified in direct interaction with the beneficiaries of its programs and to expand its action without departing from its fundamental mission of strengthening marginalized communities and empowering their members to help them transform their lives. In accordance with the principle of subsidiarity, the European entities only act on matters they are particularly well equipped to deal with, leaving to Friendship in Bangladesh to take care of everything which it is best placed to handle, so as to always optimize Friendship’s operations in terms of relevance and efficiency.

At the same time, we realize that what is in fact our main strength appears to sometimes be our Achilles’ heel. Indeed, all too often, European development agencies would still like to see southern NGOs, such as Friendship Bangladesh, as mere implementers — “implementing partners” in the jargon used within the sector, often with the emphasis on “implementing” rather than on “partners” -, requiring northern NGOs to, in all respects, be the actual masters in mind and action, despite the many claims that there is no true development other than locally driven!

The Luxembourg development cooperation policy has the strong merit of providing Luxembourg based NGOs with a great deal of flexibility in the implementation of the funding it makes available to them, thus allowing them to, if they indeed wish to do so, act in accordance with the principle of subsidiarity as outlined above. But at the end of the day, nothing can be done without the support of our private donors. The lever of Archimedes is also at play here, indeed. Access to Luxembourg public funds — up to 80% for most of our programs — is conditional upon the mobilization of the corresponding private contribution. But the fact that a two hundred EUR donation will enable Friendship Luxembourg to finance operations in Bangladesh in an amount of up to thousand EUR, and to do so in accordance with the needs identified locally, will hardly leave anyone indifferent! So we dare hope that you will continue to be as much of a “fixed point” for us as the European entities of Friendship International are for Friendship in Bangladesh…

Thank you, always, for your support, wishing you good summer months ahead!

Marc Elvinger
Chairman Friendship Luxembourg

Inside Shyamnagar Friendship Hospital, May 2018