Tu parles bien … Mais tu parles trop.

Pourquoi se taire ?

Tout simplement pour ne pas dire de conneries, pour éviter de créer une situation que l’on pourrait regretter.

Nous avons 2 oreilles et 1 bouche, c’est bien pour écouter 2 fois plus que l’on ne parle.

Je recrute des commerciaux et pour recruter les bons il faut rencontrer énormément de monde, et compte tenu de mon parcours (si vous êtes curieux ou curieuse, j’en parle dans un précédent post), je n’aime pas juger au CV.

J’aime rencontrer tous types de profils et parmi ces profils, il y a les néophytes, ceux qui débutent leur carrière et il y a ceux qui veulent en changer.

Et le constat est souvent le même : de loin, les candidats idéalisent le métier de commercial. On leur a dit : “mais vas-y, t’as le contact facile », “tu parles bien avec tout le monde », “t’as la fibre commerciale” (si un jour on se rencontre, ne me parle pas de “fibre” commerciale s’il te plaît, les fibres, ça facilite la digestion et rien d’autre).

Alors oui, tu parles bien mais tu parles trop.

La meilleure qualité d’un sales c’est l’écoute !

Je m’explique !

Le sales a un produit à vendre à un client qu’il ne connaît pas.

Pour reprendre le contexte de l’entretien : le produit à vendre est le candidat lui-même et le client c’est moi, le recruteur.

Le candidat, au même titre qu’un produit, a des milliers de qualités. Néanmoins, elle n’ont pas toutes le même intérêt pour moi, client, recruteur. Par exemple, le fait de savoir que la personne en face de moi sait faire d’excellentes tartes aux pommes ne m’intéresse pas vraiment (et pourtant j’adore les pommes, mais ce n’est pas le sujet). En revanche, apprendre que ce même candidat a pour qualité une grande capacité d’écoute, ça m’intéresse déjà beaucoup plus !!

Mais fallait-il encore le savoir. Lui ne sait pas quoi me dire, il ne peut faire que des suppositions : « est-ce que je lui parle de mes tartes aux pommes ou de ma capacité d’écoute ? Dans le doute parlons lui des 2. ». Choix risqué car j’ai peut-être horreur que l’on me parle de tarte aux pommes (ce qui pourrait vite arriver, je viens quand même d’en parler 3 fois de suite).

Ou alors il y a l’autre solution, ne pas faire de suppositions. Simplement écouter ce que moi j’ai à dire, et si je ne dis rien, m’inviter à le faire en me posant la question “Pour toi Valentin, quelle est la plus grande qualité d’un sales ?” Je te répondrais “l’écoute” et tu me diras que ça tombe bien, c’est ta plus grande qualité ! Tu vises juste, tu marques des points ! .

Cas concret

Lors d’un entretien nous abordons le très classique mais néanmoins incontournable sujet de la rémunération. J’invite donc le candidat à me faire part de ses prétentions, mais voilà, nous avons affaire à une personne qui préfère en dire trop que pas assez. Plutôt que de me donner un chiffre, il me parle de ses études pensant justifier ainsi le fameux montant.

Des études dont il est très fier, et c’est bien normal, mais à force de trop parler il dérape et finit sa tirade par “je pense qu’un master c’est le minimum pour être crédible sur le marché du travail, ça et l’anglais bien entendu !”

N’ayant pas de diplôme et un niveau d’anglais plutôt faible, il vient de me dire le plus naturellement du monde que je n’étais pas crédible sur le marché du travail, situation qui m’a beaucoup fait rire mais qui prouve bien qu’à trop en dire, on peut mettre les deux pieds dans le plat.

Pour finir

Parce qu’il faut rester crédible, ça fait déjà quelques paragraphes que je vous explique qu’un bon sales parle peu et je fais exactement l’inverse.

Donc je m’adresse aux nouveaux (ben oui les autres je me doute bien que vous le saviez déjà), à tous ceux qui embrassent pour la première fois la belle carrière de sales, n’en dites pas trop, posez des questions.

Si malgré tout tu as quand même envie de me rencontrer, lâche ton CV à :

team@tillersystems.com

Toutes nos offres d’emploi ici.

Ps : je ne juge pas au CV mais j’aime les CV drôles !