Cartographie des startup Agritech en France — 2nd édition

By : Manon Gazzotti

©XAnge

Les tendances structurelles, propres à l’évolution de l’agriculture se confirment : les consommateurs questionnent de plus en plus ce qu’ils mettent dans leurs assiettes, le changement climatique bouleverse la manière de produire et cultiver, la concentration des populations dans les zones urbaines pose des questions d’acheminement, et les innovations technologiques permettent de nouvelles applications pour le monde agricole.

Deux ans après notre première cartographie sur les startups agritech Françaises réalisée par Gabrielle Thomas, nous avons donc décidé de renouveler l’exercice pour voir comment l’industrie en pleine ébullition (cf. étude de Digital Food Lab) évolue et se structure.

FoodTech in Frace — DigitalFoodLab

La nouvelle tendance : L’agridata.

C’est le challenge principal qui a émergé depuis 2017 : Comment les différentes parties prenantes du monde agricole (agriculteurs, capteurs, outils d’aide à la décision, coopératives, équipementiers,…) peuvent protéger et partager leurs données.

Les innovations agricoles arrivent à un niveau de maturité qui nécessitent des plateformes de mutualisation des data agricoles pour maximiser leur valeur ajoutée auprès des agriculteurs. En parallèle, ces derniers prennent conscience que les données qu’ils génèrent et récoltent ont de la valeur.

On voit donc émerger de nouvelles initiatives pour adresser le sujet comme Api-Agro qui développe une plateforme d’échange des données agricoles, ou l’initiative OKP4v qui travaille sur un protocole basé sur la blockchain pour gérer le consentement et la valorisation de la donnée agricole. La question, toutefois, est de savoir si les uns et les autres accepteront de mutualiser ces données avec la filière.

Les confirmations : concilier responsabilité, transparence et performance.

  1. Changer nos modes de consommation et de production.

La réduction de la consommation de protéines a un nouveau porte étendard français qui peut tirer toute la filière vers le haut : Ynsect, qui vient de lever 110 millions d’euros. En parallèle, le hardware arrive à maturité grâce aux avancées technologiques des voitures autonomes : Naio et Farmwise développent des robots désherbeurs autonomes, une alternative viable au glyphosate pour préserver nos sols.

2. Garantir la traçabilité des produits et la fiabilité des informations.

De la fourche à la fourchette, les consommateurs veulent savoir ce qu’ils mangent. Le succès viral de Yuka met en avant cet évolution de consommation et lance un gros défi à la filière alimentaire qui (et on retrouve les enjeux d’agridata) doit s’appuyer sur des données fiables et de qualité. Pour cela, des startup font le pari ambitieux de tracer les données grâce à la blockchain. C’est le cas, par exemple de Connecting Food.

3. Optimiser la performance de la production et des rendements.

Comment produire plus et plus proche des villes en évitant l’utilisation d’intrants ? Les fermes verticales sont un sujet qui monte en Europe comme aux Etats-Unis. En France, l’un des précurseurs est Agricool, qui a levé 25 millions d’euros fin 2018. L’agriculture de précision est l’autre défi. Pour cela les enjeux de partage de la donnée et leur interopérabilité sont là encore primordiaux. Karnott, par exemple, permet d’assurer le suivi des interventions agricoles grâce à son boitier connecté.

L’écosystème se consolide.

Pour finir, une petite note sur le dynamisme de l’écosystème qui se structure autour de nombreux acteurs de l’accompagnement : Les Champs des Possibles (Chateaudun), le Bivouac Agricole (Clermont-Ferrand), 33 Entrepreneurs et LesParcelles Coworking (Bordeaux), shakeupfactory à StationF, le Village by CA et le fonds CapAgro (Paris), le Studio agrodigital d’InVivo Agriculture, les laboratoires liés à l’ESA d’Angers, le cluster La Ferme Digitale, l’association Co-farming, Valeur Tech ou encore les appels à projets AgriNEST de BusinessFrance et Innov’Action des Chambres d’Agriculture.

Avec plus de 250 start-ups agritech identifiées nous avons fait le choix de présenter les principales catégories dans lesquelles XAnge investit, ce mapping n’est donc pas exhaustif. Si vous avez des idées de sociétés qu’il manque ou sont mal placées, n’hésitez pas à nous en informer sur bit.ly/mapping-agritech

Un grand merci à Léa de Cofarming, Fabrizio du cabinet conseil Agtech Valeur-Tech, Gabrielle Thomas, Léa Philippot et Alexis du Peloux pour leur aide dans la réalisation de cette analyse.