Le réseau de bornes Autolib doit être entièrement réutilisé pour la recharge en revenant à un tarif acceptable

Les bornes Autolib sont très utilisées pour la recharge de véhicules tiers

Mise à jour 7 août : un nouveau billet faisant un bilan de l’arrêt d’Autolib est disponible ici.

Mise à jour 26 juin : le service de recharge va s’arrêter pendant au moins 6 mois le temps que la Mairie de Paris reprenne la gestion des bornes (source : article de presse confirmé par Mairie de Paris). C’est assez incroyable que la Mairie de Paris n’ait pas prévu les choses suffisamment à l’avance (alors même que l’arrêt de l’auto partage semblait prévisible depuis un moment). La Mairie de Paris abandonne encore plus les conducteurs de voitures électriques. En espérant que la future offre de recharge répondra aux besoins exprimés dans ce billet.

Malheureusement le service d’auto partage Autolib s’arrête.

Il y a plusieurs raisons qui expliquent cela (j’avais déjà expliqué mon ressenti du service d’autopartage et le bureau de recherche 6t et le mobiliste avaient vu les choses arriver), et il ne faut pas rentrer dans la solution facile de reprocher les problèmes du service uniquement à l’entreprise chargée du service; Surtout quand l’on voit ce qu’est devenu le service de partage des vélos Velib (nombreux vélos déjà volés ou dégradés) ou ce que deviennent les vélos en free floating à Paris qui traînent dégradés sur les trottoirs à Paris (également des Velib). Tant qu’il y aura un certain laissé faire de certains pouvoirs publics sur la dégradation des biens communs, les choses ne changeront pas (c’est évidemment mon ressenti).

Il ne faut pas oublier le sort des personnes qui travaillent sur cette activité d’auto partage en espérant que des solutions leur soient proposées.

Un mauvais message pour l’avenir des bornes de recharge qui risque de relancer le squattage des places

Avec l’arrêt du service d’autopartage Autolib, certains vont rapidement se dire qu’ils peuvent aller se garer sur les places Autolib (mêmes certains n’ont pas attendu la fin du service pour le faire) or il n’en est rien. Comme il a été rappelé à plusieurs reprises, le réseau de bornes de recharge (bornes IER du groupe Bolloré) est la propriété des communes où se trouvent les bornes. Anne Hidalgo et la Mairie de Paris ont déjà annoncé : “Les 3.244 places de stationnement et bornes de recharge Autolib’ présentes dans la capitale seront dédiées aux conducteurs de véhicules électriques.” (source : De nombreuses offres existent pour les véhicules électriques et en autopartage). C’est une bonne nouvelle et bien heureusement, c’est le minimum.

Ce n’est pas exactement la fin d’Autolib

Ce n’est pas exactement la fin d’Autolib : la délégation de service public incluait une offre de recharge pour véhicules électriques tiers. Cette offre de recharge rencontre un très important succès comme je l’ai déjà rappelé à l’occasion du billet “Le manque d’infrastructures de recharge pour voiture électrique à Paris démontré par l’engouement pour la recharge sur les bornes Autolib”.

Devant ce succès important de la recharge électrique qui occupait les places pour le service d’auto partage, le syndicat mixte avait pris la décision de quasiment tripler le tarif de la recharge sur les bornes Autolib ! sans même que la Mairie de Paris ne propose de solutions alternatives.

La Mairie de Paris doit donc dès l’arrêt d’Autolib continuer à proposer le service de recharge pour véhicules tiers. D’autant plus que des collaborateurs du groupe Bolloré (la filiale IER) travaillent à la maintenance de ces bornes, il serait dommage qu’ils soient affectés par l’arrêt de l’utilisation des bornes alors qu’il y a une forte appétence pour la recharge de véhicules tiers.

Que faut-il faire des bornes Autolib ? Quelques conseils…

Il faut revenir à l’ancien tarif de recharge sur les bornes Autolib

Malheureusement, le service d’auto partage s’arrête. La Mairie de Paris doit en tirer les conclusions et remettre l’ancien tarif sur les bornes de recharge Autolib (1 € / heure pour 3.7 kW) qui avait quasiment triplé pour privilégier l’auto partage.

Lutter contre le squattage et les mauvais stationnements

La Mairie de Paris doit vraiment lutter contre le squattage des bornes par des véhicules non rechargeables ou non branchés aux bornes ou des véhicules qui se garent en double file contre les places Autolib.

Réunir le réseau de bornes Autolib et le réseau Belib

Quand le syndicat mixte Autolib a décidé de pénaliser la recharge sur son réseau pour privilégier l’autopartage, la Mairie de Paris avait un peu tardivement lancé le réseau de recharge Belib réseau qui ne réponds pas aux besoins de recharges lentes. Pour plus de simplicité, il faut sans doute les réunir.

Garder toutes les bornes de recharges Autolib : Paris déjà en retard sur la recharge des voitures électriques

La Mairie de Paris explique semble-t-il que l’ensemble des bornes de recharge vont être consacrées à la recharge pour les voitures électriques : “Les 3.244 places de stationnement et bornes de recharge Autolib’ présentes dans la capitale seront dédiées aux conducteurs de véhicules électriques”.

Il est nécessaire que cela soit le cas : en effet, si l’on compare avec d’autres villes européennes où le succès de la voitures électrique est bien plus important et où le vélo est bien plus privilégié depuis longtemps, la ville de Paris est déjà en retard :

Le retard de Paris sur les bornes de recharge

Même en intégrant les bornes du réseau Autolib, Paris est déjà plus en retard que les villes d’Oslo, de Copenhague et d’Amsterdam en nombre de bornes par habitant !

Oslo

Même en prenant le nombre de bornes par km², Paris reste en retard sur Copenhague 2020 et si Oslo est un peu en retard sur Paris c’est parce que l’on prends en compte la superficie de 453.99 km² alors que seuls 90 km² sont bâtis. D’autre part, les habitants de Oslo ont souvent installé eux même des bornes de recharge à leur maison même dans le centre ville :

Centre ville d’Oslo

Installer des prises de type 2 pour suivre le standard européenlors des remplacements éventuels

Prise type 2 (Licence : CC BY-SA 4.0)

Face à l’Allemagne, la France avait perdu la bataille pour imposer le standard de prises de type 3C dont sont équipés les bornes Autolib (le journal Les Echos était revenu sur cet échec français : Voitures électriques : comment la France a perdu la bataille des prises).

Comme je l’avais déjà expliqué ici, depuis le 1er mars 2017, les nouvelles bornes de recharges accessibles au public en France doivent obligatoirement être équipées d’une prise type 2 (cf. le site de l’AVERE : Décret IRVE : les standards de prises pour la recharge de véhicules électriques).

Même s’il n’y a donc pas d’obligation pour les anciennes bornes (celles déjà installées), le Mairie de Paris devrait faire en sorte que les bornes éventuellement remplacées en cas de problème, soient équipées de prise de type 2.