C’est quoi, les “Creative Commons” et “Open” c’est pour ouvrir quoi ?

Un autre regard sur les économies contributives…

Comment je suis tombé dans le Open, issu du Closed

De la génération ‘X’, j’ai été bien sage et ai suivi les directives de mes employeurs et des “tendances” imposées par le ‘marché économique’, notre moteur. Je me suis spécialisé pour devenir l’expert attendu sur une technologie informatique, une “solution”. Puis, avec son essoufflement sur le marché, arrivé à près de 50 ans, j’ai eu la chance de me faire débarquer du TGV de notre folie spéculative et de me retrouver “sans emploi”… Ou plutôt, en transition de carrière, car je n’ai jamais autant travaillé qu’en étant chômeur !

Contrairement aux 30 années précédentes, les employeurs ne viennent plus me chercher, comme c’est le cas avec plus de 100 de mes contemporains informaticiens en Suisse romande, malgré les annonces de manques d’informaticiens… Nous sommes “sur-qualifiés”, mais personne ne nous demande combien on réclame, car après les 2 années de “délai cadre” pour le chômage, tu passes de 80% de tes revenus, à zéro ! Et tu deviendras bien plus conciliant pour une réduction de salaire. Tu prendras facilement à ta charge le fameux coût supplémentaire des cotisations sociales pour les plus de 50 ans...

Non, en fait, c’est une fausse excuse, pour justifier une tendance à la stupidité collective, celle de brûler le savoir des vieux, au profit des “fausses nouvelles croyances” des jeunes. Lesquelles s’entêtent à reproduire les bêtises de leurs parents, et parfois en pire :

  • Le jeune cadre, fraîchement reformaté à l’école “Business first”, ne va plus jurer que par la sous-traitance, la réduction des coûts immédiats, et mettre en place un RH dont la fonction n’est plus de valoriser ce qui constitue la base même d’une société; ses employés, mais pour en extirper un maximum de revenus, et les jeter, une fois en “burnout” ou bien devenu “obsolètes” !
  • L’entrepreneur de la génération précédente, (et encore de certaines PME/PMI en Suisse) était un “père spirituel” pour ses employés. Il prenait soin d’eux.
Alors chers “jeunes”, formatés par des vieux “arrivistes” rodés au rendement financier, et oubliant que la vraie création de valeurs, n’inclue jamais l’argent ! Vous conduisez l’humanité vers quoi ? Un gouffre sans avenir ? Un futur type “Soleil vert” ?

Conscient du problème de gouvernance biaisé, quelles voies de sorties?

Bloqué dans une impasse technique, il me fallait donc bien rebondir et augmenter mon intelligence. C’est en connectant celle des autres, car c’est la seule solution pour augmenter la sienne, que j’ai créé “CloudReady.ch” et j’y partage une veille collaborative avec près de 60 veilleurs numériques, sous forme de forums privés, mais ouverts à tous.

Puis j’ai lancé “ICT-a.ch” pour créer une coopérative des informaticiens expérimentés (qui fonctionne en ‘Teal Management’).

Nous y avons connecté nos activités de veille technique en créant nos Tables Rondes thématiques (http://TR.ICT-a.ch), associé aussi avec UDON (Usage Des Outils Numériques).

Sans le savoir réellement, j’avais mis en place des structures qui utilisent et exploitent les grands principes de l’économie contributive…

C’est en parfaite conscience que nous développons désormais LIN.

Merci à Lionel Lourdin, de la Free IT foundation, et cofondateur de http://Kalix.ch pour m‘avoir instruit aux vertus du contributif en 2013… J’étais en fait déjà un digne héritier de l’enfant du Net, Aaron Schwartz, mais sans le savoir !

C’est quoi le contributif ?

L’Open, le Creative Commons…

Ces nouvelles tendances “contributive economy” (avec quiproquos sur ce sujet, à ne pas confondre avec “sharing economy”, un autre broyeur social). On parle aussi “Entrepreneuriat Social et Solidaire” (ESS) chez nos voisins français. Initialement aux USA, et désormais mondialement, on voit se développer les B-Corporations, car pendant que nous “broyons” les humains dans nos sociétés “à la sauce ultra-libérale inspirée US”, les américains ont déjà tirés quelques leçons des erreurs de cette tendance à considérer les humains comme un “bien de consommation”, et mettent en place du “Teal Management” ou des Holacracy, pour remettre l’humain au centre, en introduisant le durable, et le responsable ! De l’éthique, dans les entreprises.

Sustainability, Responsibility

Origine

Open Source et libre

A la base, la notion de développements contributifs a été mis en place par des “innovateurs” comme Linux Torval, qui dira en 2017:

« Les discours sur l’innovation de l’industrie sont des conneries [bullshit] (…) n’importe qui peut innover, “penser différemment”, c’est vide de sens. 99% de l’innovation provient du travail réalisé (…) les projets qui réussissent, c’est 99% de transpiration et 1% d’innovation »

Il a programmé en 1990 un émulateur de terminal qui prendra de l’importance et commence peu à peu à remplacer Minix au sein de son ordinateur. Cependant à la suite d’une erreur de manipulation, il détruisit la partition contenant Minix et prit la décision de tout continuer sur cet émulateur de terminal. Au bout de quelques mois, ce logiciel devint un véritable noyau de système d’exploitation. Il décida de l’appeler Freax pour sa bizarrerie et le x pour Unix. Il diffusa le code de son travail à quelques privilégiés au début, dont celui qui ouvrit un compte FTP sur le site de l’université pour diffuser quand il voudrait son travail. Cependant ce dossier de stockage fut nommé « Linux » et ce nom a été conservé depuis. (source Wikipedia)

De nos jours, plusieurs centaines de déclinaisons (fork) Linux existent, et plus de 90% des serveurs assurant le fonctionnement des applications dans le “Cloud”, sont des machines Linux, comme dans le Noyau des MacOS et des Androïds…

Entre les noyaux, et les interfaces, l’embarras du choix, devient un frein au développement ! Ubuntu est un des majeurs.

Creative Commons

Avec une contribution majeure de la part de Aaron Swartz, l’enfant de l’Internet, et adorateur du Libre et du contributif…

Vidéo de 2 mn, ce qui est indiqué est aussi valable pour la Suisse: http://dai.ly/x1tg4gv
Avec une petite précision importante, le fait de choisir la mention ‘NC’ va donner une licence qui n’est pas “libre”. Mais cela ne veut pas dire que vous n’avez pas le droit de réutiliser pour un usage commercialisé, simplement, il faudra en obtenir l’autorisation ou négocier la redistribution des revenus afférents.

Du coup, cela fait apparaître une notion fondamentale, celle des “biens communs”… Celle-ci est facile à comprendre quand nous parlons de l’air, pour respirer, du soleil. C’est controversé quand on mentionne l’eau potable, et totalement ignoré si nous parlons de la nourriture, et des précieuses ‘Terres arables’, et plus encore pour les ‘Terres rares’...

Mais c’est encore plus délicat quand nous parlons de données numériques, surtout si répliquables…
Nos ultra-libéraux abusifs nous font croire que ce n’est pas plus le cas pour l’eau (C’est très intelligente de la part du CEO de Nestlé et de son équipe, dans une perspective “Business first”, la rareté de l’eau potable devient objet de spéculations), comme pour la terre arable, le pétrole, l’or et toutes les ressources précieuses et limitées, de notre planète. Qui sont en réalité aussi, des biens communs.
Et oui, cette prise de conscience de la “limite” de nos ressources, n’avait pas échappé aux spéculateurs, qui ont tout intérêt à créer des “manques”, de nourriture, d’eau, d’emplois… Mais revenons à nos données.

Open Data

L’annuaire téléphonique est (devrait être) un bien commun. Des outils comme Facebook et WhatsApp, deviennent des outils d’intérêts publics… Sauf qu’ils sont dans les mains de multinationales à vocation commerciales. Mais seul l’Open Data permet de garantir l’accès libre, ou même rémunéré, aux données. Il favorise l’interactivité et les synergies entre les systèmes. Mais il permet surtout l’émergence de nouvelles applications, impossibles sans.

Open Hardware

Extension pour les biens matériels: C’est vital pour des structures comme le CERN, car les investissements massifs doivent rester pérennes et réutilisables. Alors les plans, la conception, la libre réutilisation avec le libre droit aux améliorations, sont inclus dans le contrat d’acquisition, imposés par le CERN. Ainsi, les fonds publics investis produisent des résultats librement réutilisable par tous.

Combien d’entreprises financent un premier travail, à un fournisseur puis va s’autoriser à le revendre ensuite à d’autres personnes, sans réduire la facture du premier investisseur, et en toute légalité. Super rentable, mais est-ce normal ?
Tous les travaux financés par des fonds publics, devraient recevoir l’obligation d’une ouverture en “licence ouverte”.

Avec un éventuel ‘NC’ (Non Commercial) si le financement n’était que partiel. Le mode ‘Open’ imposé, permet de s’assurer que le contenu des programmes ne possède pas des ‘codes douteux’. Le mode ‘Libre’ permet de s’assurer que le code sera librement réutilisable, afin de libérer la créativité (parfois trop, exemple Linux…)

Références:

OSHWA http://www.oshwa.org/definition/french/

JournalDuNet 2012: http://www.journaldunet.com/solutions/magazine/open-hardware-et-materiel-libre-definition.shtml

Mais aussi avec de nombreux articles intéressants sur l’OpenHardware: http://www.journaldunet.com/recherche/?f_libelle=open+hardware

EN: http://www.open-electronics.org/how-to-choose-your-open-source-hardware-license/

TAPR vs CERN: http://www.ohwr.org/licenses

https://opensource.com/law/15/2/intro-open-hardware-licensing