Se reconvertir après un burn-out

Il y a bien souvent un avant et un après burn-out. Une fois le gros de la turbulence passé et la pente remontée, c’est l’heure des choix. Des questions fondamentales, voire existentielles. Elles sont nécessaires. Elles sont vos meilleurs garde-fous pour l’avenir. Car il ne s’agit pas de repartir comme en 40. Le risque de rechute est trop grand. Il s’agit donc de se poser les bonnes questions. Et de trouver les bonnes réponses…

Parmi ces questions, l’une des plus délicates concerne l’avenir professionnel. Que faire à présent ? Retourner dans mon entreprise à l’issue de mon arrêt ? La quitter pour une autre en restant sur le même type de poste ? Ou carrément changer de métier, autrement dit me reconvertir ?

Beaucoup se reconvertissent. Par choix souvent. Par défaut parfois.

La peur de retourner dans la même entreprise, de faire face aux mêmes sources de stress ou d’angoisse qu’auparavant, de revoir ses équipes ou encore de se “justifier” auprès de ses collègues ou collaborateurs poussent certain(e)s à ne pas y retourner et conduit des salariés, hommes ou femmes, à changer de voie. A faire le grand saut. Pourquoi ?

L’une des (heureuses…il en faut bien !) conséquences de l’épuisement professionnel est bien souvent la redécouverte de soi et d’une nouvelle façon de percevoir la vie. La victime de burn-out se rend compte qu’elle avait auparavant mis tous ses oeufs dans le même panier en ne misant que (ou presque) sur sa vie professionnelle largement surinvestie. Il faut alors se ré-emparer des autres pans de sa vie afin de créer un équilibre, idéalement durable. Retrouver un job qui a du sens ET se créer une meilleure organisation de vie sont des objectifs que nous entendons tous les jours en tant qu’accompagnants au changement professionnel. Ce sont deux démarches indispensables et non exclusives l’une de l’autre. Pour ne pas rechuter ou décider d’une reconversion trop à la hâte, il est en effet essentiel de travailler parallèlement sur deux sphères connexes :

Tout d’abord, votre projet de vie. Qu’ai-je envie de faire de ma vie ? Comment ai-je envie de vivre aujourd’hui ? Quelle vie vais-je me créer pour les années à venir ? Il s’agit d’écouter ses désirs autant que ses besoins et d’en prendre acte : exit les postes ou métiers nécessitant des trajets conséquents si vous ne supportez pas les transports ou si vous souhaitez optimiser votre temps pour en passer plus avec vos enfants ou dans une salle de sport. La question des besoins est un pré-requis pour aller plus en amont dans votre réflexion : de quoi ai-je besoin au quotidien pour être bien ? De quoi ai-je besoin pour me sentir épanoui(e) ? Une fois mes besoins déterminés, comment passer à l’action pour les satisfaire ? Que puis-je mettre ne place pour laisser de la place à mes besoins ? Comment assurer ces besoins de façon durable et pérenne ? Autant de questions à se poser impérativement après un épuisement, surtout si vous envisagez une reconversion professionnelle. Pourquoi ? Car bien souvent, suite à un burn-out, les épuisé(e)s souhaitent à tout prix quitter leur travail. Il s’agit d’un réflexe quasi-naturel : fuir la source d’angoisse et de stress. Quitter son travail…pourquoi pas ? Mais à condition 1/d’assurer ses arrières en réglant au mieux sa stratégie de sortie ; 2/Remettre à plat son projet de vie afin de ré-investir les sphères extra-professionnelles (vie personnelle, vie sociale, vie intérieure, etc) ; 3/Insérer son projet professionnel dans ce projet de vie.

Votre projet professionnel intégré à votre projet de vie. Il est absolument fondamental, après un épuisement, de veiller à intégrer votre projet professionnel dans votre projet de vie, et non l’inverse. Le risque est grand en effet, lorsque l’on va mieux, d’oublier les causes de son burn-out. Les mêmes causes produisant les mêmes effets…il faut veiller à faire de son travail un des éléments de son projet de vie et non sa vie tout court. Cela est d’autant plus important que les entrepreneur(e)s post burn-out ne sont pas rares… Souhaitant une plus grande autonomie et une plus grande liberté d’organisation, il n’est pas rare que des épuisé(e)s réinventent leur vie professionnelle en créant leur boîte ou en se mettant à leur compte. Or, l’entrepreneuriat exige une certaine endurance et un cloisonnement vie personnelle/vie professionnelle peu étanche…élément à risque pour un ex-épuisé en règle général naturellement prompt à beaucoup travailler…

Autrement dit, il est nécessaire de ne pas fantasmer la reconversion, surtout lorsque l’on sort d’un burn-out. Savoir où l’on va et quel chemin emprunter prend du temps. Arriver dans un nouveau secteur d’activité, que ce soit par la voie entrepreneuriale ou salariale, exige de l’énergie. Plus encore, la reconversion ne règle pas tout et certainement pas son rapport au travail. Elle n’est pas l’assurance d’une vie plus équilibrée. Elle ne peut l’être que si un véritable travail de fond a été opéré en amont sur son projet de vie. Comme nous l’avons déjà dit ici, attention…l’herbe n’est pas forcément plus verte ailleurs

Marina Bourgeois

Vous ❤ cet article ? N’hésitez pas à le partager !

Pour en savoir plus sur la reconversion post burn-out : Marina Bourgeois, Burn-out. Le (me) comprendre & en sortir, 2018.

--

--

--

Oser Rêver Sa Carrière accompagne les femmes et les hommes en questionnement professionnel afin de les aider à (re)trouver leur voie, (re)construire une carrière qui leur ressemble et passer à l'action.

Get the Medium app

A button that says 'Download on the App Store', and if clicked it will lead you to the iOS App store
A button that says 'Get it on, Google Play', and if clicked it will lead you to the Google Play store
Marina Bourgeois

Marina Bourgeois

www.oser-rever-sa-carriere.com

More from Medium

Should we define laughter?

What are ‘Shadow Values’? And what can we do about them?

Employee engagement: Getting it right for the (hybrid) times ahead

Little habits to help managers with ‘Nothing Gets Done’ — Part 2