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        <title><![CDATA[MAIF Data Design Tech etc. - Medium]]></title>
        <description><![CDATA[Des articles, des questions, des échanges sur tous les sujets des équipes data, design et tech de MAIF. - Medium]]></description>
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            <title>MAIF Data Design Tech etc. - Medium</title>
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            <title><![CDATA[Le DICRIM numérique : une innovation au service des collectivités territoriales]]></title>
            <link>https://medium.com/maif-data-design-tech-etc/le-dicrim-num%C3%A9rique-une-innovation-au-service-des-collectivit%C3%A9s-territoriales-0a8d4aa5849f?source=rss----a2c963c9ef8a---4</link>
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            <category><![CDATA[risk-management]]></category>
            <dc:creator><![CDATA[Ronan Désérable]]></dc:creator>
            <pubDate>Mon, 26 May 2025 12:46:21 GMT</pubDate>
            <atom:updated>2025-05-26T12:46:21.391Z</atom:updated>
            <content:encoded><![CDATA[<h3>Le DICRIM numérique : une innovation au service des collectivités territoriales</h3><p>Octobre 2024, nous présentons le DICRIM numérique de la Ville de Niort (<strong>D</strong>ocument d’<strong>I</strong>nformation <strong>C</strong>ommunal sur les <strong>RI</strong>sques <strong>M</strong>ajeurs) au Salon INN (à lire dans <a href="https://medium.com/maif-data-design-tech-etc/un-nouveau-cas-dusage-pour-aux-alentours-par-maif-le-dicrim-num%C3%A9rique-de-la-ville-de-niort-97ab174c33f2">l’épisode précédent</a>).</p><p>Une question clé se pose rapidement à nous : ce service innovant créé en quelques mois à l’échelle de la ville de Niort, serions-nous en mesure de le créer pour d’autres communes ? Pour toutes les communes de France ? Y a-t-il un modèle économique ? C’est toute la question du <strong>passage à l’échelle (la scalabilité) </strong>d’un service et aussi le défi qui se pose dès que l’on cherche à innover. C’est ce sujet que je développe dans ce billet !</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*rE2jAd71Lw_OBoASte3atQ.jpeg" /></figure><h4>Le DICRIM de quoi s’agit-il ?</h4><p>Le DICRIM est une obligation <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000048082419">réglementaire </a>du maire, dès lors que la commune présente un risque majeur. En France métropolitaine, cela concerne environ 20 000 communes et parmi elles, un peu plus d’une sur deux n’a pas réalisé ce document !</p><p>Il s’agit avant tout un document de <strong>communication </strong>destiné aux citoyens. Il doit donc être accessible et pédagogique. Une seule contrainte : aborder les 3 axes suivants :</p><ol><li>l’ensemble des <strong>risques </strong>connus auxquels la commune est exposée,</li><li>les <strong>mesures</strong> prises par la collectivité <strong>pour prévenir et protéger la population</strong>,</li><li>les <strong>conseils</strong> <strong>de</strong> <strong>comportements </strong>à adopter en cas d’événement majeur.</li></ol><p>Vous trouverez ci-dessous trois exemples de DICRIM au format pdf :</p><p>📍Illustration du <a href="https://www.lorient.bzh/fileadmin/lorient.bzh/territoires/risques/DICRIM_nov2023.pdf">DICRIM de la ville de Lorient </a><br>📍Illustration du <a href="https://metropole.rennes.fr/sites/default/files/VP-documents/DICRIM-dossierpresentation-%23EXE3.pdf">DICRIM de la ville de Rennes</a><br>📍Illustration du <a href="https://www.ville-saintes.fr/app/uploads/ville-saintes/2019/01/risquedocdicrim.pdf">DICRIM de la ville de Saintes</a></p><h3><strong>Les questions à résoudre “pour passer à l’échelle”</strong></h3><p>Pour pouvoir passer à l’échelle, trois défis sont à résoudre : le défi de la désirabilité, celui de la faisabilité, enfin celui de la viabilité. L’innovation est à l’intersection de ces 3 composantes. C’est à l’agence de design <a href="https://www.ideou.com/blogs/inspiration/how-to-prototype-a-new-business">IDEO </a>que l’on doit ce triptyque popularisé par l’approche design thinking dans les années 2000.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/836/1*WLOSiRNBw0kZ_RsG1ZZDKg.png" /><figcaption>Le triptyque désirabilité / faisabilité / viabilité</figcaption></figure><p>Lors d’un atelier d’intelligence collective nous explorons le triptyque et également le BMC - <a href="https://www.agiretentreprendre.fr/business-model-canvas/">Business Model Canvas</a> — pour notamment identifier la proposition de valeur du service.</p><h4>La désirabilité du DICRIM numérique</h4><p>Nous avons pu apprécier la désirabilité du DICRIM numérique de 3 façons : la première lors des démos du <a href="https://www.vivre-a-niort.com/cadre-de-vie/risques-majeurs/index.html">DICRIM numérique de la ville de Niort</a></p><ul><li>auprès des collègues de SMACL Assurance présents sur leur stand au salon des maires et des collectivités territoriales : la solution fait sens pour les collègues, le DICRIM numérique est un service apporteur de solution et qui résout un pain point.</li><li>Lors de ce salon, nous avons pu également échanger avec des élus qui se sont montrés intéressés par la solution.</li><li>Enfin le DICRIM est un document réglementaire, le caractère obligatoire renforce de manière quasi mécanique la désirabilité, c’est en tout cas une hypothèse que nous faisons !</li></ul><h4>La faisabilité du DICRIM numérique</h4><p>La question de la faisabilité du produit, se pose sous 2 angles, l’angle <strong>juridique</strong> et l’angle <strong>technique</strong>.</p><p><strong>L’angle juridique</strong> est à aborder très tôt dans le processus d’innovation car l’absence de véhicule juridique (ou la nécessité de créer un véhicule ad’hoc) peut mettre un terme au projet d’innovation. Très tôt nous avons des informations de nos collègues du service Droit des affaires, qui nous indiquent que “s’agissant d’un service hors assurance, la faisabilité juridique du projet paraît théoriquement envisageable pour une activité accessoire si elle se rattache à l’objet statutaire de la SA SMACL”. Ainsi SMACL serait notre véhicule juridique pour porter le service. ✨<br>Plus précisément le service sera commercialisé par Territoires et Prévention, le service de Prévention de SMACL Assurances.</p><p><strong>La faisabilité technique</strong> est analysée par la squad incubation digitale. Pour passer à l’échelle le DICRIM numérique, il faut procéder de manière différente que pour le<a href="https://www.vivre-a-niort.com/cadre-de-vie/risques-majeurs/index.html"> DICRIM numérique de la ville de Niort</a> qui s’est construit à partir de la stack technique d’<a href="https://auxalentours.maif.fr/">Aux Alentours par MAIF</a>.</p><p>Le DICRIM se construit notamment à partir du DDRM - Dossier Départemental des Risques Majeurs — élaboré par la préfecture et à la maille du département, c’est un document pouvant faire plusieurs centaines de pages. Ainsi le DICRIM d’une commune est la déclinaison locale du DDRM.</p><p>L’analyse de la faisabilité permet de conclure qu’il est possible d’identifier si une commune doit réaliser son DICRIM et quels risques la concernent (grâce à la base de données <em>Gaspar</em>). Il est également possible d’ingérer les contenus des DDRM, d’en classifier le contenu, et de le synthétiser via un modèle <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Grand_mod%C3%A8le_de_langage">LLM</a>. Bien sûr nous conserverons la stack technique d’Aux Alentours par MAIF qui nous permet à partir d’une adresse donnée de restituer sur une cartographie les risques associés.</p><p>📍Illustration du <a href="https://webissimo-ide.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/ddrm_2021_-_version_hq_cle7c6711.pdf">DDRM de la préfecture d’ille et Vilaine</a><br>📍Illustration des <a href="https://www.occitanie.developpement-durable.gouv.fr/les-13-dossiers-departementaux-des-risques-majeurs-a26434.html">13 DDRM d’Occitanie</a></p><h4>La viabilité du DICRIM numérique</h4><p>La viabilité d’un service est souvent un point dur d’un projet d’innovation, car il s’agit de trouver un modèle économique, nécessaire même si le service est déjà faisable et désirable. Nous émettons l’hypothèse d’un modèle économique de type <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Software_as_a_service">SaaS </a>(Software as a Service).</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*rE2jAd71Lw_OBoASte3atQ.jpeg" /><figcaption>Atelier “passage à l’échelle du DICRIM” du 26 septembre 2024</figcaption></figure><h4>La proposition de valeur du service</h4><p>Après avoir exploré le triptyque Désirabilité / Faisabilité / Viabilité nous nous penchons sur la <strong>proposition de valeur du service</strong>. La proposition de valeur est centrale dans la création d’un nouveau service (elle est d’ailleurs positionnée au centre du <a href="https://www.strategyzer.com/library/the-business-model-canvas">BMC Business Model Canvas)</a></p><p>Très vite, nous identifions une “Baseline” qui résume la valeur délivrée :</p><blockquote>Votre DICRIM clé en main, personnalisé, pour répondre à vos obligations règlementaires.</blockquote><h4>Tous les feux sont au vert</h4><p>Le DICRIM numérique coche toutes les cases d’un service scalable. Il est à la fois désirable pour la cible visée et répond à une obligation réglementaire, il est faisable juridiquement et techniquement, il est viable et dispose d’un modèle économique avec une offre par abonnement. Par ailleurs, la proposition de valeur “Votre DICRIM clé en main, personnalisé, pour répondre à vos obligations règlementaires” nous semble percutante. Nous posons sur un coin de tableur des hypothèses pour délivrer un business plan : prix de vente, nombre de ventes, coûts, recettes et point mort (<em>correspond au montant du chiffre d’affaires à réaliser pour atteindre l’équilibre entre coûts et recettes</em>).</p><p>Fort de ces éléments, nous présentons le projet lors d’une instance qui nous invite à construire et commercialiser la solution avec un objectif quantitatif de 5 ventes. L’avantage de cet objectif, c’est qu’il est concret et tend l’équipe vers <strong>l’action et à agir dans le réel !</strong></p><p>La suite de cette aventure à lire dans le prochain billet !!</p><p>📄📄📄</p><p>Découvrez la genèse du projet dans l<a href="https://medium.com/maif-data-design-tech-etc/un-nouveau-cas-dusage-pour-aux-alentours-par-maif-le-dicrim-num%C3%A9rique-de-la-ville-de-niort-97ab174c33f2">’épisode précédent</a> : Un nouveau cas d’usage pour Aux Alentours par MAIF : Le DICRIM numérique de la Ville de Niort.</p><img src="https://medium.com/_/stat?event=post.clientViewed&referrerSource=full_rss&postId=0a8d4aa5849f" width="1" height="1" alt=""><hr><p><a href="https://medium.com/maif-data-design-tech-etc/le-dicrim-num%C3%A9rique-une-innovation-au-service-des-collectivit%C3%A9s-territoriales-0a8d4aa5849f">Le DICRIM numérique : une innovation au service des collectivités territoriales</a> was originally published in <a href="https://medium.com/maif-data-design-tech-etc">MAIF Data Design Tech etc.</a> on Medium, where people are continuing the conversation by highlighting and responding to this story.</p>]]></content:encoded>
        </item>
        <item>
            <title><![CDATA[Un nouveau cas d’usage pour Aux Alentours par MAIF : Le DICRIM numérique de la Ville de Niort]]></title>
            <link>https://medium.com/maif-data-design-tech-etc/un-nouveau-cas-dusage-pour-aux-alentours-par-maif-le-dicrim-num%C3%A9rique-de-la-ville-de-niort-97ab174c33f2?source=rss----a2c963c9ef8a---4</link>
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            <category><![CDATA[design]]></category>
            <category><![CDATA[prevention]]></category>
            <dc:creator><![CDATA[Ronan Désérable]]></dc:creator>
            <pubDate>Wed, 21 May 2025 13:14:41 GMT</pubDate>
            <atom:updated>2025-05-26T12:47:26.827Z</atom:updated>
            <content:encoded><![CDATA[<h3>Un nouveau cas d’usage pour Aux Alentours par MAIF : Le DICRIM numérique de la Ville de Niort</h3><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/984/1*LwLiEUqt5aCud7oNdSIQ_g.png" /></figure><p>En octobre 2024, la Ville de Niort et le groupe MAIF dévoilent au salon <a href="https://innn.fr/">INN</a> le salon de l’innovation numérique, de l’insurtech et du risque à Niort un cas d’usage spécifique du service <a href="https://auxalentours.maif.fr/">Aux Alentours par MAIF</a> adapté au contexte local de la ville de Niort : il s’agit du <a href="https://www.vivre-a-niort.com/cadre-de-vie/risques-majeurs/index.html">DICRIM numérique de la ville de Niort</a>, DICRIM pour <strong>D</strong>ocument d’<strong>I</strong>nformation <strong>C</strong>ommunal sur les <strong>RI</strong>sques <strong>M</strong>ajeurs, une première en France ! Dans ce billet, je vous ouvre les coulisses de ce projet !</p><h3>Un an plus tôt, la Ville de Niort découvre le service Aux Alentours par MAIF lors de la journée “Tous résilients face aux risques”</h3><p>Nous sommes le 13 octobre, comme chaque année depuis depuis 2022, a lieu la journée de la résilience “Tous résilients face aux risques”. Cette journée est une des préconisations de la “<a href="https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0012181&amp;reqId=aead438a-075d-4e1f-87c5-ab3983fd2d51&amp;pos=4">Mission sur la transparence, l’information et la participation de tous à la gestion des risques majeurs, technologiques ou naturels</a>” présidée par Fred Courant et publiée en juin 2021.</p><p>Lors de cette journée, l’antenne niortaise de l’association <a href="https://prevention-maif.fr/">Prévention MAIF</a> organise une réunion d’information sur les risques auquel est également présent le directeur des risques majeurs et sanitaires de la ville de Niort, Laurent Audé. A cette occasion, nous présentons le service Aux Alentours par MAIF, et intéressé par l’initiative, Laurent prendra ensuite contact avec les équipes MAIF en charge du service Aux Alentours par MAIF.</p><h3>Nous ouvrons le capot d’Aux Alentours par MAIF</h3><p>Dès le mois suivant, nous entamons des premières discussions et ouvrons le capot d’Aux Alentours par MAIF pour aborder les aspects techniques :</p><ul><li>les données sources,</li><li>la fiabilité des données,</li><li>la fréquence de mise à jour,</li><li>les typologies de risques présentées,</li><li>l’ergonomie des cartographies,</li><li>les technologies,</li><li>l’hébergement,</li><li>les données personnelles,</li><li>ainsi que les aspects juridiques, et les aspects de communication.</li><li>…</li></ul><p>Nous passons également en revue les données qui intéressent la ville de Niort et qui pourraient intégrer une nouvelle interface que nous serions amenés à co-construire :</p><ul><li>le risque inondation (cartographie des inondations historiques et 1 à 2 cartographies des crues les plus fréquentes) 👉 🔍 il s’agit des données des crues historiques de la ville de Niort, présentes au sein de leur SIG (Système d’Information Géographique),</li><li>le risque météorologique (et plus spécifiquement la canicule avec une identification des ilots de fraîcheur),</li><li>le risque retrait et gonflement des argiles,</li><li>le risque sismique,</li><li>le risque industriel : sites <a href="https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/risques-technologiques-directive-seveso-loi-risques">SEVESO</a>, zonage PPRI (Plan de Prévention des Risques Industriels) et site pollués,</li><li>le risque transport de matières dangereuses.</li></ul><h3>La coopération s’enclenche</h3><p>Forts de ces premiers échanges, en mars 2024, chacune des parties décide d’engager une collaboration.</p><p>Pour la ville de Niort, la plateforme Aux Alentours, en opérant quelques modifications, permettra de répondre aux besoins exprimés par le projet “une fenêtre sur ma ville durable” initié par la ville. Ce projet s’inscrit dans un triptyque environnement • biodiversité • risques et changement climatique. C’est bien sûr dans ce troisièe axe “risques et changement climatique” qu’est positionné le service Aux Alentours par MAIF.</p><p>Pour MAIF, ce cas d’usage offre également des perspectives intéressantes pour <a href="https://www.smacl.fr/">SMACL Assurances</a>, assureur des collectivités territoriales et filiale du groupe MAIF. Cette collaboration pourrait dessiner les contours d’un futur service en matière de prévention des risques climatiques.</p><p>La coopération est encadrée via une convention de partenariat co-rédigée par les juristes de la ville et du service Droit des Affaires de la MAIF, puis approuvée à l’unanimité lors des délibérations du Conseil Municipal de la ville de Niort en juin 24.</p><h3>Un résumé des étapes du projet</h3><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*iSxIvCUReG9wCfvbiaap0A.png" /></figure><p>Nous avons abordé précédemment la phase de cadrage, l’intérêt pour les parties prenantes, ainsi que la réalisation d’une convention de partenariat. Nous allons maintenant zoomer sur les autres étapes, en particulier sur la manière d’innover et sur les dimensions de communication.</p><h3>Une manière singulière d’innover</h3><p>Il existe plein de manières d’innover, que ce soit grâce à de nombreuses méthodes (exemple le design de services, le lean startup, l’océan bleu, la théorie c-k…), une forme de “hasard” (la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9rendipit%C3%A9">sérendipité</a>) ou encore d’approches (exemple : l’effectuation, l’open innovation…).</p><p>Dans notre contexte, nous combinons 3 approches : <strong>l’open-innovation, l’effectuation, le lean startup.</strong></p><h4>1. L’open-innovation</h4><p>Deux organisations qui coopèrent et innovent ensemble, c’est la définition même de l’open-innovation.</p><h4>2. L’effectuation et ses 5 principes</h4><p>L’effectuation est une approche totalement adaptée à des projets empreints d’incertitude, donc à l’innovation. Développée dans les années 2000 par la chercheuse américaine Saras Sarasvathy, puis popularisée en France par Philippe Silberzahn,</p><blockquote><em>l’effectuation offre une voix pour </em><strong><em>agir dans le réel, </em></strong><em>dans un </em><strong><em>contexte d’incertitude</em></strong><em> pour développer de nouveaux services, de nouveaux marchés.</em></blockquote><p>L’effectuation s’appuie sur 5 principes :</p><ol><li><strong>partir de soi</strong> et ses ressources tant matérielles qu’immatérielles,</li><li><strong>agir en pertes acceptables</strong> plutôt qu’en gain attendu,</li><li><strong>engager les parties prenantes</strong> pour co-construire avec elles et créer des engagements,</li><li><strong>tirer parti des surprises</strong> qui sont des sources de création,</li><li>et enfin <strong>créer par son action le contexte</strong> qui permet d’agir dans le réel.</li></ol><p>Notre projet s’est pleinement appuyé sur ces principes :</p><p>[principe 4]<br>Le point de départ de la collaboration est une <strong>surprise</strong>, la ville de Niort est intéressée par le service que nous avons développé (Aux Alentours par MAIF) et prend contact avec nous. Les surprises sont sources d’opportunité et de création.</p><p>[principe 2]<br>Les travaux du DICRIM (Document d’Information Communal sur les Risques Majeurs) sont du côté MAIF réalisés en <strong>pertes acceptables</strong> , c’est à dire que nous mobilisons un budget avec un niveau défini pour la fabrication de la solution. La perte acceptable est un moyen pour gérer et contrôler le risque.</p><p>[principe 3]<br>La solution est <strong>co-construite</strong>, chaque partie prenante apporte sa pièce au patchwork. MAIF apporte le savoir-technologique et capitalise les travaux qu’elle a déjà mené sur Aux Alentours par MAIF, la ville de Niort exprime son besoin, identifie les contenus pédagogiques à valoriser sur la plateforme, extrait de son SIG les données des crues de la Sèvre, les cavités, les publie en open data puis nous les intégrons au sein de notre écosystème de données.</p><p>[principe 1]<br>Chacun <strong>démarre avec ses ressources :</strong> pour la ville de Niort, il s’agit des réflexions concernant le projet “une fenêtre sur ma ville durable” ; pour MAIF il s’agit de la plateforme “Aux Alentours par MAIF”.</p><h4>Le lean start up dans la phase de fabrication de la solution</h4><p>Le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Lean_startup">lean start up</a> consiste entre-autre à construire un produit imparfait, un MVP (Minimum Viable Product), collecter des feedbacks, et itérer pour améliorer le service. Durant l’été, l’équipe construit une première version du service et en présente une démo dès septembre à ses interlocuteurs de la ville de Niort. A cette occasion, ils nous font des feedbacks pour améliorer le service et rencontrent également des utilisateurs.</p><h3>La communication et la promotion de cette innovation</h3><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*vDyBi5E_LwTyRMPvAxxvPw.png" /><figcaption>home page du site web vivre à Niort, le DICRIM est hébergé au niveau de la rubrique risques majeurs</figcaption></figure><p>Derniers calages avant de dévoiler ce tout nouveau service…. le DICRIM numérique est implémenté sur le <a href="https://www.vivre-a-niort.com/cadre-de-vie/risques-majeurs/index.html">site de la ville</a>, juste avant le salon <a href="https://innn.fr/">INNN </a>qui ouvre ses portes place du donjon à Niort au mois d’octobre. Nous préparons ensemble les éléments de langage pour notre intervention commune et la diffusion d’un <a href="https://www.vivre-a-niort.com/actualites/dernieres-infos/niort-a-lavant-garde-de-linfo-sur-les-risques-majeurs/index.html">communiqué de presse</a>.</p><p>Jour J ! Le salon INN ouvre ses portes, nous clôturons le salon par une <a href="https://innn.fr/programmation/niort-innove-dans-la-gestion-des-risques-majeurs-en-creant-le-1er-dicrim-numerique/">table ronde</a> “Niort innove dans la gestion des risques majeurs en créant le 1er DICRIM numérique” (<a href="https://www.youtube.com/watch?v=F35AeiV4Ong&amp;list=PLnpCmh5sbTTRIMPyPmyJhl39-jvC3pEoW&amp;index=17">replay disponible ici</a>).</p><p>Par la suite, nous candidatons au prix de l’innovation territoriale organisé par le <a href="https://www.salondesmaires.com/">salon des maires et des collectivités territoriales</a>, dans la catégorie “Sécurité, Prévention &amp; Gestion des risques”, où nous serons finalistes !</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/900/1*5GIuF1FLAUNryg32H4CFFg.jpeg" /></figure><h3>Quelle suite pour cette innovation ?</h3><p>La ville de Niort s’est montrée intéressée par le service numérique Aux Alentours par MAIF, la coopération s’avère fructueuse et permet de dépoussiérer un document réglementaire, le DICRIM —<strong> D</strong>ocument d’<strong>I</strong>nformation <strong>C</strong>ommunal sur les <strong>RI</strong>sques <strong>M</strong>ajeurs.</p><p>On se dit que cette innovation pourrait intéresser d’autres collectivités...</p><p>Ce qui est l’objet de <a href="https://medium.com/maif-data-design-tech-etc/le-dicrim-num%C3%A9rique-une-innovation-au-service-des-collectivit%C3%A9s-territoriales-0a8d4aa5849f">l’épisode 2 à lire en cliquant ici</a> !!!</p><p>📄📄📄</p><h4>Ressources</h4><p>LE DICRIM numérique de la ville de Niort 👉<a href="https://www.vivre-a-niort.com/cadre-de-vie/risques-majeurs/index.html">Risques majeurs — Mairie de Niort</a></p><p>La table ronde du INN “Le premier Document d’Information Communal des Risques Majeurs digital de la ville de Niort” 👉<a href="https://www.youtube.com/watch?v=F35AeiV4Ong&amp;list=PLnpCmh5sbTTRIMPyPmyJhl39-jvC3pEoW&amp;index=17">Le premier Document d’Information Communal des Risques Majeurs digital de la ville de Niort</a></p><img src="https://medium.com/_/stat?event=post.clientViewed&referrerSource=full_rss&postId=97ab174c33f2" width="1" height="1" alt=""><hr><p><a href="https://medium.com/maif-data-design-tech-etc/un-nouveau-cas-dusage-pour-aux-alentours-par-maif-le-dicrim-num%C3%A9rique-de-la-ville-de-niort-97ab174c33f2">Un nouveau cas d’usage pour Aux Alentours par MAIF : Le DICRIM numérique de la Ville de Niort</a> was originally published in <a href="https://medium.com/maif-data-design-tech-etc">MAIF Data Design Tech etc.</a> on Medium, where people are continuing the conversation by highlighting and responding to this story.</p>]]></content:encoded>
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        <item>
            <title><![CDATA[Comment prendre conscience de l’impact du design sur l’environnement sans ignorer les innovations…]]></title>
            <link>https://medium.com/maif-data-design-tech-etc/comment-prendre-conscience-de-limpact-du-design-sur-l-environnement-sans-ignorer-les-innovations-d75f064f740a?source=rss----a2c963c9ef8a---4</link>
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            <category><![CDATA[design]]></category>
            <category><![CDATA[ia-générative]]></category>
            <category><![CDATA[podcast]]></category>
            <dc:creator><![CDATA[Goulven Baron]]></dc:creator>
            <pubDate>Fri, 16 May 2025 17:31:43 GMT</pubDate>
            <atom:updated>2025-05-16T17:31:43.416Z</atom:updated>
            <content:encoded><![CDATA[<h3>Comment prendre conscience de l’impact du design sur l’environnement sans ignorer les innovations actuelles ? — Goulven Baron- The Product Design insights Podcast</h3><p>Cet article est une retranscription textuelle du podcast de <a href="https://www.linkedin.com/in/sarah-dabin-71772b193/">Sarah Dabin</a>, qui a eu la gentillesse de m’interviewer.</p><p><strong>Voici quelques liens vers le podcast : <br></strong><a href="https://podcasts.apple.com/fr/podcast/25-comment-prendre-conscience-de-limpact-du-design/id1673379023?i=1000705219013">Apple Podcast /</a> <a href="https://open.spotify.com/episode/3lcbQdyPeBhDeLWrL2OdPO?si=a451wjTaTnaO4L1-ASfitg">Spotify</a> /<a href="https://anchor.fm/s/db071f08/podcast/play/101855199/https%3A%2F%2Fd3ctxlq1ktw2nl.cloudfront.net%2Fstaging%2F2025-3-27%2F399177858-44100-2-ffa9684e53b64.m4a">Anchor</a> /<a href="https://castbox.fm/episode/25-Comment-prendre-conscience-de-l%E2%80%99impact-du-design-sur-l%E2%80%99environnement-sans-ignorer-les-innovations-actuelles-----Goulven-Baron--The-Product-Design-insights-Podcast-id5324311-id801658007">Castbox</a> /<a href="https://music.youtube.com/podcast/4LHbXRLfzCM">Youtube Music</a></p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/767/1*jMkBpIJFQ89XCI0F5bGznQ.png" /></figure><p><strong>Sarah :</strong></p><h3>Bienvenue dans le podcast dédié au product design. Pour comprendre les utilisateurs, leur contexte et les systèmes qu’ils utilisent, je vous invite à écouter la suite de cet épisode. Je suis UX UI designer et je souhaite partager avec vous mes découvertes faites lors de ma veille. Ce podcast s’adresse aux product designers juniors souhaitant approfondir leurs connaissances et aux professionnels, product managers, marketing, responsables juridiques, qui souhaitent en savoir plus sur le product design.</h3><h4>Dans cet épisode, je vous partage l’échange que j’ai eu avec Goulven Baron, référent de la Guilde des designers et design ops à la Maif.</h4><p>À travers cet épisode, nous avons parlé du parcours professionnel de Goulven et de comment il est devenu un designer sensibilisé à l’impact de son métier sur l’environnement, notamment à travers la théorie de l’engagement ou encore des technologies zombies. Nous avons également parlé de l’usage de l’IA aux services réglementés comme les assurances mutualistes et de l’impact du numérique sur Le monde qui nous entoure.</p><p>Goulven nous a même partagé son expérience en tant que Jury de sculptures à la tronçonneuse. Si cela vous a intrigué, je vous propose donc aujourd’hui un épisode très riche à écouter en une ou plusieurs fois.</p><p><strong>Sarah :</strong></p><p>Goulven, bienvenue sur The Product Design Insight Podcast. Merci d’avoir accepté d’échanger aujourd’hui sur ta vision du design et de nous partager ça. Alors j’ai beaucoup de questions pour toi, mais avant de rentrer dans le vif du sujet, j’ai une introduction un peu signature dans ce podcast, dont l’objectif est qu’avant d’entrer dans le vif du sujet, on parle plus de toi. Alors t’es référent de la Guilde des designers dans le domaine des assurances, plus précisément à la Maif, et tu participes à des conférences, des tables rondes en tant qu’orateur pour présenter justement le design à la Maif et comment ces pratiques sont mises en place dans un domaine très normé qui est celui de l’assurance. Tu as aussi initié la France Design Week au siège Maif qui se tient depuis deux ans maintenant, dont on parlera un petit peu plus tard dans l’épisode.</p><h4>Est-ce que tu pourrais te présenter en quelques mots, nous donner peut-être quelques adjectifs qui te qualifient professionnellement et personnellement ?</h4><p><strong>Goulven :</strong></p><p>D’accord, merci. Bonjour Sarah , merci beaucoup pour l’invitation. Alors effectivement, je suis designer depuis un petit moment maintenant. J’ai d’abord été infographiste, ça s’appelait comme ça à une époque. Après j’ai été webdesigner, j’ai été designer UX, mais le mot design a toujours été là, on va dire, pendant tout le fil de ma carrière.</p><p><strong>Sarah :</strong></p><p>Un bon fil conducteur qui t’a ramené vers ce que tu fais aujourd’hui. Est-ce que pour nos auditeurs, pourrais-tu définir peut-être ce que c’est le design Ops et ce que tu fais ?</p><p><strong>Goulven :</strong></p><p>Alors effectivement, aujourd’hui à la Maif, je m’occupe d’une partie qu’on appelle le design Ops. Alors le terme Ops pour opérationnel, c’est quelque chose qu’on va retrouver chez les développeurs, on a les DevOps, on a plusieurs fonctions comme ça.</p><p>Quand on parle de DesignOps, on va parler à la fois d’aider tout ce qui va être les processus et l’opérationnel pour les designers, de manière assez simple, déjà savoir quels sont les outils qu’on peut utiliser, est-ce qu’on a bien les licences qu’il faut, est-ce qu’il faut aller chercher d’autres outils. C’est aussi la mise en commun des processus, éventuellement des templates, des choses réutilisables. Ça peut aller jusqu’à des notions de formation, quelles sont les compétences dont on a besoin et quelles sont les formations à mettre en place. Et par extension, je travaille aussi sur l’aspect Research Ops, donc c’est facilitation de tout ce qui va être autour de la recherche utilisateur, à la fois pour accéder aux utilisateurs, est-ce qu’on va avoir des panels, etc., mais aussi comment on repartage cette connaissance et comment on l’organise.</p><p><strong>Sarah :</strong></p><p>C’est un sujet hyper, hyper vaste, tu t’ennuies pas.</p><p><strong>Goulven :</strong></p><p>Tout à fait.</p><p><strong>Sarah :</strong></p><h4>Lorsque tu étais plus jeune, comment tu te décrirais pour aider nos auditeurs à comprendre le designer que tu es aujourd’hui ?</h4><p><strong>Goulven :</strong></p><p>Alors, le vrai truc, c’est que quand moi j’étais petit, quand j’étais enfant, ce que je voulais, c’était dessiner. et c’était même un petit peu mon premier langage on va dire c’est vraiment comme ça que je m’exprimais et donc j’ai tout le temps dessiné et quand on dessine et qu’on se dit qu’est ce que je vais faire de ma vie alors Dans le monde idéal, j’aurais peut-être fait de la bande dessinée ou j’aurais fait des décors de films ou j’aurais dessiné des monstres pour faire dans des films de Spielberg. Mais de manière un peu plus pragmatique, petit à petit, je me suis dit, où est-ce que ça peut atterrir ? Et il y avait les questions de communication. C’était plutôt communication, publicité. C’était les premières choses où je me suis dit, OK, il y a un travail possible là-dedans.</p><p><strong>Sarah :</strong></p><h4>Comment est-ce que tu as vu que tout ce qui est design, conception, création, ça peut avoir un impact aussi sur le monde qui nous entoure, que ce soit sociétal ou que ce soit sur l’environnement ?</h4><blockquote>L’arrivée des algues vertes, c’est quelque chose qui est assez connu maintenant, assez documenté. Quand on a une plage sur laquelle on va tous les étés et que d’un coup, elle change complètement parce qu’on a ces algues vertes, Il y a eu un premier impact.</blockquote><p><strong>Goulven :</strong></p><p>Je pense que j’ai mis un petit peu de temps avant d’associer le design à ces enjeux-là. Par contre, c’est vrai que les enjeux d’impact environnemental C’est des choses qui m’ont touché assez jeune, souvent par ce qu’on vit en termes d’expérience et de sensation. J’ai grandi dans les Côtes d’Armor en Bretagne, qui s’appelait les Côtes du Nord à l’époque, dans une région où on peut se dire, quand on la voit, que tout est naturel dedans. Il y a du vert, il y a de la végétation partout, il y a la mer, il y a des rochers. Ça a l’air d’être très protégé et en même temps, assez tôt, j’ai vu des impacts à la courte échelle de ma vie. L’arrivée des algues vertes, c’est quelque chose qui est assez connu maintenant, assez documenté. Quand on a une plage sur laquelle on va tous les étés et que d’un coup, elle change complètement parce qu’on a ces algues vertes, Il y a eu un premier impact. Ensuite, d’autres impacts que j’avais vus, c’était aussi l’agriculture qui était très présente et l’élevage porcin qui modelait le paysage, qui le changeait. J’avais senti que la nature, ce n’était plus la nature, même si on n’était pas en ville, même si on n’avait pas des nuages de pollution. Je pense que c’était la première approche. Après, au niveau de la mythologie familiale aussi, un de mes premiers souvenirs, c’est d’être sur les épaules de mon père, dans des manifestations contre l’arrivée à Roscoff d’une centrale nucléaire. Donc à l’époque, il y avait déjà un petit peu des logiques de ZAD, de zone à défendre. Et voilà, c’est un peu dans ma mythologie familiale aussi et culturelle de voir l’impact environnemental.</p><p><a href="https://www.algues-vertes.com/">https://www.algues-vertes.com/</a></p><p><strong>Sarah :</strong></p><p>Donc je peux aller dans plusieurs directions avec ce que tu viens de me dire là. Si je retiens les points sur lesquels j’aimerais faire un focus, tu as vu qu’il y a eu un impact par rapport aux algues, aux porcins, et donc tu as pu voir qu’il y avait un vrai impact physique et pas qu’un impact un petit peu caché. qu’on peut un peu mettre de côté et faire semblant de ne pas voir. Et donc, c’est un peu le parallèle avec le numérique. C’est vrai que le numérique, on voit physiquement qu’on a les objets numériques entre les mains, mais on ne voit pas forcément tout l’impact qu’il y a aussi derrière par rapport à, je pense, au data center, etc.</p><p>Et tu as aussi évoqué lorsqu’on a échangé un petit peu en off, que pendant tes études au Beaux-Arts, tu avais déjà un peu une sensibilité par rapport à l’impact que tu pouvais avoir et que tu avais justement cette envie de concevoir un objet avec des matériaux qui étaient déjà existants. Donc j’aime beaucoup cet état d’esprit parce que tu l’as eu plutôt jeune, ce qui n’est pas souvent le cas. de se questionner quant à la création d’un nouvel objet versus la réutilisation d’un objet déjà conçu et sa transformation pour en concevoir un nouveau. Et c’est un peu en quelque sorte quelque chose que fait l’IA avec la ré exploitation des informations, elle va chercher dans les bases de données, mais tu la fais bien avant et de façon incomparablement plus respectueuse de l’environnement. Et donc si je démêle un peu cette pelote que tu viens de partager avec nous, j’aimerais commencer par te demander :</p><h4>En tant que référent de la Guilde des designers et en tant que DesignOps, as-tu eu une ou deux méthodologies du process que tu as trouvées particulièrement utiles dans ton travail et que tu aimerais partager avec nos auditeurs aujourd’hui ?</h4><blockquote>je fais partie d’une génération qui a un petit peu embrassé l’arrivée du numérique avec beaucoup d’envie et de bonheur et de curiosité, puisque avant il n’y avait rien, ou pas grand chose.</blockquote><p><strong>Goulven</strong> :</p><p>Alors, si je refais le fil, effectivement, quand j’étais au Beaux-Arts, on devait choisir un sujet et à l’époque, je faisais énormément de cerfs-volants, c’est-à-dire que je les fabriquais et je les faisais voler et puis j’étais animateur là-dessus. Et je m’étais dit si, c’était un peu perché, mais si je faisais une mise en scène, une sorte de scénographie, un spectacle, à partir du cerf-volant, parlant du réemploi et du recyclage et donc en fabriquant les cerfs-volants eux-mêmes avec des matières recyclées et que tout le dispositif soit tourné autour de ça. J’avais fait des prototypes, des choses expérimentales. On n’a jamais poussé le truc, mais c’était un peu le début du truc en me disant qu’est-ce qu’on pourrait faire qui ne serait pas qui ne ferait pas appel à fabriquer de nouvelles choses, mais à réemployer. C’était un thème qui m’est resté.</p><p>Pour rebondir sur les pratiques de design et le parallèle que tu as fait au numérique et le côté physique du numérique, je fais partie d’une génération qui a un petit peu embrassé l’arrivée du numérique avec beaucoup d’envie et de bonheur et de curiosité, puisque avant il n’y avait rien, ou pas grand chose. Il y avait forcément de l’informatique déjà dès mon enfance, mais il n’y avait pas internet et nous on a vu arriver cette dématérialisation en tant que concepteur et en fait avec plutôt de l’appétence, on trouvait ça chouette. Et effectivement, là aussi, il a fallu du temps avant que je comprenne qu’il y avait une matérialité à tout ça. Et donc, et toujours sur cette notion de… Quand je parlais des algues vertes, à un moment, ça se voit.</p><blockquote>pourquoi faire quelque chose plutôt que rien ? pourquoi est-ce que telle fonctionnalité serait utile versus ne pas la faire.</blockquote><p>La pollution numérique et les impacts numériques sont difficilement visibles, en particulier parce que ce n’est pas nous qui avons des mines de lithium, ce n’est pas nous qui… On peut aller à la déchetterie et voir quelques piles d’ordinateurs, mais le plus gros est déporté, on va dire, n’existe pas chez nous, dans notre environnement visuel et même sensoriel. Donc, pour rebondir sur… Comment j’active ça ? Comment j’essaye d’activer ça dans nos pratiques ?</p><p>Il y a souvent la manière de se poser des questions. C’est que je vais caricaturer un petit peu en disant : pourquoi faire quelque chose plutôt que rien ? pourquoi est-ce que telle fonctionnalité serait utile versus ne pas la faire. Ça c’est plutôt dans la partie conception que je fais moins maintenant mais quand on a bossé sur l’application mobile par exemple, il y a eu un moment, on a eu à la fois par des ambitions de l’entreprise, du benchmark aussi, la volonté de rajouter beaucoup de fonctionnalités dans cette application. Des fonctionnalités qui n’étaient pas forcément les plus évidentes, un agrégateur bancaire, un gestionnaire de fichiers un peu plus poussé, sécurisé, un calculateur d’impact carbone, pourquoi pas, puisqu’on avait des données bancaires.</p><p>Qu’est-ce qu’on avait d’autre ? On avait plein de fonctionnalités, de micro-fonctionnalités qu’on a testées, à la fois sur leur pertinence, l’appétence vis-à-vis de nos clients, de nos sociétaires, mais aussi sur nos possibilités techniques. Et souvent, des choses étaient venues parce qu’on pouvait les faire, parce que c’était possible techniquement et qu’on savait les faire. et parce que d’autres les faisaient, donc il y avait le côté injonction. Une des approches que j’ai eue, mais avec toute l’équipe et avec d’autres, c’était à chaque fois d’aller exposer ça assez tôt en test d’utilisateur, d’avoir des feedbacks, ce qui fait que l’utilisateur c’est souvent le bon juge de paix.</p><p>Et si on pousse la logique au plus loin, il y a quelque chose que j’ai peu fait mais que je pense qui est assez puissant, c’est ce qu’on appelle le test d’absence. C’est-à-dire pour savoir si quelque chose est utile dans un produit numérique en particulier mais un peu partout, ça peut même être dans le monde physique, qu’on a un doute, on se dit est-ce que ça c’est important ou pas pour les utilisateurs, on l’enlève. Et on voit quelles sont les réactions. Est-ce que ça manque ? Est-ce que ça fait des retours ? Ou est-ce que… En fait, ça ne change rien. Et potentiellement, ça voulait dire que ce n’était pas douloureux de l’enlever. C’était une perte acceptable. Donc il y a cet aspect-là, dont je pense qu’il est vraiment important dans la conception de produits.</p><p>Après, dans ma pratique, moi, plutôt dans l’organisation de l’équipe de design, c’est un peu la logique des petits pas, c’est-à-dire essayer beaucoup, beaucoup de choses en disant est-ce que vous trouvez que ça a de l’intérêt ? Est-ce que ça fonctionne ? Est-ce que vous voulez qu’on avance dessus ? Et un peu pareil, si les choses n’accrochent pas, ne pas forcément insister, quand bien même c’est ma conviction personnelle qu’il faudrait qu’on y aille.</p><p><strong>Sarah :</strong></p><p>Quand tu dis insister, c’est auprès des utilisateurs ou auprès de l’équipe ?</p><p><strong>Goulven :</strong></p><p>Là, en l’occurrence, les utilisateurs, à moi, c’est les designers de la Maif. C’est ma population cible, on va dire. Donc il y a eux, il y a les managers, à qui je demande souvent des arbitrages en disant, est-ce que vous pensez qu’il faut qu’on y aille ? Donc les trois managers, parce qu’on a trois équipes de design, Ça peut être aussi d’autres cercles avec lesquels j’interagis, ça peut être les gens qui travaillent justement sur l’IA, sur des cas d’usage sur lesquels on peut arriver en disant est-ce que vous pensez qu’on peut creuser cet aspect-là, etc. Est-ce que ce qu’on fait a un poids véritable, au-delà des envies ? Moi, je saute sur les nouveaux jouets assez facilement.</p><p><strong>Sarah :</strong></p><p>Je ne suis pas la seule en fait.</p><p><strong>Goulven :</strong></p><p>C’est ça, ça facilite. Parfois aussi les designers je pense sont des bons élèves, des gens qui peuvent privilégier presque le fait de suivre bien une méthode et toutes les étapes, indépendamment presque, je caricature, mais parfois avoir une réponse compte autant mais pas plus que d’avoir respecté toutes les étapes. Et je pense que parfois on peut avoir des réponses de façon un peu plus frugale.</p><p><strong>Sarah :</strong></p><p>Sans forcément respecter les process. C’est vrai que, surtout en tant que junior designer, on a envie de respecter tous les process qui existent et tenter de prendre un peu toutes les méthodes. Alors que dans les faits, on peut être un peu plus… Faire un peu plus au ressenti et se dire, ce projet-là ne nécessite pas forcément d’utiliser tout ce qui est possible et qui est sous notre main. mais plutôt sélectionner et c’est aussi ça un peu le rôle peut-être des designers de se dire là on va utiliser telle méthode, tel process et puis pour un autre projet on va peut-être en utiliser plutôt d’autres qui correspondent mieux à ce qu’on cherche.</p><p><strong>Goulven :</strong></p><p>Est-ce que tu vois que c’est un point qui est super important parce que je pense effectivement que ton podcast s’adresse aussi soit à des designers juniors ou à des gens qui s’intéressent au design, mais sans être forcément designer. Je vais essayer de ne pas trop me contredire par rapport à ce que j’ai dit tout à l’heure, mais je pense qu’il y a un degré de maturité et de pratique à avoir pour pouvoir choisir ce qu’on prend dans notre boîte à outils qui est quand même assez complète en tant que designer, c’est-à-dire qu’on peut activer beaucoup de choses, aussi bien sur le volet, si on prend le fameux double diamant, sur le volet recherche en amont et tester des choses, prototyper, donc resserrer le double diamant, ensuite prioriser, mais aussi dans tout ce qu’on peut faire en termes d’animation, on est souvent sollicité et appelé sur des sujets d’animation, d’atelier. Et d’ailleurs, tu avais fait un très bon <a href="https://www.listennotes.com/podcasts/the-product-design/19-comment-mieux-collaborer-8rj3AFTJ_x6/">podcast sur la facilitation graphique</a> et on avait pu l’expérimenter tous les deux. C’est vrai que quand on est jeune designer, je pense que c’est normal de vouloir être dans les processus. Et j’aurais même tendance à dire, n’hésitez pas à être de bons élèves là-dessus au début, parce que ça va rassurer les gens que vous avez en face.</p><p>qui parfois, eux-mêmes, dans les autres métiers, ont assez peu de méthodes et de processus. Ce n’est pas un défaut, c’est qu’on n’a pas tout ça. C’est Morgan Peng, qui travaille à la Société Générale, qui est designer, qui en parle assez bien.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*hXKh6KnUe4GEw71vcvAp6A.png" /></figure><iframe src="https://cdn.embedly.com/widgets/media.html?src=https%3A%2F%2Fwww.youtube.com%2Fembed%2Facg6Z375xAA%3Ffeature%3Doembed&amp;display_name=YouTube&amp;url=https%3A%2F%2Fwww.youtube.com%2Fwatch%3Fv%3Dacg6Z375xAA&amp;image=https%3A%2F%2Fi.ytimg.com%2Fvi%2Facg6Z375xAA%2Fhqdefault.jpg&amp;type=text%2Fhtml&amp;schema=youtube" width="854" height="480" frameborder="0" scrolling="no"><a href="https://medium.com/media/fc30dbe4d54611d169add6d9ac2e14d0/href">https://medium.com/media/fc30dbe4d54611d169add6d9ac2e14d0/href</a></iframe><p>Ce qu’elle évoque, c’est que les designers ont intérêt à rentrer dans des processus et surtout des livrables bien faits, etc. parce que c’est une manière de marquer le point aussi. Du coup, “Ah oui, c’est sérieux ce qu’ils ont fait”. Donc je pense qu’il ne faut pas le négliger. Quand on arrive à un certain degré de pratique, là on peut s’autoriser à se dire, je fais un peu un bypass sur certains aspects, parce que je pense que je peux avoir des éléments suffisamment solides par d’autres méthodes un peu plus légères, frugales, guérillas. ou parce que j’ai suffisamment de pratique pour savoir où il vaut mieux aller. Il faut faire ses armes. On parle de guilde à la Maïf, la guilde des designers. du champ lexical de la construction et des gens qui fabriquaient des cathédrales. Il y avait la guilde des tailleurs de pierre, la guilde des gens qui faisaient le cuir, etc. La guilde des architectes. Et en fait, c’est des communautés de pratique. Et je pense que dans cette notion aussi de guilde, il y a la notion de compagnonnage et de mentorat.</p><p>Et je pense que une des choses pour pouvoir avoir cette notion un peu d’autonomie, de savoir choisir bien quand on est designer, quelles sont les bonnes méthodes à activer et comment aider à la décision, parce que c’est souvent ça qu’on fait, faire binommer avec d’autres designers, c’est super riche quoi, et avec d’autres métiers.</p><p><strong>Sarah :</strong></p><p>Pas hésiter à faire de la co-conception ou alors même avoir un regard peut-être transverse par quelqu’un d’autre qui n’est peut-être pas dans le projet et qui a une vue plus en hauteur de ce qu’on fait et de nos pratiques. C’est toujours quelque chose qui… qui est éclairant, parce qu’on a beau être designer, c’est notre métier, on a toujours ce côté un peu biaisé où comme on est dans le projet, comme on connaît ce qui se passe derrière, on a un peu du mal à se projeter. Puisque ce que tu disais avec les tests utilisateurs, ça permet aussi de se projeter un petit peu à la place de quelqu’un qui n’a pas toutes les connaissances et les informations qu’on a sur le projet et comment elle va se prendre en main ce qu’on lui propose comme produit ou comme méthode.</p><blockquote>J’ai rarement vu des designers être vexés qu’on les contacte pour leur demander conseils. Quel que soit qui en est, c’est plutôt flatteur en général. Donc, il ne faut pas hésiter.</blockquote><p><strong>Goulven :</strong></p><p>Et là-dessus, en fait, sur ce côté binôme et communauté de pratique, Je pense effectivement qu’il y a le fait d’avoir la chance, nous à la Maif, d’être nombreux en tant que designers, et en plus de travailler sur des points de contact un peu différents, puisqu’on a des gens qui travaillent vraiment que sur le numérique, applications mobiles, sites web, à destination de l’extérieur. On a une autre équipe qui travaille sur les outils internes, donc pour nos collaborateurs, salariés, etc. Et une équipe en design de service qui est justement sur la transversalité de l’expérience, mais qui peut commencer même avant le numérique et après. Donc tout ce qui va être dans la vie un peu physique, le moment du sinistre, le moment de l’accident par exemple, mais même un peu avant.</p><p>Cette communauté-là, c’est relativement facile pour nous d’aller chercher des binômes, des systèmes de vie-ma vie. Mais quand on n’est pas dans une entreprise comme la Maif et qu’on est peut-être un peu isolé, parce que souvent on est seul designer dans une entreprise, ça arrive souvent dans les petites entreprises, voire même freelance, on a la chance quand même d’avoir des podcasts comme le tien. mais aussi des communautés en ligne, sur des slacks, des forums, des forums il n’y en a plus trop, mais bon voilà, en tout cas des réseaux sociaux avec des gens qui partagent facilement. Et puis des événements comme les <a href="https://www.uxdays.eu/">UX Days</a>, comme <a href="https://www.paris-web.fr/">Paris Web</a>, ou des événements plus locaux, comme on a, nous, sur Niort, <a href="https://www.linkedin.com/search/results/all/?keywords=%5BFLUPA%20Niort%5D&amp;origin=GLOBAL_SEARCH_HEADER&amp;sid=u2d">des événements Flupa organisés par Mallory</a>, qui est une collègue par ailleurs. Et je pense qu’il ne faut pas hésiter à regarder, est-ce qu’il y a un meet-up, est-ce qu’il y a des choses, et à y aller quand c’est possible, quand on est dans ce genre d’endroit.</p><p>Et puis contacter les designers, sur LinkedIn ou autre, ça se fait assez bien. Et c’est quelque chose qu’on peut avoir de la timidité, du syndrome de l’imposteur, ou se dire je ne vais pas solliciter les gens. J’ai rarement vu des designers être vexés qu’on les contacte pour leur demander conseils. Quel que soit qui en est, c’est plutôt flatteur en général. Donc, il ne faut pas hésiter.</p><p><strong>Sarah :</strong></p><p>C’est vrai qu’ils sont en général certaines personnes peut-être plus introverties ou peut-être plus osent moins aller à la rencontre des designers, mais comme tu le dis, c’est vrai qu’il y a pas mal de supports auprès des designers, que ce soit dans des groupes ou dans justement les Flupa, d’autres événements où on peut parler aux designers. C’est vrai qu’on a de la chance aussi aujourd’hui d’avoir LinkedIn, d’avoir Slack et d’avoir plein d’autres outils, Facebook aussi, qui se perdent un petit peu pour les plus jeunes.</p><p>Mais c’est vrai qu’aujourd’hui, on a quand même cette possibilité-là de venir parler à des designers sans pour autant connaître beaucoup de monde dans le milieu, mais simplement par leur présence en ligne et donc pouvoir échanger sur différents sujets et leur demander aussi comment ils font pour, justement, eux, de leur côté, comment ça se passe, quelles sont leurs pratiques. et pouvoir partager aussi autour des différentes problématiques qu’on rencontre dans ce qu’on fait.</p><h4>J’aimerais qu’on revienne à ce qu’on a dit au début de l’échange, sur le fait qu’à ses débuts, le numérique donnait l’impression de ne pas avoir d’existence physique. Je te disais, je pense instinctivement plutôt au data center, mais il n’y a peut-être pas que ça. Est-ce que tu pourrais nous en dire un peu plus ?</h4><p><strong>Goulven :</strong></p><p>Oui, c’est vrai que pour les gens qui, depuis un petit moment, parlent de cet impact du numérique, il y a quelque chose qui est important et qui est souvent dit et qui est un peu un angle mort. On considère que comme c’est dans le cloud, d’ailleurs l’image du nuage elle est extrêmement trompeuse, c’est même quasiment manipulatoire d’avoir appelé ça le cloud, ça flotte dans les airs du coup ça n’a pas d’impact. Donc tu as parlé des data centers et en fait a priori avec le le degré de connaissance que j’ai, parce que je ne suis pas du tout un technicien de ces enjeux-là, mais ce n’est pas là que l’impact est le plus problématique. Il est plutôt sur le device, en fait, ce qu’on utilise, l’ordinateur ou le téléphone, en particulier le téléphone ou le smartphone, par plusieurs aspects. par des aspects d’obsolescence, c’est-à-dire que techniquement un téléphone d’il y a 10 ans ou 15 ans, enfin 10 ans si on parle des smartphones, devrait pouvoir faire tout ce qu’on fait aujourd’hui. Et il ne le peut pas, et des fois ce n’est pas ses capacités physiques, c’est des capacités logicielles. Mais pour des bonnes raisons. Parfois c’est la sécurité qui n’est plus garantie sur d’anciens modèles ou des anciennes versions d’OS. Parfois c’est des raisons un peu plus subjectives et mercantiles d’inciter au renouvellement. Pareil sur les ordinateurs. Aujourd’hui on a des échelles de valeur où on faisait tourner avant tout un jeu comme les premiers Mario par exemple, sur une quantité de données qui correspond aujourd’hui à une capture d’écran du jeu Mario en JPEG, on va dire. C’est à 320 kb, quelque chose comme ça. J’avais vu ça dans une très bonne conférence aux UX Days.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*fsCNm0QXOxiaX0adBo0Oog.png" /></figure><iframe src="https://cdn.embedly.com/widgets/media.html?src=https%3A%2F%2Fwww.youtube.com%2Fembed%2Fdzfyysp8AGI%3Flist%3DPLP7rKNixzebabGEiEmRU-j2rAl7DwxnRq&amp;display_name=YouTube&amp;url=https%3A%2F%2Fwww.youtube.com%2Fwatch%3Fv%3Ddzfyysp8AGI&amp;image=https%3A%2F%2Fi.ytimg.com%2Fvi%2Fdzfyysp8AGI%2Fhqdefault.jpg&amp;type=text%2Fhtml&amp;schema=youtube" width="854" height="480" frameborder="0" scrolling="no"><a href="https://medium.com/media/42a2d4329c818fda007cc47d98eb7eb7/href">https://medium.com/media/42a2d4329c818fda007cc47d98eb7eb7/href</a></iframe><p>Et je crois que voilà, pour envoyer des gens sur la Lune, ça tournait sur ce qu’il serait aujourd’hui. Aujourd’hui, on aurait des capacités incroyables dans n’importe quel téléphone de faire ça, alors qu’avant, c’était… C’était quasiment inatteignable en termes de matériel. Donc cette facilité-là, ça nous incite à une sorte de flegme, y compris en tant que concepteur. Et là encore, je me rappelle quand on a bossé sur l’application mobile, ça a été une leçon pour moi aussi de comprendre des aspects très techniques. Est-ce qu’on maintient les anciennes versions de notre application pour les anciennes versions de iOS ou de Android ? Et jusqu’à quelle version on maintient ?</p><p><strong>Sarah :</strong></p><p>On ne peut pas exclure quelqu’un qui est potentiellement sur un device plus ancien.</p><p><strong>Goulven :</strong></p><p>C’est ça, par choix ou par nécessité. Et au bout du compte, les fonctionnalités de notre application mobile me paraissent toujours assez simples à adresser, y compris sur des anciens modèles. Et donc j’ai beaucoup échangé avec les développeurs, les développeuses spécialistes des deux versions, parce qu’à une époque on avait vraiment deux versions natives. Je me suis beaucoup documenté aussi là-dessus pour comprendre qu’est-ce qui nécessitait qu’on puisse pas porter un service sur les anciennes versions.</p><p>Et c’est vrai que là j’ai découvert qu’il y avait des notions de sécurité qui étaient assez claires, puisqu’il y a des moments où on ne peut plus maintenir la sécurité d’ancienne version, ça devient des failles. Donc ça je l’entends et c’est vrai que c’est une raison suffisante. Il n’empêche que pour la personne qui, encore une fois, par choix ou par nécessité, n’a pas renouvelé forcément son matériel et ne souhaite pas le faire. Et ça soulève aussi des questions d’accessibilité par ailleurs.</p><p>On a la notion d’une expérience dégradée mais tout de même fournie. Qu’est-ce qu’on met en place si la personne n’a pas un terminal à jour pour répondre à la demande de service ? de base. Le bas de la pyramide on va dire, être en capacité de contacter, de suivre un dossier, en fait qu’il n’y ait pas de différence de service même si l’expérience peut être optimale sur un nouveau service et en fait là on a travaillé sur des modes dégradé mais acceptable de l’expérience. Et un déport parfois en disant si vous ne pouvez pas le faire sur l’application mobile, ce sera toujours possible de le faire en ligne sur le site internet, le site internet lui-même qui doit rester techniquement navigable, y compris sur des vieilles configurations. quitte à ce qu’on dégrade l’expérience, qu’on perde l’effet Wahoo, c’est pas forcément notre gros truc à la Maif, l’effet Wahoo, mais bon, voilà. Mais en tout cas, ça doit marcher, quoi. Ça doit marcher, donc ça, je pense que c’est un des aspects, c’est-à-dire, c’est pas on-off, quoi. C’est pas, je coupe absolument le service.</p><p>Il y a des choses très, très… robustes, on va dire, des technologies très robustes qui fonctionnent toujours. On a pas mal creusé le sujet autour de l’alerting, quand on doit envoyer une alerte ou une notification, donc c’est des choses sur lesquelles on travaille actuellement, sur des alertes météo par exemple. Alertes météo, alors pas seulement est-ce qu’il va faire beau ou pas, mais dans notre cadre d’assurance, c’est pour pouvoir envoyer des alertes qui préviendraient les gens suffisamment tôt pour éviter un sinistre, une inondation, une tempête, ou qui fassent quelques gestes de protection, on va dire. Mettre une bâche sur la voiture s’il y a de la grêle, ce genre de choses. On peut le faire avec des notifications géolocalisées, voire même un texte personnalisé adapté à la personne. Ça, c’est l’expérience optimale. Mais le SMS, ça marche très bien aussi, en fait. C’est hyper robuste, ça marche depuis que le SMS existe. C’est du réseau basique.</p><p>Parfois, on perd le fil de tout ce qui existe déjà, et on rajoute des couches et des couches.</p><p><strong>Sarah :</strong></p><p>Parce qu’on peut les faire, ça existe. Les concurrents ont peut-être essayé ça aussi.</p><blockquote>Je vais me mettre encore en mode vieux con, mais moi je suis d’une génération où on pouvait lire tout ça dans l’URL.</blockquote><p><strong>Goulven :</strong></p><p>Potentiellement, on risque de perdre des choses qui fonctionnent, qui sont déjà installées, qui sont fiables, parce qu’on ne sait même plus qu’elles existent. Et ça, je pense que la stratification des usages et on le voit, je pense, alors là je bifurque un peu, mais on le voit sur les usages du numérique, sur comprendre ce que c’est qu’un site internet qui est hébergé quelque part sur un serveur, ce serveur étant distant, et le site internet ayant plusieurs pages voire plusieurs sous-dossiers, Je vais me mettre encore en mode vieux con, mais moi je suis d’une génération où on pouvait lire tout ça dans l’URL. C’est-à-dire qu’en lisant l’URL d’un site, on comprend que http:// c’est un protocole. Ensuite on a le www, c’est le World Wide Web, c’est-à-dire qu’on est sur Internet. Après on a le nom de domaine avec le .com ou .fr. et après on a ce qu’il y a derrière, le slash, est-ce que c’est dans un dossier, et ensuite le slash, est-ce que c’est dans une page, voire même une ancre, et en fait on est capable quasiment de remonter le fil et de comprendre comment c’est fait.</p><p><a href="https://developer.mozilla.org/fr/docs/Learn_web_development/Howto/Web_mechanics/What_is_a_URL">https://developer.mozilla.org/fr/docs/Learn_web_development/Howto/Web_mechanics/What_is_a_URL</a></p><p>Aujourd’hui, quasiment plus personne ne voit même les URL, quand bien même on les comprendra, on ne les voit plus, le navigateur les masque. Et alors, quand on accède à Internet de plus en plus via des échanges sur des réseaux sociaux, là, on ne sait même plus qu’on est sur une page web puisqu’on a des systèmes de navigateurs embarqués dans les applications. Donc, faire un copier-coller d’une page, c’est compliqué. Enfin, pour pas mal de gens, c’est compliqué. Et alors, et tu l’as évoqué tout à l’heure, quand on passe par l’IA, pour la questionner, là on se coupe encore plus de la source. De plus en plus les agents donnent les sources, mais sinon on peut être dans un mode conversationnel, on ne sait même pas de quoi on parle précisément.</p><p>Je pense que ça recoupe avec cette notion de matérialité, ça devient de plus en plus compliqué de revenir à la source. Un peu comme l’étymologie d’une langue. Ma compagne est une ancienne prof de latin grec, donc c’est des choses auxquelles on en a souvent parlé. Elle, quand elle lit une phrase en français, elle est capable de, sur un un grand nombre de mots, de revenir à l’étymologie du mot et pourquoi il s’orthographie comme ça, parce que derrière il y a toute une histoire.</p><p><strong>Sarah :</strong></p><p>Ouais, parce qu’on remontait à l’origine, comment le mot a été créé.</p><p><strong>Goulven :</strong></p><p>Et aujourd’hui, c’est compliqué sur le web de faire ça. Quand moi j’ai commencé à faire des sites web, donc j’étais complètement incompétent en termes de développement, on avait l’habitude d’aller voir le code de la page et de faire des copier-coller, de faire des tests comme ça, d’aller voir un bout de CSS, un bout de HTML. ou un bout de PHP et d’expérimenter avec. Je pense que ça, c’est plus compliqué aujourd’hui pour des générations qui arrivent du fait qu’on a masqué la complexité volontairement. C’est vrai que c’est des choses dont on a un peu parlé. L’UX design est venu avec cette mission-là. De simplifier au maximum, d’enlever de la charge cognitive, du bruit informationnel. Le X-Writing, c’est fait pour ça aussi. Trouver le bon mot qui est explicite, mais qui ne surcharge pas. Quand on fait de l’éducation, on a besoin de tous ces aspects-là. Mais il y a tout un mouvement de réaction aujourd’hui dans le design qui est de dire que l’UX a aussi causé un peu de mal sur le fait de couper les gens de leur intelligence et c’est encore plus vrai aujourd’hui.</p><p><strong>Sarah :</strong></p><p>Avec mais c’est vrai qu’on en parlera juste après c’est vrai qu’avec les différents mis à notre disposition, on perd en fait un peu notre réflexion en tant qu’humain à se challenger un petit peu si on est dans un lieu qu’on ne connaît pas pour chercher notre chemin. On a le GPS et il y a pas mal d’autres outils. J’aurais bien aimé revenir sur ce dont tu parlais de l’intelligence artificielle et donc le Parlement européen. Il donne une définition d’intelligence artificielle qui est assez intrigante parce qu’il dit que ça représente tout outil utilisé par une machine afin de reproduire des comportements liés aux humains tels que le raisonnement, la planification et la créativité. Pour moi, la créativité, c’est une machine d’intelligence artificielle et on va lui donner des instructions via les prompts. Et donc, elle va utiliser toutes les données qu’elle arrive à récupérer pour nous sortir, nous extraire une synthèse.</p><h4>Et pour moi, ce n’est pas la créativité, puisque dans ma conception de la créativité, il s’agit de faire des nouveaux liens entre les différentes données qu’on a à disposition et créer ou concevoir quelque chose d’inédit. Et du coup, j’aimerais bien savoir ce que tu penses de cette définition-là.</h4><blockquote>j’essaie de ramener aussi sur ce qu’on appelle vraiment la créativité chez les humains, qui, je pense, est un petit peu fantasmée, dans le sens où on est quand même nourri, plus que ce qu’on croit, de toutes nos influences culturelles</blockquote><p><strong>Goulven :</strong></p><p>Dans la définition, je ne pense pas qu’ils disent que l’IA est créative. Ce que ça évoque, c’est que c’est capable de faire comme si. Une conversation avec un Gemini, un chatGPT ou un Claude, ça fait comme si on parlait avec une personne. Quand ça génère des images, ça fait comme si ça comprenait ce que ça faisait, et ça le fait plutôt bien, et de mieux en mieux. Mais effectivement, ça n’est pas ce qu’on peut appeler de la créativité, puisque ce qui va en ressortir est forcément une forme de consensus algorithmique.</p><p>Donc je te rejoins sur le fait que c’est peut-être un abus de langage de parler de créativité des intelligences artificielles génératives, puisque c’est pendant celle-là dont on parle. qui nous bousculent beaucoup en tant que concepteur, qu’on soit designer, ou même artiste, graphiste, ou musicien, ou écrivain, etc. Ça nous bouscule parce qu’en fait, on se dit qu’est-ce qui reste comme valeur à l’être humain si la machine fait aussi bien semblant ? Elle fait semblant. Après, là, moi, j’essaie de ramener aussi sur ce qu’on appelle vraiment la créativité chez les humains, qui, je pense, un petit peu fantasmé, dans le sens où on est quand même nourri, plus que ce qu’on croit, de toutes nos influences culturelles, les différents héritages qu’on peut avoir, y compris culturels, sociologiques, l’endroit où on est né, etc. Les études qu’on a faites et tous les stimuli qu’on peut recevoir par les produits, les produits culturels. Ce qui fait que je pense pas qu’on crée tant que ça, en vrai. Je pense qu’on fait un peu pareil que les intelligences artificielles génératives. On recycle, voilà.</p><p><strong>Sarah : <br></strong>On simule …</p><p><strong>Goulven :</strong></p><p>Alors on simule, ça peut arriver, mais… Non mais je pense que, en fait, souvent, on se rend pas compte que ce qu’on fait, c’est pas tant de la créativité que de la digestion, même si l’image est pas très belle, mais c’est juste parce qu’on a été nourri qu’on est capable de faire des choses. Je me rappelle à une époque où j’étais plutôt dans la direction artistique, c’est-à-dire créer un logo par exemple, créer une identité graphique.</p><p>Donc avant même qu’on ait un accès facile à la recherche web et puis la recherche par images, voire images inversées, etc. Il y avait toujours la crainte qu’on ait fait quelque chose qui ressemble à quelque chose qui existait déjà. Et quand même, 9 fois sur 10, ça existait déjà. Mais c’est normal, il n’y a pas une infinité de formes, une infinité de récits et une infinité de thèmes musicaux. En fait, la créativité c’est quand même beaucoup du recyclage et de la réutilisation, y compris de ce qu’on ne sait même pas qu’on sait, de tout ce qui nous a nourris inconsciemment.</p><p>Et donc, de dire que la créativité serait vraiment une spécificité humaine, incopiable, on va dire, non reproductive par la machine, je pense parce que, en vrai, notre créativité, elle peut être décomposée en processus, et c’est des processus qui se mettent les uns derrière les autres. Et donc il y a une leçon d’humilité, en fait, donnée par ces IA génératives, de se dire, vous avez vu, en fait, est-ce que vous preniez comme une sorte de, quasiment le <em>deus ex machina</em>, un geste divin de la créativité, comme la muse qui nous toucherait, en fait, c’est juste une accumulation de cultures. Et plus on en a, plus on va avoir des influences diverses. Plus c’est peut-être difficile de retrouver d’où ça vient. Mais souvent, quand on pondait un logo et quelqu’un nous disait ça ressemble vachement, on a été presque vexé en fait. “Oui, mais bon, je te jure que je ne le connaissais pas le logo”. Mais c’est normal qu’on atterrisse à des choses assez semblables. On a des langages communs, on a des cultures communes. Pour moi, ce n’est pas forcément grave. Je trouve que c’est pas grave si on n’a pas de créativité si originale que ça, parce que ça arrive très très rarement, je pense. Il n’y en a pas eu tant que ça dans l’humanité.</p><p><strong>Sarah :</strong></p><p>C’est vrai que l’humain va forcément créer quelque chose par rapport à, comme tu disais, tout ce qui l’a nourri. Et donc forcément, à un moment donné, on va forcément avoir une idée qui ressemble de près ou de loin celle du voisin parce que comme tu disais on a vécu dans la même culture, on a peut-être fréquenté un peu le même groupe de personnes, on a eu un peu les mêmes les mêmes approches par rapport à l’art qu’on a pu consommer, à tout ce qui nous entoure et finalement on ressort quelque chose qui est une perspective qui peut aussi avec les logos qui se ressemblent alors qu’on n’a pas forcément vu ça venir. Est-ce que potentiellement, selon toi, donc l’IA pourrait éviter de se tromper avec, par exemple, en faisant un logo qui ressemble vraiment aux voisins, mais en même temps qui lui ressemble quand même un petit peu parce qu’il est nourri par tout plein de cultures ? Parce que c’est vrai que l’IA, c’est pas seulement en France, c’est pas seulement en Allemagne, c’est pas seulement… C’est vraiment… C’est assez global.</p><p><strong>Goulven :</strong></p><p>Alors oui, même avant ce qu’on appelle aujourd’hui les IA Génératives, les modèles très grand public, etc., il y avait déjà beaucoup de modèles de recherche inversés. Google a beaucoup investi sur cette notion-là, ce qui fait que si on upload une image, un logo, au moins dans tout ce qu’il connaît, et Google connaît énormément de choses, il va être capable de faire une analyse visuelle de l’image et de ressortir des choses qui ressemblent. Et déjà, on peut voir tout ce qui existe, donc je pense que ça, c’est possible.</p><p>Et après, si on va un petit peu plus loin, qui est un de mes sujets de travail en ce moment, c’est-à-dire comment on accède à la connaissance utilisateur quand on veut prendre des bonnes décisions en tant que designer ou concepteur, Nous faisons beaucoup de recherches utilisateurs, de tests utilisateurs, d’interviews, voire même des recherches anthropologiques, sociologiques, si on veut aller assez haut. sur des sujets de quels sont le rapport des gens à la naissance d’un enfant, à la mobilité, à l’épargne, à la mort. Donc en fait, tout ça, on va faire des interviews, des études et on a toute une matière en fait, en général textuelle, des restitutions, des verbatims. On a un sujet d’accès à cette connaissance-là de manière transverse dans l’entreprise, parce que souvent on l’utilise un peu en one shot, c’est pour répondre à une question, en disant, est-ce que les utilisateurs, ça vaut le coup qu’on aille là-dessus ? Dans le cadre de la conception web dans laquelle toi tu travailles, par exemple, c’est des questions de choix d’interface, de parcours, est-ce qu’il vaut mieux poser la question avant, après, etc. C’est pareil sur les outils métiers. C’est pareil quand on travaille avec le marketing en disant est-ce qu’il faut aller sur tel terrain de produits qu’on n’assure pas aujourd’hui ou que les gens ne savent pas forcément qu’ils sont couverts dessus. Toute cette matière-là, avec le chantier, on va dire, Researchops, on travaille à la rendre accessible pour les gens qui doivent prendre des décisions, qu’elles soient stratégiques ou opérationnelles. Jusqu’ici, cette matière, elle était accessible à partir du moment où elle était bien rangée, bien nommée. Mais le plus souvent, en vrai, c’était en posant une question à quelqu’un en disant, je ne sais pas si on a des trucs là-dessus, voilà.</p><p><strong>Sarah :</strong></p><p>Il me semble qu’il y a quelques Années…</p><p><strong>Goulven :</strong></p><p>Voilà, c’est ça, avec des équipes qui forcément se renouvellent, des prestataires qui viennent dans l’entreprise, qui restent 2–3 ans mais qui repartent, des gens qui partent à la retraite, des gens qui changent d’équipe, etc. Tout ça, ça a tendance à flotter, une culture orale qui peut se perdre un peu. Après, il y a des individus qui vont investir, on va dire le côté je range bien ma chambre, je mets les choses bien dans des bons dossiers avec la date, avec qui il l’a fait, etc. Mais là encore, ça veut dire qu’il faut aller chercher. Là, je travaille de petit en petit moment sur des agents de recherche basés sur l’IA. Il y a quelque chose que ces moteurs-là font très bien, c’est l’analyse sémantique de grosses quantités de données. Et donc, c’est possible de créer des agents de recherche en leur disant tu vas aller chercher dans tel répertoire, tel répertoire, tel répertoire.</p><p>Là-dedans, on met ce qu’on considère comme une matière solide de connaissances. Et quand je vais te poser une question sur un thème, par exemple, donne-moi toutes les études qu’on a faites sur les mobilités douces, genre vélo, etc., ou l’habitat léger. À partir du moment où on a des sources là-dessus, mais qui peuvent être un bout d’interview, comme peuvent être une grosse étude faite par un cabinet extérieur, il va nous sortir une synthèse en quelques dizaines de secondes en ayant cherché dans une quantité phénoménale de données et en nous redonnant la source. Et en fait, souvent on se dit quels sont les cas d’usage de valeurs de l’IA générative. Là, pour moi, c’est incontestable.</p><p>Et j’écoute pas mal en ce moment de podcasts où je lis pas mal de choses sur le monde de la recherche universitaire.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/640/0*uh8s03tV1rP-326r.jpg" /></figure><p><a href="https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/le-code-a-change/le-code-a-change-4-10-9709507">https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/le-code-a-change/le-code-a-change-4-10-9709507</a></p><p>Ils sont pas du tout en mode on veut pas y toucher. Ils embrassent complètement tous ces modèles-là parce que pour eux, c’est un gain de temps mais pas seulement, c’est-à-dire que ça fait des choses que de toute façon on n’aurait pas fait parce qu’elles étaient matériellement impossibles en fait. Même en y mettant beaucoup de temps, il y a des choses que humainement on ne peut pas faire, même en mettant beaucoup de monde. Ça demanderait trop de recoupement. Donc ça, ces modèles-là fonctionnent bien. Pareil, c’est des choses qui existent depuis 20, une vingtaine, une trentaine d’années je pense, mais aujourd’hui qui sont beaucoup plus accessibles. y compris à des individus. Il y a des modèles qui sont sur le marché, genre Perplexity, qui sont basés là-dessus. Google a aussi un format, je ne sais plus comment il s’appelle, NotebookLM, mais voilà, de dire je te donne mon pack de données et tu m’aides à fouiller dedans.</p><p>Et il y a des choses plus expérimentales que je teste actuellement, et j’ai vu une grosse agence qui nous a fait un partage un peu d’expérience là-dessus, c’est sur la notion d’utilisateur synthétique. Alors ça, ça peut faire peur, surtout quand on fait de la recherche on va dire de manière qualitative, qu’on a l’habitude de se dire oui mais dans l’interview je rebondis sur ce que disent les gens et j’ai une matière très fine, etc. Qu’est-ce que c’est des utilisateurs synthétiques ? Ce sont donc des… C’est un peu l’équivalent de ce qu’on appelle des jumeaux numériques. Donc ce sont des personnes, on pourrait dire des personas, qui ont des caractéristiques, qui ont un âge, une situation familiale, un genre… On peut aller aussi bien dans le détail, des possessions, des produits, des craintes, des blocages, etc. comme des vraies personnes qui sont représentatifs d’un ensemble de personnes.</p><p><strong>Sarah :</strong></p><p>C’est comme un persona qui regroupe toutes les catégories.</p><p><strong>Goulven :</strong></p><p>Mais on peut questionner cet agent, cette personne virtuelle, qui va réagir comme cet ensemble de personnes réagirait si on lui fait un questionnaire, une enquête. L’intérêt de ça, c’est qu’on peut extrapoler quand on a trop peu de données Sur un cas, par exemple, qu’on n’arrive pas à avoir un panel représentatif, il est possible d’extrapoler, c’est très expérimental pour l’instant, et je vais avancer avec beaucoup de prudence sur ces sujets-là, parce qu’en plus, ça soulève des questions éthiques et pas mal de choses. Mais en vrai, on pourrait extrapoler des comportements humains en utilisant ces sortes de jumeaux numériques. Et là aussi, c’est quelque chose qui est très, très utilisé dans le domaine de la recherche universitaire aujourd’hui.</p><blockquote>on s’adresse à des designers qui sont peut-être en devenir, et je pense que là aujourd’hui, moi je serais jeune designer aujourd’hui, je pense que je serais un peu tétanisé par est-ce que je dois aller sur l’IA ou pas ?</blockquote><p>Ça permet d’inférer, c’est quand on a suffisamment de données pour en tirer des conclusions à plus grande échelle. C’est quand on peut passer à l’échelle. Ce sont des choses qui me travaillent en termes de ce qu’on pourrait faire à notre niveau, notre capacité de faire des choix et de renoncement. Si on fait des comparatifs entre une recherche qualitative sur des vrais humains et une recherche menée en parallèle sur ces utilisateurs synthétiques, et qu’on voit que ça n’apporte pas un degré de qualité, de précision suffisant, Pour moi, il faut y renoncer, il ne faut pas le faire. Ou alors il faut attendre que les modèles évoluent. C’est pas parce que c’est possible qu’il faut le faire.</p><p>Mais comme on s’adresse à des designers qui sont peut-être en devenir, et je pense que là aujourd’hui, moi je serais jeune designer aujourd’hui, je pense que je serais un peu tétanisé par est-ce que je dois aller sur l’IA ou pas ? Est-ce que je dois être en résistance ? Est-ce que je dois foncer dedans ? Je pense que À minima, il faut jouer avec, pour au moins voir l’étendue des possibles. Et ça fait beaucoup baisser les fantasmes. Parce que là, ça fait plusieurs mois que j’essaie vraiment de… Alors, par rapport aux données, aux modèles qu’on a, parce qu’on n’a pas accès à tous les modèles, etc., mais on en a certains qui sont quand même assez poussés. Je vois déjà un côté déceptif en me disant, oui, OK, franchement, ce n’est pas ouf. Sur cet aspect-là, ça ne marche pas super, donc il ne faut pas creuser plus pour l’instant. Par contre, il y a des endroits où je me dis, ouais, il y a quand même un avant et un après, moi déjà dans ma pratique. Donc, j’ai tendance à pousser les gens à dire, jouez avec, parce que vous allez vous faire au moins des convictions sur… enfin sortir d’une représentation seulement par l’extérieur en fait.</p><p><strong>Sarah :</strong></p><p>Un peu par les on-dit</p><p><strong>Goulven :</strong></p><p>Voilà, c’est ça. Tu peux être techno-enthousiaste ou techno-paranoïaque. La vérité est toujours un peu entre les deux.</p><p><strong>Sarah :</strong></p><p>C’est vrai que c’est assez impressionnant ce qu’on peut faire aujourd’hui avec l’IA. Et après, c’est vrai que savoir où se positionner, comme tu disais, que ce soit au niveau plutôt éthique, tout ce qu’il y a qui va générer des images, des illustrations, on se rend compte que souvent, ça prend quand même un peu certains droits d’auteur. Et effectivement, comme tu dis, de pouvoir jouer avec, on arrive à se faire aussi une conviction nous-mêmes et pas forcément prendre l’avis extérieur de personnes qui l’ont utilisé pour un objectif et se rendre compte aussi, nous, par rapport à ce qu’on aurait besoin dans nos pratiques, dans nos métiers, est-ce que l’IA peut nous apporter un peu plus d’aide, un peu plus de chose que nous, on ne pourrait pas faire en tant qu’humain. Et que, typiquement, tu nous as fait une présentation de l’IA pour pouvoir retrouver des études utilisateurs qui avaient été faites. Et aujourd’hui, on se pose pas mal de questions sur les parcours, etc.</p><p>Et c’est vrai que pouvoir avoir toute cette synthèse de recherches utilisateurs, Ça permet d’avoir plus d’informations et de savoir si ça vaut le coup de faire un test avec des utilisateurs, et est-ce que sinon on a déjà les informations plus ou moins en stock, et est-ce qu’on ne peut pas capitaliser sur ces informations-là. Comme tu dis, ça ramène aussi des informations qu’on n’aurait pas eues autrement que par l’IA et ça permet de faire quand même pas mal de choses qui peuvent être utiles aussi en tant que designer. On aime aller creuser les sujets et parfois on n’a que 24 heures dans la journée, on doit dormir, on doit se dorir et donc après voilà, au-delà de l’aspect effectivement temps mais même l’aspect l’aspect humain, on se rend compte que l’IA est quand même assez puissant pour être en appui à ce qu’on voudrait, enfin ce qu’on aurait besoin et ce qu’on voudrait faire et c’est vrai que le fait de pouvoir se dire que aussi c’est des outils, enfin c’est des données qu’on a plus ou moins validées en termes de… Est-ce que c’est juste ? Est-ce qu’il y a eu tant de personnes qui ont participé au test ?</p><p>On sait que c’est des personnes qui ont été prises sur des critères bien définis, etc. Et donc on sait que ça ne va pas être des données… Tu parlais justement du pouvoir suivre le chemin. On sait que là, c’est des données qui sont enregistrées en interne dans différents pôles, mais qui ont été faits par des designers ou par des professionnels des desks. Et on sait que ça ne va pas être quelque chose qui va nous sortir des informations un peu d’ailleurs ou un petit peu inventées.</p><h4>Et je me demandais justement pour les jumeaux numériques, ils sont créés à partir de critères qu’un humain va mettre dans l’outil, ou est-ce qu’ils sont créés à partir peut-être d’anciens tests qui ont été faits à partir de critères, où on a balancé un peu toutes les réponses des personnes dans l’IA, on lui a dit, fais-nous une synthèse de toutes ces personnes pour créer un seul et même persona qui répondrait à ça.</h4><p><strong>Goulven :</strong></p><p>Je pense que oui, de ce que j’ai vu, de ce que j’ai testé moi, mais de ce que j’ai vu, de ce qui avait été partagé par cette agence externe, je pense qu’on peut trouver pas mal de documentation là-dessus aujourd’hui. La source de données, c’est la clé sur la pertinence.</p><p><a href="https://www.ibm.com/fr-fr/think/topics/synthetic-data">https://www.ibm.com/fr-fr/think/topics/synthetic-data</a></p><p>Et par définition, les IA génératives grand public, telles que chaque GPT, qui ont été mises à la main de tout le monde, elles ont des sources de données énormes, mais paradoxalement peu qualifiées. Il n’y a pas de hiérarchisation, je pense, dans tout ce qu’elles ont mangé. Elles ont aspiré tout Wikipédia, tout GitHub, tout ce qu’elles pouvaient, y compris ce qu’elles ne pouvaient pas juridiquement, mais ce qu’elles pouvaient techniquement.</p><p>Ça génère du consensus, mais ça génère assez peu de pertinence quand on a besoin de choses précises. En plus, elles ont un côté enthousiaste à toujours répondre positivement, quelle que soit la demande. Donc, il faut absolument bien choisir sur quelles données on se base, si on veut aller sur ces agences synthétiques, donc à la fois des données qualitatives et quantitatives, et que les données quantitatives soient fiables, à jour, représentatives. Et ça, je pense qu’on a besoin de data scientiste, on a besoin d’experts, y compris de la sociologie et de la recherche utilisateur, ne serait-ce que pour valider ce qui sort, sachant qu’en plus, c’est un des risques de ces moteurs-là, même quand on a bien bossé son prompt, c’est qu’en reposant deux fois la même question, il est capable de sortir deux choses différentes. Et donc, en fait, ça peut être un peu déstabilisant de se dire, OK, quelle est la bonne réponse ? Si tu as la même question, tu me réponds deux choses différentes.</p><p><strong>Sarah :</strong></p><p>Est-ce qu’il faut reposer la question une troisième fois ?</p><p><strong>Goulven :</strong></p><p>Oui, oui. Nous aussi, les humains, on fait ça en vrai. Mais là, on y est confrontés. Donc, pour moi, cette notion de la qualité de la source, elle est primordiale. C’est là où il y a un gap avant. Et c’est là où je pense qu’on a été un peu piégé par le fait que ce soit rendu accessible au grand public et un peu partout dans plein d’outils et de trucs comme ça. un peu plus vite que la musique, plus vite que notre capacité à intégrer le fait que ce soit des outils complexes, imparfaits. J’ai lu un très bon article sur le design de ces intelligences artificielles, des interfaces. Le fait qu’on utilise à chaque fois une sorte de champ lexical de la magie, c’est-à-dire qu’on a des jolis petits dégradés, on a des étoiles, on a des baguettes magiques. Donc, en fait, là, voilà, on nous met partout des petits signes que non, mais passe par la magie, c’est quand même plus cool, tu vois. Ça va écrire à ta place. Alors qu’en vrai, ben non, c’est très compliqué.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/800/0*_mUjvQTGE37DX5x9.jpg" /></figure><p><a href="https://limitesnumeriques.fr/travaux-productions/ai-forcing">https://limitesnumeriques.fr/travaux-productions/ai-forcing</a></p><p>Je pense qu’on a volontairement créé de la part des grands modèles et des grosses entreprises qui ont intérêt à les pousser pour plein de raisons, il y a le fait de créer cette confusion comme quoi c’est magique, ça va être facile, ça va t’enlever de la charge mentale. Tu n’auras même pas à réfléchir puisque ça va réfléchir à ta place. Et je pense que ça, c’est vraiment le plus gros risque. C’est pour ça que, pour revenir à la préconisation de jouer avec, c’est un peu comme tout.</p><p>À l’époque, on pouvait faire n’importe quoi avec Photoshop comme montage et ça pouvait créer des fausses images et il fallait s’en méfier. Une fois qu’on avait fait soi-même du montage photo sur Photoshop, on était plus à même déjà de repérer éventuellement une image photoshopée, il y avait quelques patterns, quelques signes, etc. Là c’est pareil, sur le contenu généré par l’IA, plus on l’utilise, plus on est capable d’avoir un regard critique aussi sur ce qui en ressort et éventuellement de le repérer, même si très honnêtement c’est de plus en plus difficile.</p><p>Donc il y a cet aspect-là. Après, il y a un autre aspect, en tant que designer et ancien graphiste, etc., je vais très peu sur la génération d’images. Le seul cas où ça m’a été utile, c’était quand je faisais des ateliers de design fiction, justement pour générer des artefacts qui eux-mêmes pouvaient être un petit peu caricaturaux ou poussés, parce que c’était le jeu. Mais je pense, dans notre contexte à nous, par exemple, où on fait de l’interface web et de l’interface mobile et des parcours, la promesse est de dire, on va brancher ça sur le design system, on va lui dire, je veux un parcours qui va de A à B en passant par un X, et sors-le.</p><p>Je pense que là, on en est encore loin. Et pareil, si je veux générer une image très qualitative ou une vidéo, il y a toujours une sorte d’étrangeté un peu malaisante aujourd’hui dans ce qui est généré. Il y a même une esthétique auxquelles je crois qu’on va malheureusement s’habituer. Mais je pense que là, on doit être… Critiques et prudents et je pense en tout cas pour les designers avec lesquels j’interagis, c’est des gens critiques et prudents.</p><p><strong>Sarah :</strong></p><p>C’est un peu ce qu’il faut aussi avec les personnes qui vont, les plus jeunes qui sont peut-être nés avec l’intelligence artificielle, qui a pu s’apprendre, c’est vrai que tu faisais la comparaison un petit peu avec Photoshop, il y a certains éléments où on reconnaît une vidéo d’oiseau dans une fleur qui est fait par l’IA. Souvent, on va trouver exactement la même fleur, mais un oiseau différent dans le même type de vidéo. Et on arrive à repérer quelques différences entre une vidéo vraiment faite par l’humain, existante, et une vidéo qui a été générée par l’intelligence artificielle. Et c’est vrai que l’intelligence artificielle a tendance à essayer de gommer un petit peu cet aspect-là et de devenir de plus en plus vrai. Mais je pense qu’il y a quand même certains détails qui feront dire que attention, là, ce n’est pas forcément une vraie vidéo. Et c’est à nous aussi, en tant que peut-être designer, de se dire jusqu’où on veut aller ces outils-là, jusqu’où on veut les nourrir et jusqu’où on veut aussi faire croire, tu parlais de baguettes magiques, de dégradés, jusqu’où est-ce qu’on a envie de donner cette impression-là que c’est quelque chose un peu lointain, il ne faut pas forcément le comprendre et juste l’utiliser sans chercher à comprendre comment ça fonctionne, les mécaniques, etc. Mais c’est vrai que quand on creuse un petit peu plus, on se rend compte que c’est quelque chose qui est basé sur toute la donnée qu’il y a sur Internet, que typiquement si on prend le chat GPT, ça va prendre tout ce qu’il y a sur le web, ça va nous sortir une synthèse et c’est aussi à nous de prendre un peu de recul et d’avoir un regard critique sur la réponse qui est proposée. Donc c’est vrai que l’utiliser pour des recherches un peu plus structurées en interne sur des données dont on connaît la source, dont on connaît la provenance, Et on peut retracer aussi le chemin versus utiliser l’outil pour un objectif plus large ou de façon un petit peu moins professionnelle. Et là, on part sur peut-être quelque chose où il faut faire un petit peu plus attention et trouver l’équilibre entre les deux usages de lien.</p><p><strong>Goulven :</strong></p><p>Et je pense que tout ce qui va être génération d’images, de vidéos, aujourd’hui, justement, en vrai, les gens qui l’utilisent le plus ne sont pas forcément ni les designers, ni les vidéastes. Ça, c’est les gens à qui ça fait le plus peur, je pense. Quand on a été freelance pendant des années, on connaît bien ça. C’est un peu chiant de devoir passer par des professionnels quand on veut faire un reportage photo ou un site web. Ça coûte cher, c’est des gens qui vont être exigeants, qui vont nous contredire par rapport à ce qu’on voudrait faire. C’est compliqué de travailler avec des professionnels car il y aura des degrés d’exigence. Tous ces engins-là ont tendance à faire croire qu’on peut se passer des professionnels.</p><p><a href="https://www.ladn.eu/mondes-creatifs/pourquoi-limagerie-generee-par-ia-est-la-nouvelle-esthetique-fasciste/">Un très bon article a été partagé il n’y a pas longtemps l’esthétique même de ces images qui nourrit un discours réactionnaire d’extrême droite</a>, etc. Je ne sais pas si tu as vu passer cet article, mais on le partagera. On pourra le mettre dans les références. Mais sur pourquoi Donald Trump, par exemple, va créer une image de… la bande de Gaza qui deviendrait un paradis fiscal, où tu as Musk qui se trempe dans des billets, des images incroyablement pompières, grossières.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*ICPDqSyPu1SFcVU-ApqVmw.png" /></figure><p><a href="https://www.ladn.eu/mondes-creatifs/pourquoi-limagerie-generee-par-ia-est-la-nouvelle-esthetique-fasciste/">https://www.ladn.eu/mondes-creatifs/pourquoi-limagerie-generee-par-ia-est-la-nouvelle-esthetique-fasciste/</a></p><p>Et en fait, c’est parce que ça leur sert aussi à avoir des artistes aux ordres, ce qui est un vieux fantasme des totalitaires. C’est arrivé sous le nazisme, c’est arrivé sous le communisme aussi, et d’avoir un art officiel en fait. Et je pense que cet aspect-là nous échappe totalement, et c’est compliqué d’être en résistance vis-à-vis de ça. Nous, en tant que designers, comment on réagit par rapport à ça, je n’ai vraiment pas de réponse. Je ne saurais pas du tout quelle est la bonne démarche, à part de peut-être générer des choses plus qualitatives, avec des IA ou sans, et d’avoir un discours derrière, parce qu’il y a une absence de discours souvent structuré derrière Les images générées par l’IA sont gratuites bien souvent, séduisantes, mais pas de la bonne nourriture.</p><p><strong>Sarah :</strong></p><p>On arrive quand même à reconnaître encore quelque chose qui a été généré par l’IA versus quelque chose qui a été vraiment pensé et créé par un humain et où il y a eu quand même une réflexion derrière qui peut différencier encore les deux systèmes. Et c’est vrai qu’il y a une différence entre l’IA pour les textes. Tu parlais de recherche aussi dans l’IA qui est utilisée par les chercheurs et l’IA qui est plus peut-être visuelle avec des images, des vidéos et des éléments qui ont besoin peut-être d’un œil critique un petit peu différent de l’IA qui est purement de recherche pure de texte.</p><h4>On parlait tout à l’heure des téléphones, des ordinateurs, il y a aussi le streaming, les réseaux sociaux, les mails. On sait qu’il n’y a pas que l’usage, il y a aussi comment c’est créé, que ce soit pour un téléphone, un ordinateur, une tablette ou même… un GPS sur une voiture, il y a l’usage quand on va charger le téléphone par exemple, charger l’ordinateur, et puis il y a aussi quand cet outil là va être obsolète ou n’existera plus, il y aura des déchets. Est-ce qu’il y a un usage qui est plus polluant qu’un autre ? Pour le téléphone, on dit qu’il y a 80% des déchets, c’est quand déjà on le crée. Quel est ton avis là-dessus ?</h4><p><strong>Goulven :</strong></p><p>Alors là aussi, avec mon petit niveau d’expertise technique qui est vraiment plus de l’acculturation qu’autre chose, mais effectivement, je crois que L’usage implique le matériel. Le matériel se met à être obligatoire parce qu’on se dit que cet usage est important. Si on questionne l’usage, le matériel est moins obligatoire. Tu parles à quelqu’un qui parle avec sa voiture, sa télé, ses lampes… Je suis particulièrement un mauvais élève sur pas mal d’aspects.</p><p><strong>Sarah :</strong></p><p>Beaucoup d’auditeurs vont comprendre.</p><p><strong>Goulven :</strong></p><p>L’occasion crée le larron. Parfois, l’usage nous est poussé, il facilite des choses. Tu as parlé du GPS dans les voitures. C’est vrai qu’aujourd’hui une voiture, c’est une voiture augmentée, enfin si on a une voiture récente, déjà il y a un écran dedans, c’est devenu une norme. Il n’est pas possible de ne pas avoir d’écran. On va avoir éventuellement, même quasiment tout le temps, une connexion Bluetooth et la possibilité d’avoir une interaction orale avec la voiture quand on branche son téléphone, etc. Quand on parlait du mode dégradé tout à l’heure, mine de rien, une Clio de 1995 roule toujours et permet toujours d’aller d’un endroit à un autre. Une nouvelle Clio électrique ou R5, toute équipée, elle fait toujours ça. plus plein d’autres trucs. Il y a la notion de redirection écologique qui va avec le renoncement. Alors là, je cite souvent les travaux d’Alexandre Monin, qui a écrit un bouquin qui s’appelle Politiser le renoncement, qu’on avait fait venir à Niort pour une conférence. C’est quelqu’un dont les travaux m’ont beaucoup fait réfléchir.</p><iframe src="https://cdn.embedly.com/widgets/media.html?src=https%3A%2F%2Fwww.youtube.com%2Fembed%2FVPqmgIKkySg%3Ffeature%3Doembed&amp;display_name=YouTube&amp;url=https%3A%2F%2Fwww.youtube.com%2Fwatch%3Fv%3DVPqmgIKkySg&amp;image=https%3A%2F%2Fi.ytimg.com%2Fvi%2FVPqmgIKkySg%2Fhqdefault.jpg&amp;type=text%2Fhtml&amp;schema=youtube" width="854" height="480" frameborder="0" scrolling="no"><a href="https://medium.com/media/18930f8558a65c5320ad8b210975f8c7/href">https://medium.com/media/18930f8558a65c5320ad8b210975f8c7/href</a></iframe><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/0*d2h7Ga-q-G88OY8j.jpg" /></figure><p>Et ce qu’il évoque, c’est que si on veut faire de la redirection écologique, il faut prendre en compte l’existant, y compris ce qu’il appelle <a href="https://shs.cairn.info/revue-multitudes-2023-4-page-47?lang=fr">les communs négatifs</a>. Les communs négatifs, c’est tout ce qu’on a généré comme objet, mais comme service aussi, comme chose matérielle et immatérielle. dont on n’a pas anticipé qu’on devait s’en occuper après. Donc une mine de charbon, c’est un commun négatif, c’est-à-dire que le but était d’extraire du charbon pour le fabriquer en énergie, on en avait besoin. Le fait que cette mine continue d’exister alors qu’on ne va plus utiliser le charbon, il faudrait qu’on n’utilise plus le charbon, malheureusement on l’utilise quand même de plus en plus, c’est un commun négatif.</p><blockquote>Il faut avoir l’humilité de se dire, en tant que designer, qu’on ne pèse pas grand-chose dans cette chaîne de responsabilité. Là où on peut agir, c’est sur l’usage. C’est nous qui façonnons souvent comment les choses vont être utilisées et pourquoi elles vont être utilisées.</blockquote><p>Les téléphones mobiles sont des communs négatifs à partir du moment où ils ne sont pas conçus pour être recyclés, puisqu’ils intègrent des composants de plus en plus petits, de plus en plus imbriqués les uns dans les autres, avec une technologie où, je crois que c’est Jean-Marc Jancovici qui évoquait que je ne vais pas dire des choses exactes mais en gros on utilisait peut-être 3 ou 4 des métaux en 1920 Aujourd’hui, on utilise la quasi-totalité des métaux existants, des terres rares et de tous les composants dans un seul outil qui est le téléphone numérique. Ce qui fait que forcément, c’est impossible à démonter. Alors ça reste possible, mais ça coûte tellement cher que c’est pas rentable de récupérer l’or, le cuivre, le tungstène, tout ce qui est dedans, le lithium, etc. Et en fait, on ne l’a pas pris en compte by design à la conception. Il y a eu plusieurs initiatives, y compris Google qui avait fait une sorte de prototype, un téléphone qui était entièrement démontable, mais un peu comme des briques de Lego, je changeais la caméra, je changeais la batterie, mais ça se clipsait et je ne pouvais racheter que ce qui ne marchait plus. On a des marques un peu connues comme Fairphone qui ne vont pas sur ce côté modulaire mais vont sur la réparabilité qui insiste beaucoup sur le fait que le téléphone sera réparable, que la partie logicielle sera maintenue, etc. Donc, il y a des efforts de fait. Apple a plutôt bonne réputation sur le maintien de sa version logicielle. Ils vont rétrograder, même sur des anciennes versions, ils vont mettre à jour. Ils sont beaucoup moins admirables sur la partie matérielle, à priori, puisque même, voilà, ils vont forcément exploiter toutes les terres rares, etc.</p><p>Sur cet aspect-là, en tant que designer et concepteur, en vrai, on a peu de marge de manœuvre. Il faut avoir l’humilité de se dire, en tant que designer, qu’on ne pèse pas grand-chose dans cette chaîne de responsabilité. Là où on peut agir, c’est sur l’usage. C’est nous qui façonnons souvent comment les choses vont être utilisées et pourquoi elles vont être utilisées. si à un moment on a une possibilité d’influencer de près ou de loin un usage qui est de se dire ce serait pas mal quand même qu’on rajoute, je sais pas, la géolocalisation à un endroit ou la possibilité d’avoir un streaming de vidéos en temps réel et qu’on est capable de questionner cet usage-là pour dire pourquoi on ferait ça, pour répondre à quel problème qui serait résolu versus une envie, voilà, ou on va dire une sorte de… de mimétisme par rapport à la concurrence, etc. En tant que designer, je pense que là, on peut venir avec des éléments de preuve qui peuvent être à regarder, on a testé, les gens s’en foutent en fait, ils n’en veulent pas, ça les intéresse pas. Qu’est-ce qu’on perd si on ne le fait pas, qu’est-ce qu’on risque si on ne le fait pas, vis-à-vis d’autres métiers qui peuvent être du marketing, qui peuvent être même des collègues, parfois des développeurs qui ont envie d’expérimenter une technologie. Nous-même, je pense qu’on a toujours notre bon génie et notre mauvais génie qui nous poussent à nous dire qu’il serait cool qu’on le fasse, etc. Je pense que là, on a cette petite marge de manœuvre de renoncement qu’on peut tourner positivement en disant ce qu’on n’a pas fait là, ça nous a fait gagner en expérience, en pertinence de l’expérience. Sur l’application mobile, j’aime bien raconter l’histoire de dire que c’est nos renoncements qui ont fait gagner en qualité d’expérience et ça n’a pas du tout fait baisser la note on va dire d’évaluation sur les stores, c’était une des métriques qu’on avait, c’est plutôt l’inverse. Là où à un moment on a beaucoup chuté parce qu’on s’est perdu dans des fonctionnalités qui étaient trop… il y en avait trop, elles n’étaient pas poussées suffisamment loin, c’était pas qualitatif.</p><p><strong>Sarah :</strong></p><p>Ça alourdit aussi l’application, donc c’est moins rapide.</p><p><strong>Goulven :</strong></p><p>Ça, il peut y avoir ce genre d’effet. Par contre, il y a une métrique qu’on n’a pas pu vraiment faire bouger, mais c’est juste parce que… Il faut se poser la question de pourquoi on voulait la faire bouger, c’est la fréquence d’usage. Et en fait, on avait fait tout ça aussi pour avoir plus de fréquence d’usage, plus de connaissances fines et de personnalisation. Mais là, il faut revenir au contexte dans lequel on est. On est une assurance. Les gens qui ont téléchargé l’application mobile d’une assurance, c’est pour des cas d’usage très précis de « Ok, je vais télécharger mon attestation » ou « Je veux déclarer ou suivre un sinistre » ou « Je veux pouvoir appeler la MAIF facilement et je sais que le téléphone est dedans ». Et en fait, tout ça, il y a une sorte de rapport au réel qui n’est pas si facile que ça en fait. C’est compliqué de toucher le réel, je trouve, même quand on est designer. Et on nous attend là-dessus, on nous attend parfois sur l’aspect… On nous attend là-dessus, dans le meilleur des cas. Sinon, on nous attend sur de la créativité, justement, et mettez-nous de l’effet wahoo, parce que vous êtes des artistes, voilà. Je caricature, mais bon…</p><p><strong>Sarah :</strong></p><p>On a ce besoin-là, vous le faites, vous ne reposez pas la question de la pertinence d’y aller. On veut y aller, et vous vous débrouillez avec ça. On dirait que c’est un peu le… l’image du designer qui va juste être exécutant. Et c’est vrai que c’est un… Surtout en ce moment, il y a pas mal de personnes qui parlent de ce sujet-là, du designer exécutant. Mais comme tu dis, les designers ont aussi un rôle à jouer qui est de re-questionner pourquoi est-ce qu’on fait quelque chose, à quoi ça va servir. Et ça rentre dans un cercle plus global à quoi une fonctionnalité sera si utile pour une application par exemple. Est-ce que ça vaut vraiment le coup ? Est-ce qu’on a besoin d’y aller ? ou est-ce que c’est pour d’autres raisons ? Est-ce vrai que le fait de pouvoir avoir quelqu’un, le designer qui va se positionner en disant est-ce qu’on peut appuyer sur pause et se remettre un petit peu, remettre les choses à plat ? Est-ce qu’on veut une application pour que les personnes puissent consulter leur contrat ? Est-ce qu’on veut une application pour qu’elles puissent déclarer un sinistre facilement sans avoir besoin d’ouvrir l’ordinateur, et tout ça, parce que les gens veulent forcément que ça soit tout plus rapide, et si on a besoin de rajouter des couches de fonctionnalités qui ne sont peut-être pas si utiles que ça, même si on les a vues ailleurs et que ça peut être sympa, c’est peut-être pas si prioritaire.</p><p><strong>Goulven :</strong></p><p>Et ça me fait penser à quelque chose qu’on a travaillé un petit peu dans notre équipe design de service avec Inès Khoudja, notre nouvelle manager, Ça fait un an maintenant, c’est plus vraiment nouvelle, mais voilà. Sur les postures de designer, parce qu’on a parlé d’être designer exécutant ou même être designer junior, c’est-à-dire comment je me positionne, à quel endroit je suis, et on a essayé de se dire, parfois on a différentes postures en tant que designer et de mettre des noms, donc parfois on est effectivement un designer outilleur, c’est-à-dire qu’on va venir avec des méthodes, des méthodologies pour animer un atelier, mais aussi pour documenter des maquettes. Souvent, on l’a beaucoup fait à la Maif, de monter sur la documentation des maquettes pour nos collègues développeurs, pour les gens qui font les tests, les testeurs, les testeuses, etc. Pour aussi les products managers, etc. Et en fait, souvent, on est un peu à cet endroit-là de dire, regardez, nous, on a quelques modalités d’outils qui peut-être peuvent aider les autres métiers.</p><p>Ensuite, on a des postures de designers pilotes. Il arrive qu’à des moments de flou dans des projets, ou parce qu’on ne sait pas trop où on doit aller, les designers, de par leur capacité à aller éclairer avec la recherche utilisateur, mais aussi peut-être des compétences expertes, ou des capacités de communication vont être capables de piloter. Alors piloter, ce n’est pas être chef, c’est plutôt de dire, je pense qu’il faut qu’on aille vers là, être un peu boussole, designer pilote ou designer boussole. Après, on a des postures qu’on avait nommées designer chamboultou. C’est le côté, j’arrive et puis je fais tomber les boîtes de conserve qui étaient les unes sur les autres. C’est pas pour tout casser, mais c’est pour dire peut-être qu’on pourrait les poser autrement, les boîtes de conserve, et venir un peu en challenge. Je pense qu’on le fait assez souvent. Des fois, ce n’est jamais facile d’être la personne qui arrive et qui baisse la musique.</p><p>Mais je pense que ce sont des postures qu’on peut avoir. Je n’ai plus forcément les autres en tête. Le fait de passer d’une posture à une autre, en tant que designer, ça vient avec l’expérience, mais ça vient aussi un peu volontairement en se disant Comment j’aborde ça là où je suis ? Est-ce que je me mets forcément là où on m’attend, c’est-à-dire en exécution ? Est-ce que je veux aller au clash systématiquement ? Ce n’est pas forcément pertinent ou utile. À quel moment j’ai besoin de pousser un peu et de m’adapter à mon auditoire, etc. Voilà, il y a le designer facilitateur aussi. Souvent on peut être dans ce rôle de facilitation, de créer le consensus ou d’aller le chercher entre des gens qui ont des intérêts différents, etc. Je pense que ça, ça se travaille, en fait.</p><blockquote>Et je pense que ça, dans les compétences de designer, c’est des choses sur lesquelles on n’est pas trop formé, sur lesquelles on pourrait monter, je pense, collectivement nos compétences. C’est comment on s’adresse à d’autres gens.</blockquote><p>Et il y a une conférence que j’avais vue à la ProductConf, c’était en 2019, je pense, sur comment on s’adresse aux parties prenantes.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*WSZdbwmAcbLc0EHvO0YFNQ.png" /></figure><iframe src="https://cdn.embedly.com/widgets/media.html?src=https%3A%2F%2Fwww.youtube.com%2Fembed%2F_YpLJ8n6Zx0%3Ffeature%3Doembed&amp;display_name=YouTube&amp;url=https%3A%2F%2Fwww.youtube.com%2Fwatch%3Fv%3D_YpLJ8n6Zx0&amp;image=https%3A%2F%2Fi.ytimg.com%2Fvi%2F_YpLJ8n6Zx0%2Fhqdefault.jpg&amp;type=text%2Fhtml&amp;schema=youtube" width="854" height="480" frameborder="0" scrolling="no"><a href="https://medium.com/media/d673e766fd5bd9231c58114286039c66/href">https://medium.com/media/d673e766fd5bd9231c58114286039c66/href</a></iframe><p>Et souvent, les designers, on se targue parfois d’avoir de l’empathie parce que nous, on a le point de vue utilisateur, nous, on va à la rencontre de l’utilisateur, on se met à la place de l’utilisateur. Parfois, on ne se met pas à la place de nos collègues qui ont eux-mêmes leurs propres enjeux, leurs propres injonctions, leurs propres contradictions ou les choses qu’on leur demande de faire. Et c’est normal qu’un département juridique soit un peu campé sur des choses quand on leur demande.</p><p><strong>Sarah :</strong></p><p>Chacun sa priorité.</p><p><strong>Goulven :</strong></p><p>“On ne peut pas simplifier le texte. Non, ce n’est pas toi qui ira en prison.” Ou la sécurité qui va dire, “si, vous aurez la double authentification, on ne pourra pas se connecter juste en disant bonjour.”</p><p>On a besoin de comprendre, on a besoin aussi de s’adapter à un degré de simplification et de précision. Si on s’adresse par exemple à des gens qui sont à un niveau de direction stratégique, c’est des gens qui peuvent être un peu hermétiques à déployer toute la méthode scolaire du design, mais par contre qui vont être très très à l’écoute de vos préconisations, c’est nourri par quelles convictions, quelles données, et en fait il faut leur raconter l’histoire différemment qu’un data scientiste ou un data analyste à qui on dit est-ce qu’on peut faire un AB test là-dessus, qui lui va avoir un degré d’expertise très précis, etc. Et je pense que ça, dans les compétences de designer, c’est des choses sur lesquelles on n’est pas trop formé, sur lesquelles on pourrait monter, je pense, collectivement nos compétences. C’est comment on s’adresse à d’autres gens. D’autres métiers. D’autres domaines. Peut-être recentrer tous les domaines vers l’objectif commun, qui est d’avoir de l’empathie envers les utilisateurs, mais avant d’avoir de l’empathie envers les utilisateurs, il faut aussi l’avoir dans les différents domaines et trouver en bonne équipe entre le juridique, au niveau de la data aussi, et voir comment converger toutes ces toutes ces priorités là selon la casquette que la personne aura et pouvoir créer quelque chose qui convient à tout le monde et qui aussi offre une bonne expérience aux utilisateurs à la fin.</p><p><strong>Sarah :</strong></p><p>C’est vrai que j’avais vu une conférence du <a href="https://www.lelaptop.com/evenement/les-designers-sont-ils-des-talents-sans-pouvoir/">Laptop avec Léa Mendes da Silva et Sophie Aguado</a> qui proposait des pistes de réponse à la question de savoir si les designers étaient des talents sans pouvoir. Et justement, toi, on a un petit peu parlé de l’avoir peut-être de l’expérience pour avoir peut-être plus d’empathie envers nos interlocuteurs avant de sortir le produit. Et peut-être que justement cette empathie-là, cette compréhension d’autres expertises peuvent permettre aux designers de faire passer aussi ces convictions qui sont étayées par son expérience, par sa connaissance aussi des schémas mentaux des utilisateurs. Selon toi, tu parlais des designers qui sont plutôt pilotes ou qui sont plutôt lanceurs d’alerte ou qui vont justement tout casser, tout remettre à zéro. Comment un designer peut justement prendre le pouvoir, alors pas le pouvoir pour dire c’est moi qui décide, c’est moi qui ai la connaissance des utilisateurs et c’est eux qui vont nous rapporter les sous, mais plutôt le pouvoir de se dire attention là il faut qu’on se repose les bonnes questions et qu’on revoit peut-être les priorités de l’entreprise, les priorités qu’on veut aussi au niveau plus éthique ou qui correspondent à l’image qu’on veut aussi véhiculer.</p><p><strong>Goulven :</strong></p><p>Oui alors là dessus je vais répondre un peu en deux temps parce qu’il y a le un aspect un peu général, et puis il y a un autre contexte à la Maif qui est particulier, et dans lequel je suis, donc forcément qui me nourrit pas mal. Sur le… alors tu disais, voilà, designer qui prendrait le pouvoir, et je vais formuler ça autrement, c’est avoir une place à la table, avoir une place à la table des décisions, qu’elles soient opérationnelles ou stratégiques, moi je mets souvent les deux, en fait, un peu. Et pour ça, un des apprentissages que j’ai eu, c’est qu’il faut jouer avec les jouets du voisin. Il faut s’intéresser à ce que font les autres métiers, parce que c’est tout de suite plus facile. Travailler une posture d’humilité, d’écoute active, même si parfois ça coûte parce qu’on se dit qu’ils sont un peu bloqués sur des trucs ou ils sont pas très ouverts, etc. Ou alors c’est argument d’autorité contre argument d’autorité, etc. À ce jeu-là, on sort en général tous perdants.</p><p>Si je reprends l’expérience, les différentes choses que j’ai pu faire à la Maif, mais même avant, à chaque fois que je suis monté, j’ai eu vraiment l’impression d’être monté en compétences et en écoute, éventuellement en capacité d’influence, ce n’était pas avec des designers, c’était justement avec des non-designers. parce que je me suis intéressé ou j’ai dû m’intéresser à pourquoi ils font ça, qu’est-ce qui les traverse et pourquoi c’est important pour eux. Et avant d’être à la Maif, j’ai été freelance pendant longtemps et on avait monté un collectif de freelance qui s’appelait <a href="https://www.plus-agiles.com/">Plus Agiles</a>, qui avait été monté par un copain qui lui faisait du webmarketing, qui nous avait tous plus ou moins fait bosser en tant que freelance. Donc il avait dit à un moment, moi je pense qu’il y a un truc à monter, il faut qu’on se mette ensemble et qu’on monte une asso.</p><p>Et donc là-dedans, on était plusieurs designers, designers graphistes, direction artistique. Il y avait des développeurs, un juriste, un expert comptable, un spécialiste des forces de vente, une rédactrice, journaliste, rédactrice web et papier traditionnel. On avait plusieurs expertises comme ça. Et on avait même un ingénieur réseau. Des gens qui, potentiellement, pouvaient se retrouver sur un même contrat. Parce que, concrètement, si on pousse assez loin un projet, ça peut faire appel à tous ces gens.</p><p>Et avant ça, moi, je me positionnais vraiment en tant que freelance designer en mode, à un moment, mon boulot, il commence, mon boulot, il s’arrête. Ce qui est avant, je m’en fous. Ce qui est après, je m’en fous. J’étais un peu ours et je n’avais pas forcément les bonnes postures. Du fait de rentrer dans ce collectif, de travailler ensemble à répondre à des appels d’offres, de travailler ensemble aussi à se former entre nous, à donner des conférences et à s’entraîner à donner des conférences et à louer des bureaux qui étaient communs, ça m’a beaucoup fait revoir des postures un peu d’expertise, mais mal placée en fait, on va dire mal positionnée, c’est-à-dire d’expertise un peu pour faire taire les autres. Pour dire, oui, moi j’ai fait mon boulot, moi j’ai bien fait mon boulot, donc après, si les autres ils font pas bien leur boulot avec ce que moi j’avais très bien fait, bah c’est de leur faute. Et si on ne m’a pas bien donné les infos pour que je fasse bien mon boulot, et bah c’est pas de ma faute. On a souvent des réflexes comme ça de, “oh mais attention, là moi…” Ça je m’efforce d’en sortir, et à la Maif, J’ai eu la chance de travailler sur des sujets qui, mécaniquement on va dire, n’étaient pas des sujets de design, où le design avait très peu de réponses à apporter. Souvent elles étaient assez simples.</p><p>Si on parle de la notion de la connexion, donc la connexion, login, password, restitution de password, etc. On peut se dire ok, en design, C’est très documenté, on sait ce qu’il faut faire, pas faire, il y a des bonnes pratiques.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*0rqGPTdU7sRZZfvuiUnWig.png" /></figure><p>Derrière, c’est d’une complexité technique, en particulier dans un groupe qui existe depuis 1934 et qui a des filiales, des choses qui sont branchées entre elles, des bases de SI, des bases de données qui ne sont pas les mêmes, etc. Pour obtenir cette simplicité de connexion et de restitution de mot de passe et d’être sûr que les gens derrière avaient trouvé leur bon produit, en fait, ce n’était pas un sujet de design, c’était un sujet d’organisation, c’était un sujet de technique, c’était un sujet de gens qui tiennent une porte pour protéger ce qu’il y a derrière. Ils savent à peine ce qu’il y a derrière, mais c’est leur rôle de protéger ce qu’il y a derrière. Et pour ça, je me rappelle avec le product manager Yohan, avec qui on passait notre temps à faire le tour de la boîte pour aller discuter avec des gens dont c’était vraiment pas le sujet d’améliorer l’expérience utilisateur pour être un peu caricatural, mais leur sujet, mine de rien, il était incontestablement important et non négociable. Donc nous, notre boulot, c’était de dire, ok, ça c’est le champ de complexité dans lequel on est, et on doit bosser dans ce champ-là de complexité pour faire au mieux pour nos sociétaires qui puissent se connecter à ce truc tout bête de juste on ouvre la porte pour que je puisse accéder à ce à quoi j’ai droit.</p><p><strong>Sarah :</strong></p><p>Au premier niveau, ça semblait assez simple.</p><blockquote>Mais en même temps, si elles et eux, on ne comprend pas ce qu’ils font, au mieux on va avoir une sorte de consensus de ce n’est pas top ce qu’on a livré mais bon je fais avec. Au pire, on va être en opposition et en blocage, en fait. Et on va avoir des deux côtés des gens qui vont se dire, ce n’est pas possible de bosser avec les designers, ce n’est pas possible de bosser avec les développeurs. Donc, il faut trouver ce langage commun.</blockquote><p><strong>Goulven :</strong></p><p>Mais c’est ça. Et quand on prend l’aspect purement design d’interface de ce sujet-là, Je peux comprendre de l’extérieur, d’ailleurs, j’ai des amis qui sont clients de la Maif, mais qui ne sont pas salariés de la Maif. Parfois, ils m’interpellent en disant « il a un peu pété ton site », comme si c’était moi qui le faisais. C’est normal, c’est le jeu. Ce qu’ils me font comme retour, je me dis « oui, je suis d’accord, c’est un peu évident que cette expérience n’est pas top ». Derrière, je sais aussi tout ce que ça implique. En fait, ça, c’est très formateur d’accepter cette complexité-là. Donc, j’ai eu ça à cet endroit-là, j’ai aussi eu ça sur le <a href="https://design.maif.fr/design-system.html">design system</a>. Quand on a monté un design system en 2019 avec l’arrivée d’une nouvelle identité graphique, ça a nécessité énormément de compréhension des enjeux de tous les services, que ce soit la communication, que ce soit donc la conception web dans laquelle on était, qui allait imprimer, qui allait utiliser les PowerPoints, les signatures web en interne. En gros, il fallait comprendre plein de métiers et de techniques différentes. Et ça a été aussi vrai sur l’application mobile. C’est là où j’avais un rapport un petit peu ambigu avec le monde du développement web, sur lequel je me disais que je comprends à peu près ce qu’ils font. mais des fois ils sont un peu grognons quand même. C’est quand je suis rentré dans la véritable complexité de leur métier, et beaucoup avec les métiers du test aussi, où là j’ai vraiment découvert l’incroyable valeur du métier de testeur ou même de concepteur à ce qu’on appelle des business analyst chez nous, qui sont un peu des métiers, on va dire, un peu en dessous de la ligne de flottaison de ce qui est visible dans le produit. Mais en même temps, si elles et eux, on ne comprend pas ce qu’ils font, au mieux on va avoir une sorte de consensus de ce n’est pas top ce qu’on a livré mais bon je fais avec. Au pire, on va être en opposition et en blocage, en fait. Et on va avoir des deux côtés des gens qui vont se dire, ce n’est pas possible de bosser avec les designers, ce n’est pas possible de bosser avec les développeurs. Donc, il faut trouver ce langage commun. Je pense qu’on est très, très nombreux et nombreuses, ici comme ailleurs, à en être persuadés aujourd’hui. Voilà, on le sait. Mais ça veut dire que… Moi, je parle souvent de posture d’humilité. Il faut avoir une posture d’humilité quand on interagit avec d’autres gens. Donc voilà, pour moi, c’est la clé de l’influence.</p><p>Et c’est la même chose quand on va sur des sujets de direction, de décision stratégique. Il faut comprendre que le design et l’expérience, c’est une partie d’un tout. Ça ne peut pas être que ça. Il n’y a aucune boîte qui ne vit que sur l’expérience.</p><p><strong>Sarah :</strong></p><p>L’expérience, de toute façon, c’est quelque chose d’assez holistique.</p><blockquote>Le design se situera toujours dans un terrain d’atterrissage. Et le terrain d’atterrissage est plus important que le design.</blockquote><p><strong>Goulven :</strong></p><p>On vend toujours un truc. Ou si on est dans les services publics, on a toujours un service. Et c’est ça qui est important. Et l’expérience, ça doit nourrir ça. Et quand on dit qu’on est une expérience compagnie ou que Apple, c’est l’expérience utilisateur en premier. Non, Apple, ce n’est pas l’expérience utilisateur en premier. L’expérience utilisateur, c’est un outil pour vendre des téléphones et des services et des ordinateurs. Nous, on vend de l’assurance et de la protection, etc. L’expérience, c’est au service de ça. Pour les jeunes designers qui pourraient se dire, moi, ce que je veux, c’est vraiment, en particulier, fournir des expériences excellentes ou moi, je veux faire du design, Le design se situera toujours dans un terrain d’atterrissage. Et le terrain d’atterrissage est plus important que le design.</p><p><strong>Sarah :</strong></p><p>Oui, le design, si on veut résumer un petit peu, c’est plus un outil, un moyen d’arriver à l’objectif plus global d’aligner toutes les parties prenantes et d’arriver à quelque chose qui se tient, qui est utilisable et qui aussi est pérenne dans le temps aussi.</p><p><strong>Goulven :</strong></p><p>Oui, tout à fait.</p><p><strong>Sarah :</strong></p><h4>Tu as parlé au début de l’outil qui permet de prévenir les gens en cas de risque climatique aux alentours. Comment sensibiliser les utilisateurs à adopter des pratiques plus responsables ?</h4><p><strong>Goulven :</strong></p><p>Effectivement, c’est un bon exemple, cette plateforme que Maif a conçue, avant que je travaille dessus, j’ai repris le sujet à un moment, qui s’appelle <a href="https://auxalentours.maif.fr/">Aux Alentours par Maif</a>. C’est un outil de prévention et d’accès à des données autour des risques d’inondation mais aussi des risques sécheresse et de tout ce qui peut se passer autour d’une habitation, d’une maison, d’un appartement.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*fIxXOSfKRdmIOakUZL4NxA.png" /></figure><p>À la base, il y a un effet d’opportunité, c’est-à-dire qu’on a des données publiques, ce qu’on appelle des Open Data, on a des données qui sont spécifiques à la Maif en tant qu’assureurs, sur la sinistralité. On sait qu’il y a des zones inondables, des zones où la sécheresse peut provoquer… Je ne veux pas entrer dans des détails trop techniques, mais le fait que la terre va s’affaisser sur des zones argileuses fait que ça peut faire des fissures, donc abîmer énormément les maisons. Ce sont plutôt les maisons individuelles qui sont concernées.</p><p>Donc cette plateforme, en fait, c’est vous rentrez votre adresse et ça vous génère plein d’informations, on va dire des données chiffrées sur là, vous êtes dans telle zone de risque, sur l’inondation, vous êtes près d’une zone où il peut y avoir du débordement, vous êtes en bord de mer et on peut se projeter en 2100 en disant bah oui, vous serez sous l’eau. Donc ça peut éclairer des décisions d’achat, à la base c’était plutôt fait pour ça, en disant quelles sont les données auxquelles vous pouvez accéder si vous souhaitez habiter à tel endroit. Mais on a fait un petit peu pivoter le produit aussi sur les gens qui sont déjà quelque part et quelles sont les actions qui sont possibles à faire en anticipation d’un risque inondation ou d’autres risques, sismiques, etc. Mais plutôt l’inondation, c’est là-dessus qu’on a fait le focus.</p><p>Donc ça, ça soulève la question de, OK, si je vais sur aux alentours, moi, volontairement, je rentre mon adresse, j’ai des informations, je peux faire des choses puisque je suis au courant. Ça, c’est une démarche très volontaire. On sait que les sujets de prévention relèvent assez peu du volontariat. Parallèlement, c’est par rapport à la santé, bien s’alimenter, faire attention, faire du sport, etc. Il faut que ça nous soit rappelé, et il faut que ça atterrisse à un bon endroit de notre capacité d’intégrer l’information, notre cerveau. On parle du nudge parfois sur quels sont les artifices ou des formes de design qui permettent de changer les comportements. On a énormément vécu de nudge à l’époque du Covid sur… “OK, il faut que je m’écarte d’un mètre des gens, donc il y avait des marques au sol, voilà.”</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/0*9RjjfNEFsYVYX776.jpg" /></figure><p>Pas mal d’artefacts physiques comme ça, des nudges, on en a partout, on ne s’en rend pas forcément compte. À la Maif, quand on est au rez-de-chaussée, on a l’ascenseur pour monter au troisième étage, on a des sortes de bandes vertes en disant, “et si tu prenais l’escalier ?” Voilà, c’est meilleur pour la santé, pour l’environnement, donc ça, c’est des nudges. C’est plus ou moins efficace, mais en tout cas il y a souvent des endroits où ça fonctionne. Nous, sur la prévention climatique, et plus généralement par rapport à ta question, c’est comment on influence de manière positive les comportements humains. On essaye beaucoup de choses, on tente plusieurs modalités qui sont à la fois dans l’outil numérique, c’est comment il est conçu pour que tu y accèdes facilement, comment il va être poussé à d’autres endroits. Si je me connecte sur mon espace perso et que j’ai une assurance maison, on va me mettre un petit bandeau. Et puis après, le gros sujet que j’ai évoqué tout à l’heure, c’est la notion d’alerting et de notification, où là on va être en push, c’est-à-dire qu’on va véritablement pousser l’information au bon moment, dans le bon contexte pour les personnes, parce qu’on sait qu’elles vont être concernées, elles vont avoir des modalités d’action, c’est-à-dire qu’il ne s’agit pas seulement d’envoyer une alerte météo qui peut être potentiellement très anxiogène si derrière on ne peut pas faire grand-chose. Donc il faut qu’on ait prévu quelles sont les modalités d’action, alors ça peut être Il y a des conseils de base et on avait structuré ça, c’est 3 semaines avant, 3 jours avant, 3 heures avant, quels sont ce qu’on peut faire, est-ce que 3 semaines avant je prépare un sac à dos avec tout ce qu’il faut dedans, ça c’est des choses qui sont déjà mises en place au niveau du gouvernement mais qu’on a retravaillé, rendu plus précise dans notre contexte. Trois heures avant, je sais qu’il va y avoir un risque d’inondation, d’averse, donc je vais mettre des dispositifs qui vont bloquer l’eau devant les portes. J’évoquais le fait de mettre une bâche sur la voiture pour la grêle. Il y a des choses, si on est prévenu avant, de ranger le trampoline ou les chaises de jardin parce que sinon elles vont se retrouver chez le voisin.</p><p>Tout ça, c’est des choses qu’on peut activer. Nous, le but, c’est de trouver les bonnes formes, les bonnes modalités. Avec le consentement des personnes aussi, c’est-à-dire qu’on ne peut pas court-circuiter le fait d’avoir dit, moi je ne veux pas avoir de notif de maif parce que ça ne m’intéresse pas. Mais pour les gens qui les ont autorisés, comment je leur envoie la bonne notif ? Avec cette notion de la finesse, c’est-à-dire qu’il ne s’agit pas de… Ce n’est pas un concours de qui enverra le plus de notifs. Potentiellement, les gens vont recevoir quelque chose de leur région, de leur village, des services de l’État. Ils vont voir une info en ligne. Donc, nous, il faut qu’on vienne en complément de tout ça et de manière plus précise par rapport à ce que nous, on sait du produit assurantiel.</p><p><strong>Sarah :</strong></p><p>Que ça soit utile et qu’il y ait un lien aussi logique sur pourquoi c’est vous qui communiquez sur… Et quelles sont les actions qu’on peut faire ?</p><p><strong>Goulven :</strong></p><p>Et ça, c’est le gros volet sur lequel on a travaillé, c’est-à-dire documenter, renseigner sur les actions possibles et sur les aides possibles si on va encore plus loin et qu’on fait un diagnostic et qu’éventuellement il y a des travaux à faire dans la maison qui peuvent être coûteux. Déjà, il faut faire le diagnostic. Maif s’est positionnée sur un financement de ce diagnostic pour des populations visées, parce que soit elles sont en zone très très concernée, soit elles sont peut-être en situation de précarité financière, en général les deux. Et là on a un programme basé sur le dividende écologique qui est quelque chose que la Maif fait, de dire qu’il y a 10% de nos bénéfices qui sont répartis entre des actions de ce type ou des financements d’ONG, d’organismes écologiques ou sociaux, donc on a cet aspect-là qui est très très effectif en fait, c’est-à-dire que là on va vraiment aider financièrement les gens, mais aussi les guider dans les différentes étapes.</p><p>Et ensuite ça peut être quand on parlait d’un côté un peu systémique et holistique de la prise en compte des impacts environnementaux, c’est s’il faut réparer, remplacer, c’est vrai pour l’habitation et c’est vrai pour la voiture, comment on le fait en intégrant cette notion d’éco-conception et de circularité ? Alors, quelque chose qui ne concerne pas le design dans le sens où le design n’a pas forcément été au moment de la décision, mais que j’aime bien citer, c’est les pièces de réemploi pour les véhicules. Donc, je me suis fait cogner dans la voiture sur le parking d’un grand magasin et la portière, elle est enfoncée, ou le phare, etc. L’assureur, historiquement, il va changer la portière. Nous, on propose de la changer avec une portière d’occasion, de réemploi, qui est toute propre, toute repeinte, et c’est nickel. Mais on a mis en place tout le circuit pour sourcer ces pièces de réemploi, qu’elles soient privilégiées. Et là encore, c’est à la main du sociétaire, c’est son choix.</p><p>Et pareil, sur la construction de maison, quelque chose que je raconte assez souvent, c’est cet exemple de dire, ok, donc j’ai eu une inondation, donc un sociétaire nous dit, j’ai eu une inondation, vous m’avez tout remboursé, c’est super. Mais moi, plutôt que de remplacer mon écran plasma parce qu’en fait, ce n’était pas la priorité pour moi, j’aurais préféré que cet argent puisse être redirigé sur construire mieux ma maison pour la prochaine inondation. En fait, c’est même les sociétaires qui nous donnent la recette de ce qu’on doit faire, c’est-à-dire modifier même la manière dont on fait notre métier d’assureur pour dire effectivement, ce serait plus pertinent de laisser cette opportunité de reconstruire mieux, plus adaptée à des contextes climatiques et environnementaux, y compris peut-être construire ailleurs, parce que la zone en elle-même est problématique et de faciliter ça. Donc je trouve que niveau circulaire, on peut aller assez loin que des enjeux d’interface, on va dire.</p><p><strong>Sarah :</strong></p><p>Oui c’est vertueux pour plein d’autres domaines que juste l’interface ou juste venir ou sensibiliser les personnes de tout ce qui est risque climatique et environnemental effectivement.</p><p>Ce que je te propose pour la dernière partie de notre échange c’est des questions auxquelles tu peux répondre de façon concise et aussi de façon très spontanée.</p><h4>On se connait déjà un petit peu, mais est-ce que tu aurais une histoire amusante, surprenante ou folle que tu as pu avoir au cours de ta riche carrière ou de ta vie et que tu serais d’accord de partager avec les auditeurs qui nous écoutent ?</h4><p><strong>Goulven :</strong></p><p>On parlait de bien suivre des méthodes de recherche, d’être bon élève, de suivre des protocoles. À un moment, j’étais formateur et en même temps, j’étais freelance. Je faisais des choses qu’on ne devrait pas faire en termes de recherche utilisateur, mais qui marchaient quand même pas mal. J’avais un client qui voulait créer un job board, un site de recherche d’emploi local. A côté de ça, j’étais formateur avec des étudiants. À un moment, j’ai invité mon client et lui ai dit de venir s’asseoir dans le fond de la salle. Et là, vous allez avoir des testeurs en temps réel. C’est-à-dire qu’on va leur montrer l’interface, on va leur faire jouer le proto. Vous, vous intervenez pas. C’était très dur pour lui, hein, parce que…</p><p><strong>Sarah :</strong></p><p>Il fallait se retenir de pas…</p><p><strong>Goulven :</strong></p><p>Voilà, il fallait se retenir de dire, mais si, si, il faut faire ça et ça, voilà. Et ça a permis que je le mette en face vraiment de… On avait un truc de dire, il y aura un échange vidéo en direct. Les étudiants disaient : non. Alors, c’était post-Covid, hein, aujourd’hui les réponses seraient sûrement différentes … Donc voilà, ça, j’avais bien aimé faire ce côté… opportunité de me dire, zéro thune pour faire cette recherche utilisateur, parce qu’il ne m’avait pas demandé dans le devis, et je lui ai dit, ce serait bien de confronter quand même les étudiants, c’est la bonne cible. Donc ça, je trouve que c’était amusant dans le côté c’est pas forcément comme ça qu’on fait dans un vrai protocole de recherche, mais des fois, ça plus plein d’autres modalités de recherche vont mieux le faire en mode guérilla que pas le faire.</p><p><strong>Sarah :</strong></p><p>On arrive au résultat qu’on souhaitait, on sécurise aussi le projet qu’on a fait. Alors moi j’ai une anecdote que j’ai vue sur toi en lisant des articles. Tu as participé en tant que bénévole à un concours de sculpture à la tronçonneuse. Alors j’avais une question, quelle sculpture t’as le plus étonné ?</p><p><strong>Goulven :</strong></p><p>Il y avait des choses très très belles. Alors c’est pas tant la sculpture que ce qu’elle avait raconté en interview, c’est une sculptrice anglaise qui était venue. Alors ce festival qui a duré pendant dix éditions regroupait des gens dont le métier n’était pas la sculpture, c’était des élagueurs. C’est des gens qui taillent les arbres en fait, et qui à un moment se sont dit, ah ce serait cool qu’on se fasse un festival… parce qu’à côté ils avaient une pratique artistique et cette fois ils avaient invité quelqu’un qui n’était pas élagueuse mais elle sculptait la tronçonneuse.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*LgGoklrRXacEnn6nrfyEJg.png" /></figure><p><a href="https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/fontenay-le-comte-85200/foussais-payre-quand-sculpte-est-dans-notre-bulle-4393167">https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/fontenay-le-comte-85200/foussais-payre-quand-sculpte-est-dans-notre-bulle-4393167</a></p><p>Alors elle avait fait une magnifique tête de Bouddha dans un énorme tronc, une sculpture très douce, très apaisante. La sculpture à tronçonneuse est extrêmement bruyante, ça sent l’essence. C’est l’opposé du calme. Ce qu’elle expliquait en interview, c’est qu’elles ont des casques anti-bruits, très efficaces. Quand elle sculptait, elle était dans une bulle d’apaisement total. Au bout du compte, c’est très doux. Les mouvements d’une tronçonneuse peuvent être très doux. Et je me disais, de l’extérieur, l’expérience vécue semble… Puis il y avait un côté un peu viriliste, tu vois, les élagueurs sont peut-être des gens qui sont en très bonnes conditions physiques, etc. Elle-même était un peu en débardeur, tatouage, enfin voilà, ça dégageait quelque chose d’un petit peu fort, un peu dans un univers mental, c’est un peu Mad Max et tout. Et en fait, elle ramenait ça une forme de douceur et la sculpture elle-même était très douce. Et j’avais trouvé ça très beau, cette corrélation entre… Il y a quelque chose de très impulsif et violent sur le papier, mais ça génère quelque chose de très doux. C’est un peu une dichotomie entre la tronçonneuse et le calme. C’était touchant, voilà.</p><p><strong>Sarah :</strong></p><p>Effectivement, c’est assez étonnant. Merci pour ce partage.</p><h4>Est-ce que tu aurais un échec que tu as vécu, qu’il soit professionnel ou personnel, et qui t’a servi d’enseignement pour te faire grandir ?</h4><blockquote>Le métier de design, c’est un métier de lien entre d’autres métiers et le nôtre. Il n’y a pas de tour d’ivoire, il n’y a pas de bunker, il n’y a pas d’endroit où on sera protégé du reste du monde. Enfin, si c’est ce qu’on cherche, il ne faut pas faire ce métier-là.</blockquote><p><strong>Goulven :</strong></p><p>Alors, j’en ai un certain nombre. Je peux rebondir sur cette histoire de job board parce que c’est quelque chose qui m’a appris à quel moment on s’arrête de bosser, c’est quoi un livrable acceptable. Il se trouve que quand je bossais sur ce projet de JobBoard, que j’avais un peu, je ne vais pas dire imposé à des collègues, mais en disant, si quand même, ça vaut le coup qu’on y aille, je trouvais que le projet, moi en tant que UX designer indépendant, était génial, parce que c’était un super produit à développer, on développait de zéro, on partait de zéro. Il se trouve qu’au moment de livrer le site, faire vraiment la release publique, etc. Je venais de commencer une mission en régie, qui n’était pas encore à la Maif, mais qui était une mission un peu longue, et il fallait que je rentre dedans complètement. Et donc, j’ai un peu abandonné le navire. Il y avait des choses à livrer côté développement, il y avait encore des choses en design à caler, il y avait des textes, etc. Et j’ai eu un peu une attitude de oui, moi, j’ai fait mon taf, etc. Mais il y avait plein de petits détails dont je savais que ce n’était pas fini et je n’avais pas vraiment adressé le sujet de qui va faire quoi ensuite. Et donc, forcément, il y a eu des choses à la livraison qui n’étaient pas du tout qualitatives. Et je me suis dit en fait, mon boulot, il continuait. Et mon collègue avec qui j’avais monté l’asso Plus agiles, il avait souvent cette expression, quand lui il recrutait beaucoup de freelancers, il disait, j’ai beaucoup de facilité à trouver des faiseurs, des commenceurs, que ce soit des designers, des développeurs dans tous les métiers. J’ai beaucoup de mal à trouver des prestataires qui sont des finisseurs, des gens qui vont finir dans la qualité d’exécution. Et là, je n’ai pas été bon. En plus, j’étais chef de projet sur le truc. Je n’ai pas été bon dans la transmission de qui va faire quoi. C’était pour moi de l’ordre de l’évidence, mais il n’y a jamais d’évidence. Donc voilà, ma leçon, c’est de… Il faut bien transmettre véritablement les choses quand on arrête personnellement quelque chose.</p><p><strong>Sarah :</strong></p><p>Une belle leçon, finalement, qui t’a appris, qui t’a quand même appris quelque chose. C’est vrai que même en tant que designer, on pense à l’étape de tout ce qui est itération, recherche utilisateur, conception, mais il y a aussi toute la partie après de recette, où on a des testeurs qui vont regarder plutôt l’aspect fonctionnel, l’aspect plus technique, mais il faut aussi avoir un petit regard designer, que ce soit d’expérience ou d’interface, pour voir si tout a bien été fait comme on envisageait de le faire.</p><p><strong>Goulven :</strong></p><p>Oui, et puis un produit, de toute façon, il commence à exister quand il est vraiment dans les mains et devant les yeux des gens. Avant, ça ne compte pas. Le restaurant, c’est quand l’assiette a été posée soit avec les gens qui ont commencé à manger, voire même quand ils ont payé, qu’on sait si ça a marché ou pas. On a pu être excellent avant, mais le moment de vérité, c’est quand même quand c’est utilisé. Et en fait, on n’a pas toujours cette occasion de savoir qu’est-ce que devient ce qu’on a fait dans nos métiers. Et en même temps, il faut aller chercher souvent cette expérience d’après, voilà.</p><p><strong>Sarah :</strong></p><p>C’est ça. Oui, voir comment la personne va sortir du restaurant, si on reprend un peu cette image-là, comment elle va parler du restaurant, ses amis, de son expérience en général.</p><h4>Face à des produits designer junior, si tu avais un seul conseil à leur donner, qu’est-ce que ça serait, relatif au Design ou pas ?</h4><p><strong>Goulven :</strong></p><p>Je pense qu’on l’a un peu abordé, c’est celui qui me revient, c’est de ne pas s’isoler ni dans sa pratique, ni dans son expertise. Le métier de design, c’est un métier de lien entre d’autres métiers et le nôtre. Il n’y a pas de tour d’ivoire, il n’y a pas de bunker, il n’y a pas d’endroit où on sera protégé du reste du monde. Enfin, si c’est ce qu’on cherche, il ne faut pas faire ce métier-là. Voilà, c’est ce conseil-là.</p><p><strong>Sarah :</strong></p><p>Rester ouvert à toutes les autres disciplines et à toutes les autres aussi peut-être idées des autres personnes. Pourrais-tu partager trois livres que tu recommanderais à tous les product designers de lire ?</p><p><strong>Goulven :</strong></p><p>Pour monter en compétences ? Je vais être dans le lieu commun, mais c’est toujours bien de prendre les basiques. Le bouquin de C<a href="https://www.editions-eyrolles.com/livre/methodes-de-design-ux-3e-edition">arine Lallemand et de Guillaume Gronnier, que tu as interviewé. La méthodologie UX</a>, est incontestable. C’est très utilisable, méthodique, on peut l’ouvrir à un endroit en disant, tiens, un tri de carte, comment on le fait ? C’est hyper pratique.</p><p>Pour prendre un peu plus de distance et de hauteur, je dirais que le bouquin dont j’ai parlé d’<a href="https://www.editionsdivergences.com/livre/politiser-le-renoncement">Alexandre Monin, Politiser le renoncement</a>, ce n’est pas un bouquin spécifique de design, mais je trouve qu’il donne énormément de clés, de compréhension, de comment se positionner en tant que concepteur dans une chaîne de valeur dans le monde tel qu’il est.</p><p>La troisième référence ne sera pas un bouquin. C’est <a href="https://objetsdutravail.substack.com/">le blog de Marion Desclaux, qui s’appelle Objets du travail</a>. C’est une designer qui a un blog sur lequel elle revient souvent sur un objet. Par exemple, la dernière fois, elle a fait le microscope, le bleu de travail. Elle écrit des articles sur chaque objet. Comment, en tant que designer, on peut réfléchir dessus ? Qu’est-ce que ça a généré dans le monde du travail ? Et elle a fait aussi un excellent travail de design fiction sur les futurs des métiers de designer. Et je m’en suis beaucoup inspiré moi-même pour ces histoires de posture et si vous avez l’occasion de lire ces articles-là, c’est super.</p><p>Et encore sur du design fiction, <a href="https://lamutante.substack.com/">le blog de Noémie Aubron, qui s’appelle Futur(s)</a>, qui sont des exercices de design fiction extrêmement précis et documentés. Je trouve que c’est deux sources que je lis avec plaisir.</p><p><strong>Sarah :</strong></p><p>Je mettrai toutes les références dans la description de l’épisode.</p><h4>Et donc, il me reste une dernière question pour toi, Goulven. Si tu devais recommander quelqu’un pour passer à ce micro après toi, qui est-ce que ce serait et pourquoi ?</h4><p><strong>Goulven :</strong></p><p>C’est une très très bonne question. Alors, je devais y réfléchir et je n’y avais pas réfléchi. Et je me dis que comme on a pas mal parlé de la matérialité aussi, j’ai oublié son nom de famille mais Nicolas qui est le designer de L<a href="https://www.lm-lr.com/">a Matière</a>, la matière à la Rochelle qui est un tiers-lieu, une recyclerie. et une entreprise de l’économie sociale et solidaire avec laquelle on a travaillé à concevoir justement des ateliers pour France Design Week, et Julien Duranceau aussi. Mais Nicolas c’est un designer industriel dont j’adore l’approche et le travail parce qu’il y a vraiment ce côté, quels sont les matériaux auquel on accède là maintenant dans le contexte où on est, quels sont les besoins locaux et précis, et comment je fais le lien entre les deux, y compris sur l’aspect vraiment très technique et industriel. Ils ont fait des trucs incroyables <a href="https://www.lm-lr.com/">La Matière</a>. J’adore cette entreprise.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/0*cBiZxqhi2iQqwXQf.jpg" /></figure><p><strong>Sarah :</strong></p><p>Ça a l’air hyper intéressant. Je n’hésiterai pas à le contacter du coup.</p><p><strong>Goulven :</strong></p><p>Je te donnerai précisément son nom.</p><p><strong>Sarah :</strong></p><p>Merci beaucoup, Goulven, d’avoir participé à cet épisode. C’était hyper enrichissant et intéressant. Si les auditeurs veulent te retrouver pour te poser d’autres questions ou te remercier pour l’épisode, par quel canal est-ce qu’ils peuvent passer ?</p><p><strong>Goulven :</strong></p><p>LinkedIn, c’est le plus simple. <a href="https://www.linkedin.com/in/goulven-baron/">https://www.linkedin.com/in/goulven-baron/</a></p><p><strong>Sarah :</strong></p><p>Super. Je mettrai ton LinkedIn dans la description aussi du podcast. Merci beaucoup. Merci beaucoup.</p><p>Merci d’avoir suivi ma conversation avec Goulven Baron sur l’impact du design sur le monde qui nous entoure et l’usage de L’Ia dans une mutuelle.</p><p>C’est toujours un plaisir d’avoir vos retours sur les invités qui prennent la parole sur The Product Design Insight Podcast. Si vous n’êtes pas abonné, n’hésitez pas à le faire pour ne rater aucun épisode. Et si cet épisode vous a plu, vous pouvez me laisser une note et un commentaire.</p><p>Vos retours me sont très précieux car cela me permet de savoir si les thèmes abordés vous intéressent et d’optimiser les prochains épisodes pour qu’ils correspondent à vos attentes. L’objectif de ce podcast est vraiment de vous donner des exemples concrets et pertinents, applicables en entreprise. Et je vous dis à très vite pour le prochain épisode.</p><img src="https://medium.com/_/stat?event=post.clientViewed&referrerSource=full_rss&postId=d75f064f740a" width="1" height="1" alt=""><hr><p><a href="https://medium.com/maif-data-design-tech-etc/comment-prendre-conscience-de-limpact-du-design-sur-l-environnement-sans-ignorer-les-innovations-d75f064f740a">Comment prendre conscience de l’impact du design sur l’environnement sans ignorer les innovations…</a> was originally published in <a href="https://medium.com/maif-data-design-tech-etc">MAIF Data Design Tech etc.</a> on Medium, where people are continuing the conversation by highlighting and responding to this story.</p>]]></content:encoded>
        </item>
        <item>
            <title><![CDATA[Open Source for Climate Action: taking the first step]]></title>
            <link>https://medium.com/maif-data-design-tech-etc/open-source-for-climate-action-taking-the-first-step-7f9b070f3ac4?source=rss----a2c963c9ef8a---4</link>
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            <category><![CDATA[environmental-issues]]></category>
            <category><![CDATA[genai]]></category>
            <category><![CDATA[data]]></category>
            <dc:creator><![CDATA[Nina Petard]]></dc:creator>
            <pubDate>Wed, 30 Oct 2024 17:46:13 GMT</pubDate>
            <atom:updated>2024-11-04T09:55:53.937Z</atom:updated>
            <content:encoded><![CDATA[<figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*OnsiYFUg-PZg5jPpfOPAUA.jpeg" /></figure><p>You have probably been told about the hummingbird dropping water on a raging forest fire. This allegory is often used to talk about individuals and their local small acts (let’s not say desperate yet) against a catastrophe.</p><p>Working on GenAI and being concerned about climate change (and all other planetary boundaries we are gleefully leaping over) definitely makes you a very conflicted humming bird, trying to bring water to stop the fire but seeing your wings flaps actually fueling it.</p><p>Against all the GenAI hype, voices are rising (not necessarily climate activists,<a href="https://www.goldmansachs.com/images/migrated/insights/pages/gs-research/gen-ai--too-much-spend%2C-too-little-benefit-/TOM_AI%202.0_ForRedaction.pdf"> we are talking about GoldmanSachs here</a>) stating that the energy and raw material consumption of this technology is not sustainable long term. <a href="https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_selon-le-monde-4-acteurs-du-num%C3%A9rique-tous-activity-7216438188926496769-29Hm/">French energy prophet Jean-Marc Jancovici</a> even argues that we will have to choose between feeding ourselves and the next generation over feeding the internet with new AI-generated cat memes (he is way more serious about it, but you get the point).</p><p>As a data person, discovering how gluttonous GenAI actually is can have many negative side-effects, among which very wide eyes and mild to total panic. Trying to convey that gluttony in deciding instances is no trivial thing as wide eyes and mild to total panic are rarely taken as valuable KPIs.</p><h3>Enter Ecologits.</h3><p><a href="https://ecologits.ai/latest/">Ecologits</a> helps you bring those KPIs to the aforementioned table.</p><p>It is both a package and a <a href="https://huggingface.co/spaces/genai-impact/ecologits-calculator">calculator</a> based on said package. By developing Ecologits, the <a href="https://genai-impact.org/">GenAI Impact</a> team did the heavy lifting of providing the rest of us, cognitive dissonance-filled data scientists, a tool to help us cope with the reality of our work.</p><p>Having both the technical means of measuring and easy-to-understand examples is a great synergy as it will both raise awareness among technicians and non-technicians and enable choosing based on those measures.</p><p>For the technical part, just add one line of code to initialize the package and it will automatically wrap the GenAI providers’ calls, estimate the impacts (electricity consumption, GWP, mineral resources depletion…) and add them to the result.</p><p>As most model providers do not publish the weights for their model, the estimation is based on execution time and tokens number. This straightforward approach copes well with not having access to the inference servers. The science behind it is thoroughly detailed in <a href="https://ecologits.ai/latest/methodology/">their documentation</a>, don’t be afraid to check it out.</p><p>Despite not being 100% accurate, it offers an independant calculation methodology, not provided by people with skin in the game.</p><h3>Rolling up those opensourcing sleeves</h3><p>MAIF has a long history of sharing open-source versions of internally developed packages, you can find all of them <a href="https://maif.github.io/">here</a>. In the data department,<a href="https://github.com/MAIF/shapash"> Shapash</a> is our golden child with its 2.7k stars on GitHub and <a href="https://github.com/MAIF/arta">Arta </a>our last born (<a href="https://datacraft.paris/event/arta-a-python-rules-engine/">we are presenting it at Datacraft in December</a>, come and say hi). Seeing something missing in a package we wanted to use was not a first but contributing directly is a will that had not been acted upon yet at MAIF’s Data &amp; AI.</p><p>The thing Ecologits did not have was Azure OpenAI compatibility. This was a hindrance as this is the main provider we are currently using. And judging by an issue opened on the repo, we were not the only French big company interested in the matter.</p><p>The key point was as simple as it gets: Azure has dots in the model name (example: ChatGPT3.5) whereas the classical OpenAI API does not (example: ChatGPT35). Ecologits relying on model name, the latest matches and can be measured while the other cannot.</p><p>From that on, it was just a matter of adding a few rows to a CSV and linked unit tests (I’m playing it cool and all but discovering how to use cassettes in unit tests was not that much of a walk in the park).</p><p>And voilà.</p><h4>All this fuss for a few lines of code?</h4><p>A few lines of code and a few unit tests, and here I am stretching it for an entire Medium article. In my book, those few lines of code are not the interesting part though.</p><p>When you are working internally or even opensourcing internal materials, you already have your working piece of software that caters to your needs, as well as the workflow around it, which is probably something of a balance point of all similar’s companies workflow. Worst case scenario, your business case does not match anyone’s and you don’t get those sweet github stars.</p><p>Contributing to an open-source package is both a rewarding and training experience: as an example, you could discover how to use cassettes in pytest and now, despite having pulled a lot of your hair, you still want to add them to a lot of projects as it solves a problem you had not yet addressed. On the other hand, your development having to match with the developer’s philosophy and vision for their product is another opportunity to grow.</p><p>Opensource being in the DNA of MAIF, I did not have to ask much to unlock the work time. I guess it is not (yet) the case everywhere, but for it to change, we need the first hummingbirds to start carrying water by asking for that time. If contributing to a greater good is not enough of an ROI, tell them it benefits your company in terms of image (do not underestimate how much of a recruiting argument this is), tell them it guarantees a tool better catered to the company’s needs, tell them it serves as a very good training method for data professionals and developers.</p><p>As an employee, I’m hopeful that if an organization as big as mine encourages such contributions to outside projects, others will do it too.</p><p><em>And yes, despite some ChatGPT touchups, this was mostly written by a human, stupid jokes and all.</em></p><img src="https://medium.com/_/stat?event=post.clientViewed&referrerSource=full_rss&postId=7f9b070f3ac4" width="1" height="1" alt=""><hr><p><a href="https://medium.com/maif-data-design-tech-etc/open-source-for-climate-action-taking-the-first-step-7f9b070f3ac4">Open Source for Climate Action: taking the first step</a> was originally published in <a href="https://medium.com/maif-data-design-tech-etc">MAIF Data Design Tech etc.</a> on Medium, where people are continuing the conversation by highlighting and responding to this story.</p>]]></content:encoded>
        </item>
        <item>
            <title><![CDATA[Ajouter, retirer, décider : Designer dans un monde fini]]></title>
            <link>https://medium.com/maif-data-design-tech-etc/ajouter-retirer-d%C3%A9cider-designer-dans-un-monde-fini-668bcf08cd4e?source=rss----a2c963c9ef8a---4</link>
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            <category><![CDATA[service-design]]></category>
            <category><![CDATA[substainability]]></category>
            <category><![CDATA[maif]]></category>
            <category><![CDATA[design]]></category>
            <dc:creator><![CDATA[Goulven Baron]]></dc:creator>
            <pubDate>Wed, 30 Oct 2024 11:05:07 GMT</pubDate>
            <atom:updated>2024-10-30T11:05:06.967Z</atom:updated>
            <content:encoded><![CDATA[<h3>Ajouter, retirer, décider : Designer dans un monde fini</h3><h4>Le 26 septembre, MAIF proposait en son siège social niortais un atelier et une table ronde dans le cadre de France Design Week, ouverts au public.</h4><h4>Retrouvez dans cet article une vidéo récapitulative de notre événement, et la captation audio de la table ronde, ainsi qu’une retranscription textuelle.</h4><p><strong>Le programme :<br>16h — 18h30 : Atelier “Concevoir, c’est renoncer ?”<br></strong>Par équipe de cinq, les participant.es ont pour mission d’améliorer la situation d’une entreprise fictive. Le jeu conduit à prendre des décisions sur le prix de votre produit, ses conditions de production, son impact environnemental et l’expérience qu’il produit pour les utilisateurs.​ Collectivement, il s’agira de faire preuve d’écoute pour parvenir à une stratégie collective face aux différentes péripéties rencontrés.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*iJv1Opu46YWfr0zIAMojTw.jpeg" /><figcaption>Photo Thomas Bonnin/MAIF</figcaption></figure><p><strong>18h30–20h : Table ronde — Quels potentiels d’action pour le design dans un monde aux ressources limitées ?</strong></p><ul><li><a href="https://www.linkedin.com/in/cecile-couetard/">Cécile Couétard</a>, lead designer MAIF, facilite le débat entre différents acteurs du design :​​</li><li><a href="https://www.linkedin.com/in/christophersanterre/?locale=fr_FR">Christopher Santerre</a>, designer industriel dont la pratique vise à faire converger désirabilité et soutenabilité tout en valorisant au maximum les savoir-faire industriels locaux.​​</li><li><a href="https://www.linkedin.com/in/camille-bosqu%C3%A9-268398b1/">Camille Bosqué</a>, designer, docteure en esthétique et design et professeure agrégée d’arts appliqués, autrice du livre Design pour un monde fini​​.</li><li><a href="https://www.linkedin.com/in/na%C3%ABlle-frega-a22894170/">Naëlle Frega</a>, designer de services et produits numériques responsables au sein du studio Ctrl S​.</li></ul><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*QjghZt9YpBp-QzTeQjmR_g.jpeg" /><figcaption>Photo Thomas Bonnin/MAIF</figcaption></figure><h3>La vidéo récapitulative</h3><p>Vidéo, 4 mn</p><iframe src="https://cdn.embedly.com/widgets/media.html?src=https%3A%2F%2Fwww.youtube.com%2Fembed%2Fvideoseries%3Flist%3DPLHWGfQmqyWtYJbZHoWCXO9zWkOLLlzwLV&amp;display_name=YouTube&amp;url=https%3A%2F%2Fwww.youtube.com%2Fplaylist%3Flist%3DPLHWGfQmqyWtYJbZHoWCXO9zWkOLLlzwLV&amp;image=https%3A%2F%2Fi.ytimg.com%2Fvi%2Fw9h0soGMxrk%2Fhqdefault.jpg%3Fsqp%3D-oaymwEXCOADEI4CSFryq4qpAwkIARUAAIhCGAE%3D%26rs%3DAOn4CLCJUa5npr6Z_8P46pYyZVdH06xM-A%26days_since_epoch%3D20018&amp;key=a19fcc184b9711e1b4764040d3dc5c07&amp;type=text%2Fhtml&amp;schema=youtube" width="853" height="480" frameborder="0" scrolling="no"><a href="https://medium.com/media/ae19a61f68645ec86ac8e26c884a1eb0/href">https://medium.com/media/ae19a61f68645ec86ac8e26c884a1eb0/href</a></iframe><h3>La table ronde :</h3><p>Audio, 1h30</p><iframe src="https://cdn.embedly.com/widgets/media.html?src=https%3A%2F%2Fwww.youtube.com%2Fembed%2FyTlA6P7gwBI%3Flist%3DPLHWGfQmqyWtYJbZHoWCXO9zWkOLLlzwLV&amp;display_name=YouTube&amp;url=https%3A%2F%2Fwww.youtube.com%2Fwatch%3Fv%3DyTlA6P7gwBI&amp;image=https%3A%2F%2Fi.ytimg.com%2Fvi%2FyTlA6P7gwBI%2Fhqdefault.jpg&amp;key=a19fcc184b9711e1b4764040d3dc5c07&amp;type=text%2Fhtml&amp;schema=youtube" width="854" height="480" frameborder="0" scrolling="no"><a href="https://medium.com/media/871c0502579d9c0c0ee438311bde2850/href">https://medium.com/media/871c0502579d9c0c0ee438311bde2850/href</a></iframe><p>Retranscription :</p><h3><strong>Quels potentiels d’action pour le design dans un monde aux ressources limitées ?</strong></h3><h4>Introduction</h4><p><strong>Cécile Couetard</strong> : Bonsoir à tous et à toutes, bienvenue merci à tous d’avoir répondu à notre invitation qui a été lancée dans le cadre de l’événement France Design Week auquel MAIF participe pour la 2e année consécutive.</p><p>Je vois qu’il y a des acteurs de tout l’écosystème Niortais, c’est très chouette de voir toutes ces têtes ici. Certains d’entre vous sont là peut-être depuis 16h30 et ont participé à l’atelier “concevoir c’est renoncer ?” donc vous avez dû vivre ce moment dans lequel il faut faire des choix, décider et évaluer les risques à faire à ne pas faire et se retrouver à devoir considérer les contraintes de chacun qui ne sont pas forcément les mêmes que celles de l’autre personne qui est dans son équipe ou dans son entreprise et on se rend compte dans ce cadre-là que c’est pas si simple que ça de devenir une entreprise meilleure avec tous ces points à considérer et à prendre en compte et ce sont des choses auxquelles des questions auxquelles sont confrontées aussi les équipes MAIF dans lesquelles on a une grande variété de de métiers qui travaillent ensemble et qui permettent d’assurer nos sociétaires et de pouvoir les accompagner tout au long du leur quotidien.</p><p>Dans ces métiers il y a des designers : des designers d’interface, des designers d’expérience, des designers de services car la MAIF a la conviction que le design peut concourir à la résolution des grands problèmes de société. Aujourd’hui à la MAIF on a 68 designers, qui collaborent avec divers métiers pour explorer les besoins des sociétaires et des prospects lors des moments clés de leur vie alors que font-ils ? Ils ne dessinent pas d’objets physiques, ils travaillent sur des produits assuranciels et des expériences et sur la façon dont elles vont être proposées de manière homogène dans les différents points de contact afin de créer l’expérience MAIF, ils et elles travaillent sur la compréhension de ce que vivent les sociétaires pour pouvoir leur apporter une réponse juste et proposer des solutions adaptées qui accompagnent correctement leur quotidien. Leur mission est de détecter les opportunités d’amélioration pour apporter des solutions adaptées donc tout en alignant l’expérience MAIF sur tous les points et les canaux sur tous les canaux pardon et les points de contact donc la MAIF soutient le design et les designers car nous croyons que le design peut jouer un rôle clé dans la résolution des grands défis de société qui soient environnementaux ou sociaux et aujourd’hui le design n’est plus simplement une réponse esthétique ou industriel, il s’agit désormais d’une culture qui interroge qui prend le temps de poser les questions les bonnes questions pour concilier vision stratégique et opérationnelle aujourd’hui face aux crises climatique et sociale.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*QblOxIqj9QX6nsExsmQubg.jpeg" /></figure><p>La responsabilité des designers va au-delà de la création d’objets ou de services désirables ils doivent comme <strong>Christopher Santerre</strong>, <strong>Camille bosqué</strong> et <strong>Naëlle Fréga</strong> que nous recevons ce soir.</p><p>Repenser nos façons d’agir en prenant des décisions plus réfléchies, en valorisant les savoir-faire locaux, en questionnant des modèles existants ou encore en imaginant des service numérique responsables : Ces designers façonnent un futur où chaque action compte, notre discussion d’aujourd’hui vise à explorer ses choix ajouter retirer décider dans un monde de ressources limité et à comprendre comment le design peut accompagner pour construire un avenir plus soutenable et responsable</p><p>Bienvenue à vous chers designers, sur l’heure et demi que nous avons devant nous je vais vous inviter dans un premier temps à vous présenter et à présenter vos travaux afin que le public découvre votre travail, sache quel est votre positionnement, la façon dont vous abordez vos projets dont vous avez vous appréhendez les enjeux de vos clients et la ensuite on pourra questionner donc ces trois verbes <strong>ajouter retirer décider, </strong>trois verbes d’action qui impliquent d’avoir un engagement de faire des choix et d’avoir donc de tenir des positions qui sont les votre, celles de vos clients et des interlocuteurs avec qui vous travaillez car le designer ne travaille jamais seul et c’est ce que vous avez pu constater aussi dans les ateliers auxquels certains d’entre vous ont pu participer.</p><p>On verra à travers ces échanges comment dans cet environnement complexe, parce que la société est complexe, comment aujourd’hui on peut répondre aux besoins (parfois on se demande si ce sont des besoins ou envies) qui ont l’air de foisonner, et enfin nous prendrons quelques questions du public donc n’hésitez pas à les noter au fur et à mesure pour pouvoir les poser à la fin. Je vous propose de vous présenter chacun votre tour, par ordre alphabétique.</p><h4>Présentation des Intervenantes et intervenant</h4><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*Z5_LrHwSh4IgN9cpua78Qw.jpeg" /></figure><p><strong>Camille Bosqué :</strong> Bonsoir je suis Camille Bosqué je suis designer enseignante chercheuse professeur agrégée d’art appliqué, j’enseigne à l’école Boule et à l‘ENSCI les ateliers à Paris. J’ai mis trois images pour me présenter :</p><ul><li>Ici la couverture d’un de mon premier livre qui s’appelle <a href="https://editions-b42.com/produit/open-design/">Open design fabrication numérique et movement Maker</a>. J’ai fait une thèse en esthétique et design à l’université Rennes 2 entre 2012 et 2016 avec un terrain de recherche plutôt sur les fablab movement Maker et l’Open design, toutes les pratiques de l’Open Source qui se développent aussi du côté du design d’objet.</li><li>Ensuite j’ai mis la couverture de mon dernier livre qui est paru en mai dernier <a href="http://www.premierparallele.fr/livre/designpourunmondefini">Design pour un monde fini lexique à l’usage de celles et ceux qui veulent maintenir l’habitabilité du monde</a> : 26 entrées qui me permettent d’aborder des thématiques des enjeux des questions différentes. C’est un petit lexique pratique et théorique avec à chaque fois une flopée d’exemples pour illustrer chaque concept et des conseils aussi de bibliographie pour donner envie de lire et d’aller plus loin sur des notions des enjeux qui intéressent le design aujourd’hui.</li><li>La troisième image qui est un peu à part c’est pour ma pratique de designer : Je suis céramiste j’ai un atelier de céramique à Saint-Ouen et ça c’était sur un chantier de la ligne 18, en fait j’ai travaillé l’année dernière toute l’année avec le la Société du Grand Paris et je suis allée sur les chantiers du Grand Paris Express et j’ai travaillé avec de l’argile locale donc je sais pas si on va en parler aujourd’hui mais c’était pour montrer aussi d’un côté la théorie et puis de l’autre la pratique et les mains dans la dans la terre et dans les terres excavées voilà un peu pour présenter mon travail.</li></ul><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*RfUb5qziVMZH0m8qtpLfFQ.jpeg" /></figure><blockquote>Ce qui est intéressant aujourd’hui c’est de voir que ce modèle-là, cet héritage là il est dépassé, il est beaucoup discuté notamment dans un monde aux ressources limitées. En effet où on voit que le designer a aussi un rôle à jouer plus comme collaborateur critique ou en tout cas engagé pour maintenir l’habitabilité du monde et donc peut-être parfois cesser aussi de produire des objets ou de changer de rôle.</blockquote><p><strong>Cécile Couetard</strong> : Merci beaucoup, c’était important pour nous que vous puissiez chacun donner des clés aussi de d’où vous parlez et ce que ce que vous faites.</p><p><strong>Naëlle Frega : </strong>À mon tour je suis Naëlle Frega, designer de service et produits numériques responsables chez Ctrl S et quand on m’a demandé de me présenter par rapport à ma pratique personnelle j’ai choisi de vous mettre cette petite grimace de Fry dans Futurama parce que c’est une tête que je fais très souvent parce que je suis une personne assez sceptique quand on m’annonce des vérités générales du style “le monde a besoin de de croissance pour survivre”. J’aurais tendance à relativiser ce genre de propos et en fait ce scepticisme m’a poussé à être très curieuse et aller essayer de comprendre les contextes au sein desquels on allait proposer de nouveaux objets de nouvelles modalités d’interaction et donc à passer par les sciences politiques à questionner l’implication économique politique sociale des choix de conception qu’on peut faire.</p><p>En toute logique j’ai rejoint l’agence de conseil et de design en numérique responsable Ctrl S il y a 2 ans. Pour vous dire globalement ce qu’on peut faire : On fait des sites Web écoconçus et numérique responsable donc il y a pas que l’écoconception et on pourra revenir en détail plus tard dessus, comme c’est également une agence de conseil on fait des feuilles de route numérique responsable donc on accompagne les collectivités essentiellement sur leur stratégie numérique responsable et on fait également des ateliers de sensibilisation aux enjeux numériques responsables avec des outils divers tels que le design fiction.</p><p>Donc ça c’est pour mon activité professionnelle et en extra professionnel je suis aussi membre du <a href="https://podcast.designmasterclass.fr/">podcast Design Masterclass</a> qui me permet de continuer de creuser sur qu’est-ce que ça veut dire des designers aujourd’hui ce que je peux pas faire forcément quand je dois faire des sites web donc c’est assez chouette de d’avoir pu travailler dans ce milieu à et faire partie de ce groupe parce que moi ça m’a permis de pas de ne pas être dans une perspective selon laquelle quand on est designer on doit accompagner la croissance parce que c’est ce dont le monde en a besoin moi j’y crois pas et c’est mon avis personnel et plutôt m’inscrire dans une démarche qui consiste à se dire que un design qui est réellement au service des utilisateurs et utilisatrices c’est un design qui ne nuit pas à leur conditions d’existence donc par essence il doit respecter les limites planétaires et les seuils sociaux je suis pas du tout parfaite là-dessus mais je suis plutôt contente de tendre vers ça.</p><blockquote>“Un design qui est réellement au service des utilisateurs et utilisatrices c’est un design qui ne nuit pas à leurs conditions d’existence donc par essence il doit respecter les limites planétaires et les seuils sociaux.”</blockquote><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*8eK3kbzDwDej43DZuECKYA.jpeg" /></figure><p><strong>Christopher Santerre :</strong> Bonsoir à toutes et à tous donc moi je m’appelle <a href="https://www.christophersanterre.fr/">Christopher Santerre</a> je suis designer industriel donc je dirais pour qualifier ma pratique rapidement en en gros moi je là où vous avez quelques exemples de projets que j’ai pu réaliser et accompagner, alors là on a le résultat final mais moi ce qui m’intéresse surtout c’est comment en gros mettre le design et le design industriel puisque ce qui c’est ce qui m’importe plus particulièrement au service de ce que j’appelle les savoir-faire industriels locaux et tout ça dans un objectif d’impact minimal après ça n’a rien forcément de de parfait ni de d’exemplaire mais en tout cas c’est une direction vers laquelle vers laquelle je tends et je me donne et donc ça donne des projets très divers très variés qu’on toujours cette cet objectif commun de de on va dire à usage égal de proposer des alternatives qui peuvent proposer des usages moins impactant et favorisant l’usage, le recours à on va dire à des savoir-faire locaux, français le plus souvent puisque on va dire 90 % de mes projets sont fabriqués sur su le territoire national donc il y a un vrai enjeu on y reviendra mais de de voir comment le design peut aussi être un vecteur de lien sur les territoires à la fois entre les gens, entre les savoirs faire et puis à la fois les gens qui font et qui utilisent quoi voilà grosso modo pour ma pratique.</p><blockquote>“Je me tourne vers des sociétés qui sont déjà dans une logique d’impact minimal, soit dans des secteurs comme la mobilité douce, mobilité à assistance électrique ou bien des acteurs industriels viennent vers moi parce qu’ils me connaissent par rapport au projet de l’Increvable, ils savent que j’ai un engagement.”</blockquote><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*XufYCMmIgnyyN0TheQxC3A.jpeg" /></figure><h4>Ajouter</h4><p><strong>Cécile Couetard</strong> : Merci alors je vous propose qu’on rentre dans les questionnements dans une première partie autour des notions Ajouter et Retirer. Donc l’objectif c’est de comprendre les logiques d’ajout et de retrait dans le processus de création et de design durable et Camille tout à l’heure tu parlais du lexique que tu as écrit et que tu proposes donc, qui s’adresse aussi bien à des enseignants que des designers étudiants que des designers en activité, que à des non designers et par rapport à cette réflexion que tu nous invites à avoir sur la façon dont on va choisir d’intervenir dans un monde et un contexte dont on sait qu’il a des ressources limitées toi à travers tous ces travaux-là qu’est-ce qui pour toi te paraît pouvoir répondre à la question de comment un designer peut encore aujourd’hui ajouter de la valeur ?</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*mSlmI--EzhdSgBTflmZMrQ.jpeg" /></figure><p><strong>Camille bosqué : </strong>Moi il y a une notion qui je pense est importante c’est la question de la responsabilité du designer et peut-être pour faire un petit retour en arrière historique c’est intéressant d’avoir en tête que le design naît avec la révolution industrielle, le design est immédiatement complice de la société industrielle de la société de consommation et que par essence dès le départ il a un rôle à jouer et il est à cet endroit-là lié au capitalisme et à la société industrielle. Pour aller un peu plus loin : la laideur se vend mal. Il y a tout ce courant du design qui interroge aussi là une autre forme de responsabilité : “ la laideur se vend mal” c’est le titre d’un livre de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Raymond_Loewy">Raymond Loewy</a> qui dans les années 1930 était vraiment l’incarnation du designer industriel avec cette idée du design comme un stylisme en fait industriel, qui était au service de la consommation et qui avait un rapport avec ce qui était produit par l’industrie qui était plus dans la séduction. En fait le but c’était de faire passer des produits, des objets nouveaux dans la consommation auprès des consommateurs, donc de caréner, d’enjoliver, de voiler de et d’appliquer des lignes de style avec le le streamline qui du coup est vraiment une pratique du design de séduction mise au service de la consommation sans interroger finalement plus que ça les rouages économiques de l’industrie.</p><p>Ce qui est intéressant aujourd’hui c’est de c’est de voir que ce modèle-là, cet héritage là il est dépassé, il est beaucoup discuté notamment dans un monde aux ressources limitées. En effet où on voit que le designer a aussi un rôle à jouer plus comme collaborateur critique ou en tout cas engagé pour maintenir l’habitabilité du monde et donc peut-être parfois cesser aussi de produire des objets ou de changer de rôle après bon on n’a pas attendu les rapports le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Limites_%C3%A0_la_croissance">rapport Meadows</a> et les constats sur l’état de notre planète pour savoir que en effet on a des choses à réduire sur notre manière de produire et de consommer puisque déjà même dans les débuts de l’histoire industrielle avec le mouvement des Arts and Craft et cetera dont je reparlerai peut-être plus tard on a aussi à la naissance du design un moment où déjà il y a cette fonction critique qui est immédiatement en germe et ça c’est quelque chose qui m’intéresse, cette question de l’éthique, de la de la morale aussi de la responsabilité du designer.</p><p>Aujourd’hui dans un monde de ressources finies il y a aussi d’autres questions qui se posent qu’on ne peut pas ignorer nous en tant que designer notamment peut-être celle des communs négatifs, alors c’est une notion avec laquelle on n’est pas forcément tous très à l’aise la notion de commun, on connaît plus par exemple les jardins partagés qui sont des communs, la connaissance est un commun. Les communs négatifs ça va être tout ce dont on hérite, dont on a la charge y compris les déchets de l’industrie la pollution et cetera et ça c’est aussi je pense des choses dont qu’on doit prendre en charge en fait les déchets de l’industrie et les conséquences négatives de ce mode de production industriel productiviste.</p><p>On a tous mis des images sur les slides qu’on va peut-être commenter ou qui vont nous permettre de rebondir, moi j’ai mis celle qui est tout à droite : un projet du <a href="https://www.maximum.paris/">collectif de designer Maximum</a> qui s’appelle le tabouret BX, donc Maximum c’est un studio de design qui est intéressant à connaître qui existe depuis une dizaine d’années en banlieue parisienne et en fait justement eux travaillent avec les déchets de l’industrie et s’occupent justement de ces communs négatifs qui sont d’une certaine manière les nouvelles ressources aussi qu’on peut explorer et mobiliser en tant que designer non pas pour ajouter de nouveaux objets mais pour d’une certaine manière retirer une partie du problème ou en tout cas donner du sens à des déchets, enfin l’industrie c’est 65000 tonnes de déchets par jour donc l’idée c’est pour eux de se dire “on a on a une un gisement une ressource qu’on peut qu’on peut peut-être explorer” donc BX en précisément c’est un tabouret qui est conçu à partir d’un partenariat avec la Banque de France en fait c’est des billets de banque qui sont défectueux et broyés qui sont réemployés et compressés pour donner forme à ces tabourets et en fait ils ont comme ça noué plein de partenariats avec des industries avec des entreprises pour d’une certaine manière prendre en charge justement c’est cette production négative de déchets et et produire de de la valeur ou en tout cas voilà y donner du sens donc c’était un exemple que j’avais envie de de de poser là parce qu’il me semble bien répondre à voilà cette question “Ajouter Retirer” et le rôle et la responsabilité du design face au commun négatif aujourd’hui.</p><h4>Retirer</h4><p><strong>Cécile Couetard</strong> : D’accord et j’imagine que Christopher et Naëlle vous avez à cette question-là du fait de la matérialité différente des projets sur lesquels vous travaillez une approche notamment de ces déchets de fabrication ou de la question de venir proposer quelque chose qui améliore sans enfin sans devoir avoir un impact trop important dans le cadre du digital ?</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*gahDvPL22RtdHwm8WSCM9g.jpeg" /></figure><p><strong>Christopher Santerre : </strong>Moi d’aussi longtemps que je me souviens que j’ai commencé le design ne serait-ce que même au moment où je suis rentré où j’ai commencé mes études où je suis rentré à l’ENSCI en fait il y avait toujours un peu cette tension qui m’obsédait entre le fait de dire : A-t-on vraiment besoin de quelque chose de plus de physique qui consomme de la matière de l’énergie qui va être un déchet potentiel ? Et en fait j’ai vraiment construit toute ma réflexion, mon parcours là-dessus sur cette tension entre le fait de de vouloir produire, dessiner, réaliser, concevoir du nouveau et en a-t-on vraiment besoin, ce questionnement. En même temps je me dis mais si on si on vise un mode de vie plus soutenable ce qui n’est à priori pas du tout le cas de notre mode de vie actuel mais c’est qu’il y a quand même pas mal de choses à changer dans la manière de se déplacer, dans la manière de gérer nos déchets, dans la manière de même les choses les plus triviales j’allais dire dans la manière d’aller aux toilettes, on fait encore nos besoins dans de l’eau potable enfin je vais déclencher des sourires mais on est encore là en 2024 ! Dans la manière de de laver notre linge et donc ça m’a fait me dire que peut-être qu’il y avait des choses très certainement à enlever et peut-être d’autres qui mériteraient d’exister.</p><p>Très concrètement là j’avais proposé l’exemple de l’<a href="https://www.lincrevable.com/fr/"><strong>Increvable</strong> un projet de lave linge réparable</a> que j’avais mené avec un camarade d’école de l’ENSCI. Quand on a monté ce projet on s’est dit déjà le constat : Des millions de tonnes de déchets d’équipement électrique et électronique créés, déversés, et non traités chaque année, dans le meilleur des cas ils sont enfouis ou incinérés, très peu sont réparés donc je parle des laves linge, enfin tous ces objets, tablettes, tous ces objets électriques, électroniques qui nous entourent et qui génèrent des montagnes de déchets et de me dire peut-être qu’on peut attaquer le problème à la racine en faisant en sorte que les objets soient déjà plus facilement réparables. Donc c’est ce qu’on a tenté avec l’Increvable qui un projet d’entreprise qui n’a pas été jusqu’au bout mais du moins l’idée continue de de vivre dans les esprits en tout cas de se dire : dans un secteur comme l’électroménager on pourrait aussi faire les choses différemment parce que bon on peut tous souhaiter qu’on produise, moins qu’on décroisse à plein de niveau mais on a tous envie je crois globalement de continuer à être propre à se plutôt sentir bon à avoir des vêtements propres et donc comment on fait comment on fait à la fois pour répondre à des besoins vitaux ? Voilà après je laisse ouvert la question du besoin vital mais je pense qu’il est crucial à moment donné d’avoir à l’échelle sociétale mais disons qu’il y en a certains sur lesquels on est tous d’accord je pense comme manger dormir se vêtir être propre. Comment on fait pour continuer à répondre à ses besoins vitaux sans puiser toujours plus de ressources ?</p><p>Puis on avait évoqué un autre exemple que je trouve intéressant parce qu’il recouvre, peut-être Naëlle tu reviendras dessus, je ne sais pas mais parce qu’il recouvre du service également, de l’interaction : un service comme le Velib. Je trouve que c’est intéressant de se dire des on peut ajouter des choses qui peuvent en enlever aussi. Le Velib et tout ce qui est service de vélo partagé proposé par la ville, il est arrivé et en fait il a permis à certaines personnes de de plus forcément avoir de vélo personnel ou d’accéder au service de vélo sans avoir besoin d’acheter de vélo donc on passe de la possession eu à l’utilisation à l’usage et donc là ça renverse plein de choses aussi dans nos habitudes de consommation et tout ça proposé par des villes donc ce qui était individuel dans un acte un peu consommation centré enfin très centré utilisateur, là on crée du commun et avec une un recours au design complètement, enfin très large quoi : il y a du design de service, du design systémique, du design produit, du design d’interface donc ça je trouve intéressant de voir comment on ajoute quelque chose multi-facette et qui vient potentiellement enlever des déchets, enlever des objets tout en amenant un confort d’usage au quotidien.</p><p><strong>Camille bosqué : </strong>Pour aller dans ton sens il y a le chercheur <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Alain_Findeli">Alain Findeli</a> qui parle justement d’une éclipse de l’objet et je trouve que l’idée est assez belle de se dire : voilà finalement ce qu’on va regarder c’est plus tellement l’objet dans sa matérialité pour ce qu’il est évidemment il y a de l’objet mais finalement c’est qu’un moyen au service d’usage, de pratique qu’on va essayer de travailler et de faire bouger c’est enfin c’est ce que tu dis c’est utiliser plutôt que posséder par exemple.</p><p><strong>Naëlle Frega : </strong>Pour continuer j’aurais bien parler de design de service comme tu l’évoquais. Moi je suis spécialisée dans le numérique responsable et il faut savoir que l’empreinte environnementale du numérique elle est pas imputée à nos sites Web donc c’est bien de faire de l’éco-conception parce que c’est la meilleure manière de faire mais 80 % de l’empreinte environnementale de notre téléphone par exemple elle a lieu au cours de la fabrication c’est-à-dire dès lors qu’on achète un téléphone neuf et ben on a déjà cramé 80 % de notre budget carbone là-dessus c’est pour ça que le design de service peut être aussi très pertinent parce qu’il faut revaloriser les entreprises qui font du reconditionnement, acheter de la seconde main pas que back market il y a aussi des entreprises de l’économie sociale et solidaire comme l’Atelier du Bocage, comme Emmaüs Connect qui sont plutôt dans cette veine là et en fait le design de service pour mettre en valeur ces solutions là et pour imaginer le parcours de mon téléphone, l’empreinte mon téléphone, il devient un peu vieux il est tout pourri il est tout cassé je sais pas à qui le donner je sais pas comment le donner peut-être qu’avant je pouvais le réparer qu’est-ce que je fais une fois que je l’ai donné où est-ce que je me dirige pour en acheter ?Tout ça c’est du travail de design qui je trouve est très intéressant.</p><p>Pour la petite anecdote moi je viens d’une formation en design industriel et j’ai choisi de me réorienter vers du design de service au cours de mes études parce que je voyais bien qu’en rajoutant des objets je ne pouvais pas avoir une vraie valeur ajoutée et qu’elle serait plutôt vers le travail de design de service.</p><p><strong>Cécile Couetard</strong> : Dans les projets de de Ctrl S vous avez notamment beaucoup de projets qui sont destinés à mettre en commun tous ces potentiels de réutilisation d’usage de déchets, les ecothèques donc c’est des choses qui non seulement permettent de pouvoir donner au public et aux utilisateurs ou aux professionnels la connaissance de ce potentiel de matière qui est là pour pouvoir faire autre chose et ne pas juste le laisser avec son statut de déchet mais aussi dans la conception de ces objets-là de médiation vous avez la volonté d’avoir une démarche qui est en plus assez responsable et qui limite l’impact de ces catalogues ?</p><p><strong>Naëlle Frega : </strong>Ce projet là <a href="https://www.ecotheque.fr/">Ecotheque</a> c’est un appel d’offre qui a été gagné par Ctrl S avec une coopérative qui s’appelle Noesia qui fait du développement. L’idée de l’ecothèque ne vient pas de nous, elle vient de l’Augures Lab et de <a href="https://villettemakerz.com/">Villette Makerz</a> et nous ce qu’on leur a proposé c’est un service numérique qui permet de mettre dans un espace collaboratif l’ensemble des initiatives qui ont pour objectif d’œuvrer à la transition écologique du secteur de la scénographie. Ce en quoi il y a une valeur ajoutée, on est bien dans “ajouter retirer” dans ce service-là : Il y avait un vrai besoin du secteur les scénographes et autres personnes de ce métier-là donc qui vont faire des décors de théâtre des décors de vitrine, de magasins, de cinéma, des choses comme ça mais ils savent juste pas où aller chercher de des matériaux éco-responsables, des modes d’assemblage éco-responsables, trouver des collègues qui sont dans la même démarche de travail qu’eux et le but de l’ecothèque c’est de mettre tout ça en valeur et que chaque personne du secteur puisse y participer et évidemment dans la logique c’est un site qui a été éco-conçu et avant d’ajouter un service numérique on se pose systématiquement la question de est-ce que ça a une valeur ajoutée pour permettre de réduire l’empreinte environnementale. Ici c’était le cas parce que si ce n’était pas un service Web ça aurait été des événements physiques, quand on fait se déplacer des centaines de personnes, l’empreinte environnementale est beaucoup plus lourde que si on se rend sur un site web.</p><p><strong>Cécile Couetard</strong> : Et justement par rapport à la réduction de l’empreinte de vos créations comment est-ce que vous vous décidez quelles sont les actions à mettre en place pour pouvoir justement limiter est-ce que vous accompagnez vos clients dans quand ils arrivent avec une un besoin une envie une idée comment est-ce que vous proposez de réduire cette empreinte-là ?</p><p><strong>Naëlle Frega : </strong>On gâche un peu leur rêve des fois sur les choix d’animation des choses comme ça par exemple on a accompagné le l’entreprise Sinon Virgule qui est une agence de redirection écologique donc qui a vraiment pour objectif d’accompagner des organisations sur le travail de leur modèle économique pour s’inscrire dans une démarche plus vertueuse et sauf que Ben leur site était un peu pourri parce que c’était sur un service gratuit de création de site et que l’empreinte environnementale elle était pas dingue donc ce qu’on a fait c’est que déjà, on a fait un peu un état des lieux de ce qui pêchait dedans, souvent quand on quand on évalue l’empreinte environnementale d’un site web il y a plein de de données et je vous renvoie vers le <a href="https://ecoresponsable.numerique.gouv.fr/publications/referentiel-general-ecoconception/">RGESN c’est le référentiel général d’écoconception des services numérique</a>s pour voir un peu une liste de critères, donc ce qu’on a fait c’est qu’on a fait un peu l’état des lieux de ce qui pêchait donc déjà travailler sur le service gratuit c’était pas une bonne idée donc on a travaillé en partenariat encore avec la coopérative Noesia pour l’hébergement, donc on a changé de backoffice et ensuite il y a ce qui me paraît être juste un travail de designer mais on a optimisé les parcours de sorte à ce qu’il y ait le moins d’action à faire possible donc d’avoir l’expérience la plus fluide possible et quand on fait le moins d’action et qu’on a moins de pages et ben le site de fait il est moins lourd donc mieux c’est designé mieux c’est éco-conçu alors là on parle de que de choses qui sont à peu près invisibles pour le l’utilisateur enfin il se rend bien compte que c’est mieux mais sans pour autant comprendre toute la mécanique qui a derrière.</p><p><strong>Cécile Couetard</strong> : Christopher, les clients avec lesquels tu travailles il y a des outils industriels, un existant qui est déjà là alors comment faire pour limiter l’impact des propositions par rapport aux demandes qu’ils ont et à la nécessité de de de produire sur les projets ?</p><p><strong>Christopher Santerre : </strong>Alors l’intervention elle peut se faire à plusieurs niveaux, on va dire que déjà enfin ceux vers qui je vais pour collaborer pour travailler sur des projets ou ceux qui viennent vers moi on est déjà un peu … moi je me tourne vers des sociétés qui sont déjà dans une logique d’impact minimale on va dire, soit dans des secteurs comme la mobilité douce, mobilité à assistance électrique ou bien des acteurs industriels viennent vers moi parce qu’ voilà il me connaissent par rapport au projet de l’increvable ils savent que j’ai un engagement.</p><p>Par exemple j’ai collaboré avec une entreprise vendéenne qui est la dernière entreprise à produire un lave-vaisselle en France donc qui s’appelle Daan Tech pour ne pas la citer, leur usine est basée à Cugand, près de Montaigu. C’est un petit Lave-vaisselle et donc ils ont fait appel à moi pour développer leur second produit qui un four multifonction qui sera lui aussi fabriqué à Cugand, donc on se retrouve sur des valeurs de réindustrialisation, de fabrication locale, de réparabilité. Après pour pousser ça dans la conception des objets que je traite, j’essaie toujours d’avoir cette notion de réparabilité en tête, d’avoir cette notion de à la fois de on va dire des moments parce que les contraintes industrielles, économiques d’un projet sont ce qu’elles sont et l’un des angles que je trouve bien souvent pour aller vers un vers un impact on va dire minimal c’est aussi de viser un de d’avoir un design qui comment dire qui allie impact minimal et coût moindre ce qui ce qui permet aussi de d’être entendu parce que si c’est pour faire des propositions qui vont alourdir un process industriel ou un coût final pour un objet c’est moins audible, donc dès que je peux alléger un objet je le fais.</p><p>J’ai dessiné une moto neige électrique dépourvue de carénage avec le châssis apparent pour limiter le nombre de pièces, limiter le nombre d’interventions, limiter le nombre de recours en termes de process industriel, limiter la matière au maximum.</p><p>Voilà c’est comme ça que je j’essaie de de de m’y retrouver vers cet objectif de d’impact minimal mais encore une fois je j’évolue dans un voilà dans un environnement que ce soient mes clients qui viennent me chercher pour ça donc souvent on est déjà un peu aligné avant même de de commencer à travailler ensemble.</p><p><strong>Cécile Couetard</strong> : Vous parlez la même langue mais pour autant est-ce que leurs clients viennent aussi choisir leurs produits pour ces critères ? Comment parfois faire que le renoncement soit valorisé dans le processus créatif ? Est-ce qu’il y a beaucoup de pédagogie à faire ? est-ce qu’une fois que la chose est acceptée par vos clients ensuite il y a une deuxième étape de pédagogie à faire pour les utilisateurs finaux ?</p><p><strong>Christopher Santerre : </strong>Je pense que c’est là où c’est là où le designer a a une place privilégiée entre guillemet. Moi ce qui me motive, mon moteur c’est contribuer un art de vivre sobre, désirable et ma manière de participer à ça c’est d’utiliser le design dans ce sens-là et donc pour ça je pense qu’il faut voilà réussir à ce qu’on ce que tu évoquais en introduction camille : Ce côté séduisant du design à la Raymond Loewy qui en faisait à l’excès, du geste un peu gratuit comme ça de la signature, du style même c’était même plus du design puisque on était bien souvent décorrélé complètement de la fonction, mais d’utiliser cette capacité à donner envie d’utiliser à donner envie et puis à faire en sorte que ça soit agréable à utiliser mais en vue de servir un usage plus responsable.</p><p>Là j’avais proposé un exemple ce concept de smartphone que je qualifiais d’apaisé, que j’avais réalisé comme ça à titre personnel pour à un moment donné matérialiser ce à quoi pourrait ressembler une alternative au smartphone d’aujourd’hui, même sien fait ça parait un constat qu’on passe plus de 5 heures par jour, bien plus pour les plus jeunes, jusqu’à 8h pour un adolescent, enfin de se dire comment à un moment donné on repense un objet aussi central dans nos vies qui est le smartphone tout en s’assurant qu’il soit toujours désirable, toujours que ça reste un bel objet qu’on ait envie de l’utiliser mais qu’il soit plus sobre dans l’usage. Donc ça passe par l’interface monochrome, ça passe par le retour au clavier qui limite l’usage de écran tactile mais qui redonne une matérialité au fait d’écrire sur un dispositif de ce type-là, le fait de d’obliger d’enlever le micro pour obliger l’utilisateur, alors j’avais été assez loin dans la démarche, obliger l’utilisateur à utiliser des écouteurs pour éviter la proximité des ondes et puis enfin toute une réflexion en se disant comment on peut par le design induire des comportement potentiellement plus sobre et moins impactant, enfin c’est après voilà, on y va toujours un peu à tâtons et avec humilité parce qu’on ne maîtrise jamais 100 % de l’impact de nos créations mais malgré tout je pense qu’en tant que designer, que ce soit numérique ou produit, on a une responsabilité et alors j’ai cité ce concept là parce que après avec des clients et aussi mais il faut répondre aux demandes du marché entre guillemets et s’inscrire c’est aussi pour ça que il y a des tentatives.</p><p>Là je cite rapidement une autre tentative réalisée avec le lowtech Lab donc qui est une association qui milite pour la promotion des lowtech basée à Concarneau en Bretagne qui donc fondé par <strong>Corentin de Chatelperron</strong>, qui a lancé une initiative avec <strong>Caroline</strong> <strong>Pultz</strong> et qui est <a href="https://lowtechlab.org/fr/le-low-tech-lab/les-actions/en-cours-biosphere-capsule-en-milieu-aride">Biosphère expérience</a> et qui permet d’expérimenter les lowtech en conditions réelles et donc j’ai eu l’occasion de travailler avec eux sur ce garde-manger qui est une interprétation vraiment minimaliste du réfrigérateur comme on connaît aujourd’hui donc là avec très peu très peu d’éléments réfrigérés, des éléments pour stocker les aliments de manière passive et cetera donc j’utilise comme ça des projets hors commanditaire, hors commande pour aller plus loin parce que c’est vrai que après mes clients BtoB ils ont ils ont besoin que le produit s’inscrive aussi dans des dans des logiques très court terme par moment . Donc il faut jongler aussi avec toutes ces contraintes là tout en tout en tenant une ligne qui qui qui semble cohérente.</p><p><strong>Cécile Couetard</strong> : Et est-ce que sur certains projets dont tu estimes que ce sont plus des projets image, tu as un rôle éducatif ou c’est plutôt l’envie de faire passer un message qui permettra de toucher des entreprises qui seront sensibles à cette démarche ?</p><p><strong>Christopher Santerre : </strong>Oui un peu des deux, c’est montrer dans certains domaines comment on pourrait faire autrement grâce au design que ce soit un lave-linge, un réfrigérateur, un smartphone, de dire aujourd’hui on sait qu’il y a cette voie là mais aussi on peut aussi faire autrement et le design peut être un outil stratégique et puissant pour explorer d’autres voies plus sobre et puis et puis ça permet aussi de de dire ok moi je suis un designer qui a envie d’aller dans ce sens-là si vous avez envie d’aller dans ce sens-là allons-y ensemble et aujourd’hui je travaille avec plusieurs acteurs de la mobilité notamment dans un secteur émergent qui qui qui est très dynamique en ce moment qui sont les véhicules intermédiaires notamment une société strasbourgeoise avec laquelle j’ai eu la chance de travailler qui s’appelle Carbikes sur laquelle on a avec laquelle on a travaillé ensemble sur un véhicule intermédiaire donc assistance électrique quatre roues ou une sorte de vélo cargo caréné et ça permet d’être identifié comme un designer qui veut aller dans ce sens-là et promouvoir et d’aller dans la création de projets qui contribuent à un mode de vie plus soutenable et ça permet aussi à la ville qui éventuellement adopte ce moyen-là de promouvoir quelle est une ville qui veut aller dans cette voie-là et d’être à la fois le porte-parole de leurs intentions et ils répandent cette envie de de changer les usages à travers ces objets aussi.</p><p>je rebondirai juste en un mot sur la partie smartphones mais c’est intéressant le moment où j’ai proposé ce concept il y avait très peu de concept qui allaient dans ce sens-là et aujourd’hui il y a des projets d’entreprise qui sont basés sur l’idée d’un smartphone apaisé, des New Yorkais qui ont lancé un projet qui s’appelle light phone avec une interface très minimaliste, il y a le retour de de de smartphone avec écran à ancre électronique un peu comme les liseuses, le retour du clavier physique donc ça je trouve que c’est intéressant quand les designers aussi prennent ce temps, prennent cette marge de liberté pour à un moment donné matérialiser ce à quoi ça pourrait ressembler si on fait un pas de côté l’Increvable c’est ça : le projet de lave-linge réparable c’est donné de dire on a les moyens techniques aujourd’hui, rien ne nous freine à aller dans ce sens-là, regardez à quoi ça peut ressembler et il y a eu un engouement terrible parce que au moment de l’obsolescence programmée, le documentaire <a href="https://boutique.arte.tv/detail/pret_a_jeter">“Prêt à jeter”</a> de Arte, on était “ah c’est pas bien c’est pas bien c’est pas bien de faire de l’obsolescence programmée” mais à quoi pourrait ressembler l’alternative positive à l’obsolescence programmée et avec l’Increvable on a dit “ça pourrait ressembler à ça” “ah génial et tout comment on fait” et donc le je pense que le designer dans sa capacité à que ça soit un service une interface un visuel il a la capacité à cristalliser à un moment donné, à rendre tangible et en tant qu’être humain on aime bien ce qui est tangible, on aime bien voir, on aime bien manipuler on aime bien éprouver les choses les ressentir physiquement et et et donc je pense qu’on a cette voilà cette capacité, un peu un super pouvoir dont il faut pas hésiter à à à avoir recours pour à un moment donné matérialiser le monde dans lequel on a envie de vivre et des solutions qui donne envie de vivre autrement.</p><p><strong>Cécile Couetard</strong> : Par rapport à ces défis donc qu’il peut y avoir à réaliser, parce que là on se dit “ah mais alors finalement le juste nécessaire c’est hyper désirable et puis on en a tous envie”, est-ce que côté digital quand on a tous ces standards qui créent des attentes et de fonctionnalités, est-ce que quand vous proposez de dire “Non en fait on n’en a pas besoin donc on ne va pas le mettre” est-ce que c’est perçu comme un choix ou comme un manque ?</p><p><strong>Naëlle Frega : </strong>Alors ça dépend, en fait la plupart des clients qui viennent vers Ctrl S sont déjà dans le secteur de la transition écologique donc ce sont des personnes qui ne sont pas très compliquées à convaincre, si on leur dit “ça pollue” ils vont dire “bon ben c’est bon on arrête” donc il y a cet aspect-là après il y a une autre technique quand on est avec des clients qui ne sont pas déjà convaincus et pour qui c’est l’argent qui compte le plus on peut leur montrer, quand on va sur un site web, on peut faire un petit clic droit, inspecter le code et simuler le site web avec de la 3G de la 2G, ce qui nous arrive ultra souvent, moi je vis à Paris quand on prend le métro, quand on prend le train, quand on est dans des zones qui sont pas très couvertes en terme de de réseau et cette situation-là de faible réseau c’est la situation d’usage don 40 % des cas donc si on vous dit ok c’est super vous voulez ces animations mais qu’on montre le site web complètement dégradé parce qu’il y a pas assez d’énergie pour accéder à ces fonctionnalités je pense que c’est un bon élément de persuasion qui peut bien fonctionner c’est une autre façon de monter montrer ce qui est possible en disant c’est possible que ça marche pas en fait oui voilà de faire un peu la preuve.</p><p>En fait souvent quand on échange avec les clients dans un contexte d’agence on travaille trop dans des environnements idéaux, dans des environnements au sein desquels il n’y a pas de contrainte et par exemple pour vous parler de fracture numérique, parce que c’est une donnée importante du numérique responsable, je vais prendre exemple de la Caisse d’Allocations Familiales.</p><p>Moi quand j’étais petite j’allais à la CAF avec ma maman on devait se déplacer physiquement parce qu’elle ne pouvait pas faire les démarches en ligne. Quand j’ai dû faire mes premières démarches j’ai tout fait en ligne et a priori c’est génial quand on numérise, on simplifie, la vie est plus belle sauf que cette réalité elle n’est pas partagée par tout le monde et ça je l’avais lu dans <a href="https://cnnumerique.fr/paroles-de/dematerialiser-les-services-publics-pour-ameliorer-lacces-aux-droits">un article de Clara Deville </a>qui est une sociologue spécialisée sur la numérisation des services publics et elle suivait l’histoire d’un certain monsieur qui est agriculteur et qui a mis 2 ans à accéder au service enfin accéder à une demande de RSA, parce que comme tout était dématérialisé il rencontrait plusieurs obstacles : À savoir le fait qu’il était séparé de sa femme qui avait la charge mentale de la gestion administrative donc déjà il n’avait pas les codes des aides sociales, il ne savait même pas qu’il pouvait demander, il en a été informé par un autre biais, ensuite il n’avait pas d’ordinateur chez lui il n’avait pas un smartphone, du coup il devait faire l’effort d’aller dans une ville qui était un peu plus loin, un peu plus grande pour demander sur place de l’aide, pour avoir des renseignements sur le RSA et là les agents lui ont dit “non faut aller sur internet pour prendre rendez-vous aujourd’hui”.</p><p>Je ne sais pas si c’est une réalité que vous rencontrez mais quand si vous allez à la CAF il y a même plus de salle d’attente parce que ce n’est pas un lieu d’attente donc tout le service de la CAF a été pensé en se disant “ah c’est bon tout le monde a un téléphone on peut tous passer par là pour accéder aux aides” et sauf que surtout dans le service public ça pose problème parce qu’il y a une obligation de continuité du service public et l’efficience les bénéfices de la numérisation des services elle est a priori mal évaluée parce qu’elle est plutôt évaluée en fonction de l’augmentation du taux d’usage des services numériques et pas en fonction de la réduction du taux de non recours donc grosso modo ce n’est pas parce qu’on va numériser les services que les usagers vont plus facilement y accéder, des fois c’est moins parce qu’il y a moins de d’accompagnement humain.</p><p><strong>Camille Bosqué :</strong> j’avais envie avec ma casquette “j’amène de la théorie et de l’histoire” de parler de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Victor_Papanek">Victor Papanek</a> qui je pense est un auteur qui est beaucoup relu par les génération de de designers engagés et qui a publié donc en 71 un livre qui s’appelle Design pour le monde réel et en fait mon livre est un clin d’œil bien costaud au titre de de de de cet ouvrage qui a été traduit dans de multiples langues et dans lequel justement il s’interroge sur ce que c’est que le monde réel en fait c’est les besoins réels c’est vraiment ce à quoi on ne peut pas renoncer et en plus de sa pratique, de son activité de de de théoricien et de militant il était aussi designer et donc j’ai mis ce projet et tu disais qu’on a besoin de projet imagé, cette image c’est donc un projet qui s’appelle la Tin Can Radio. Donc c’est un capteur un capteur radio qu’il a réalisé en 1965, il collaborait avec l’UNESCO, travaillait à Bali et donc il y a derrière en fait l’existence de cet objet la peut-être l’idée de <em>dédesigner</em> ou en tout cas un peu de d’une posture peut-être un peu plus humble aussi pour le designer de pas se poser la question justement de la forme du carénage de la belle ligne et du stylisme des objets, qui va masquer comme ça la boîte noire mais au contraire d’assumer une posture très réaliste et très exigeante et de se dire voilà ce dispositif de capteur radio il est fait avec enfin c’est un truc par combustion enfin c’est un peu compliqué à expliquer mais c’est assez rudimentaire et <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Vernaculaire">vernaculaire,</a> il est ré appropriable et c’est un principe technique en fait qu’il met à disposition d’une population qui a une des connaissance vernaculaire pratique de la technique donc il y a aussi je pense un rôle pour le designer qui rejoint un petit peu ce que tu disais de mettre à disposition peut-être aussi des connaissances sur les dispositifs techniques et donc une forme de de mise en retrait enfin en tout cas de posture, voilà c’était pour expliquer cette objet bizarre.</p><p><strong>Cécile Couetard</strong> : Merci, tu voulais peut-être rebondir ?</p><p><strong>Christopher Santerre : </strong>Ce que ce que tu ce que viens de dire Camille c’est intéressant parce qu’en fait je m’étais jamais fait la remarque que par exemple dans une démarche comme j’ai pu avoir voir avec le garde-manger il y avait une volonté, il est très très direct très cru comme en terme de dessin je sais pas comment le dire autrement mais en fait il y avait une démarche un peu de mise en recul et de de limiter mon intervention à l’association de d’éléments fonctionnels et de savoir-faire industriel en vue de répondre à un besoin de la manière la plus sobre et efficace possible et et je pense que dans bien de nombreux cas en tant que designer on gagnerait à faire un pas de côté et à se dire ok comment on peut y répondre de la manière la plus la plus efficace possible.</p><p><strong>Camille Bosqué : </strong>Oui et accepter que ces objets soient démontables, réparables, <em>retraficables</em> et c’est toute la question aussi du design ouvert de ces pratiques-là qui implique aussi de renoncer parfois pour parti à ses droits d’auteur par exemple.</p><p><strong>Christopher Santerre : </strong>Ce qui ouvre une autre grande et vaste question mais oui il y a un enjeu de cet ordre là.</p><p><strong>Naëlle Frega : </strong>Si je peux rebondir, dans le dernier épisode de Design Masterclass on a échangé avec <a href="https://mcpaccard.com/">Marie Cécile Godwin</a> qui est une designer qui travaille sur la redirection écologique et qui a fait un petit schéma de d’où on vient donc avec Raymond Lowie et tout ça, super croissance, on habille pour plus vendre, et elle dit qu’on va vers du <em>dédesign</em> et qui consisterait donc dans les objets comment est-ce qu’on on conçoit de manière plus humble et plus en retrait, mais aussi comment est-ce qu’on conçoit le démantèlement de certains services qui sont ultra polluants ou ultra néfastes pour la société. Les designers ont un rôle à jouer aussi dans ce travail de réorganisation.</p><h4>Décider</h4><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*nNmYHFtuhcJ8SENKhm1hfw.jpeg" /></figure><p><strong>Camille Bosqué : </strong>Ce qui peut enchaîner avec la slide d’après, sans te commander, ou justement dans cette idée d’un design du renoncement, d’un design de frein moi j’ai mis la ressource <a href="https://origensmedialab.org/closing-worlds/">closing Worlds</a> qui est qui est une initiative intéressante à connaître qui a été montée par <strong>Alexandre Monin</strong> et <strong>Diego Landivar</strong> qui sont économistes et philosophes et en fait c’est une sorte de think tank où ça agrège différentes personnes ayant des compétences un peu à la croisée de tous les champs des sciences sociales et notamment aussi des designers, et le but est d’accompagner précisément des entreprises des organisations des services publics, des mairies à éviter de continuer à faire exister des futures déjà obsolètes et justement de se dire : cette bifurcation, ce renoncement doit passer par un examen, un arbitrage et un protocole de renoncement qui a été établi par par Closing Worlds où on va examiner par exemple une piscine publique, est-ce que on doit vraiment la maintenir ou est-ce qu’on doit la fermer, on sait que ça consomme des litres et des litres d’eau que c’est très compliqué à climatiser, à chauffer et cetera est-ce que l’impact écologique vaut l’usage et la nécessité qu’on en a, a-t-on besoin de pistes de ski avec de la fausse neige à quoi on est prêt à renoncer et il y a des designers qui travaillent dans ces équipes là et qui ont pour rôle justement par la visualisation, par l’organisation aussi un peu à la manière de ce qu’on a vécu cet après-midi avec le jeu qui était proposé lors des ateliers de justement arbitrer et avoir les cartes en main pour visualiser les choix, qu’est-ce qu’on met dans la balance pour aider justement des entreprises à se positionner de la manière la moins néfaste possible.</p><p><strong>Cécile Couetard</strong> : C’est bien parce que j’allais aussi rebondir sur le futur obsolète par rapport à ce que tu proposais tout à l’heure en disant que tu avais travaillé sur un téléphone qui disait mais finalement on peut faire autrement on n’est pas obligé d’aller tout le temps vers ces standards existants en disant mais de toute façon si ça se trouve on en voudra plus de toute façon donc autant réfléchir tout de suite à peut-être l’étape d’après ?</p><p><strong>Camille Bosqué : </strong>Mais cette course au progrès elle est difficile à freiner ! enfin voilà a t-on besoin de voiture autonome, a t-on besoin de la 5G ?</p><p><strong>Christopher Santerre : </strong>Si<strong> </strong>je peux me permettre, c’est là où, puisqu’on est sur Décider et je crois que dans l’une de ces phrases de conclusion Victor Papanek mais il évoque le fait que le designer est peut-être l’une des professions les plus nocives.</p><p><strong>Camille Bosqué : </strong>“La meilleure chose que les designers pourront faire ce serait d’arrêter complètement leur métier”</p><p><strong>Christopher Santerre : </strong>Moi c’est pas tant parce que je suis designer que je vais dire ça, mais un peu quand même, c’est à la décharge de cette discipline c’est que nous ne sommes pas les seuls responsables et bien souvent pas tant décisionnaire que ça, donc c’est pour ça je voulais rebondir sur ce chapitre Décider c’est que malgré tout, alors là je vais enfoncer des portes ouvertes mais on vit dans une société capitaliste, matérialiste qui a encore besoin de vendre des services et objets pour réussir à à tourner, on ne sait pas trop encore jusqu’à quand mais on continue à comme ça dans une économie linéaire qui produit, utilise, consomme, jette et ainsi de suite et ça aujourd’hui le designer en fait qu’il le veuille ou non il est comme à peu près tout à chacun pris dans cette dans cette matrice quoi, dans cette dynamique donc en fait on peut intervenir jusqu’à un certain niveau mais quand tu évoquais notamment la question des droits d’auteur c’est un moment donné quel est le modèle économique du designer le rapport au clients jusqu’où peut-on aller. Les concepts les plus engagés que j’ai présenté sont des concepts personnels non commercialisés parce qu’est-ce qu’il y a un réel marché donc c’est cette question-là aussi d’un moment donné la marge de manœuvre du designer, son pouvoir décisionnaire il peut en avoir un plus important si à un moment donné il crée sa propre structure.</p><p><strong>Cécile Couetard</strong> : Ce que vous aviez fait avec l’Increvable.</p><p><strong>Christopher Santerre : </strong>Une tentative oui de mais il y a des designers qui arrivent à aller jusqu’à la commercialisation je pense à la designer <a href="https://www.usinenouvelle.com/article/florence-hallouin-elle-revisite-la-couche-ecolo.N181226">Florence Hallouin</a> qui s’est lancé sur le marché de la couche lavable et qui a très bien marché pendant de nombreuses années mais qui a été aussi elle aussi rattrapée par les dynamiques de marché avec une offre concurrentielle toujours plus agressive, qui a dû se résoudre arrêter après plus d’une dizaine d’années alors qu’elle était la référence de la couche lavable, les couches HAMAC, pour la petite info je crois c’est 3 tonnes de déchets ou une tonne de déchet sur les 3 premières années un bébé en terme de couche donc je pense que il y a cette question du pouvoir décisionnaire, le designer a sa part de responsabilité mais pas plus que les autres acteurs de la sphère économique de la sphère industrielle, de la sphère servicielle qui ont leur part de responsabilité, d’où l’enjeu aussi de travailler en équipe pour proposer des alternatives.</p><p><strong>Camille Bosqué : </strong>Et Papanec ne dit pas seulement que les designers devraient arrêter leur métier, après il y a il y a aussi une proposition justement où il place le designer au centre d’une relation d’acteurs, un peu le studio de design idéal selon lui c’est avec un anthropologue, un géographe, une biochimiste, un sociologue un ergonome, enfin bref en fait le design comme une sorte de pivot, un peu peut-être chef d’orchestre ou je ne sais pas, à l’intersection de de différents champs de compétences et parce qu’il s’entoure de de de ça enfin c’est ça qui est intéressant c’est qu’il est pas tout seul.</p><p><strong>Christopher Santerre : </strong>Tu citais le collectif Maximum, c’est typiquement un bel exemple de projets initiés par des designers, de projets d’entreprise initiés par des designers et c’est peut-être l’un des points, l’un des facteurs qui leur permettent d’aller aussi loin dans la démarche: ils sont très cohérents dans leur démarche globale et je pense que le profil entrepreneur designer, designer entrepreneur est intéressant dans ça dans sa capacité à maîtriser en fait l’intention de bout en bout jusqu’à à être confronté à des contraintes dont on est tous confrontés de marché, des contraintes légales évidemment et cetera mais c’est là je pense l’un des cadres dans lequel il peut aller le plus loin en terme de d’engagement et d’impact.</p><p><strong>Naëlle Frega : </strong>Et pour celles et ceux qui ne peuvent pas être entrepreneur il y a aussi d’autres voies possibles, je me souviens avoir été très influencée par les étudiants de Master en agronomie qui ont dit publiquement : nous on ne travaillera pas pour des entreprises qui participe à la pollution donc on ne on ne travaillera pas pour Total. C’est aussi les choix d’entreprises qu’on peut faire qui peuvent nous permettre une certaine marge de manœuvre, c’est aussi un choix de luxe, moi j’ai eu la chance d’être dans les bonnes écoles, d’avoir fait les bons projets, d’avoir été au bon moment et d’avoir eu la possibilité en fait de rejoindre Ctrl S parce qu’il n’y en a pas énormément des entreprises comme ça forcément, mais il y a aussi le service public qui n’est pas guidé par la rentabilité financière qui peut permettre d’explorer son métier d’une autre manière et on peut dire non aux entreprises comme Total. Moi j’espère que je ne travaillerai jamais là-bas que je ne me retrouverai jamais dans une situation financière qui fera que j’aurai besoin d’un travail et que je renoncerai à mes valeurs.</p><p>Chez Ctrl S il y a “Transmettre et politiser le numérique”, moi je pense que c’est important de politiser nos métiers pas au sens partisan mais au sens que en fait on a une influence sur la société, on propose des modalités d’interaction donc on propose des façons de faire société et pour moi c’est important d’être aligné avec ça dans notre travail parce que on passe toute notre journée enfin on passe plus de temps au travail qu’avec notre famille donc c’est aussi une marge de manœuvre qui est possible je pense</p><p><strong>Camille Bosqué : </strong>Oui et on parle d’ailleurs de design des politiques publiques par exemple j’ai mis l’image de enfin mais parmi tant d’autres associations ou ou studio de design qui travaillent dans ce sens <a href="https://www.la27eregion.fr/">la 27e Région</a> est précisément une association qui va vraiment mettre les designers en action sur le terrain, en lien avec des situations locales de tu parlais tout à l’heure de la CAF, enfin ou d’expérience administrative qu’on peut avoir tous les jours et où justement le rôle du designer va être de d’articuler tous les différents acteurs qui travaillent dans ce service pour essayer de de retisser l’histoire au mieux et que ce et que l’expérience soit plus fluide enfin et sur des sujets qui peuvent être très variés, il faut aussi bien l’accès aux soins que la mobilité, que le vivre ensemble, sur une place publique, l’aménagement d’un lieu, donc ça c’est intéressant aussi de voir que le design de plus en plus est aussi là où on ne l’attendait pas forcément et en tout cas là où on ne pense pas immédiatement qu’il peut agir et en fait de plus en plus d’entreprises font une large place au design exemple, la MAIF ! Non mais c’est vrai !</p><p><strong>Cécile Couetard</strong> : C’est hyper intéressant parce qu’on ne pense pas immédiatement à ça. <br>Moi ça me pose la question de la friction vertueuse, parce que il y a y a des endroits, tout à l’heure tu disais il y a des services qui proposent enfin au moment où on a eu l’engouement pour la digitalisation en disant on va supprimer des papiers des guichets des gens et ça sera plus simple, finalement on se rend compte que en fait sur des sujets comme la CAF ou récupérer ses points de retraite c’était nécessaire de pouvoir parler à quelqu’un et donc ce qui était vu comme un point de friction, parce que il fallait rajouter du monde, aujourd’hui vous dites : Non en fait il faut le conserver ce point de de friction vertueuse donc est-ce que vous avez le sentiment d’accompagner vos clients, éduquer aussi, donner les clés, faire comprendre pourquoi c’est nécessaire de pouvoir envisager ces points de vue- là ? Les points de vue de certains utilisateurs tout en prenant en compte le point de vue de la communication, des besoins de diffuser ou de faire appel aux réseaux sociaux, enfin comment ça se passe ?</p><p><strong>Naëlle Frega : </strong>en fait nous ce qu’on fait c’est qu’on a une approche assez systémique, c’est un gros mot pour dire qu’on on va regarder dans quel contexte est-ce que s’insère le projet qu’on propose, ce qui signifie qu’on va un peu plus loin que le travail de designer auquel en tout cas moi j’ai été formée en école.</p><p>Voilà par exemple en ce moment on travaille sur un projet pour <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Yamina_Saheb">Yamina Saheb</a> qui est une des expertes du GIEC, qui travaille sur la sobriété qui crée une plateforme qui s’appelle le <a href="https://www.thesufficiencylab.org/">sufficiency Lab</a> qui est une plateforme qui recense, comment expliquer de manière assez rapide … qui recense de la littérature sur la sobriété et notamment sur les politiques publiques qui peuvent être mises en place ou qui ont déjà été mise en place surtout à destination de décideurs politiques et de scientifiques et donc comme la sobriété c’est un sujet complexe et nouveau, dans nos discussions était venu le sujet de l’intelligence artificielle générative. Je vais poser la question à mon petit moteur de recherche et il va me répondre et tout ira bien dans meilleur des monde nous on a plus de travail à faire et en fait je pense que si j’avais pas été designer chez Ctrl S mais ailleurs, en fait si j’avais pas eu l’approche que j’ai choisi d’avoir et que j’étais vraiment concentrée sur l’interface j’aurais dit oui a priori c’est bon mais comme on est habitué dans nos formations et que c’est quelque chose qui est entretenu au sein de l’agence à creuser les enjeux numériques en fait nous on comprend un peu ce que ça implique en terme de travail du clic, je ne sais pas si vous en avez déjà entendu parler mais ce sont des êtres humains qui entraînent les bases, enfin les langages algorithmiques des intelligences artificielles et aussi en terme de ressources environnementales mais c’est tout un sujet mais il y a aussi un sujet qui est très important pour les scientifiques c’est de pouvoir remonter la chaîne logique et scientifique, un raisonnement qui peut être remonté et démonté s’il ne va pas, et on peut dire c’est précisément à cet endroit que ça coince et bien avec l’intelligence artificielle on ne peut pas, on ne peut pas parce que c’est un langage informatique qui apprend par lui-même et a un stade où on ne sait plus comment il apprend et il peut se passer des choses qui peuvent être assez graves quand on est un décideur politique et qu’on doit prendre des décisions pour l’ensemble de la société, c’est que les intelligences artificielles génératives peuvent créer ce qu’on appelle des hallucinations, c’est-à-dire qu’elles peuvent faire comme nous on fait à l’école : mentir quand on sait pas et se dire bon si ça se trouve ça va passer, et ce n’est pas forcément une bonne idée. <br>Donc dans les discussions qu’on a pu avoir avec Yamina, c’était de dire : Ok on peut tenter d’aller vers ça mais d’abord il y a un énorme travail humain à mettre en place, il y a d’autres phases de test par lesquels passer et si on choisit l’intelligence artificielle générative, on crée notre propre base de données qu’on maîtrise, on sait où est-ce que ça a été chercher et cetera et ça c’est un gros travail.</p><p><strong>Cécile Couetard</strong> : là tu disais tout à l’heure le fait d’être chez Ctrl S, ça fait que tu t’es pas dit tiens on va choisir de de pousser l’IA directement. Est-ce que ça aurait été facile ? Est-ce que finalement, là on est en train de de de parler donc le sujet de la France Design Week c’est la simplicité finalement faire simple c’est pas plus facile on se rend compte dans tout ce que vous racontez et surtout la question de de cette simplicité-là vers laquelle on veut tendre, mais pour dire ça sera avec un impact moindre ou un usage plus efficace le fait d’avoir une réparabilité possible, ça empêche de donner une réponse qui paraîtrait évidente et ça nécessite de prendre en compte toutes ces contraintes-là, donc là tu disais que c’est vous qui aviez fait remonter à vos interlocuteurs que finalement non c’était peut-être pas la meilleure chose à faire mais par rapport à cette question de véracité des données pour des scientifiques est-ce que c’est des choses que eux ont à l’esprit aussi ou là aussi vous les amenez sur un autre terrain qui qui permet d’ouvrir des réflexion plus vaste ?</p><p><strong>Naëlle Frega : A</strong>lors c’était assez surprenant mais non, ils ne l’ont pas nécessairement à l’esprit. On a fait un atelier, les fameux ateliers de recherche avec une soixantaine de scientifiques à Lausanne au sein d’un groupe qui s’appelle SWISS et qui était composé essentiellement de chercheurs, de scientifiques et en fait il y a un tel engouement, et il y a tout un récit autour de l’intelligence artificielle générative qui est porté par ce qu’on appelle les Bigtech, donc Google, META et tout le tintouin, qu’il y a ce qu’on appelle une sorte de de <em>technosolutionnisme</em>. La technologie va nous sauver, l’intelligence artificielle générative va révolutionner nos métier … souvenons-nous il y a 2 ans le metaverse va changer nos métiers (pas tout de suite) … et donc de manière assez surprenante, ce n’était pas une donnée qu’ils avaient en tête, on avait une dizaine de groupes et dans chaque groupe les personnes disaient : Mais non mais il faut de l’intelligence artificielle, on disait “mais vous êtes scientifique c’est important pour vous voici ce qui peut se passer aussi” et en fait ce sont des sujets qui sont assez cachés qu’il faut aller chercher, il faut avoir envie d’y aller je ne suis pas contre l’intelligence artificielle pas du tout c’est simplement j’ai été formée au sein de cette agence et avec tout l’écosystème de travailleurs avec lesquels on est à ce qu’on appelle un <em>technodiscernement, </em>on n’est pas ébahi tout de suite, on essaie de creuser, on pèse le pour et le contre comme tout designer finalement.</p><p><strong>Cécile Couetard</strong> : Christopher toi alors j’ai l’impression mais peut-être c’est vraiment un apriori, que surtout ce qui touche aux outils de production, l’impact de la fabrication, de l’énergie utilisée, des technos choisies est plus connu par les fabricants mais finalement dans ce que toi tu proposes comme façon de de de de produire les objets qui sont réalisés, est-ce que tu ouvres aussi de nouvelles perspectives aux entreprises pour pouvoir les amener aussi à faire de l’innovation plus loin que ce qu’ils avaient envisagé ?</p><p><strong>Christopher Santerre :</strong> Alors je dirais que j’ai un avantage c’est qu’une grande part de de mes clients sont des toutes petites structures avec très peu de moyens, donc c’est à la fois une limite et une force. Leur manque de moyens m’oblige à être très malin dans ce que je leur propose en terme de conception, et très économe dans ce que ça va impliquer d’un point de vue industriel et matériel en terme de de ressources parce qu’ils n’ont généralement pas les moyens de s’offrir des matrices d’emboutissage, pas les moyens de s’offrir des moule d’injection, donc en fait c’est plutôt bienvenu parce que moi ça m’oblige à faire de cette contrainte une force et un point d’appui créatif pour leur proposer des design qui à la fois sont cohérents avec leurs besoins, leur positionnement et leur capacités d’investissement et en même temps qui permettent d’être moins gourmand en ressources.</p><p>Je pense que si à un moment donné les ressources financières ne sont plus un sujet, ou à minima on a une grosse capacité d’investissement, mais c’est valable pour les individus aussi hein, on parle de techno-discernement, mais de discernement tout court ! Plus on a de moyens, plus bien souvent on fait n’importe quoi ! On a beaucoup trop de chaussures, beaucoup trop de véhicules, on voyage beaucoup trop loin, beaucoup trop facilement, beaucoup trop souvent et donc une entreprise qui a beaucoup de moyens ou plus de moyens que des petits acteurs va peut-être se poser moins de questions sur les process à utiliser et cetera.</p><p>J’ai le cas d’une gourde j’ai dessiné qui a alors je suis fier parce qu’enfin c’est la seule gourde en inox fabriquée en France c’est un vrai défi ça paraît bête dit comme ça mais en fait il n’avait pas de gourde en France et c’est la seule aujourd’hui, mais pour être compétitif, pour être vendue 35 €, un peu près le même prix que d’autres marques faites en Chine. Pour réussir à atteindre ce prix-là il a fallu être malin, économiser de l’outillage industriel et à vraiment réfléchir le design dans une logique de <em>design to cost</em> pour réussir à mettre un produit sur le marché, qui est raisonnable en termes de de coût donc c’est stimulant. En même temps je ne sais pas si ça répond vraiment à la question ?</p><p><strong>Cécile Couetard</strong> : Si parce que ça reboucle avec le fait qu’il faut faire des choix et que quand on est petit peut-être qu’on est plus obligé de faire des choix et que ça pose la question de quand on est plus gros est-ce qu’il faut donner les moyens de faire des choix ou s’obliger en fait.</p><p><strong>Christopher Santerre : </strong>je pense que la contrainte rend intelligent et rend malin et je pense aux exemples que tu disais, et à la démarche que vous avez chez Ctrl S, à un moment donné il y a beaucoup plus d’intelligence dans un site qui est codé de manière sobre où les images sont soupesées au kilooctet, où on met de l’animation juste quand il y a besoin et cetera, que dans un metaverse qui est une sorte de Gargantua de la donnée et de l’énergie, ou la base même, l’usage… Qui a envie d’aller dans le metaverse ? pas grand monde, parce qu’à priori on n’en entend plus parler et donc je trouve que c’est intéressant en fait de voir que à un moment donné la contrainte ça nous rattache, moi j’ai l’habitude de dire nécessité fait loi, ça nous rattache, ça nous ramène les pieds sur terre et ça nous ça nous invite et oblige à trouver des bonnes solutions, des solutions cohérentes.</p><h4>Ressources partagées</h4><p><strong>Cécile Couetard</strong> : Je vous propose de partager quelques sources d’inspirations pour finir avant les questions ?</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*0nI7l8mECfLsvGZSR_efdw.jpeg" /></figure><p><strong>Christopher Santerre : </strong>Un petit partage commun de références qu’on avait envie de vous présenter, alors rapidement moi je voulais vous parler de <a href="https://ospitalea.fr/decouvrez/expositions/hemendik-lhistoire-des-objets-iconiques-du-pays-basque/">Hemendik</a>, peut-être que certains et certaines d’entre vous connaissent déjà, c’est un très beau livre d’ailleurs apparu en 2020, en fait <a href="https://ospitalea.fr/decouvrez/expositions/hemendik-lhistoire-des-objets-iconiques-du-pays-basque/">Hemendik</a> ça veut dire d’ici en basque, qui vient d’ici et ça répertorie un certain nombre d’objets plus ou moins contemporains, traditionnels de ce territoire à la frontière entre l’Espagne et la France et je trouve que ça en fait c’est une initiative qui témoigne bien de la capacité du design à faire un trait d’union entre les gens les territoires et les savoir-faire et je trouve que ça assez magique moi c’est ce qui me motive en tout en tout cas dans ma volonté de mettre en avant des savoir-faire industriels et de travailler avec des entreprises locales. Pour le coup est un super beau recueil, tout est très bien maîtrisé et un super beau recueil de ce que ça donne quant à un moment donné le design se met au service des gens des territoires et des savoir-faire avec les ressources locales.</p><p><strong>Cécile Couetard</strong> : Tu voulais enchaîner sur le design des mondes ruraux ?</p><p><strong>Camille Bosqué : </strong>Oui<strong> </strong>je voulais juste signaler pour prolonger Design Week mais au mois de mai, la 13e Biennale Internationale de Saint-Étienne qui est justement sur la question des ressources, donc je pense un rendez-vous à ne pas louper. <br>Ensuite j’avais mis une image pour signaler l’existence du <a href="https://www.ensad.fr/fr/design-des-mondes-ruraux-0">Master Design des mondes ruraux</a> qui a été lancé par l’école des Arts décoratifs et qui se diversifie cette année de manière très intéressante donc pour s’il y a des étudiants dans la dans la salle qui cherchent à poursuivre leurs études c’est au niveau master c’est une promo de 6 à 8 étudiants en fait il y a maintenant design des littoraux, design de de la montagne, design des mondes urbains et cetera et l’idée c’est de mettre ses étudiants en résidence par exemple à Nontron où ils vont vraiment apprendre à agir en tant que designer dans un territoire local, dont ils vont identifier les acteurs les ressources les problématiques et en fait je pense que c’est un bon exemple aussi de la manière dont nos formations en design évoluent, enfin il y a d’autres exemples de formation qui se positionnent sur le design en transition : le design situé à Bordeaux par exemple. Il me semble que c’est intéressant aussi de voilà d’avoir d’identifier ces formations.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*REOh_MJk5G3bJ2ZTqgOsEw.jpeg" /><figcaption>Photo Thomas Bonnin/MAIF</figcaption></figure><h4>Questions et Réponses avec le Public</h4><p><strong>Cécile Couetard</strong> : Je vais vous proposer qu’on passe aux questions on va faire circuler les les les micros dans l’assemblée :</p><p><strong>Question du public :</strong> bonsoir donc j’ai une question qui porte, parce que j’ai trouvé beaucoup de de théories dans ce que vous dites mais j’ai pas senti vraiment de d’interface avec l’usager donc quel est le niveau d’acceptabilité et comment vous transformez cette relation autrement que par la théorie, je prends un exemple que j’utilise souvent j’appelle ça le syndrome de McDonald quand José Bové, que vous peut-être moins connu parce que vous êtes jeune, a détruit un McDonald, quand McDonald est arrivé en France, moi j’étais contre parce que je suis contre la destruction mais finalement ce qu’il a fait n’ servi à rien parce que le citoyen, l’usager choisi d’aller au McDonald’s il se passe la même chose aujourd’hui dans tous les domaines dans la Fast fashion, et là dans le rôle de designer là moi, je suis praticien et je vois que vous donnez des ouvertures vers des domaines très marginaux plutôt que de vous intégrer dans des grosses structures pour influencer et pour justement améliorer les solutions, et juste un dernier mot : <a href="https://www.google.com/search?safe=active&amp;sca_esv=853f175af13f0422&amp;rlz=1C5GCEM_en&amp;sxsrf=ADLYWIKHrbB5KmwPndzIb11CAGd1t6XGsg:1730193577528&amp;q=Raimond+Loewy&amp;nfpr=1&amp;sa=X&amp;ved=2ahUKEwio5tKsobOJAxUXQ6QEHVlKMCYQvgUoAXoECA0QAg">Raimond Loewy</a> c’est un super mec sauf que ça fait 70 ans, vous avez oublié le contexte et que grâce à lui les États-Unis sont aujourd’hui, il a participé à en faire le numéro 1 mondial mais c’est tout, c’était pas uniquement un esthéticien.</p><p><strong>Naëlle Frega : </strong>Je peux rebondir un peu, il y avait plusieurs choses dans ce que vous disiez.</p><p>Dans un premier temps pour parler de l’acceptabilité, donc moi j’ai peu d’expérience donc j’ai peu de retour sur ce que je fais, je partage plutôt le point de vue de quelqu’un qui commence le métier et voilà qui point de vue qui je pense peut être intéressant d’être partagé mais je me dis que par exemple on peut prendre l’exemple de la gourde et de la bouteille d’eau par principe ça peut être très pénible d’acheter une bouteille d’eau quand on sait que l’eau coule dans un robinet de manière gratuite donc c’est quand même mieux d’avoir recours à une gourde qu’à une bouteille d’eau parce qu’on va pas gaspiller son argent si on est vraiment que du point de vue de de l’utilisateur ou de l’utilisatrice donc en fait c’est à mon sens, ce que disait aussi Christopher au début, il faut rendre plus désirable des projets auxquels on croit et dans lesquels on investit.</p><p>Ensuite vous nous aviez demandé pourquoi est-ce qu’on était pas dans des grosses structures pour essayer de les influencer : moi je suis trop faible pour faire ça ! je n’ai pas 15 ans d’expérience je ne peux pas être à des postes de direction donc je préfère pour commencer être justement dans des environnements très marginaux pour me construire une expérience et éventuellement si je trouve que c’est pertinent dans 10 ans essayer de changer les lignes, mais voilà on le voit par exemple avec le PDG de Danone, c’est pas facile à faire voilà lui qui a beaucoup de poids il a du mal à le faire donc je préfère un peu m’épargner quelques burnout et choisir le confort de choisir les contextes au sein desquels je travaille.</p><p>Et enfin vous avez parlé de de Raymond Loewy, moi il y a une chose que j’ai essayé de creuser dans mes mon travail d’étudiante c’est la responsabilité du designer enfin d’essayer de creuser la responsabilité du designer par rapport au système de valeur auquel il adhère. Raymond Loewy il a adhéré au système de valeur de la croissance, de la croissance infinie au détriment des ressources planétaires donc j’entends qu’il est nécessaire de prendre en considération contexte moi je pense que toutes ces personnes étaient bien conscientes des choix qu’elles faisaient et que en fait tout simplement ça n’était pas un critère à à l’époque ça veut pas dire que ça n’existait pas parce que dès les années 70 on avait déjà des rapports scientifiques sur l’impact environnemental de la Création Industrielle, parce que il y avait un, j’ai appris ça récemment, il y avait un ministère de l’Environnement déjà au début du 20e siècle quand il y a eu l’industrialisation massive en Europe donc ça fait plusieurs dizaines voire centaines d’années qu’on a conscience à différents niveaux hein je vous l’accorde et c’est pas le discours dominant mais qu’il y a une conscience de l’impact environnemental de nos choix de conception et donc Raymond Loewy il n’était pas ignorant c’est juste ce qu’il a choisi et nous on présente une autre manière de choisir je sais pas si vous êtes d’accord avec ce que je raconte …</p><p><strong>Christopher Santerre : </strong>voilà je peux mettre mon grain de sel aussi si on a si on a le temps mais rapidement donc sur la question de la première remarque sur la désirabilité, moi il me semble enfin pourtant il me semblait qu’on on l’avait plus ou moins abordé alors peut-être en filigrane ou en tout cas, moi si je prends un exemple du véhicule intermédiaire dont je parlais tout à l’heure, donc de cette entreprise basée à Strasbourg, Carbikes typiquement aujourd’hui ça peut répondre à de nombreux besoins mais l’un des premiers critères au début de la collaboration c’était de se dire il faut que les gens aient envie en fait de rouler dans ce type de véhicule, qui n’est pas vraiment une citadine, qui n’est pas vraiment un vélo cargo, qui a un nouveau mode de déplacement et là pour le coup il y avait un gros enjeux de désirabilité parce que il faut avoir envie en fait de rouler dans ce qui ce qui est voilà ce qui est nouveau donc moi c’est en tout cas récurrent dans l’approche des différents projets c’est qui je peux citer un autre exemple où l’usager était au cœur j’ai travaillé avec une start-up lyonnaise qui développe et qui commercialise des couverts, un jeu de couvert biodégradable fait à partir de de déchets de bière qu’on appelle la drèche, donc qui est injecté et pour former des couverts, qui est aujourd’hui distribué dans des supermarchés, des événements sportifs et cetera et l’un des avantages c’est que c’est plus agréable de manger avec ça plutôt que des couverts en bois qui peuvent être poreux par exemple donc là le l’usager est vraiment au cœur de la réflexion et il y a un vrai enjeu de désirabilité pour promouvoir une alternative.</p><p>Sur les grands groupes alors moi je suis assez tranché sur la question c’est d’une part à titre personnel moi j’aime bien quand ça va vite et j’avoue que les organigrammes dès qu’il y a plus que deux étages j’ai un peu de mal, donc moi j’aime bien le dynamisme en fait des start-up TPE PME et la réactivité qu’il peut y avoir dans les projets, et puis je pense que tout simplement le changement, alors ça peut arriver parfois mais j’ai l’impression qu’avec le recul c’est assez rare, peut rarement émerger massivement de grandes structure parce qu’elles sont en fait c’est pas tant d’un point de vue décisionnaire ou idéologique, c’est structurel. Un grand groupe à un moment donné a à mon avis une inertie telle que surtout aux vues des urgences actuelles ça ne va pas être les acteurs qui vont pouvoir agir le plus rapidement et on le voit bien souvent ceux qui amènent des dans tout secteur qui amènent des ruptures c’est souvent des outsiders qui au début sont tout petits qui finissent par eux-mêmes être grands par eux-mêmes stagner par eux-mêmes, être pris dans des logiques d’inertie et j’ai l’impression que c’est un peu cyclique.</p><p>Enfin le dernier point c’était Raymond Loewy, pour moi c’était une belle source d’inspiration en tant que jeune designer, enfin je trouve le logo de Shell par exemple est un vrai chef d’œuvre il est encore d’actualité il n’a pas bougé en plusieurs décennies ce qui est quand même gage de qualité pour un logo, le seul problème dans le logo de Shell, c’est que ça était fait pour Shell ! et en fait je trouve que Raymond Loewy il a eu énormément de talent c’est juste que comme tu le disais il ne l’a pas mis au bon endroit et c’est dommage et en fait aujourd’hui c’est comme le cas du lave-linge, il y a un trésor d’ingéniosité de créativité, de génie humain qui est mis dans la destruction du vivant et c’est ça en fait qui fait froid dans le dos. Raymond Loewy il a fait un magnifique logo pour Lucky Strike, qui aujourd’hui dans la salle peut dire Lucky Strike participe au bonheur de l’humanité et à l’élévation du niveau société ? et donc c’était vraiment une grande source d’inspiration pour moi et je me disais moi, je veux faire du un peu du Loewy mais pour quelque chose qui me semble plus souhaitable et plus vertueux en tout cas.</p><p><strong>Cécile Couetard</strong> : Est-ce qu’il y a d’autres questions des réactions ?</p><p><strong>Question du public :</strong> Ma première question c’est est-ce que vous êtes représentatif si je peux me permettre des designers en France ? Comment vous intégrez la démarche mercatique par rapport au design ?</p><p><strong>Camille Bosqué : </strong>Est-ce qu’on est représentatif ? non je pense pas, je sais pas, je ne sais pas ce qu’on incarne en fait mais je pense qu’on incarne oui peut-être une génération qui n’est pas la vôtre de designers soucieux de la suite, de je sais pas je pense que c’est un truc de génération aussi enfin oui là on incarne une génération je pense de designers qui se pose des questions sur la manière de pratiquer leur métier et sur les valeurs qu’ils ont envie de défendre et sur les endroits où s’insérer pour le faire alors je sais pas si on est majoritaire, minoritaire ou quoi mais en tout cas moi qui suis au contact d’étudiants que ce soit à l’école Boule à l’ENSCI ou dans d’autres lieux où j’ai enseigné je vois bien que la génération qui vient après la mienne elle ne peut pas contourner ces questions donc je sais pas si là ce qu’on incarne mais en tout cas je sais que ces questions elles sont vives et elles préoccupent en fait les jeunes de 20 ans qu’on conforme à ces métiers-là, comme on peut.</p><p><strong>Cécile Couetard</strong> : Alors je ne sais pas si c’est une histoire de génération ou aussi de vision du monde. La MAIF a aujourd’hui 90 ans et je ne pense pas qu’on puisse dire qu’on fasse les choses de la même manière que les autres et c’est une entreprise dans laquelle justement le fait que des designers aujourd’hui prolongent avec tous les autres métiers présents dans l’entreprise des éléments qui étaient là, présents dès la base et l’origine de cette mutuelle prouve bien que on peut se poser différemment les questions et aborder les choses différemment en étant gros parce que ce n’est pas une petite entreprise MAIF et en étant “un peu vieux”, donc effectivement je pense que aujourd’hui d’ailleurs on le voit quand on voit tous les masters les écoles les sections qui apparaissent, les étudiants d’agro Paris Tech qui se posent la question de de savoir ce qu’ils vont faire, qui disent moi je veux plus être dans ce monde-là, oui c’est une histoire de génération mais parce qu’aussi le monde est dans le l’état dans lequel il est aujourd’hui et donc ça rejoint ce que tu disais tout à l’heure sur les communs négatifs il y a ces choses avec lesquelles il faut faire et avant elles étaient pas là et donc les choses étaient aussi faites par rapport à un existant qui était différent donc la force de tout ça c’est de se dire qu’il y a des designers qui peuvent s’emparer de ces questions-là et des gens qui ne sont pas designers, la société en général qui peut faire le choix d’ajouter ou retirer et décider ce qui ce qu’il faut faire pour pouvoir aller vers un monde plus durable.</p><p>Alors y avait juste une dernière question et après je vous inviterai à aller prendre un verre pour continuer la discussion.</p><p><strong>Question du public :</strong> Moi c’est plus une un retour, en tout cas merci de votre présentation et je pense que là il y a une vraie question autour de la déontologie en fait du métier designer. C’est une question d’éthique en fait et le titre de ton dernier ouvrage Camille remet en perspective le contexte de de cette question éthique et déontologique c’est qu’on est dans un monde fini, Loewy se croyait dans un monde à croissance infinie avec une croyance qu’on allait toujours trouver les ressources et que là aujourd’hui nous on acte, cette génération et je parle pas d’âge hein je parle de notre époque on acte que ce monde-là est terminé et que nous on est en ressource limitée et qu’il va falloir se repositionner et le positionnement que vous proposez c’est un regard sur cet enjeu-là donc je vous remercie de de l’échange de de parcours parce que ça vient nourrir le fait que moi je suis designer à mon compte, aussi avec ces enjeux-là de quête de sens et de de soutenabilité du monde et on se sent moins seul quand on vous entend parce que on se dit que si chacun fait ce petit bout de chemin avec des petites et des grosses boîtes effectivement l’usage qu’on aura du monde et la manière dont on use le monde sera peut-être moins néfaste, donc je vous remercie de l’intervention.</p><p><strong>Cécile Couetard</strong> : merci je vous remercie tous d’être venu d’avoir participé aux ateliers de vous être inscrit et d’avoir assisté à cette table ronde, je remercie nos invités Naël Camille et Christopher d’être venu jusqu’à Niort pour discuter de ces questions.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*Fvns2v3yMyHPvNjY9tIK2g.jpeg" /></figure><p><a href="https://entreprise.maif.fr/actualites/2024/france-design-week-2024-c-est-parti">https://entreprise.maif.fr/actualites/2024/france-design-week-2024-c-est-parti</a></p><img src="https://medium.com/_/stat?event=post.clientViewed&referrerSource=full_rss&postId=668bcf08cd4e" width="1" height="1" alt=""><hr><p><a href="https://medium.com/maif-data-design-tech-etc/ajouter-retirer-d%C3%A9cider-designer-dans-un-monde-fini-668bcf08cd4e">Ajouter, retirer, décider : Designer dans un monde fini</a> was originally published in <a href="https://medium.com/maif-data-design-tech-etc">MAIF Data Design Tech etc.</a> on Medium, where people are continuing the conversation by highlighting and responding to this story.</p>]]></content:encoded>
        </item>
        <item>
            <title><![CDATA[Prendre en main les données météos ouvertes de Météo-France — Retour d’expérience]]></title>
            <link>https://medium.com/maif-data-design-tech-etc/prendre-en-main-les-donn%C3%A9es-m%C3%A9t%C3%A9os-ouvertes-de-m%C3%A9t%C3%A9o-france-retour-dexp%C3%A9rience-023fb384e948?source=rss----a2c963c9ef8a---4</link>
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            <category><![CDATA[meteorology]]></category>
            <category><![CDATA[open-data]]></category>
            <category><![CDATA[climate]]></category>
            <category><![CDATA[assurance]]></category>
            <category><![CDATA[data]]></category>
            <dc:creator><![CDATA[Timothée Queffelec]]></dc:creator>
            <pubDate>Mon, 22 Jul 2024 13:57:05 GMT</pubDate>
            <atom:updated>2024-07-23T08:21:34.509Z</atom:updated>
            <content:encoded><![CDATA[<h3>Prendre en main les données météo ouvertes de Météo-France — Retour d’expérience</h3><p>Sur la base des chiffres du GIEC, l’assureur public CCR a estimé la <a href="https://www.lemonde.fr/economie/article/2023/10/17/le-cout-des-catastrophes-naturelles-pourrait-bondir-de-60-d-ici-a-2050_6194985_3234.html">hausse du coût des sinistres climatiques à près de 60% d’ici</a> 2050.</p><p>Dans ce contexte, comme l’ensemble des assureurs, MAIF s’intéresse de près à toutes ressources qui pourraient permettre de mieux anticiper les risques et agir en prévention pour minimiser le coût de la sinistralité.</p><p>Par exemple, MAIF utilise depuis plusieurs années les services d’un fournisseur de données pour anticiper les sinistres climatiques qui entraînent des pics de charge dans le réseau des gestionnaires, comme lors de toute la série <a href="https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-grand-reportage/inondations-les-vulnerabilites-du-pas-de-calais-3370020">d’inondations</a> cet hiver dans le Pas-De-Calais.</p><p>C’est sans compter sur une nouvelle ressource très précieuse et disponible depuis le 1er janvier 2024 : L’ouverture au grand public des données météo par Météo-France, jusque-là payantes et réservées aux spécialistes. Ces grandes quantité de données accessibles nourrissent l’espoir <strong>de demain, prévenir le sociétaire avant même que l’inondation soit au pied de sa maison</strong>, <strong>que la tempête n’ait soulevé les premières tuiles de ses voisins.</strong> On pourrait dès lors identifier quels bâtiments seraient susceptibles de se fissurer après un été sec, évaluer les coûts de cette sinistralité, comparer les modèles de prévision, utiliser de l’IA pour nous prévenir quelques jours avant … mieux identifier les dégâts potentiels sur les bâtiments grâce aux croisements avec les données géographiques de l’IGN qui sont déjà ouvertes.</p><p>Dans cet article, nous vous proposons de découvrir comment nous avons pris en main ces données, cette richesse pour les développeurs, les chercheurs et les amateurs de météorologie. Ces données, disponibles sur plusieurs plateformes, offrent un accès gratuit à une multitude de données météorologiques.</p><h3>1- Prendre en main les données mises à dispositions par Météo France.</h3><p>L’accès aux données ouvertes de Météo France peut se faire via plusieurs canaux. Chacun présente ses propres caractéristiques et niveaux d’accès, rendant l’expérience unique à chaque plateforme</p><h4><strong>Accès aux Données sur Data.gouv.fr et Meteo.data.gouv.fr</strong></h4><p>Les sites Data.gouv.fr et Meteo.data.gouv.fr sont les principaux points d’accès pour les données ouvertes de Météo France. Ils offrent un référentiel de données ouvertes bien organisé où les utilisateurs peuvent facilement naviguer à travers les différentes catégories de données disponibles.</p><ul><li><strong>Référentiel des données ouvertes</strong> : Un catalogue complet et bien structuré qui aide les utilisateurs à trouver rapidement les données nécessaires.</li><li><strong>Description des données</strong> : Chaque ensemble de données est accompagné d’une description détaillée, facilitant la compréhension de son contenu et de ses potentielles applications.</li><li><strong>Réutilisation des données</strong> : Des exemples de réutilisation des données sont disponibles, inspirant les utilisateurs pour leurs propres projets.</li><li><strong>Commentaires &amp; échanges sur les problèmes rencontrés</strong>.</li></ul><p>Néanmoins, on constate un frein principal : bien que la majorité des données soient accessibles directement, certaines ne le sont que via l’API, ce qui peut représenter une barrière pour les non-initiés.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/714/1*428e1Ax_8RNCULhS7aWAvg.png" /><figcaption><em>Fig1 : Aperçu sur une donnée</em></figcaption></figure><h4><strong>Utilisation du Site API de Météo France</strong></h4><p>L’API de Météo France est conçue pour les utilisateurs avertis. Bien que l’interface soit intuitive au premier regard, la complexité augmente avec la profondeur de l’usage.</p><p>Pour pleinement exploiter les capacités du site, il faut déjà être familier avec les concepts d’API, et avoir des compétences techniques solides, notamment pour la résolution des erreurs et l’utilisation de fonctionnalités avancées. L’API introduit des formats de fichiers spécialisés comme le GRIB, utilisés pour les modèles météorologiques complexes.</p><p>Une fois maîtrisée, l’API offre cependant un accès à une large gamme de données météorologiques, incluant les prévisions, les observations en temps réel et les bulletins d’alerte.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/703/1*BnzjXO-snYfstYhmuWdYMw.png" /><figcaption><em>fig2 : Interface site API</em></figcaption></figure><h4><strong>Que faire de ces données ? La data météo est-elle accessible à tous ?</strong></h4><p>Une fois l’API domptée en lui indiquant les bons paramètres de station et coordonnées temporelles, on récupère un fichier de données avec des indicateurs familiers : le vent, les précipitations, l’ensoleillement…</p><p>… Mais on se rend vite compte que pour une même information, il existe des dizaines de données et indicateurs.</p><p>Par exemple, si je m’intéresse au vent, dois-je considérer le vent de rafale (vitesse max) ? Ou la force moyenne sur une heure ? Dois-je préférer le vent à 2 m ou à 10 m d’altitude ? Dans quelle mesure dois-je prendre en compte la direction du vent ?</p><p>Je trouve à ma disposition une multitude de mesures de pression, d’humidité, de nébulosité, de mesure de tourbillons, etc.</p><p>C’est sans compter sur la diversité d’appareils de mesure selon les stations météo que j’étudie. Ceux-ci sont plus ou moins modernes. Certaines stations météos déménagent ou ferment. C’est autant d’évènements qui vont venir perturber les mesures statistiques et l’historique, donc la prévision météo…</p><p>Heureusement, les experts de Météo-France corrigent et étalonnent régulièrement les données observées.</p><p>En résumé : Bien exploiter ces données météo requiert rapidement une expertise technique, si l’on ne veut pas être noyé par la diversité des informations disponibles. Beaucoup de champs sont disponibles et difficiles à discerner.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*26n5Bwzc3EH06T_IgfsHiQ.jpeg" /><figcaption>Image Générée à l’aide de l’Intelligence Artificielle Dall-E 3</figcaption></figure><h3><strong>2 — Notre retour d’expérience sur la prise en main de ces données</strong></h3><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*2W6J1danssVgC2SBik5qCg.jpeg" /><figcaption>Image Générée à l’aide de l’Intelligence Artificielle Dall-E 3</figcaption></figure><h4><strong>Ce qu’on a le plus aimé :</strong></h4><ul><li><strong>Effort de documentation</strong>, notamment de la part des autres contributeurs sous github</li><li><strong>Effort d’éditorialisation</strong> à la fois de météo-France, de data gouv qui a fédéré les données, et qui ont créé un site dédié à la météo où on retrouve ces données météo (meteo.datagouv.fr) mais où on pourra aussi retrouver d’autres données à croiser (population par commune, liste des entreprises dont l’activité pourrait être impactée par exemple)</li><li><strong>Exhaustivité des données </strong>: Quasiment toutes les données de météo France sont ouvertes (prévisions, observation, radar, bilan …), de nouvelles données sont régulièrement ajoutées</li><li><strong>SAV</strong> : Réponse aux questions posées dans les forums même si les réponses ne sont pas compréhensibles par tous (des questions simples qui ont parfois des réponses techniques)</li></ul><h4>Ce qu’on a le moins aimé :</h4><ul><li>La disparité entre les API en termes de facilité d’extraction des données pas de docs / tuto dans l’utilisation des API c’est technique : il faut être aguerri sur les API pour trouver les informations recherchées</li><li>Une difficulté à trouver la bonne donnée dans le bon jeu de données</li><li>Des problèmes techniques non résolus</li><li>Une matière technique et qui reste à destination des spécialistes, une interprétation de la donnée doit être faite par des météorologues, notamment sur des phénomènes météo.</li></ul><p>Il existe une vraie communauté autour de la donnée météo dont le travail a beaucoup de valeur. Cette communauté constitue des historiques de données et met à disposition les outils qui permettent d’exploiter plus facilement les données météo.</p><h3><strong>3- Nos 5 tips pour bien commencer</strong></h3><p><strong>Tips 1 : Consulter </strong><a href="https://meteofrance.github.io/meteonet/"><strong>meteonet</strong></a><strong> ou </strong><a href="https://www.infoclimat.fr/"><strong>Infoclimat</strong></a><strong><br></strong><em>Pour s’acculturer au domaine météo, comprendre et cerner les données.</em></p><p><strong>Tips 2 : Consulter les tutos Github<br></strong><em>Pour trouver de la documentation sur des avancées et travaux de la communauté ajoutés au fil du temps.</em></p><p><strong>Tips 3 : Ne pas se contenter des API &amp; jouer avec les données<br></strong><em>Avoir une boite à outils, manipuler les données, consulter les réutilisations et discussions de meteo.data.gouv.</em></p><p><strong>Tips 4 : État d’esprit<br></strong><em>Être bricoleur, curieux, persévérant.</em></p><p><strong>Tips 5 : Manipuler l’interface web<br></strong><em>Découvrir les façons d’utiliser l’api via l’interface web pour s’y familiariser.</em></p><p><strong>Tips 6:</strong> <strong>Avoir des connaissances en Python<br></strong><em>Idéalement avoir des bases de code pour comprendre le fonctionnement afin de manipuler aisément l’api.</em></p><img src="https://medium.com/_/stat?event=post.clientViewed&referrerSource=full_rss&postId=023fb384e948" width="1" height="1" alt=""><hr><p><a href="https://medium.com/maif-data-design-tech-etc/prendre-en-main-les-donn%C3%A9es-m%C3%A9t%C3%A9os-ouvertes-de-m%C3%A9t%C3%A9o-france-retour-dexp%C3%A9rience-023fb384e948">Prendre en main les données météos ouvertes de Météo-France — Retour d’expérience</a> was originally published in <a href="https://medium.com/maif-data-design-tech-etc">MAIF Data Design Tech etc.</a> on Medium, where people are continuing the conversation by highlighting and responding to this story.</p>]]></content:encoded>
        </item>
        <item>
            <title><![CDATA[ Apports de l’effectuation dans mon quotidien d’innovateur]]></title>
            <link>https://medium.com/maif-data-design-tech-etc/apports-de-leffectuation-dans-mon-quotidien-d-innovateur-09d2c79ba62b?source=rss----a2c963c9ef8a---4</link>
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            <category><![CDATA[innovation]]></category>
            <category><![CDATA[effectuation]]></category>
            <category><![CDATA[design]]></category>
            <dc:creator><![CDATA[Ronan Désérable]]></dc:creator>
            <pubDate>Thu, 23 May 2024 09:57:02 GMT</pubDate>
            <atom:updated>2024-05-23T14:13:56.261Z</atom:updated>
            <content:encoded><![CDATA[<h3>🍋Apports de l’effectuation dans mon quotidien d’innovateur</h3><p><strong>Je découvre en 2017, l’effectuation, cette incroyable et naturelle manière d’agir dans le RÉEL dans des contextes d’incertitude. Depuis, je n’ai de cesse de pratiquer et de partager cette approche. Dans ce billet, après avoir défini ce qu’est l’effectuation, je vous raconte au moyen d’exemples concrets comment je pratique l’effectuation, et en particulier sur le service innovant </strong><a href="http://auxalentours.maif.fr"><strong>Aux Alentours par MAIF</strong></a><strong>.</strong></p><h3>1. Je découvre l’effectuation</h3><h4>La découverte</h4><p>En 2017, je terminais à la MAIF une mission de transformation culturelle - <strong>T’CAP </strong>pour “<strong>Transformation Confiance Agilité Performance</strong>”, mission qui consistait à faire bouger les lignes de manière systémique à propos des pratiques managériales : passer d’un mode de management plutôt orienté “command and control” à un <strong>management par la confiance</strong>. Cette mission d<strong>’innovation managériale</strong> me donna l’envie de pousser la porte de l’innovation orientée business et d’intégrer la direction innovation pour une mission sur les cas d’usages apportés par les objets connectés (IoT-Internet Of Things), dont on nous promettait à l’époque monts et merveilles.</p><p>A mon arrivée, je découvre dans la bibliothèque du service le livre “<a href="https://www.decitre.fr/ebooks/effectuation-9782744057915_9782744057915_2.html">Effectuation, les principes de l’entrepreneuriat pour tous</a>” de <a href="https://www.decitre.fr/auteur/415188/Philippe+Silberzahn">Philippe Silberzahn</a>. Lisant à l’époque moult ouvrages de management, c’est tout naturellement que je me plonge dans la lecture!🤿</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/405/1*aBKW770h6-ccHw-_YN1Zxg.jpeg" /><figcaption>“Effectuation, les principes de l’entrepreneuriat pour tous” de Philippe Silberzahn ©photo Ronan Désérable</figcaption></figure><h4>La révélation !</h4><p>Au fil de ma lecture (j’ai même relu une 2° fois l’ouvrage quelques temps plus tard), je découvre ce concept qui sera pour moi une véritable révélation. 🥁</p><blockquote>Tel monsieur Jourdain, je pratiquais l’effectuation sans le savoir.</blockquote><p>Ce livre mettait le doigt sur des comportements que j’avais pu avoir par le passé pour créer de la valeur sur des sujets, c’était à la fois rassurant et quasi modélisant de découvrir ce concept. Il m’apportait également des clés de lecture pour opérer des <strong>changements </strong>dans l’entreprise.</p><h3>2. Découvrons l’effectuation</h3><h4>Qu’as-tu donc dans ton frigo ?</h4><p>Il y a au fond 2 grandes manières d’agir :</p><ul><li>Le paradigme causal : on part de ses objectifs et on construit un plan pour y parvenir (par exemple poser la stratégie puis la mettre en œuvre)</li><li>Le paradigme effectual : on part de ses moyens et on co-construit ses objectifs à partir de ces derniers.</li></ul><p><strong><em>Illustration</em></strong><em> des 2 approches causale / effectuale avec la métaphore du dîner entre amis :</em></p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*ElXAd4r8SZDr-3M9jCFRwQ.png" /><figcaption>Paradigme causal / Paradigme effectual — source conseilsmarketing.com</figcaption></figure><p>Dans une grande entreprise, le paradigme causal est le plus répandu : on pose la stratégie, puis on la décline, on a un <strong>plan</strong>.</p><blockquote>Pour un projet d’innovation ou un projet entrepreneurial empreint d’incertitude, l’effectuation est une boussole pour naviguer en incertitude.</blockquote><p>En réalité il ne s’agit pas d’opposer l’un et l’autre mais plutôt de naviguer entre le paradigme causal et le paradigme effectual, selon le contexte.</p><h4>Des pâtes, du beurre, des pâtes au beurre</h4><p>On a la chance d’avoir un humoriste, Karim Duval, qui parle d’effectuation, cela donne <a href="https://www.youtube.com/watch?v=86s497kRsS4&amp;t=120s">ceci </a>:</p><blockquote>[… ] pour nous les humoristes, le hasard est notre seule certitude. Du coup la seule solution c’est de se jeter à l’eau! Tu peux réfléchir des années à comment va marcher tel sketch et si le public est froid et si le public est vieux et si le public est deux…</blockquote><blockquote><strong>Faut se lancer faire avec ce qu’on a</strong>, c’est à dire pas grand-chose…et récemment il y a un mec qui m’a dit en fait Karim tu fais de l’effectuation…</blockquote><blockquote>euh enchanté, qu’est-ce que c’est ?</blockquote><blockquote>Imagine que tu doives préparer un repas pour des amis, soit tu le sais à l’avance, tu as moyen de tout planifier tu fais les courses en conséquence, tu prépares un foie gras mi-cuit basse température, qu’il faut manger rosé comme il faut, mais tout le monde s’en fout sauf toi et ça t’énerve et tu pètes l’ambiance soit tes potes débarquent sans prévenir et là t’as pas le choix<strong> tu ouvres ton frigo et tu fais avec ce que tu as</strong>, des pâtes du beurre pâtes au beurre !</blockquote><iframe src="https://cdn.embedly.com/widgets/media.html?src=https%3A%2F%2Fwww.youtube.com%2Fembed%2F86s497kRsS4%3Fstart%3D114&amp;display_name=YouTube&amp;url=https%3A%2F%2Fwww.youtube.com%2Fwatch%3Fv%3D86s497kRsS4&amp;image=http%3A%2F%2Fi.ytimg.com%2Fvi%2F86s497kRsS4%2Fhqdefault.jpg&amp;key=a19fcc184b9711e1b4764040d3dc5c07&amp;type=text%2Fhtml&amp;schema=youtube" width="854" height="480" frameborder="0" scrolling="no"><a href="https://medium.com/media/cfc9d10385fb75f6875c334e51cdcf14/href">https://medium.com/media/cfc9d10385fb75f6875c334e51cdcf14/href</a></iframe><h3>Les 5 principes clés de l’effectuation</h3><p>Développée dans les années 2000 par la chercheuse américaine Saras Sarasvathy, puis popularisée en France par Philippe Silberzahn,</p><blockquote>l’effectuation offre une voix pour <strong>agir dans le réel, </strong>dans un <strong>contexte d’incertitude</strong> pour développer de nouveaux services, de nouveaux marchés.</blockquote><p>L’effectuation s’appuie sur 5 principes, tout à la fois simples, subtils et puissants :</p><h4>5 principes pour agir en contexte d’incertitude :</h4><ul><li>partir de soi et ses ressources tant matérielles qu’immatérielles,</li><li>agir en pertes acceptables plutôt qu’en gain attendu,</li><li>engager les parties prenantes pour co-construire avec elles et créer des engagements,</li><li>tirer parti des surprises qui sont des sources de création,</li><li>et enfin créer par son action le contexte qui permet d’agir dans le réel, (plutôt que faire des plans sur la comète).</li></ul><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*pkQhtbolHV8phDQs2frKGw.jpeg" /><figcaption>Visuel © Claire Masson Clérème</figcaption></figure><h3>3. Je rencontre la communauté francophone de l’effectuation et témoigne de ma pratique</h3><h4>🍋Si tu as des citrons, fait de la citronnade !🍋</h4><p>Deux ans plus tard, en 2019, je pars à la rencontre de la communauté francophone de l’effectuation qui voit le jour via l’évènement “<a href="https://journees-francophones-effectuation.org/page/2/">Les Journées Francophones de l’Effectuation</a>”. L’année suivante, je propose de témoigner mon rapport à l’effectuation. Je me souviens avoir démarré ce soir-là mon intervention en sortant un agrume de la poche de ma veste pour entrer en relation avec l’auditoire, en posant la question :</p><blockquote>-“Qu’est-ce que c’est ?”</blockquote><blockquote>-“ Un citron !”</blockquote><blockquote>-“Une surprise !”</blockquote><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*oprTYswZuhh_qUVFaWIiwg.png" /><figcaption>Mon témoignage lors des JFE 2019 (voyez-vous les 🍋 sur la photos ?)</figcaption></figure><p>Le citron en langage effectual c’est le symbole de “tirer parti des surprises”, “si tu as des citrons fait de la citronnade” nous dit le proverbe anglais.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/274/1*uaPrE-oyhJJlkgej_qDZMw.png" /><figcaption>source freepik.com</figcaption></figure><p>Puis la journée étant déjà bien avancée et l’heure de l’apéritif approchant, je sortis un 2° citron de ma poche, de couleur verte cette fois, effet mémorable garanti !</p><h4><strong><em>Engager les parties prenantes</em>, un principe clé de la transformation culturelle</strong></h4><p>Lors de cette intervention, j’évoquais la mission T’CAP abordée en début d’article, et tout particulièrement l’importance de réussir à <strong>engager les parties prenantes</strong> dans ce changement culturel du management par la confiance. En effet, une équipe de 10 personnes qui agit sur le terrain de jeu entier de l’organisation, ne peut pas à elle seule transformer l’organisation sans s’appuyer les parties prenantes internes. La <strong>co-construction </strong>fut un levier puissant pour créer de l’engagement.</p><h4>L’effectuation au sein d’un “side project” entrepreneurial</h4><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*5Pm9lY9p4qv3aZljGPzqPQ.jpeg" /><figcaption>L’expérience Nautic Leadership</figcaption></figure><p>Je témoignais également à propos d’un projet entrepreneurial que je menais à l’époque, “<a href="https://youtu.be/n-juPteNFAY">Nautic Leadership</a>” dont l’objectif était d’utiliser le voilier comme catalyseur de changement au sein d’une équipe. Le principe était le suivant : chacun exerçait un rôle à bord (barreur, régleur de voile, leader, navigateur…) et l’équipe devait atteindre des buts communs : réaliser en autonomie un parcours depuis un point A à un point B.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*POgL0th68gBm5Fdy4aXc4g.png" /><figcaption>Processus d’invention de Nautic Leadership source Miguel Aubouy, <a href="https://nivedition.com/products/le-chasseur-le-mage-et-le-cultivateur-ou-les-trois-epreuves-de-l-innovation">« le chasseur, le mage et le cultivateur »</a></figcaption></figure><p>Pour mener ce projet, comme on peut le voir sur l’illustration ci-dessous, j’ai <strong>démarré avec mes ressources</strong>, ma connaissance de la navigation, du management et surtout du lien que l’on peut faire entre les deux : utiliser le voilier comme vecteur d’apprentissage managérial et plus largement de développement.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*sLEjdzhG33RizjHCzdYWDw.png" /><figcaption>Les 5 principes de l’effectuation pour construire une expérience apprenante à bord de voilier</figcaption></figure><p>Puis, j’ai <strong>engagé des parties prenantes :</strong> un skipper professionnel détenteur d’un voilier, une coach professionnelle, des apprenants qui viennent tester l’offre de formation au leadership. L’espace de ressources s’élargit ainsi naturellement par l’engagement des parties prenantes. Par la suite une surprise se présente à moi, un collègue souhaite emmener 40 personnes à bord… cela nécessitera grâce aux ressources du skipper de trouver d’autres skippers avec bateaux.</p><p>La question de la <strong>perte acceptable</strong> est essentielle. Dans mon contexte, la perte acceptable était d’allouer du temps au projet et du capital social pour créer une entreprise plutôt que de définir des gains potentiels, ce qui est illusoire compte tenu de l’incertitude. Je me souviens d’ailleurs du témoignage de Malik aux JFE — Journées Francophones de l’Effectuation — il évoquait la <strong>“perte agréable”</strong>, qui fût pour lui un véritable désinhibiteur et levier de passage à l’action (plutôt que de faire en vain des projections sur Excel).</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*iCosg2BThnEyrv0dmmam_g.png" /><figcaption>Visuels de la première édition des Journées Francophone de l’Effectuation qui s’est tenue au Lion, l’école de l’innovation</figcaption></figure><h3>4. J’évangélise l’effectuation et poursuis ma pratique</h3><h4>Evangéliser l’effectuation</h4><p>Après les Journées Francophones de l’Effectuation, je décidais de partager mes connaissances pour les diffuser dans des contextes ou cela pourrait s’avérer utile. Pour éviter que cela ne soit trop descendant, je privilégiais une approche hybride combinant les aspects théoriques, et un atelier collaboratif pour faire émerger en chacun des situations pour lesquelles ils avaient agit en faisant de l’effectuation sans le savoir d’une part, puis en fin d’atelier<strong> amener les participants à se créer des buts</strong>, forts des leurs apprentissages concernant l’effectuation.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*7_sH0_27CmpiI0gkDrU7sQ.jpeg" /><figcaption>Atelier concernant l’effectuation et les modèles mentaux auprès de l’équipe en charge de la transformation agile</figcaption></figure><p>J’animais ainsi un atelier au sein du service innovation, puis par la suite au sein de l’équipe en charge de la transformation agile. J’œuvrais également en externe avec l’association <a href="https://www.plus-agiles.com/">Plus Agile</a>, puis en 2022 auprès des membres de l’accélérateur Niortais <a href="https://www.french-assurtech.com/">French Assurtech</a> et en 2023 auprès de la communauté des innovateurs de GRTgaz.</p><h4>Un autre exemple d’effectuation avec Aux Alentours par MAIF</h4><p><a href="https://auxalentours.maif.fr/">Aux Alentours par MAIF</a> est un service gratuit pour tous, il répond à l’enjeu <strong>d’acculturation aux risques climatiques</strong> (dans un contexte de dérive climatique et d’augmentation des risques), en mettant la donnée au service du sociétaire et de tous dans une logique de <strong>mieux commun.</strong></p><p>Il favorise l<strong>’aide à la décision </strong>lors d’un <strong>achat immobilier</strong>, la mise en place d’actions de <strong>prévention </strong>des risques climatiques pour se protéger.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*fURNiM1HyqReHFBQ-v0B-Q.jpeg" /><figcaption>illustration d’un cas d’usage d’Aux Alentours par MAIF pour le Maif Numérique Ethique Tour © photo Ronan Désérable</figcaption></figure><p>Au départ de cette aventure, le <strong>paradigme est causal</strong> avec une commande de la Direction Générale : “innover sur les risques climatiques”. Puis sur le chemin de ce projet, on va s’appuyer sur différentes approches que ce soit le design de service, le lean start up , et bien sûr l’effectuation… (👉<a href="https://medium.com/p/b7f4cba7209e">pour en savoir plus </a>sur la genèse d’Aux Alentours par MAIF).</p><ul><li><strong>partir de soi et ses ressources tant matérielles qu’immatérielles,</strong></li></ul><p>Concernant la dimension effectuale “partir de ses ressources”, j’ai pu m’appuyer sur l’organisation du service innovation avec un travail collaboratif avec un designer de services, puis basculer sur le MVP en s’appuyant sur les ressources IT de l’équipe. Parmi les autres ressources sur lesquelles nous avons pu également nous appuyer, d’autres travaux développés par d’autres équipes, tel que l’estimateur immobilier ou encore les scores de risques (inondation, submersion marine, retrait gonflement des argiles…) et bien sûr l’ensemble des open data disponibles depuis la loi pour une <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_pour_une_R%C3%A9publique_num%C3%A9rique">République numérique de 2016.</a></p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*qcEuhlLL_PhY9VBo5MxSXQ.png" /><figcaption>Illustration de l’estimateur immobilier, aux alentours de Lyon</figcaption></figure><ul><li><strong>agir en pertes acceptables plutôt qu’en gain attendu,</strong></li></ul><p>Plutôt que de faire un business plan, pour lequel la formulation des hypothèses reste délicate, il s’agit plutôt de faire des <strong>itérations </strong>et s’assurer que l’on<strong> génère de la valeur</strong> en collectant des feedbacks internes et des feedbacks des usagers de la solution.</p><ul><li><strong>engager les parties prenantes pour co-construire avec elles,</strong></li></ul><p>L’engagement des parties prenantes peut se fait de plusieurs manières. L’approche la plus basique étant d’associer les personnes aux <strong>démos produit</strong> pour collecter du feedback et créer de l’alignement. De même nous avons mis en place un processus de sollicitation d’avis pour décider sur quel concept nous allions nous focaliser (<a href="https://medium.com/maif-data-design-tech-etc/dans-les-coulisses-dune-d%C3%A9marche-d-innovation-de-services-6cab6edd0e2a">pour un développement détaillé c’est ici</a> )</p><blockquote>l’innovation n’est pas un travail solitaire mais un <strong>processus éminemment social.</strong></blockquote><p>Plus élaboré, l’engagement des parties prenantes se fait par la génération de <strong>coopérations.</strong> Ce qui était une ressource au départ (l’estimateur immobilier ou les scores de risques) deviennent des coopérations avec les collègues.</p><ul><li><strong>tirer parti des surprises qui sont des sources de création,</strong></li></ul><p>La surprise c’est la matière première de l’innovateur, car source d’opportunités. Lors d’une démo d’<em>Aux Alentours</em> par MAIF, nous avons saisit l’opportunité des collègues d’une autre business unit -Association Collectivité Entreprise- pour co-construire avec eux, une version d’<em>Aux Alentours</em> pour leurs besoins propres. De même, nous échangeons actuellement avec une collectivité qui est intéressée par la solution que nous proposons. Enfin, on peut également, par son action, <strong>agir en créant des surprises</strong>, c’est ce que j’ai eu l’occasion de faire en réunissant mes collègues de la direction BtoB lors d’un échange pour lequel nous avons conjointement décidé de nous mettre en mouvement pour créer une solutions adhoc d’<em>Aux Alentours</em> pour le salon des maires et des collectivités locales qui se tenait 6 semaines plus tard, porte de Versailles !</p><ul><li><strong>enfin créer par son action le contexte qui permet d’agir dans le réel plutôt que faire des plans sur la comète.</strong></li></ul><p>Concernant ce dernier point, l’idée est d’agir dans le réel pour transformer l’environnement, <strong>créer les conditions de l’action </strong>(en ce sens c’est du management), plutôt que de faire des hypothèses et s’en tenir à cela.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*fdzXVjUWlWNWKBbOmAglFA.png" /><figcaption>Illustration de l’effectuation dans le cadre d’Aux Alentours par MAIF</figcaption></figure><p>L’effectuation offre ainsi une voix pour agir et créer ce nouveau service <em>Aux Alentours</em> par MAIF. Pour autant, d’autres ingrédients ont été nécessaires à sa bonne exécution et rendre cette innovation tangible, j’ai pu noter 7 facteurs clés de succès à découvrir dans cet <a href="https://medium.com/maif-data-design-tech-etc/fin-de-l%C3%A9pisode-dans-les-coulisses-d-une-d%C3%A9marche-d-innovation-de-services-cf7bdaa1478b">article</a>.</p><h4>🧠 Un dernier exemple d’effectuation avec le serious game open sources sur les biais cognitifs</h4><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/343/1*VSBN8yZvqh9hrIdE_kSxeQ.png" /><figcaption>Atelier découverte des biais cognitifs — 11/03/2024 organisé par <a href="https://flupa.eu/">Flupa Niort</a> dans les locaux de <a href="https://niort-tech.fr/">Niort Tech</a> / photo © Mallaury Hamon</figcaption></figure><p>Au mois de décembre 2023, j’ai mis à disposition un <a href="https://medium.com/maif-data-design-tech-etc/un-serious-game-open-source-sur-les-biais-cognitifs-7a5e27164577">serious game</a> sur les biais cognitifs, téléchargé plus de 3 300 fois ! Ce jeu n’est pas issu d’un plan savamment orchestré, mais d’une phase <strong>d’émergence </strong>où deux personnes échangeant sur les pratiques agiles ont co-créé un jeu de carte sur les biais cognitifs. Là encore nous sommes dans une approche d’effectuation, nous sommes parti de nos ressources, nos lectures communes et notre intérêt pour les biais cognitifs, et nous avons progressivement embarqué les parties prenantes dans différents évènements internes et externes.</p><h3>Conclusion</h3><p>Comme on a pu le voir par ces quelques exemples, l’effectuation offre une voix intéressante pour agir en contexte d’incertitude. Certains principes sont bien intégrés dans une grande organisation : par exemple, <strong>l’engagement des parties prenantes</strong> est naturel à la MAIF - car c’est un facteur culturel - et peut prendre des formes tels que l’adhésion au projet commun, la recherche de sponsorship, la génération de coopération, la collecte de feedbacks pour éclairer les angles morts et susciter de l’adhésion… D’autres sont sans doute moins naturels, comme le fait “<strong>d’agir en pertes acceptables”</strong> qui offre pourtant un véritable levier de contrôle du risque et aussi un élément désinhibiteur de la “non action”, il vient s’opposer au <strong>modèle mental</strong> des “gains attendus” largement répandu dans les entreprises. Gageons que l’effectuation continue à se propager au sein des organisations car elle offre par design une <strong>manière d’agir dans le réel totalement adaptée à l’incertitude.</strong></p><blockquote>Comment saurais-je ce que je veux tant que je n’ai pas agi. La loi suprême de l’invention humaine est que l’on invente qu’en travaillant. <strong>Le secret de l’action c’est de s’y mettre — </strong>Alain, philosophe</blockquote><h4>✨✨✨</h4><p>Je suis <a href="https://www.linkedin.com/in/ronan-d%C3%A9s%C3%A9rable-041005130/">Ronan Désérable</a>, je travaille depuis plus d’une vingtaine d’années à la MAIF, depuis 10 ans je contribue à des missions de transformation culturelle : innovation managériale avec le management par la confiance, accompagnement de la transformation agile, innovation par le design et product management d’<a href="http://auxalentours.maif.fr/">Aux Alentours par MAIF</a> ainsi que la prévention des risques climatiques.</p><p>Mes autres articles :</p><p><a href="https://medium.com/maif-data-design-tech-etc/un-serious-game-open-source-sur-les-biais-cognitifs-7a5e27164577"><em>🧠 Un serious game open source sur les biais cognitifs ! | by Ronan Désérable | MAIF Data Design Tech etc. | Dec, 2023 | Medium</em></a></p><p><a href="https://medium.com/maif-data-design-tech-etc/nouvelle-s%C3%A9rie-dans-les-coulisses-dune-d%C3%A9marche-d-innovation-de-services-b7f4cba7209e"><em>Nouvelle série. Dans les coulisses d’une démarche d’innovation de services | by Ronan Désérable | MAIF Data Design Tech etc. | Medium</em></a></p><p><a href="https://medium.com/maif-data-design-tech-etc/la-guilde-des-product-owners-maif-8c2d7489c7f"><em>La Guilde des Product Owners MAIF | by Ronan Désérable | MAIF Data Design Tech etc. | Medium</em></a></p><img src="https://medium.com/_/stat?event=post.clientViewed&referrerSource=full_rss&postId=09d2c79ba62b" width="1" height="1" alt=""><hr><p><a href="https://medium.com/maif-data-design-tech-etc/apports-de-leffectuation-dans-mon-quotidien-d-innovateur-09d2c79ba62b">🍋 Apports de l’effectuation dans mon quotidien d’innovateur</a> was originally published in <a href="https://medium.com/maif-data-design-tech-etc">MAIF Data Design Tech etc.</a> on Medium, where people are continuing the conversation by highlighting and responding to this story.</p>]]></content:encoded>
        </item>
        <item>
            <title><![CDATA[Naissance d’un atelier de design : “Une ville pour tous les vivants”]]></title>
            <link>https://medium.com/maif-data-design-tech-etc/naissance-dun-atelier-de-design-une-ville-pour-tous-les-vivants-1be6050861c7?source=rss----a2c963c9ef8a---4</link>
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            <category><![CDATA[design-fiction]]></category>
            <category><![CDATA[design]]></category>
            <category><![CDATA[prototyping]]></category>
            <category><![CDATA[circular-design]]></category>
            <category><![CDATA[impact]]></category>
            <dc:creator><![CDATA[Goulven Baron]]></dc:creator>
            <pubDate>Wed, 15 May 2024 06:41:54 GMT</pubDate>
            <atom:updated>2024-05-30T07:27:13.137Z</atom:updated>
            <content:encoded><![CDATA[<h3>Naissance d’un atelier de design : “Une ville pour tous les vivants”</h3><h3>Le 28 septembre 2023 nous avons organisé au sein des locaux de MAIF, à Niort, un événement dans le cadre de France Design Week : Le design par et pour le vivant.</h3><figure><img alt="signalétique indiquant l’atelier, dans les jardins de MAIF" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*zMT8teraatrGPE4rGFKhMw.jpeg" /><figcaption>Panneau indiquant l’atelier <em>Photo ©MELANIE CHAIGNEAU</em></figcaption></figure><h3>Je vais revenir dans cet article sur l’atelier que nous avons proposé lors de cette journée, et sur les différentes étapes de sa création.</h3><h4>“Qu’est ce qu’on peut proposer ?” Voilà la question de départ, quand nous avons décidé de participer pour la première fois à l’événement national proposé par l’<a href="https://apci-design.fr/">APCI</a> : <a href="https://francedesignweek.fr/">France Design Week</a>, sur le thème “Vivant, vivants”.</h4><p>Pour une entreprise comme MAIF, la thématique résonne immédiatement avec les enjeux de notre actuel <strong>plan stratégique, nommé </strong><a href="https://entreprise.maif.fr/presse/2023/maif-nouveau-plan-strategique"><strong>Régénération</strong></a><strong> </strong>qui a pour ambition, je cite, de “<em>régénérer son métier et son engagement militant pour apporter une réponse inédite et altruiste aux défis écologiques, économiques et sociaux contemporains</em>.”</p><p><strong>Quant à la place du design, elle est de plus en plus importante et visible dans notre organisation</strong>, d’abord dans la conception des interfaces numériques et physiques entre le public, les sociétaires et les services, et de façon transverse et stratégique via le design de service et d’innovation.</p><blockquote>Le design est souvent cantonné à une vision étroite ou orientée « arts appliqués ». Et quand on s’en sert dans les services, l’erreur commune est de placer les designers devant le fait accompli. On leur impose une idée et on leur demande de justifier que cette idée est bonne. A contrario, nous pensons qu’il y a tout à gagner à impliquer la culture du design en amont des projets, car elle met en œuvre des techniques particulières d’interview, d’analyse et d’investigation. Mettre les designers au travail, parfois, c’est le risque de renoncer à l’idée initiale et de partir sur autre chose. Tout simplement parce qu’on aura pris le temps de poser le problème et d’écouter les utilisateurs finaux.</blockquote><p><strong>Nicolas Boudinet, directeur général délégué MAIF<br></strong><a href="https://entreprise.maif.fr/home/actualites/2023/la-puissance-transformatrice-du-design.html">https://entreprise.maif.fr/home/actualites/2023/la-puissance-transformatrice-du-design.html</a></p><h4><strong>Nous avons donc pris France Design Week comme une opportunité de faire la promotion (et la démonstration) du design “à domicile”,</strong> avec aussi la volonté d’accueillir un public pour qui le design et la notion du vivant ne sont pas si connues ni familières.</h4><h3>Le noyau dur</h3><p>Je n’ai que peu d’expérience dans l’événementiel, la seule vraiment significative est dans un univers totalement différent, un symposium de sculptures à la tronçonneuse annuel auquel je participe en tant que bénévole (je sais c’est étrange mais c’est cool).</p><p><a href="https://www.linkedin.com/in/ana%C3%AFs-therond/?originalSubdomain=fr"><strong>Anaïs Therond</strong></a><strong>, en mission sur les sujets de biodiversité, me rejoint assez vite</strong>, pour constituer ce qui sera le noyau dur de notre équipe. Je connais Anaïs pour la croiser régulièrement dans les fils de discussions teams de nos différentes réunions et présentations, je sais déjà qu’elle maîtrise son sujet, que nous sommes alignés en terme de valeurs, et qu’elle a un goût très sûr pour les émojis et l’inclusivité, ce qui est quand même une très bonne base<strong>. Nous somme rejoint par </strong><a href="https://www.linkedin.com/in/camille-cin%C3%A9lu-9996b1273/"><strong>Camille Cinelu</strong></a><strong>, pour un stage de 4 mois en design de service, et </strong><a href="https://www.linkedin.com/in/val%C3%A9riane-gallo/"><strong>Valériane Gallo</strong></a><strong>, en alternance.</strong> Notre équipe se partage équitablement entre nos bureaux à Niort et ceux à Paris. À cette équipe cœur s’ajouteront beaucoup de compétences internes et externes à la MAIF, mais j’en parlerais plus loin.</p><figure><img alt="un tableau blanc sur le quel est expliqué France Design Week et l’événement maif" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*VOtzx7kEfxCvGffjnjyWKA.jpeg" /><figcaption><em>J’explique à Camille ce sur quoi nous allons travailler dans les prochaines semaines …</em></figcaption></figure><h3>Construire un programme</h3><p>(Le problème) l’avantage avec les profils créatifs et enthousiastes, c’est qu’ils sont … créatifs et enthousiastes. Nous avons toutefois un cadre : l’événement doit être rassembleur, accessible, ouvert aux étudiants et si possible au lycéens, et <strong>aborder le design sur sa capacité à résoudre les problèmes et transformer le réel</strong>. L’événement doit se situer dans nos murs, au siège de MAIF.</p><p>Avec Anaïs nous remplissons assez vite un bac à sable d’idées, qui peuvent lier les deux sujets : <strong>Le design et le vivant</strong>. Qu’allons-nous faire ? Une exposition ? Une conférence ? Une visite du siège de MAIF à Niort ? Un atelier ? Une expérience sensorielle ? Et si nous faisions … tout ça à la fois ?</p><figure><img alt="un tableau en ligne avec des notes des différentes idées pour France Design Week" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*8ty5NPWBovJly-KByHic-w.png" /><figcaption>Le bac à sable des idées</figcaption></figure><p><strong>Nous proposons à nos sponsors internes un programme sur une demi-journée et une soirée intégrant :</strong></p><ul><li><strong>Une exposition de créations de designers</strong>, des objets et produits qui prennent particulièrement en compte dans leur conception, leurs matériaux, leur impact, le vivant et la nature</li><li><strong>Une visite du site de Niort </strong>guidée par deux experts du ministère de la culture, le siège de MAIF étant en cours de labélisation “architecture remarquable”</li><li><strong>Deux conférences,</strong> autour du design dans l’anthropocène et du biomimétisme</li><li><strong>Une expérience immersive</strong>, visuelle et sonore</li><li><strong>Un atelier de co-construction</strong> autour de la ville de Niort et de la cohabitation entre les vivants</li></ul><p>Nous avons le feu vert, et passons donc à la phase de conception, de sourcing, de synchronisation des équipes internes et des intervenants externes.</p><h3>FOCUS : l’atelier</h3><p>Lors de nos échanges, nous évoquons le philosophe <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Bruno_Latour">Bruno Latour</a>, et plus particulièrement le <a href="https://3ddge.ch/html/node/3803">Parlement des Choses</a>, sur cette idée simple et pourtant essentielle : pour prendre des décisions en faveur du bien commun qui dépasse les humains, il faut associer les non humains, les représenter, d’une manière ou d’une autre.</p><p><strong>Et si nous proposions un parlement des vivants ? Comment, par exemple, dans l’aménagement d’un territoire, associer des vivants qui n’ont pas la parole, pas de représentativité, et qui font pourtant partie de ce territoire ? Quels sont les outils du design qui pourraient nous aider ?</strong></p><p>Nous en identifions quelques-uns :</p><ul><li>Le <strong>design fiction</strong>, pour sa capacité à nous projeter dans des futurs souhaités ou craints, à partir de récits, d’artefacts construits à partir de données actuelles</li><li>Les <strong>personae</strong>, habituellement utilisés pour représenter et incarner des catégories humaines</li><li>la <strong>co-construction</strong> avec des designers et des publics divers, pour faire émerger, par la discussion, la friction, le plaisir, des hypothèses</li><li>Le <strong>prototypage</strong>, pour rendre tangible des concepts ou des idées</li><li>La <strong>restitution</strong> du travail collectif</li></ul><h4>Et si nous construisions un atelier d’un genre nouveau, pour quelques dizaines de personnes ? Quelle forme prendrait cet atelier ?</h4><figure><img alt="une prise de note illustrée sur un cahier du futur atelier" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*cbeykahpZS3UdPoE_pOBwA.jpeg" /><figcaption>Premiers brouillons de ce que pourrait être l’atelier</figcaption></figure><h3>La Matière</h3><p><strong>Je connais </strong><a href="https://www.lm-lr.com/"><strong>La Matière</strong></a><strong> depuis quelques années,</strong> un tiers lieu, un atelier, un collectif qui mêle design, ingénierie, réemploi, à La Rochelle. j’ai rencontré <a href="https://www.linkedin.com/in/julien-duranceau-2146055/?originalSubdomain=fr">Julien</a>, l’un des fondateurs, à plusieurs reprises, et je connais <a href="https://www.linkedin.com/in/pierre-hugo-barban%C3%A7on-ab392057/">Pierre-Hugo</a>, co-fondateur, qui est en mission à ce moment en tant que designer à la M<strong>AIF.</strong></p><p><strong>Il y a chez La Matière une approche de la conception par le réemploi qui va au-delà du recyclage et de l’artisanat</strong>, car ils partent de matériaux de tous types, qui ont pour point commun d’etre considérés comme des déchets industriels et cherchent des applications à la fois utiles, cohérentes, rentables, avec une démarche itérative et pragmatique, adaptative.</p><p><strong>Je vois dans ce projet d’atelier et d’exposition une occasion de travailler ensemble.</strong> L’enthousiasme est partagé chez eux, et l’on mesure aussi le travail de conception qui est devant nous.</p><figure><img alt="plusieurs photos des locaux de La Matière, le magasin, les machines outils, des réalisations" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*Vt96gs64iHauGK621X_39w.png" /><figcaption>Ateliers de La Matière, <em>Photos Anaïs Therond</em></figcaption></figure><h3>Concept et matérialité</h3><p>Nous posons donc les premières bases de l’atelier :</p><p><strong>Réunir autour d’un plan, d’une carte du territoire Niortais, des personnes qui vont ensemble construire la ville idéale pour tous les vivants. Ces personnes devront prendre en compte des besoins de catégories d’humains, d’animaux et de végétaux vivants sur ce territoire. </strong>Pour réaliser cette maquette collaborative, on utilisera du matériel de réemploi, fourni par La Matière.</p><p>Je me fais une représentation visuelle assez nette de ce que pourrait donner cette maquette, que j’imagine assez monumentale, texturée, visuellement impactante. Le plasticien en moi replonge dans ces années de Beaux-Arts, où la forme et l’impact visuel étaient prépondérants.<br>J’imagine assez vite un système où les groupes travaillent sur des parties différentes du territoire, qui seront assemblées pour une mise forme finale.<br>C’est séduisant, mais est-ce une bonne piste, pour un atelier collaboratif, destiné à un public qui ne sera pas forcément à l’aise avec la pratique plastique ? Heureusement, <strong>nous allons faire évoluer ce concept collectivement vers une version bien plus pertinente</strong>.</p><h3>Le fil rouge d’un été</h3><h4><strong>Nous sommes en juin, pour un événement en septembre</strong> : pour concevoir, fabriquer, tester un atelier avec énormément de parties physiques et de matériel documentaire et iconographique à construire.</h4><p>Mon bais de sur-confiance va être mis à rude épreuve pendant la période estivale, où par définition peu de choses se font, les uns et les autres prenant des congés bien mérités.</p><p>Nous travaillons cependant à la conception des <strong>personae</strong>, en nous documentant sur les animaux et végétaux spécifiques locaux, et aussi sur les catégories humaines qui occupent notre territoire. Enfants, adolescents, adultes actifs, personnes âgées, représentant d’entreprises, nous souhaitons une diversité et une représentativité.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*1PWrEhyrkUS2JEnLfUolmw.jpeg" /><figcaption>La fiche persona, du premier brouillon au résultat final</figcaption></figure><p>Nous travaillons aussi à la<strong> conception du fond de carte</strong>. Quelle échelle ? quel degré de précision ? combien de kilomètres autour de l’agglomération ? faut-il imprimer les bâtiments principaux, ou les représenter avec des blocs en reliefs ? Avec <a href="https://www.linkedin.com/in/nicolas-legendre-20b82213a/">Nicolas</a> nous faisons plusieurs essais, et décidons de renoncer au découpage par secteur : chaque groupe travaillera sur la même carte, ce qui simplifiera énormément et la conception, et l’animation.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*44xm75NpUnRaIc3__1vLhQ.jpeg" /><figcaption>Les différentes ressources et recherches pour réaliser la carte du territoire.</figcaption></figure><h4>L’été est aussi pour moi l’occasion d’aller tester des formats d’animation et d’expérimentations qui résonnent étonnamment bien avec notre projet.</h4><p>Je suis invité par <a href="https://www.fondation-maif.fr/">la Fondation MAIF</a> à expérimenter un dispositif d’atelier élaboré par <strong>l’INRAE</strong>, destiné à faire connaitre l<strong>es solutions fondées sur la nature (SFN)</strong> dans la prévention des inondations. Basé sur une représentation en 3D, une image projetée, et un jeu de rôle où des groupes d’intérêts variés doivent faire émerger des consensus. Faut-il faire un barrage, revégétaliser des terrains, faire un parking, une piscine ? et quelles seront les conséquences ?</p><iframe src="https://cdn.embedly.com/widgets/media.html?src=https%3A%2F%2Fwww.youtube.com%2Fembed%2F8WdoZB6_06w%3Ffeature%3Doembed&amp;display_name=YouTube&amp;url=https%3A%2F%2Fwww.youtube.com%2Fwatch%3Fv%3D8WdoZB6_06w&amp;image=https%3A%2F%2Fi.ytimg.com%2Fvi%2F8WdoZB6_06w%2Fhqdefault.jpg&amp;key=a19fcc184b9711e1b4764040d3dc5c07&amp;type=text%2Fhtml&amp;schema=youtube" width="854" height="480" frameborder="0" scrolling="no"><a href="https://medium.com/media/7c20a329c08766e944b3daf856e21182/href">https://medium.com/media/7c20a329c08766e944b3daf856e21182/href</a></iframe><p>Lors du <a href="https://xn--festival%20de%20la%20dcroissance%202023-wpd/">festival de la Décroissance</a>, qui par un heureux hasard se déroule pour sa première édition à Saint-Maixent-l’École, à proximité de Niort, j’expérimente<strong> </strong><a href="https://www.1erdegre.earth/fresque-des-frontieres-planetaires"><strong>la fresque des limites planétaires</strong></a> (ou frontières), qui permet d’aller au-delà du simple impact “température” de la fresque du climat pour aussi comprendre les interactions avec la biosphère, la chimie, l’agriculture intensive, les différentes formes de vies et leurs interactions.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*vymHOwiy82HBJGEo_6nELA.jpeg" /><figcaption>La fresque des frontières planétaires</figcaption></figure><p>Je découvre aussi “<strong>la fresque du bon gouvernement</strong>” s’inspirant de peintures visibles à Sienne en Italie, <em>“</em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/All%C3%A9gorie_et_effets_du_Bon_et_du_Mauvais_Gouvernement"><em>Allégorie et effets du Bon et du Mauvais Gouvernement”</em></a> et adaptée par <a href="https://www.renaissanceecologique.fr/">Julien Dossier</a> sous forme de fresque murale à colorier, un support prétexte à faire interagir différentes personnes, enfants, parents, habitants, sur des choix d’aménagement d’un territoire.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*1eLT7jw7bG0S4whqUkBRSA.jpeg" /><figcaption>La fresque du bon gouvernement</figcaption></figure><h4>Je retiens de ces trois ateliers ce qui peut paraitre évident mais que nous perdons vite de vue quand nous travaillons avec des outils numériques : Toucher, manipuler, déplacer, poser, associer le geste au visuel, a un fort impact sur la façon dont l’esprit humain peut appréhender des choses qui peuvent sembler abstraites. De plus, le visuel, les images, les histoires sont puissants pour faire les liens, des analogies, et créer de l’émotion.</h4><p>C’est fou comme un sujet apparait partout quand il devient central dans notre cerveau : lors de mes balades, le rapport au vivant se manifeste souvent … <strong>C’est un biais cognitif qui porte un nom : l’</strong><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Illusion_de_fr%C3%A9quence"><strong>illusion de fréquence</strong></a><strong>.</strong></p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*hTkreyDfrPT8k3_9UP43iQ.jpeg" /><figcaption>Au gré de mes promenades : un autocollant militant, un message d’information, des livres (à la Librairie du Renard, en Bretagne)… autant de signes de la prise en compte du vivant et des interdépendances.</figcaption></figure><h3>Constituer une équipe d’animation</h3><h4>En juin, à partir de nos premiers travaux, je lance un appel interne aux designers de MAIF pour<strong> co-animer l’atelier</strong>. Je fais aussi appel à des collègues dont je connais les capacités d’animation, et l’intérêt pour la co-construction et les formes innovantes.</h4><p><strong>Je ne remercierais jamais assez cette équipe de s’être proposée pour ce projet, et d’y avoir mis une énergie et un talent incroyables.</strong></p><p>Nous voici donc réunis, <a href="https://www.linkedin.com/in/cecile-couetard/">Cécile Couétard</a> <a href="https://www.linkedin.com/in/elodie-blanchard?utm_source=share&amp;utm_campaign=share_via&amp;utm_content=profile&amp;utm_medium=android_app">Élodie Blanchard</a> <a href="https://www.linkedin.com/in/thomas-dupeyrat-b3ab4b12/">Thomas Dupeyrat</a> <a href="https://www.linkedin.com/in/juliette-griesemann/">Juliette Griesemann</a> <a href="https://www.linkedin.com/in/pierre-hugo-barban%C3%A7on-ab392057/">Pierre-Hugo Barbançon</a> <a href="https://www.linkedin.com/in/scorre/">Sébastien Corre</a> <a href="https://www.linkedin.com/in/mallaury-hamon-357165168/">Mallaury Hamon</a> <a href="https://www.linkedin.com/in/audreypradel/">Audrey Pradel</a> <a href="https://www.linkedin.com/in/lea-derrien-36922765/">Lea Derrien</a> <a href="https://www.linkedin.com/in/ronan-d%C3%A9s%C3%A9rable-041005130/">Ronan Désérable</a>, de <strong>MAIF</strong>, <a href="https://www.linkedin.com/in/julien-duranceau-2146055/">Julien Duranceau</a> <a href="https://www.linkedin.com/in/nicolas-legendre-20b82213a/">Nicolas Legendre</a> de <strong>La Matière</strong>, et <a href="https://www.linkedin.com/in/%C3%A9milie-grimault-911355224/">Émilie Grimault</a> et <a href="https://www.linkedin.com/in/sophie-lerin-8b7b916a/">Sophie Lerin</a> qui nous rejoindront en tant que <strong>freelance</strong>.</p><p>Nous nous réunissons une première fois et c’est pour le plus grand nombre la découverte de ce que nous avons imaginé en petit comité. Assez vite, il faut expliciter l’implicite, lever des doutes, en générer d’autres, clarifier ce que nous avons en tête.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*XiFmFJhvDlgA5yX1BXPzFA.jpeg" /><figcaption>Première réunion de l’équipe d’animation</figcaption></figure><p><strong>Ce qui devait être une répétition devient une série d’échanges pendant lesquels l’équipe va proposer, expérimenter, affiner, enlever, rajouter des composantes de l’atelier.</strong> Nous testons plusieurs types de cartes, plusieurs formats de matériaux, nous précisons certains personae, nous en supprimons. Entre la dernière semaine de juin et la deuxième semaine de septembre, nous pouvons voir à l’oeuvre une intelligence collective en action, et c’est assurément un de des plus beaux moments de ma vie professionnelle.</p><h3>Se faire peur</h3><p><strong>Des 20 ou 30 participants envisagés au début, nous passons à 60, puis à 100, puis enfin à 110</strong>, au fur et à mesure des inscriptions. là où nous envisagions d’animer un groupe de 10 participants à deux, nous devons passer à un pour 10. Le lieu devient aussi une grande question : l’atelier nécessite de l’espace, il faut pouvoir tourner autour des tables, se déplacer, faire des allez et retours entre les matériaux et le plans … nous faisons le tour des salles de réunion, des espaces modulables du siège MAIF, en anticipant aussi la circulation des publics dans un lieu dédié au travail … avec nos collègues de la direction de l’aménagement et des locaux, nous nous rendons à l’évidence : <strong>le seul endroit suffisamment spacieux et disponible pour notre atelier est le gymnase.</strong></p><p>Il nous faut un petit temps d’adaptation pour sortir de la relative dissonance entre notre représentation initiale de l’atelier et la projection d’un gymnase, certes très bien équipé mais dans lequel on n’imagine pas forcément un atelier de design. <a href="https://www.linkedin.com/in/ronan-d%C3%A9s%C3%A9rable-041005130/">Ronan</a> est un grand adepte de <a href="https://medium.com/maif-data-design-tech-etc/episode-2-dans-les-coulisses-dune-d%C3%A9marche-d-innovation-de-services-7cfb89355e88">l’effectuation</a>, concept qu’il m’a fait découvrir, et je reprends volontiers cette image :</p><blockquote>Quand tu as des citrons, fais une limonade</blockquote><h3>De l’importance du récit et de la gamification</h3><blockquote><strong><em>Il nous faut un récit</em></strong></blockquote><p>Cette phrase, c’est <a href="https://www.linkedin.com/in/julien-duranceau-2146055/?originalSubdomain=fr">Julien</a>, de La Matière, qui la prononce lors de notre 3eme atelier d’équipe, où nous nous interrogeons sur le bon degré de gamification, et la perception d’un but à atteindre pour les participants. Comment se projeter dans une activité à ce point atypique ? est-ce un jeu de société ? est-ce une expérience sociale ? Un prétexte à l’échange ?</p><p>Nous décidons donc de construire un<strong> scenario prospectif du territoire en 2060</strong>, où la situation climatique, environnementale, biologique, sociale, se serait dégradée de façons catastrophique. <a href="https://www.linkedin.com/in/sophie-lerin-8b7b916a/">Sophie</a>, autrice et comédienne, va construire et interpréter un récit fondateur, qui serait ce qu’il faudra éviter.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*6IfHblrEAH-DaOvCwU_3uQ.jpeg" /><figcaption>Extrait du récit déclencheur</figcaption></figure><p>Nous travaillons aussi beaucoup le timing, en découpant les étapes de l’atelier et en définissant des objectifs pour chaque partie.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*3pKCxKRePOhItuWoMGEeEg.jpeg" /><figcaption>Le guide d’animation, détaillé avec des indicateurs de temps.</figcaption></figure><p>Nous imagions aussi des déclencheurs, qui sont parfois des choses existantes, parfois de artefacts de design fiction. (qui ne seront au bout du compte pas utiles, les participants ne manquant pas d’idées)</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*eqTLw3hsUnfq7dHt0csWYw.jpeg" /><figcaption>Les déclencheurs, des exemples d’adaptation du territoire aux bouleversements environnementaux.</figcaption></figure><p>Enfin nous travaillons des guides de restitution, pour aider à la synthèse et au partage.<br>Nous déroulons l’ensemble de l’atelier à plusieurs reprises, parfois à Niort, parfois à La Rochelle, en alternant les rôles d’animation et de participants. Un filage nécessaire (comme au théâtre …), nos activités professionnelles continuant par ailleurs. Julien et Nicolas fabriquent dans <strong>les ateliers de La Matière</strong> les différents éléments, impriment les fonds de carte. Jusqu’au dernier moment nous allons affiner le contenu, le timing, l’animation.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*cqnkbLrMk0mQWvPHxp_Dqg.jpeg" /><figcaption>Un autre atelier, dans les locaux de La Matière à La Rochelle</figcaption></figure><h3>Le Jour J</h3><p><strong>En quelques heures, le gymnase se transforme en espace de créativité</strong>, avec un revêtement de sol, des tables, des panneaux, des plantes, une sonorisation … Les équipes internes sont d’une efficacité et d’une gentillesse incroyable étant donné la spécificité de nos besoins.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*dIETbYg-CcoBm6zD8GZQ1w.jpeg" /><figcaption>Le gymnase transformé en immense espace d’atelier de design participatif</figcaption></figure><p>Nous avons une petite frayeur sur l’impression d’une dernière carte, mais le studio graphique interne nous dépanne au pied levé pour imprimer en urgence un exemplaire. à 13h30, l’équipe d’animation est prête.</p><p>Nous introduisons l’atelier, Julien et moi, (en donnant quelques bonnes pratiques d’intelligence collective et d’écoute active) puis vient <strong>le récit déclencheur</strong> lu par Sophie, et les groupes prennent place autour des tables.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*gO6gnOfIjtz-ow-SuPvKnw.jpeg" /><figcaption>Sophie théâtralise le récit déclencheur “Niort 2060, Niortocalypse” <em>Photo ©MELANIE CHAIGNEAU</em></figcaption></figure><h4>Découvertes de la carte, du matériel, des personae, …</h4><p>Les animatrices et animateurs vont guider les participants et participantes dans la découverte du matériel et des étapes. <strong>Devoir représenter une catégorie humaine dont on peu se sentir éloignée dans un jeu de rôle de ce types est un exercice compliqué</strong>, ça l’est d’autant plus quand on doit se faire porte parole d’un animal ou d’un végétal, les personae étant attribués au hasard.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*RShDqG03DLGxzFmUOjSKBQ.jpeg" /><figcaption><em>Photo ©MELANIE CHAIGNEAU</em></figcaption></figure><p>Chaque groupe doit ensuite déterminer <strong>quel est le vivant qui a le plus besoin d’aide, et comment les autres vivants peuvent faire alliance pour le mieux commun</strong>. Ensuite, le groupe va faire des <strong>hypothèses de modification de l’espace</strong> : faut-il déplacer des habitations, des routes ? faut-il végétaliser des parkings, des toits ? Faut-il revoir la répartition des activités humaines ? Déterminer des zones naturelles ? Comment cohabiter avec le vivant et garantir la durabilité et l’habitabilité ? Comment se déplacer, habiter, s’instruire, se divertir ?</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*wnrOJ8Aw8bG2vIEGJWUErw.jpeg" /><figcaption><em>Photo ©MELANIE CHAIGNEAU</em></figcaption></figure><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*UsKNpYYHs_BbWYQamiQhgQ.jpeg" /><figcaption><em>Photo ©MELANIE CHAIGNEAU</em></figcaption></figure><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*QIBCumH8hpsMTlKdZTqjZA.jpeg" /><figcaption><em>Photo ©MELANIE CHAIGNEAU</em></figcaption></figure><p>Enfin <strong>chaque groupe pourra restituer sa “ville pour le vivant”</strong> à la table la plus proche, dans un échange croisé, en s’aidant d’une trame commune. <strong>Un titre, un coup de cœur, ce qui a fait débat pendant l’atelier, et 3 caractéristiques du projet.</strong></p><figure><img alt="une personne s’apprete à partager la restitution du travail du groupe" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*f2TaFsJPs_EqTlPEjtT1cA.jpeg" /><figcaption><em>Photo ©MELANIE CHAIGNEAU</em></figcaption></figure><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*GiKDMrjeuMfZbo7DXlVN0g.jpeg" /><figcaption><em>Photo ©MELANIE CHAIGNEAU</em></figcaption></figure><p><strong>Cette vidéo réalisée par notre studio interne MAIF donne un aperçu de l’ensemble de l’événement.</strong></p><iframe src="https://cdn.embedly.com/widgets/media.html?src=https%3A%2F%2Fwww.youtube.com%2Fembed%2FZmdZoUpGafo%3Ffeature%3Doembed&amp;display_name=YouTube&amp;url=https%3A%2F%2Fwww.youtube.com%2Fwatch%3Fv%3DZmdZoUpGafo&amp;image=https%3A%2F%2Fi.ytimg.com%2Fvi%2FZmdZoUpGafo%2Fhqdefault.jpg&amp;key=a19fcc184b9711e1b4764040d3dc5c07&amp;type=text%2Fhtml&amp;schema=youtube" width="854" height="480" frameborder="0" scrolling="no"><a href="https://medium.com/media/e8f8420ac013d1cf8376a12a98c1d75b/href">https://medium.com/media/e8f8420ac013d1cf8376a12a98c1d75b/href</a></iframe><h3>Feedbacks et enseignements</h3><p>Pendant 3 heures, j’ai le privilège de pouvoir passer d’une table à l’autre, de voir des dynamiques se mette en place, des essais, parfois quelques tensions, sur des arbitrages et des consensus.</p><p>Nous avons fait le pari de faire pratiquer <strong>plusieurs méthodes de design</strong> dans un temps court, dans un contexte ludique, auprès d’une population très diverse. Nous avons pris soin de constituer des groupes intégrant une mixité de profils, étudiantes, personnes âgées, personnes actives, dans le privé et le public …</p><p><strong>Enseignement numéro 1</strong> : Plus tôt on confronte une idée au collectif qui va la porter, mieux c’est. Toutes les itérations apportées en groupe ont amélioré l’atelier. <br><strong>Enseignement numéro 2:</strong> L’intelligence passe (aussi) par la main. <strong>La possibilité de manipuler, masquer, découper, assembler donne à cet atelier une approche sensitive, ludique, foisonnante.</strong></p><p><strong>Enseignement numéro 3: </strong>La limite de ce type d’atelier, comme souvent avec la co-construction, c’est “que faisons nous de ce qui émerge”. Il y a eu dans les différents groupes des propositions, parfois radicales, parfois pragmatiques, certaines relevaient d’une utopie, certaines des pistes mériteraient d’être creusées, voire testées. <strong>Il faudrait imaginer une suite, pour rebondir, expérimenter, choisir, renoncer …</strong></p><p>Les retours à chaud sont très positifs, nous recevrons ensuite beaucoup de remerciements via les réseaux sociaux et les messages directs. <br>Cet atelier aura représenté un investissement (en temps, en énergie, en organisation …) que nous ne regrettons pas.</p><h3>Et maintenant ?</h3><p>Voilà 8 mois que cet atelier a eu lieu. Nous avons fait un bilan global positif de l’événement France Design Week MAIF, et nous avons acté de <a href="https://francedesignweek.fr/ledition-2024/">notre participation pour 2024</a>, avec pour <strong>thématique la simplicité</strong>, sous une forme différente, en cours d’élaboration.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/0*_spsyndd_kfbNtqV" /></figure><p><strong>En sortant de cette expérience, nous évoquons, coté MAIF et La Matière, l’idée de refaire cet atelier</strong>, de l’adapter sous d’autres formes, à d’autres contextes, puis les autres sujets, un temps mis de coté, nous ramènent à nos missions et enjeux de part et d’autre.<br>Jusqu’à ce que l’<strong>événement</strong><a href="https://www.uxdays.eu/"><strong> UX Days</strong></a> (dont MAIF est partenaire depuis 2019) lance son appel à conférences et ateliers, que <a href="https://www.linkedin.com/in/mallaury-hamon-357165168/">Mallaury</a> me suggère de proposer “Une ville pour tous les vivants” … et que cette candidature soit retenue. Nous animerons donc le 20 juin à Paris <a href="https://www.uxdays.eu/ateliers/atelier-1-salle-4"><strong>une version adaptée de l’atelier</strong></a>, forcément plus courte et moins spectaculaire, mais qui permettra d’avoir un retour de professionnels de l’expérience sur les adaptations et déclinaisons possibles.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*1guwZ9uL6mZ52vKeuFuzNw.png" /><figcaption>Page d’accueil du site des UX Days</figcaption></figure><p>Anaïs, quant a elle, a terminé sa mission auprès de MAIF, pour aller vivre une autre aventure admirable, où son engagement pour le vivant trouve toute sa cohérence, en aidant à <strong>la réintroduction de chimpanzés via l’association </strong><a href="https://www.akatia.org/fr/fr"><strong>Akatia</strong> </a>: <a href="https://www.lettrevivante.fr/">https://www.lettrevivante.fr/</a></p><h4>Merci à toutes les personnes qui ont rendu cet atelier possible, à MAIF pour la confiance accordée, aux équipes internes, et aux personnes participantes pour leur énergie et leur créativité.</h4><h4>Et à très bientôt !</h4><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*-3DCfEger_BVuqUILJMz4Q.jpeg" /><figcaption><em>Photo ©MELANIE CHAIGNEAU</em></figcaption></figure><img src="https://medium.com/_/stat?event=post.clientViewed&referrerSource=full_rss&postId=1be6050861c7" width="1" height="1" alt=""><hr><p><a href="https://medium.com/maif-data-design-tech-etc/naissance-dun-atelier-de-design-une-ville-pour-tous-les-vivants-1be6050861c7">Naissance d’un atelier de design : “Une ville pour tous les vivants”</a> was originally published in <a href="https://medium.com/maif-data-design-tech-etc">MAIF Data Design Tech etc.</a> on Medium, where people are continuing the conversation by highlighting and responding to this story.</p>]]></content:encoded>
        </item>
        <item>
            <title><![CDATA[Python Package Management: A Guide to Avoid Dependency Conflicts]]></title>
            <link>https://medium.com/maif-data-design-tech-etc/python-package-management-a-guide-to-avoid-dependency-conflicts-0f0fe292f766?source=rss----a2c963c9ef8a---4</link>
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            <category><![CDATA[open-source]]></category>
            <category><![CDATA[nlp]]></category>
            <category><![CDATA[data]]></category>
            <category><![CDATA[python]]></category>
            <dc:creator><![CDATA[Hugo Perrier]]></dc:creator>
            <pubDate>Tue, 19 Mar 2024 12:47:07 GMT</pubDate>
            <atom:updated>2024-09-09T18:36:49.818Z</atom:updated>
            <content:encoded><![CDATA[<blockquote>Oops, the latest pandas version requires ‘numpy&gt;1.22’ but tensorflow requires ‘numpy~1.9’.</blockquote><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*3tIEoFUoZvuggv9w8644fA.jpeg" /><figcaption>A pandas, a tensorflow and a numpy fighting each other with a sword in the style of a comic book.</figcaption></figure><h3>Table of contents</h3><ul><li>Motivations</li><li>What are conflicting dependencies?</li><li>Understand the issue with a code example</li><li>Design Patterns: Decoupling for Flexibility</li><li>Optional Dependencies: Tailored for Users</li><li>tox: Testing through the Maze of Dependencies</li><li>Conditional Test Execution: Making Tests Smarter</li><li>Wrap-up</li><li>Conclusions</li></ul><h3><strong>Motivations</strong></h3><p>As an open-source Python package maintainer and a Data Scientist, I’ve had the chance of witnessing the evolution of <a href="https://github.com/MAIF/melusine">Melusine</a>, a machine learning-powered email processing tool developed by MAIF.</p><p>Released in 2019, Melusine quickly became an integral part of our daily operations, accelerating our email processing workflows. But, as the package matured and new features were added, managing dependencies has become a real challenge.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/454/1*6C6qyk0zt11HapzCVGQs-Q.png" /><figcaption>Melusine logo — OSS by MAIF</figcaption></figure><p>The ever-changing Python ecosystem demanded continuous updates and maintenance of Melusine’s dependencies. This manual process is time-consuming and error-prone. Outdated dependencies could introduce security vulnerabilities, compatibility issues, and disruptions in our internal systems.</p><p>Rather than attempting to patch up the existing Melusine codebase, we opted for a complete rewrite. This approach allowed us to address the dependency conflict challenges head-on, adopting a more modern and streamlined strategy.</p><h3>What are conflicting d<strong>ependencies?</strong></h3><p>As a Python developer, you’ve probably experienced dependency hell at some point. It’s the frustration of trying to keep your packages up to date without breaking your code. One package requires a newer version of a dependency, but another package requires an older version. It’s a mess.</p><p>In this article, I’ll show you how we used <a href="https://refactoring.guru/design-patterns/python">design patterns</a>, optional dependencies, and the package <a href="https://tox.wiki/">tox</a> to keep the Melusine package clean and up to date.</p><h3>Understand the i<strong>ssue with a code example</strong></h3><p>To illustrate the journey of rewritting Melusine, I’ll use a simple pseudo code example: a class to make a machine learning prediction using different types of models.</p><pre># predictor.py<br>import sklearn<br>import tensorflow as tf<br><br>class Predictor:<br>   def __init__(self, model):<br>     self.model = model<br><br>   def predict(self, data):<br>     # Tensorflow model<br>     if isinstance(self.model, tf.Model):<br>       result = self.model.predict(data)<br>  <br>     # Sklearn model<br>     elif isinstance(self.model, sklearn.TransformerMixIn):<br>       result = self.model.transform(data)<br>  <br>     # Unsupported model<br>     else:<br>       raise TypeError(<br>         f&quot;Object of type {type(self.model)} &quot;<br>         &quot;is not supported by the Predictor class&quot;<br>       )<br>  <br>     return result</pre><pre># run_prediction.py<br>from sklearn.ensemble import RandomForestClassifier<br>from my_package import Predictor<br><br>X = some_data<br>predictor = Predictor(model=RandomForestClassifier())<br>result = predictor.predict(data=some_data)</pre><p>The class uses an ML model to make a prediction, but depending on the type of model, the method to run predictions is different (transform or predict). There are a few weaknesses in this code block that could make it hard to maintain over time:</p><ul><li>The design forces you to modify the code and create a new <em>if</em> condition for each new type of model. This is particularly problematic if you don’t have the rights to modify the source code (using an open source package for example).</li><li>Both sklearn and tensorflow are imported in the module. This means that they both need to be installed, even if one is not used, and could lead to incompatibilities</li></ul><h3>Design Patterns: Decoupling for Flexibility</h3><p>The first step in our journey consisted in refactoring the code, leveraging the power of design patterns. Specifically, we adopted dependency injection, a technique that decouples our code from its dependencies, allowing us to swap out different dependencies without disrupting the overall system.</p><p>Let’s rewrite the code block using dependency injection. We start with defining an abstract class to fix a signature for all predictor objects.</p><pre># base_predictor.py<br>from abc import ABC, abstractmethod<br><br>class BasePredictor(ABC):<br>    @abstractmethod<br>    def predict(self, data):<br>        &quot;&quot;&quot;Execute a machine learning model prediction&quot;&quot;&quot;<br>        raise NotImplementedError()</pre><p>Then we define a class inheriting from BasePredictor for each type of model.</p><pre># sklearn_predictor.py<br>from base_predictor import BasePredictor<br>from sklearn.ensemble import RandomForestClassifier<br><br>class SklearnPredictor(BasePredictor):<br>    def __init__(self):<br>        self.model = RandomForestClassifier()<br><br>    def predict(self, data):<br>        &quot;&quot;&quot;Execute a machine learning model prediction&quot;&quot;&quot;<br>        return self.model.transform(data)</pre><pre># tensorflow_predictor.py<br>from base_predictor import BasePredictor<br>from tensorflow import SomeTensorflowModel<br><br>class TensorflowPredictor(BasePredictor):<br>    def __init__(self):<br>        self.model = SomeTensorflowModel()<br><br>    def predict(self, data):<br>        &quot;&quot;&quot;Execute a machine learning model prediction&quot;&quot;&quot;<br>        return self.model.predict(data)</pre><p>Finally, we instantiate a predictor object (it can be any class inheriting from BasePredictor) and use it to make a prediction.</p><pre># run_prediction.py<br>from my_package.sklearn_predictor import SklearnPredictor<br><br>X = some_data<br>predictor: BasePredictor = SklearnPredictor()<br>result = predictor.predict(data=some_data)</pre><p>This refactored code improves a lot the code maintainability:</p><ul><li>New types of model can be added easily without impacting the existing code. Users can just create a class inheriting from BasePredictor and use it right away.</li><li>Dependencies are independent from each other. The tensorflow package doesn’t have to be installed when running an SklearnPredictor (The SklearnPredictorand TensorflowPredictor are defined in different modules).</li></ul><h3><strong>Optional Dependencies: Tailored for Users</strong></h3><p>Instead of forcing all users to install all dependencies, Melusine provided optional dependency installation options. This allows users to choose the dependencies they needed based on their specific use cases, reducing the overall package size and simplifying the installation process.</p><p>In our example, we just want to install one of tensorflow or sklearn. Optional dependencies can be setup in the pyproject.toml file.</p><pre># pyproject.toml<br>[project]<br>name = &quot;melusine&quot;<br>dependencies = [&quot;pandas==2.0.0&quot;]<br><br>[project.optional-dependencies]<br>sklearn = [&quot;sklearn==1.3.2&quot;]<br>tensorflow = [&quot;tensorflow==3.2.0&quot;]</pre><p>Pandas is set as a mandatory dependency, it will always be installed when running pip install my_package , while sklearn and tensorflow are optional dependencies installed only when running pip install my_package[sklearn] and pip install my_package[tensorflow] respectively.</p><h3>tox: Testing through the Maze of Dependencies</h3><p>With the code refactored and dependency management streamlined, Melusine faced a new challenge — ensuring that the package works seamlessly with different dependency configurations. To address this challenge, the team turned to the tox testing framework.</p><p>Tox is a tool that can help you test your Python packages with different versions of dependencies. This can help you catch dependency conflicts before they cause problems for your users.</p><p>Once you have created and configured a tox.ini file, you can run tox to test your package with all of the specified versions of dependencies. If there are any dependency conflicts, tox will report them.</p><pre># tox.ini<br>[tox]<br>requires = tox&gt;=4<br>env_list = base, sklearn, tensorflow<br><br>[base]<br>description = run unit tests with the base dependencies<br>commands = pytest<br>deps = pytest<br><br>[sklearn]<br>description = run unit tests with the sklearn dependencies<br>commands = pytest<br>deps = pytest<br>extras = sklearn<br><br>[tensorflow]<br>description = run unit tests with the tensorflow dependencies<br>commands = pytest<br>deps = pytest<br>extras = tensorflow</pre><p>This file creates testing environments: base, sklearn and tensorflow.</p><h3>Conditional <strong>Test Execution: Making Tests Smarter</strong></h3><p>The last challenge we needed to tackle was to skip the tests requiring tensorflow when using the base and sklearn environments. This can be done simply with the pytest.importorskip command.</p><pre># test_tensorflow_predictor.py<br>import pytest<br>tensorflow = pytest.importorskip(&quot;tensorflow&quot;)<br>from my_package.tensorflow_predictor import TensorflowPredictor<br><br>def test_tensorflow_predictor():<br>    predictor = TensorflowPredictor()<br>    assert predictor.predict(some_data) == expected_result</pre><p>The pytest.importorskip command checks if the tensorflowpackage is installed and, if not, skips the following tests.</p><h3>Wrap-up</h3><p>The strategy we adopted to avoid dependency conflicts when rewritting melusine was:</p><ul><li>Reformat the code to use dependency injection</li><li>Set up optional dependencies in the package requirements</li><li>Configure tox to use multiple testing environments</li><li>Use pytest.importorskip to make test execution conditional to the installed packages</li></ul><h3>Conclusions</h3><p>Dependency conflicts are a real problem for package maintainers. However, using design patterns, optional dependencies, and tox, can help keep your Python packages clean and up to date.</p><p>The adoption of these enhanced code design principles in Melusine v3 has significantly transformed it’s maintainability. Developers can now focus on their specific areas of expertise, working independently on modules and components without the risk of impacting each other. This specialization has accelerated development and improved code quality.</p><p>Melusine’s journey from a complex codebase to a well-maintained open-source package highlights the importance of effective code design and modularity. By adopting a more structured and component-based approach, we have made it a significantly more robust and reliable for MAIF and the wider open-source community.</p><h3>About the author</h3><p><em>I grew up in the French Alps, studied Physics / Nuclear Engineering in Switzerland, Sweden and England, and I’ve been working as a Data Scientist since 2018 at Quantmetry and MAIF. I am also a big fan of wakeboarding and board games :)</em></p><p>Follow me on <a href="http://www.linkedin.com/in/hugoperrier">LinkedIn</a>.<br>Leave a star for <a href="https://github.com/MAIF/melusine">Melusine on GitHub</a>!</p><img src="https://medium.com/_/stat?event=post.clientViewed&referrerSource=full_rss&postId=0f0fe292f766" width="1" height="1" alt=""><hr><p><a href="https://medium.com/maif-data-design-tech-etc/python-package-management-a-guide-to-avoid-dependency-conflicts-0f0fe292f766">Python Package Management: A Guide to Avoid Dependency Conflicts</a> was originally published in <a href="https://medium.com/maif-data-design-tech-etc">MAIF Data Design Tech etc.</a> on Medium, where people are continuing the conversation by highlighting and responding to this story.</p>]]></content:encoded>
        </item>
        <item>
            <title><![CDATA[#OSSbyMAIF, 6 ans après]]></title>
            <link>https://medium.com/maif-data-design-tech-etc/ossbymaif-6-ans-apr%C3%A8s-4afc262dee17?source=rss----a2c963c9ef8a---4</link>
            <guid isPermaLink="false">https://medium.com/p/4afc262dee17</guid>
            <category><![CDATA[tech]]></category>
            <category><![CDATA[open-source]]></category>
            <category><![CDATA[data]]></category>
            <category><![CDATA[information-technology]]></category>
            <dc:creator><![CDATA[François Desmier]]></dc:creator>
            <pubDate>Mon, 11 Mar 2024 10:43:20 GMT</pubDate>
            <atom:updated>2024-03-11T10:43:20.192Z</atom:updated>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Depuis janvier 2018, la <a href="https://medium.com/u/c4c75085d85f">MAIF</a> s’est lancée dans une sacrée aventure. Mais où en est-on 6 ans après la publication de ses premières solutions open-source ?</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*w9_Wdcn9E0mSisE7iWGqWQ.png" /><figcaption>L’équipe de choc Daikoku, Otoroshi et Izanami au service de nos micro-services !</figcaption></figure><h3>🌱 Une graine qui a bien germée</h3><p>Depuis le démarrage de notre initiative, alors centrée autour de notre boîte à outils de gestion de nos micro-services et APIs, c’est pas moins de <a href="https://maif.github.io/projets.html">10 projets</a> qui portent aujourd’hui la bannière #OSSbyMAIF !</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*Uc2NSF90Ayi7FlC7MJo1pw.png" /><figcaption>Petite histoire de l’open-source <a href="https://medium.com/u/c4c75085d85f">MAIF</a></figcaption></figure><p>10 projets qui touchent l’ensemble des équipes informatiques de notre DSI, recouvrant toutes les composantes technologiques : plateformes d’exécution, data &amp; IA.</p><p>Nous avons poursuivi l’effort avec une activité encore très forte sur 2023, nous permettant d’apporter encore de nombreuses améliorations à nos produits : plusieurs releases pour <strong><em>Otoroshi</em></strong> et son focus sur WASM, ou encore les réécritures des solutions <strong><em>Izanami</em></strong> et <strong><em>Mélusine</em></strong> qui a connu une refonte majeure (intégrant l’estimation de l’incertitude des prédictions).</p><p>Et c’est sans compter sur les contributions de nos développeurs à des projets tierces, comme encouragé par notre charte open-source.</p><h3><strong>👨‍💻 MAIF, premier utilisateur de ses solutions !</strong></h3><p>Notre première réussite est certainement l’utilisation en production par nos équipes de nos solutions open-source.</p><p>Nous nous appuyons sur nos outils <strong><em>Izanami</em></strong>, <strong><em>Otoroshi</em></strong>, <strong><em>Daikoku</em></strong> sur l’ensemble de nos plateformes d’exécution, que ce soit dans nos data-centers (Openshift) ou dans le cloud (Azure, Clevercloud).</p><p>Nos solutions IA sont également utilisées et plébiscitées au sein de notre direction Data &amp; IA, mais aussi dans de nombreuses organisations, dont certaines ont apporté leur pierre à l’édifice grâce à leurs contributions.</p><h3>🤝 De nouvelles collaborations</h3><p>Depuis 5 ans, MAIF s’investit aussi de plus en plus dans l’éco-système Open-source français, au travers du <a href="https://tosit.fr/">TOSIT</a> tout d’abord, puis de multiples participations à des évènements tels que l’<a href="https://www.opensource-experience.com/">OSXP</a> chaque année, ou encore l’<a href="https://www.ow2con.org/view/2023/">OW2con</a> en 2023.</p><h3>Christian Paterson on Twitter: &quot;OSS Governance in large organisations panel discussion animated by @webmink @faatz @jacoblyopen @Gilles67 @desmfr #ow2con @OSPOAlliance @ow2 @OpenSourceOrg pic.twitter.com/nxH5Pfn7je / Twitter&quot;</h3><p>OSS Governance in large organisations panel discussion animated by @webmink @faatz @jacoblyopen @Gilles67 @desmfr #ow2con @OSPOAlliance @ow2 @OpenSourceOrg pic.twitter.com/nxH5Pfn7je</p><p>Nous avons également participé ponctuellement à de nombreux évènements ou salons au cours de ces 6 dernières années.</p><h3>Open Source Experience on Twitter: &quot;💡&quot;Comment devenir éditeur open-source&quot; avec François Desmier @desmfr #OSSbyMAIF en direct de #OSXP2022Comment ma DSI peut elle se transformer pour devenir éditrice de logciels open-source, et quel est l&#39;intérêt. pic.twitter.com/wQryGUKB0V / Twitter&quot;</h3><p>💡&quot;Comment devenir éditeur open-source&quot; avec François Desmier @desmfr #OSSbyMAIF en direct de #OSXP2022Comment ma DSI peut elle se transformer pour devenir éditrice de logciels open-source, et quel est l&#39;intérêt. pic.twitter.com/wQryGUKB0V</p><h3>🆕 Des nouvelles initiatives</h3><p>L’initiative autour de l’open-source dépasse le cadre du développement (au sens édition et contribution). Cette philosophie s’impose au coeur de nos usages.</p><h4>Généralisation PostgreSQL</h4><p>Un vaste chantier de rénovation de notre patrimoine de bases de données a été engagé. Nous arrivons aujourd’hui à un parc de plus d’un millier d’instance PostgreSQL (tous environnements confondus).</p><h4>Poste de travail linux</h4><p>Nous avons engagés une démarche de construction d’un poste de travail Linux à destination de nos développeurs. Plusieurs postes pilotes sont déjà aux mains des volontaires, en attendant de terminer le travail d’industrialisation nécessaire à une généralisation.</p><h4><strong>Un soutien financier à l’écosystème open-source</strong></h4><p>Depuis 2022, MAIF sollicite régulièrement ses développeurs et experts pour sélectionner des projets open-source et indépendants à soutenir. Elle a déjà apporté un soutien financier à <a href="https://www.playframework.com">Play Framework</a>, <a href="https://github.com/brettwooldridge/HikariCP/issues">HikariCP</a> et <a href="https://github.com/tchiotludo/akhq">AKHQ</a>.</p><h3>🛣️ Encore beaucoup de chemin à parcourir !</h3><p>La route est encore très longue et nous en avons conscience. De très nombreux combats sont encore à mener et des paliers à franchir :</p><ul><li>Nous devons progresser pour construire et faire vivre au quotidien une communauté autour de nos solutions, ce qui demande beaucoup d’efforts et de temps. Des travaux sont en cours pour trouver des partenaires. (Vous êtes intéressé ? Contactez-moi sur <a href="https://fr.linkedin.com/in/françois-desmier-75b67288">LinkedIn</a> !)</li><li>Il est nécessaire de rappeler sans cesse notre engagement et de lui donner du sens, aussi bien sur l’axe technologique que sur l’axe de la stratégie d’entreprise.</li></ul><h4>MAIF et ses équipes tech fières de cet engagement</h4><p>Oui la route est encore longue mais qui aurait prédit il y a 6 ans que nous serions encore là ? Avec toujours de nouveau projet (je vous divulgâcherais rien sur <em>Arta…</em>) et des produits existants qui vivent et évoluent !</p><h3>☀️ Vous avez encore 2 minutes ? Découvrez en détail <a href="https://maif.github.io">nos solutions open-source phares</a> !</h3><p><strong>Otoroshi<br></strong><em>Un reverse proxy qui vous fournit toutes les fonctionnalités nécessaires pour manager vos APIs et sécuriser vos micro-services.</em></p><p><strong>Daikoku<br></strong><em>Le compagnon parfait d’Otoroshi pour offrir aux developpeurs le catalogue complet de vos APIs, documentation, authorisations…</em></p><p><strong>Izanami<br></strong><em>Enfin une intégration facile, dans vos fronts ou vos backs, du feature flipping et de l’AB testing.</em></p><p><strong>Melusine<br></strong><em>L’usine à mail ! qualification et classification des mails entrants (à partir de l’analyse du texte et des pièces jointes).</em></p><p><strong>Toth</strong> <br><em>Librairie java autour de l’event sourcing</em></p><p><strong>Shapash<br></strong><em>L’explicabilité et la transparence des modèles de machine learning, pour tous.</em></p><p><strong>Eurybia<br></strong><em>Détecte la dérive (drift) des modèles d’IA.</em></p><p>—</p><p><em>Je suis </em><a href="https://medium.com/u/7bff1e424c3d"><em>François Desmier</em></a><em>, architecte solutions au sein de pôle plateforme de la MAIF. J’ai débuté par l’administration système et base de données avant de me passionner plus spécifiquement pour les systèmes d’informations et leurs évolutions à travers les différentes ères de l’informatique.<br>Animateur de l’initiative open-source à la MAIF #OSSbyMAIF depuis son lancement en 2018, j’ai repris avec deux collègues la gouvernance de la stratégie open-source, en s’axant sur le volet édition logiciel.</em></p><img src="https://medium.com/_/stat?event=post.clientViewed&referrerSource=full_rss&postId=4afc262dee17" width="1" height="1" alt=""><hr><p><a href="https://medium.com/maif-data-design-tech-etc/ossbymaif-6-ans-apr%C3%A8s-4afc262dee17">#OSSbyMAIF, 6 ans après</a> was originally published in <a href="https://medium.com/maif-data-design-tech-etc">MAIF Data Design Tech etc.</a> on Medium, where people are continuing the conversation by highlighting and responding to this story.</p>]]></content:encoded>
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